Centrale de Sendaï : première étape franchie

L’autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, a, comme prévu, annoncé que, sur le papier, les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Sendaï à Kagoshima, tout au Sud de l’île de Kyûshû, satisfaisaient aux nouvelles normes de sûreté. Il ne s’agit pas encore d’une autorisation de redémarrage. Le détail des opérations en fonctionnement normal et en cas d’accident n’a pas encore été instruit. Quant aux plans d’évacuation de la population, ils ne sont pas pris en compte dans l’évaluation de la sûreté. Ils ne sont pas terminés.
La centrale peut officiellement supporter des secousses de 620 gals (cm/s2). Celle de Fukushima avait subi des secousses allant jusqu’à 675 gals. Tous les équipements décrits dans le dossier de sûreté ne sont pas encore installés. L’exploitant veut accélérer les travaux pour pouvoir redémarrer au plus vite car ses finances ne sont pas bonnes. Il espère finir à la fin du mois. Ils devront ensuite être inspectés. C’est le cas, en particulier, de la salle de contrôle bunkérisée.
L’exploitant, Kyûshû Electric, avait été un des premiers à soumettre une demande d’autorisation de redémarrage en juillet 2013. Depuis mars dernier, son dossier avait été jugé prioritaire pour accélérer le processus de redémarrage. Il y a 17 autres dossiers en cours d’instruction.
Les élus locaux des zones qui touchent des subsides de la centrale sont satisfaits. Mais certaines communes locales sont opposées au redémarrage. La population locale est plus partagée. Plus de la moitié des habitants d’Ichikikushikino, commune située à 5 km de la centrale, a signé une pétition contre le redémarrage. Parmi leurs griefs, l’absence de plan d’évacuation réaliste.
Le gouvernement est aussi satisfait et va autoriser le redémarrage sans hésitation. Au niveau national, plus de la moitié de la population est opposée au redémarrage des centrales nucléaires, selon les sondages.
Il y a eu des manifestations de protestation devant la centrale et devant le siège de la NRA.
Le dossier technique de 420 pages va être soumis à la consultation du public à partir du 17 juillet pour 30 jours. En parallèle, la NRA va mener des inspections. Des voix se sont déjà élevées pour souligner que le risque d’éruption volcanique était sous-estimé. Il y a 39 volcans dans un rayon de 160 km et aucun vulcanologue n’a été consulté.
La prochaine centrale sur la liste pourrait être Takahama (Fukui), selon la NRA. le dossier de Genkaï (Saga), est aussi bien avancé.