Retour sur la fuite découverte dans le réacteur n°3

Retour sur la fuite découverte dans le réacteur n°3 : TEPCo n’en connaissait pas l’origine, mais a émis une hypothèse rassurante liée à de l’eau de pluie. Elle n’a pas mentionné d’hypothèse inquiétante…  Elle donne maintenant des informations (en japonais) sur cette eau :
– la température est de 20°C alors que l’eau injectée est à 7°C (à 17h) ;
– il y a 1,7 MBq/L en césium 137 (1,7 million de becquerels par litre), 700 000 Bq/L en césium 134, 25 000 Bq/L en Cobalt 60 et 24 MBq/L en bêta total. (Attention, les données de TEPCo sont en Bq/cm3). C’est donc beaucoup plus contaminé que l’eau injectée dont la composition est ici en anglais.

TEPCo en conclut pudiquement que “ce n’est pas l’eau qui pénètre dans le réacteur”. Certes, mais elle n’en dit pas plus sur la provenance. Toujours pas d’hypothèse alarmante, alors que la veille, elle n’avait pas hésité à suggérer qu’il pouvait s’agir d’eau de pluie… Quand les médias l’interrogent, le porte-parole de la compagnie ne peut nier que cette eau doit sortir de l’enceinte de confinement.

Cette eau a donc fort probablement pénétré dans la cuve où elle a été en contact avec le combustible. La fuite existe-t-elle depuis le début ? Est-elle partiellement responsable de la fusion ? Si oui, est-elle due au séisme ou au tsunami ? Ces questions sont cruciales pour la sûreté des autres réacteurs. Rien à ce propos, même en japonais. Et comme les débits de dose sont très élevés sur place, aucun être humain ne peut aller inspecter. La réponse à ces questions va tarder.

Ajout du 21 janvier : TEPCo communique enfin en anglais sur la fuite découverte dans le réacteur n°3. Elle reconnaît explicitement que l’eau sort de l’enceinte de confinement. Elle aussi mis une nouvelle vidéo en ligne où le débit de l’écoulement semble plus faible.

Par ailleurs, TEPCO a mis en ligne des résultats d’analyse de l’eau souterraine qui font apparaître une forte contamination en strontium, particulièrement radiotoxique : 1 100 Bq/L dans le puits n°1, 5 100 Bq/L dans le puits 1-5, un peu plus en amont, jusqu’à 1 300 Bq/L dans le 1-8… Dans l’eau de mer, à l’intérieur de la barrière mise en place le long du littoral, cela monte à 720 Bq/L.
La contamination en tritium dans le puits n°1 atteint 430 000 Bq/L, presque autant que ce qui sort des réacteurs.