Les volcans : une menace permanente

Toshitsugu Fujii, un éminent vulcanologue japonais, qui préside le groupe gouvernement sur la prédiction de l’éruption des volcans, a expliqué qu’il était impossible d’assurer que les réacteurs de Sendaï étaient à l’abri du risque volcanique. La NRA a estimé que la probabilité d’une éruption majeure dans l’un des nombreux volcans situés dans les environs de cette centrale était très faible, ce que conteste T. Fujii : « il est simplement impossible de prédire une éruption dans les 30 à 40 ans ». On ne peut les prédire que quelques heures avant, voire jours, au mieux. Il y a 90 000 ans, la coulée pyroclastique d’un de ces volcans aurait atteint une distance de 145 km. Une telle coulée au Sakurajima pourrait très bien atteindre la centrale de Sendaï située à 40 km. Les cendres pourraient rendre l’accès à la centrale impossible. Elles pourraient affecter une grande partie du Japon, dont toute la partie Ouest avec ses nombreux réacteurs nucléaires.
Dans son dossier de sûreté, l’exploitant prévoit de garantir l’accès à la centrale avec une épaisseur de cendre allant jusqu’à 15 cm et va améliorer sa surveillance des volcans proches. Mais T. Fujii estime qu’avec 10 cm de cendre, seuls les tanks peuvent se déplacer. Les lignes électriques aussi seraient coupées, menaçant ainsi le refroidissement des réacteurs.
La NRA n’a consulté les vulcanologues qu’après avoir émis un avis favorable au dossier de demande de redémarrage des deux réacteurs de Sendaï et ces derniers s’opposent à ses vues. Même si le risque est très faible, il ne peut pas être écarté. « Scientifiquement, ces réacteurs ne sont pas sûrs », selon T. Fujii. Et d’ajouter qu’il n’est pas à exclure un regain d’activité volcanique suite au séisme de 2011. Cela s’est vu après de forts séismes par le passé.