Seulement 13% des habitants sont rentrés dans les 5 communes où l’ordre d’évacuer a été levé

L’ordre d’évacuer a été levé dans les communes de Tamura, Minami-Sôma, Kawauchi, Katsurao et Naraha, mais seulement 13% des habitants sont rentrés. Les ordres d’évacuer ont pourtant été partiellement ou complètement levés entre avril 2014 et juillet 2016.

19 460 personnes résidaient dans ces zones et seulement 2 500 sont rentrées en janvier de cet année. Il s’agit surtout de personnes âgées, les familles avec enfant craignant les risques liés à la pollution radioactive.

Rappelons que les autorités veulent lever tous les ordres d’évacuer au 31 mars 2017, sauf dans les zones classées en « retour difficile » et cesser les indemnisations un an plus tard. Pour de nombreux « auto-évacués » l‘aide au logement cessera aussi au 31 mars 2017.

Voir la dernière carte officielle extraite du site de l’Agence de reconstruction :

Du lait en provenance de Naraha mis sur le marché

La commune de Naraha, située à moins de 20 km de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, avait été entièrement évacuée en 2011. L’ordre d’évacuer a été levé en septembre 2015, mais seulement 10% des habitants étaient rentrés un an plus tard.

Pour la première fois depuis la catastrophe nucléaire, du lait produit dans une zone qui a été évacuée vient d’être collecté pour être mis sur le marché. Des contrôles de la radioactivité ont été effectués depuis mai 2016 et la contamination n’a jamais dépassé la limite légale de 50 Bq/kg. Elle était même systématiquement inférieure à la limite de détection.

Il y a 18 vaches dans cette ferme qui ne vont jamais à l’herbe, comme c’est généralement le cas au Japon, mais sont plutôt nourries avec des aliments importés.

2017, année du grand retour

En 2015, le gouvernement japonais a annoncé la levée de tous les ordres d’évacuation à la fin mars 2017, sauf dans les zones qualifiées de « retour difficile ». Le retour est espéré dans l’année qui suivra et l’indemnisation s’arrêtera en mars 2018. Pour les « auto-évacués », qui avaient quitté d’eux mêmes les zones contaminées, sans en recevoir l’ordre, ce sera la fin des logements gratuits mis à leur disposition. Les autorités espèrent aussi leur retour à Fukushima.

La motivation gouvernementale est double : il y a, bien entendu, le coût des indemnisations, mais aussi une décision prise sans concertation de reconquête totale des territoires contaminés, quel qu’en soit le prix, pour des raisons idéologiques.

La date approche et 2017 va être une année difficile pour toutes ces personnes concernées. Là où les ordres d’évacuer ont déjà été levés, le taux de retour reste faible (voir notre synthèse de mars 2016). Cela montre l’inadéquation de la politique gouvernementale par rapport aux attentes d’une bonne partie de la population (la dernière carte des zones d’évacuation est dans ce document, page 6). Selon le correspondant de l’Asahi à Iwaki, cette politique conduit les personnes concernées à se sentir « petites ». C’est leur dignité qui est en jeu.

Devant les instances internationales, le Japon promeut l’implication des parties prenantes, mais ne l’applique pas chez lui : le cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe adopté lors de la troisième Conférence mondiale de l’ONU tenue à Sendai au Japon le 18 mars 2015, rappelle qu’« il est essentiel de permettre aux femmes et aux personnes handicapées de jouer publiquement un rôle de chef de file et de promouvoir des activités d’intervention, de relèvement, de remise en état et de reconstruction soucieuses de l’équité du traitement des hommes et des femmes et accessibles à tous. » On en est loin au Japon.

Comme l’accident est loin d’être terminé, une partie des populations concernées ne souhaite pas rentrer et fait de la résistance. Certaines familles, séparées, n’ont pas les moyens de payer un deuxième loyer loin de chez elles. Des fonctionnaires font donc du porte à porte pour leur expliquer qu’elles doivent libérer leur logement avant la fin mars. Ils téléphonent souvent. Selon des témoignages recueillis par le député Yamamoto et traduits en français par Nos Voisins lointain 3.11, cela s’apparente à du harcèlement.

