Niveaux d’irradiation élevés dans le réacteur n°2

L’autorité de régulation nucléaire a envoyé un robot faire des mesures de débit de dose dans la bâtiment réacteur n°2. Les opérations, qui font partie des investigations pour comprendre le déroulé de l’accident, ont été montrées aux médias.

C’est le niveau au dessus du cœur qui a été investigué. Et juste au-dessus du cœur, il y avait 683 mSv/h, à comparer aux 20 mSv/an à ne pas dépasser pour les travailleurs. Cette zone reste interdite d’accès aux humains.

22 nouvelles centrales à charbon prévues dans les 5 prochaines années

Alors que la planète doit réduire ses émissions de CO2, le Japon prévoit de construire 22 centrales à charbon sur 17 sites dans les 5 prochaines années, selon le New York Times. Cinq pourraient être mises en service en 2020. Le gouvernement a, semble-t-il, déjà oublié les typhons exceptionnels qui ont frappé le pays et les vagues de chaleur, de plus en plus fortes.

L’addiction au charbon a commencé bien avant la catastrophe de Fukushima, qui n’a fait qu’accélérer le processus. Les énergies fossiles produisent environ les quatre cinquièmes de l’électricité du pays. Le reste vient essentiellement de des barrages électriques dont la part est de 16%. La part du nucléaire stagne à 3%.

Le Japon est aussi un champion de l’investissement dans le charbon dans d’autres pays.

Des associations de riverains et de protection de l’environnement tentent de s’opposer aux projets qui n’ont bénéficié d’aucune étude environnementale. Pour son projet de Yokosuka, TEPCo a répondu, sans vergogne, que c’était inutile car elle remplace une centrale au fioul sur le même site !

Mais bon, rien à craindre, puisque le pays promet les JO les plus verts de l’histoire…

Eau contaminée : le gouvernement vante le rejet en mer devant les ambassades

En décembre dernier, il n’y avait toujours rien de neuf pour l’eau contaminée, malgré des annonces : le rejet dans l’océan était toujours la solution privilégiée. Fin janvier, le comité d’experts en charge du problème retenait encore deux solutions pour la forme, le rejet en mer ou dans l’atmosphère, même si cette dernière option n’est pas réaliste. Le rejet en mer est plus simple à mettre en œuvre et coûte moins cher.

Le gouvernement a présenté aux ambassades de 23 pays ou régions ses plans concernant le rejet en mer. Voir la présentation qui a été faite.

L’impact en cas de rejet en mer serait très faible : entre 0,071 et 0,81 µSv/an selon le ministère de l’industrie, en supposant que tout le stock est rejeté en un an, selon la présentation faite devant des ambassades. Peu information est donnée quant aux hypothèses retenues pour faire ces calculs de dose. Seul le tritium dans les cuves (860 TBq) a été pris en compte, alors que 75% du stock d’eau a une contamination résiduelle plus élevée que les autorisations de rejet, même après traitement. La présentation mentionne qu’un nouveau traitement est prévu. Mais aucune indication n’est donnée.

Et comme nous le signalions la dernière fois, le gouvernement japonais refuse toute mesure indépendante de l’eau qu’il souhaite rejeter dans l’océan. Malgré cela, c’est sans vergogne que les autorités mentionnent les rumeurs néfastes comme principal obstacle ! Il n’y a pas de rumeurs, seulement un défaut d’informations pertinentes.

Et dire que, selon le Maïnichi, le comité d’experts a recommandé plus de transparence : il  a exigé que l’eau soit à nouveau traitée, que les niveaux résiduels de contamination soient contrôlés par une organisation tierce et que les informations soient divulguées de manière exhaustive.

Les pêcheurs sont toujours opposés à tout rejet en mer. Leurs prises autorisées ne seraient qu’à 20% des quantités pêchées avant l’accident nucléaire.

A noter que, page 14 du document de présentation, le ministère de l’industrie japonais donne les rejets en tritium de plusieurs installations de par le monde. C’est l’usine Orano de la Hague qui a les plus forts rejets en mer, avec 13 700 TBq. Pour les rejets atmosphériques, c’est la centrale de Bruce au Canada qui a la plus forte valeur, avec 1 079 TBq/an.

