COVID-19 : mesures minimales au Japon

Suite à l’augmentation du nombre de cas de COVID-19 au Japon, le premier ministre s’est résolu à déclarer l’état d’urgence dans une partie du pays. Les provinces concernées sont les plus peuplées : Tôkyô, Kanagawa, Saitama, Chiba, Ôsaka, Hyôgo et Fukuoka. Cela représente 44% de la population. Ailleurs, de nombreuses écoles ont rouvert…

Voici les données de la NHK au 6 avril 2020, sachant qu’une faible fraction des cas est détectée.

Comme pour le report des JO, le gouvernement a tardé à accepter l’évidence. Pourtant, la progression est actuellement exponentielle, comme en Europe. Certains y voient le résultat des fêtes sous les cerisiers en fleurs (hanami) où la distanciation n’est pas de mise.

Cette décision arrive probablement trop tard car le nombre de lits de réanimation par habitant est plus faible au Japon qu’en Europe. De plus, comme un des leaders mondiaux du tabac est japonais, le taux de tabagisme y est plus élevé. L’interdiction de fumer dans les restaurants vient à peine d’entrer en vigueur. Les hôpitaux japonais risquent donc de ne pas pouvoir faire face à la vague des admissions.

Le message du premier ministre, Shinzô Abé, est peu explicite pour la population et très optimiste : “Bien que l’état d’urgence soit déclaré, cela ne signifiera pas un confinement comme on le voit à l’étranger. […] Si chacun d’entre nous peut réduire les contacts avec d’autres personnes d’au moins 70 %, et idéalement de 80 %, nous devrions pouvoir constater un pic du nombre d’infections en deux semaines”.

Abé a également exhorté le peuple japonais à s’inspirer du sentiment d’unité qui a suivi le tremblement de terre dévastateur, le tsunami et la catastrophe nucléaire du pays en 2011 : “Nous sommes à nouveau confrontés à une grande difficulté. Cependant, si nous travaillons ensemble une fois de plus avec espoir, nous relèverons le défi et nous irons de l’avant […] Nous vaincrons le virus, nous vaincrons le virus et nous pourrons surmonter l’épreuve de cet état d’urgence”.

Bref, comme avec la catastrophe nucléaire, le gouvernement minimise l’impact, avec le sentiment que le Japon fera mieux que les autres.

A la centrale nucléaire accidentée de Fukushima daï-ichi, il commence à y avoir une pénurie d’équipement de protection, comme le signale l’agence AP, mais TEPCo aurait trouvé de nouveaux fournisseurs. La distance de sécurité nécessaire pour éviter la propagation du coronavirus ne peut pas toujours être respectée sur le site qui accueille environ 4 000 personnes par jour. Si la propagation du virus s’étend à tout le Japon, TEPCo devra revoir son organisation du travail car les travaux ne peuvent pas être arrêtés. La compagnie affirme que les travailleurs ayant des compétences particulières, qui seraient difficiles à remplacer, ont réduit les contacts avec les autres personnes afin de minimiser les risques d’infection. Le communiqué est très laconique et peu informatif.

Les données sur le COVID-19 dans la région de Tôkyô sont ici en anglais. Un site indépendant fait aussi un décompte en anglais sur tout le Japon.