Pour certaines familles, le retour signifiera un nouveau déplacement et une nouvelle déchirure : les enfants se sont intégrés dans leur nouvelle école, les parents ont retrouvé du travail, même précaire… Dans certains hameaux isolés, la vie ne sera pas possible si les voisins ne rentrent pas aussi. Tous savent que la vie dans leur lieu d’origine ne sera jamais comme avant. Même la partie de Minami-Sôma, qui n’a pas été évacuée durablement, est transformée depuis l’accident. C’est le cas aussi à Iwaki.

Selon le Fukushima Minpo, la province de Fukushima va donner la priorité aux personnes issues des zones où l’ordre d’évacuer a été levé pour les logements publics. A Fukushima, les logements gratuits du parc régional seront disponibles jusqu’en mars 2018 pour les personnes originaires des zones évacuées. Par pour les « auto-évacués ». Toujours selon ce même quotidien régional, la commune de Naraha, où seulement 10% de la population était rentrée un an après la levée de l’ordre d’évacuer, ne veut pas prolonger ce soutien.

Les zones de retour sont loin d’être accueillantes. Le principal problème est lié à la pollution radioactive. La limite de dose retenue pour le retour est la plus élevée des recommandations internationales et n’est pas acceptée par une partie de la population, surtout par les familles avec enfants. La dernière carte officielle de la contamination effectuée par hélicoptère a un an. Les dernières données de l’Autorité de régulation nucléaire sont plus récentes. Pour les zones situées à moins de 20 km de la centrale accidentée, c’est ici. Et puis, il y a tous ces déchets radioactifs qui s’accumulent, dont la gestion semble sans fin et pour lesquels de nouveaux problèmes surgissent.

L’année 2017 s’annonce donc très difficile pour les personnes déplacées de la catastrophe nucléaire.

Des épreuves des JO de 2020 à Fukushima ?

J-Village, situé à cheval sur Hirono et Naraha, à une vingtaine kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, était un centre de formation de footballeurs japonais construit et sponsorisé par TEPCo. Après la catastrophe, il a été transformé en centre d’accueil pour les milliers de travailleurs à la centrale accidentée. Il devrait retourner au foot avant les JO de 2020 au Japon. Le gouverneur de Fukushima a même lancé un appel pour financer ce centre.

Selon le Fukushima Minpo, TEPCo a rendu les clés du bâtiment principal de ce centre le 30 novembre dernier. Des travaux devraient être entrepris pour le rendre au football d’ici l’été 2018, avec une restitution complète avant avril 2019. Le site va continuer à être utilisé comme station de bus pour les travailleurs à la centrale nucléaire jusqu’en mars 2017. Ensuite, TEPCo utilisera la centrale de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres au sud de daï-ichi.

Le Comité olympique japonais avait aussi l’intension d’organiser des épreuves de baseball et de softball à Fukushima. Ces sports sont très populaires au Japon. Mais les négociations avec la fédération internationale de ces deux sports, basée à Lausanne en Suisse, patinent, selon le Yomiuri à cause du nombre de stades et des travaux de rénovation.

Pétition pour le maintien des aides au logement pour les personnes déplacées

Le gouvernement japonais a une politique unique pour les personnes déplacées : leur retour, sauf dans les zones les plus contaminées, qualifiées de « retour difficile ». L’aide au logement pour les évacués « volontaires » qui ont quitté des territoires où il n’y avait pas d’ordre d’évacuer, cessera en mars 2017. Des mesures d’accompagnement financier sont prévues à la place. Une réunion entre ces familles et les autorités avait tourné au dialogue de sourds en février dernier. Il y en a eu une quarantaine en tout. S’il y a eu des retours, de nombreuses familles souhaitent rester là où elles sont et demandent la prolongation de l’aide au logement. En mars dernier, 70% des auto-évacués n’avaient pas décidé où ils iront.

De nombreux évacués forcés, originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé, sont dans une situation similaire s’ils ne veulent pas rentrer. Et ils seront nombreux après mars 2017, date de la levée de tous les ordres d’évacuer, sauf dans les zones classées en « retour difficile ». Ceux originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé en 2014 perdront aussi leur aide au logement en mars 2017. C’est le cas, par exemple, pour Kawauchi. Les habitants sont poussés au retour, mais ils résistent. A Naraha, seulement 10% environ étaient rentrés, un an après la levée de l’ordre d’évacuer de septembre 2015.