Réacteur n°3 : le retrait des combustibles semble avoir repris à un rythme régulier

Le 25 janvier dernier, TEPCo avait fini par retirer tous les combustibles neufs de la piscine du réacteur n°3, ainsi que 4 assemblages usés. Depuis, sur la page officielle, la compagnie annonce avoir retiré 7 assemblages usés supplémentaires. Elle semble avoir repris un rythme régulier. Espérons que cela continue ainsi.

Données complètes sur les doses prises par les travailleurs à Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne des données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a eu entre 6 667 et 6 910 personnes exposées aux rayonnements ionisants par mois entre octobre et décembre 2019, dont environ 85% de sous-traitants. La dose moyenne mensuelle est d’environ 0,35 mSv. La dose mensuelle la plus forte du trimestre est de 12,12 mSv en décembre 2019. Sur ce même trimestre, les sous-traitants ont pris 95% de la dose collective de 6,9 hommes.sieverts.

TEPCo avait remis tous les compteurs à zéro au 31 mars 2016, au bout de cinq années. Entre avril 2016 et décembre 2019, 22 356 personnes ont été exposées aux rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi, dont, 90% de sous-traitants qui ont pris 95% de la dose collective de 130 hommes.sieverts. La dose moyenne annuelle sur cette période est de 1,55 mSv. La dose la plus forte reçue est de 79,9 mSv et c’est un sous-traitant qui l’a prise.

TEPCo donne des résultats pour les doses à la peau et au cristallin. Au cours du dernier trimestre 2019, la dose moyenne à la peau reçue par les sous-traitants et 3,6 fois plus élevée que celle reçue par les employés de TEPCo. Il en est de même pour le cristallin.

TEPCo donne aussi la répartition des doses par classe d’âge entre le 1er avril 2016 et le 31 décembre 2019. Il y a ainsi 26 jeunes âgés de 18 à 19 ans, qui ont dû passer dans les classes d’âges supérieures durant cette période.

TEPCo donne aussi la répartition des doses mensuelles depuis le 11 mars 2011, ainsi que par année.

Report de l’insertion d’un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1

TEPCo devait envoyer, avant la fin mars 2020, un nouveau robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 afin de collecter des échantillons de corium, ce magma hautement radioactif de combustibles et débris fondus. Mais, selon le Fukushima Minpo, traduit en anglais par le Japan Times, la compagnie aura plusieurs mois de retard.

Pour pouvoir faire passer le robot et toute l’instrumentation nécessaire aux opérations, TEPCo doit percer trois trous les portes d’accès de l’enceinte de confinement. Pour la porte externe, les trous ont été percés sans problème. Mais quand, en juin 2019, elle a commencé à percer la porte intérieure, il y a eu une augmentation de la concentration en poussières radioactives, qui a entraîné une suspension des travaux.

Les opérations ont repris le 14 janvier dernier, avec des tests sur un premier trou de 21 cm de diamètre, sur 40% de la profondeur, pendant une dizaine de jours. Mais, il faudra plus de temps pour finir la préparation des opérations qui pourraient donc avoir plusieurs mois de retard supplémentaire. Initialement, TEPCo collecter des échantillons de corium au début de 2019.

La Haute cour d’Ôsaka déboute un plaignant qui demandait l’arrêt de la centrale d’Ôï

En 2017, un habitant de Kyôto avait saisi un tribunal d’Ôsaka pour demander l’arrêt de la centrale d’Ôï située dans la province voisine de Fukui, car il estimait qu’en cas de séisme majeur, les réacteurs ne tiendraient, ce qui menaçait la vie des riverains.

En mars dernier, il avait été débouté en première instance. Il avait fait appel et la Haute cour d’Ôsaka vient, à son tour, de le débouter.

Les réacteurs 3 et 4 d’Ôï, exploité par Kansaï Electric, avaient été remis en service en 2018.

