Encore des problèmes avec Monju

Le surgénérateur Monju, qui n’a réussi à fonctionner que quelques mois depuis 1995, a été suspendu en mai 2013 suite à des contrôles de sureté défaillants. 14 000 items n’avaient pas été contrôlés alors qu’ils l’auraient dû. Certains sont pourtant importants pour la sûreté. En septembre dernier, le propriétaire a annoncé avoir fini de contrôler les 47 500 items. Mais, en mars 2014, la NRA a découvert qu’au moins 9 nouveaux items n’avaient pas été contrôlés sur 80 inspectés. Ils concernent le circuit secondaire de refroidissement. La NRA avait prévu d’inspecter 700 items, mais elle s’est arrêtée après 80, étant donnée la situation.
Plus grave, la NRA soupçonne des falsifications de rapport de sûreté. Il y aurait plus de 240 révisions non répertoriées dans ces rapports.
Il serait temps d’arrêter l’acharnement thérapeutique et d’arrêter définitivement ce réacteur expérimental qui est un échec technologique et un désastre financier. 1 000 milliards de yens (plus de 7 milliards d’euros) à la construction et 20 milliards de yens (150 millions d’euros) par an en maintenance. La construction de l’usine de retraitement, qui n’a jamais fonctionné, a, quant à elle, coûté 2 000 milliards de yens (14 milliards d’euros).
Dans le projet de loi d’orientation énergétique, Monju est qualifié de centre de recherche sur la réduction des déchets nucléaires. La même fable avait déjà été proposée pour Superphénix. De nos jours, aussi bien l’IRSN que l’ASN reconnaissent qu’il n’y a pas grand chose à attendre de ce côté.