Les autorités locales peinent à établir des plans d’évacuation des populations en cas d’accident nucléaire. 40% des communes n’y seraient pas encore parvenu, selon le gouvernement japonais. Le trafic engendré va fortement ralentir l’évacuation, exposant les populations dans les véhicules où elles sont peu protégées. Il n’est pas toujours facile pour trouver un abri pour tous les habitants vivant à moins de 30 km des centrales. Ils sont presqu’un million autour de Tôkai (Ibaraki) et 740 000 autour de Hamaoka (Shizuoka). C’est encore plus compliqué pour les personnes âgées et les personnes hospitalisées qui ont besoin d’assistance et de soins.
Et là où les plans sont terminés, comme autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima) ou dans la province de Fukui, il y a encore de nombreuses lacunes. Plusieurs responsables locaux considèrent qu’ils ne sont pas réalistes.
L’exemple japonais prouve qu’il n’est pas possible d’avoir un plan d’évacuation effectif si l’on veut faire les choses sérieusement. Ce qui signifie que les plans européens ne seront pas fiables en cas d’accident.
Par ailleurs, chaque pays nucléarisé se doit d’avoir un logiciel pour prédire les retombées radioactives en fonction de la météo en cas d’accident grave. Au Japon, il s’appelle SPEEDI et n’a servi à rien lors de la catastrophe de mars 2011. Les experts ne pouvaient estimer la quantité de radioéléments qui étaient rejetés et donc la quantité qui retombaient. La seule information disponible était où ils retombaient. Mais cela n’a pas été transmis aux personnes concernées et de nombreuses personnes ont évacué vers des zones plus contaminées.
La nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA, a décidé de ne pas utiliser SPEEDI en cas de nouvel accident, car il ne serait pas fiable. On ne sait pas comment elle va faire.