Alors que la loi sur le secret va entrer en application le 10 décembre prochain, le gouvernement a précisé les critères d’application de la classification. Ces règles sont loin d’apaiser la crainte du public, au contraire. Les sources des journalistes, par exemple, ne sont pas protégées.
Après son vote à l’assemblée, le gouvernement avait promis de préciser son contour pour rassurer la population très inquiète : cette loi ne va-t-elle pas servir à cacher des informations dérangeantes pour le gouvernement et punir les lanceurs d’alerte qui les divulgueraient ? Quatre grands domaines sont concernés : la défense, les affaires étrangères, le contre-espionnage et le terrorisme. 19 ministères et agences nationales auront la possibilité de classer secrets des documents, dont l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA. Elles pourront détruire les documents 30 ans après avoir été classifiés, sur accord du 1er ministre.
La presse japonaise souligne que les critères d’application restent flous. Le public ne saura toujours pas ce qui a été classé secret ou pas. L’inspecteur mis en place pour contrôler l’application de la loi et éviter les abus n’est pas indépendant, mais fera partie du cabinet du premier ministre. Et les ministres peuvent refuser l’accès à certains documents à l’inspecteur s’il y a un risque pour la sécurité du pays !
Les personnes accréditées pour accéder aux documents secrets devront subir des tests psychologiques, ce qui constitue une atteinte aux droits de l’Homme, selon la société japonaise de psychologie et neurologie.
L’accès à l’information publique est donc menacé, ce qui représente une atteinte à la démocratie pour de nombreux journaux japonais.