Premier déchargement de combustible MOx à la centrale de Takahama

Kansaï Electric a commencé à décharger, pour la première fois, du combustible MOx d’un de ses réacteurs nucléaires. Ce combustible contient du plutonium issu du retraitement des combustibles usés. 8 assemblages de MOx sur 28 seront retirés du réacteur Takahama-3. Ils avaient été introduits en décembre 2010… et seront remplacés par du combustible classique à base d’uranium naturel enrichi. 73 autres assemblages classiques seront aussi déchargés.

Les réacteurs 3 et 4 de Takahama sont actuellement à l’arrêt pour maintenance.

Après le réacteur Ikata-3, où ont été déchargés, il y a quelques jours, 16 assemblages de combustible MOx, ce n’est que la deuxième fois que du MOx est retiré d’un réacteur dans le cadre du programme “pluthermal”. Cela en dit long sur le faible taux de recyclage des combustibles usés.

Sur les 9 réacteurs nucléaires remis en service depuis le renforcement du référentiel de sûreté suite à la catastrophe de Fukushima, seulement 4 utilisent du combustible MOx : Takahama 3 et 4, Ikata-3 et Genkaï-3. Ikata-3 vient d’être suspendu par la justice. Genkaï-3 sera arrêté en août prochain à cause du retard dans la mise en place des mesures anti-terrorisme. De même pour Takahama-3 et 4, avant le 3 août et le 8 octobre 2020, respectivement.

D’ici octobre 2020, il n’y aura donc plus aucun réacteur utilisant du MOx au Japon, même si Kansaï Electric espère avoir fini les travaux en novembre 2020 pour remettre en service Takahama-3 le 22 décembre prochain. Takahama-4, quant à lui, devrait être relancé le 10 février 2021. Comme en France, il n’y a aucune solution pour ce type de combustible après son déchargement. Il finira en déchet, même s’il est classé en matières dites valorisables pour le moment.

Les réacteurs expérimentaux, Monju et Fugen, tous les deux mis à l’arrêt définitif, utilisaient aussi une autre type de combustible MOx. Pour une partie de ceux de Fugen, la solution trouvée a été de signer un contrat avec Orano pour les envoyer en France en attendant, sans perspective de retraitement, pour le moment.

Shikoku Electric ne fera pas appel de la décision de justice qui suspend son réacteur Ikata-3

Il y a quelques jours, la Haute Cour de justice de Hiroshima a, pour la deuxième fois, suspendu le réacteur n°3 de la centrale d’Ikata, dans la province d’Ehimé, car elle considère que les risques sismiques et volcaniques étaient sous-estimés. Shikoku Electric, l’exploitant, a finalement décidé de ne pas faire appel pour le moment.

Le réacteur était déjà à l’arrêt pour maintenance et les problèmes s’accumulent : lors du dernier en date, le 25 janvier 2020, il y a eu un coupure générale d’électricité sur toute la centrale et ses 3 réacteurs nucléaires. Les diesels de secours et d’autres sources ont pris le relais. Mais, pendant une dizaine de secondes, le réacteur n°3 s’est retrouvé en black-out. Le 20 janvier, une alarme a sonné dans la piscine de combustible, indiquant la chute d’un assemblage lors d’une opération de manipulation. Il n’y aurait pas eu de chute, mais un accrochage. Et, le 12 janvier, une barre de contrôle a été relevée par erreur, pendant 7 heures.

Réacteur n°3 : tous les combustibles neufs ont été déchargés de la piscine

TEPCo a commencé, en avril 2019, à retirer les combustibles de la piscine du réacteur n°3. Elle a débuté par 7 assemblages neufs, puis, plus rien jusqu’en juillet, où les opérations ont repris. TEPCo avait alors mis en ligne vidéo, avant de suspendre à nouveau les travaux car une douzaine d’assemblages étaient endommagés, jusqu’en décembre dernier.

Lors de la dernière mise à jour de sa page de suivi des opérations, TEPCo annonce avoir terminé de retirer les 52 assemblages neufs de la piscine du réacteur n°3 et avoir retiré 4 assemblages usés sur 514 :