Risque de prolifération

Tous les 48 réacteurs nucléaires japonais sont arrêtés. Il n’y a eu que 17 demandes de redémarrage et les inspections sur site ne pourront commencer que pour deux. Les partisans les plus optimistes du nucléaire espèrent leur redémarrage avant l’été 2014. Combien de réacteurs pourront fonctionner in fine, personne ne le sait. Beaucoup moins qu’avant la catastrophe. Et même si quelques réacteurs redémarrent, ils ne pourront pas utiliser du combustible MOx. Le Japon a fait extraire du plutonium, mais n’en consomme quasiment pas. Il en a 44 tonnes sur les bras sans perspective sérieuse d’utilisation. Cela ne l’empêche pas de continuer à vouloir démarrer l’usine de retraitement de Rokkashô-mura (Aomori) qui n’a jamais fonctionné. Le démarrage a déjà été reporté plus de 19 fois et personne ne sait non plus si elle pourra démarrer un jour.
Selon l’Asahi, l’acharnement du gouvernement japonais à vouloir extraire le plutonium des combustibles usés, et donc d’accroître son stock, inquiète les Etats-Unis à cause des risques de prolifération. Pourquoi le Japon pourrait extraire le plutonium sans utilisation crédible et pas d’autres pays ? La Corée du Sud aimerait faire la même chose mais les Etats-Unis tentent de l’en dissuader. Car, après, d’autres pays voudront faire de même. Au Japon comme ailleurs, cette technologie est déployée avec des arrières pensées militaires.