En tout, 12 000 foyers devraient perdre leur logement gratuit en mars 2017. Une partie de ces personnes se sont regroupées pour faire entendre leur voix. Selon l’Asahi, elles viennent de remettre aux autorités une pétition avec 200 000 signatures afin de demander une prolongation de l’aide au logement.

La fin de l’aide au logement entraînera des difficultés supplémentaires pour les familles qui ont de faibles revenus et qui ne veulent pas rentrer. Les « auto-évacués » ne reçoivent pas d’aide supplémentaire et certains ont beaucoup perdu : emploi, logement, lien social, voire familial car il y a eu de nombreux divorces… Les autorités devraient essayer de comprendre pourquoi les populations ne veulent pas rentrer plutôt que de prendre de telles décisions unilatéralement. Rappelons que les textes internationaux de l’ONU relatifs aux déplacés intérieurs leur garantissent des droits et enjoignent les autorités à associer pleinement ces personnes à la planification et à la gestion de leur retour ou de leur réinstallation (voir notre rapport pour le cinquième anniversaire de la catastrophe). Ce n’est pas le cas au Japon.

Dans un éditorial, le Japan Times, appelle à maintenir un soutien pour ces personnes.

Voyage à Fukushima, dans une région optimiste et pleine d’espoir

Tel est le titre d’un reportage de la RTBF après avoir « traversé une région pleine d’espoir, organisée et optimiste ». Nos reporters ont vu des villages abandonnés et des tonnes de déchets dans « de grands sacs en plastique noir qui s’entassent à perte de vue, mais de manière ordonnée ». Ce doit être l’ordre qui est source d’optimisme.

On y apprend que la terre contaminée, est « stockée là en attente d’être traitée ». Non, elle sera entreposée le temps qu’il faudra, sans traitement. Et d’ajouter que « le gouvernement japonais a mis en place un processus assez prodigieux, dont l’objectif est de racler plusieurs mètres d’épaisseur de sol, sur des centaines de mètres à l’intérieur des terres, afin de les rendre à nouveau saines pour les habitants et leurs activités économiques. Une belle preuve de résilience ». Waouh, les autorités racleraient la terre sur plusieurs mètres d’épaisseur. Il s’agit de centimètres… Quant à la décontamination, elle se fait sur un vaste territoire qui va bien au-delà de quelques centaines de mètres à l’intérieur des terres !

« Mais malgré tous leurs efforts, les instances officielles n’[arriveraient] pas à gagner la confiance des japonais. » Trop bête, alors qu’il suffit de quelques mesures citoyennes sur un site Internet, celui de Safecast, pour « préparer sereinement le retour des habitants dans les villes abandonnées de la région. »

« Et même si les rues d’Odaka sont encore assez désertes, nous avons assisté au retour d’un petit groupe d’enfants à la maison après l’école, en apparente insouciance. » Que pensaient-ils voir ? Des enfants en pleurs devant des appareils de mesure de la radioactivité ?

Une belle leçon de journalisme…

La terre abandonnée

Le documentaire, La terre abandonnée, est sorti en Belgique. Il s’intéresse aux personnes qui sont restées à Tomioka ou qui ont choisi d’y revenir, malgré l’ordre d’évacuation. Voir la bande annonce.

Le réalisateur, Gilles Laurent, est décédé dans l’attentat de la station Maelbeek à Bruxelles le 22 mars 2016. Lire le portrait que lui consacre Le Soir.

Pour en savoir plus sur le film et sa diffusion, c’est ici.

La terre abandonnée
Un film de Gilles Laurent – 73′ – 2016 – Film d’auteur – CVB

Dans la zone évacuée autour de la centrale nucléaire de Fukushima, quelques rares individus vivent sur cette terre brûlante de radiations. Rythmé par les travaux de décontamination et le danger permanent, l’existence apparemment déraisonnable mais paisible de ces irréductibles nous rappelle qu’un bout de terre est, en dernier recours, notre lien le plus sûr au monde.

 

La « Fukushima pride » en faveur de l’agriculture

L’agence de reconstruction vient de lancer la « team Fukushima pride » en faveur de l’agriculture. En s’inscrivant sur ce site, géré par une compagnie privée, on peut acheter des produits de Fukushima, et même en gagner lors de tirages au sort.

Les produits agricoles de Fukushima ont plus de mal à se vendre et sont achetés par l’industrie agro-alimentaire qui pratique des prix plus bas que la vente via des circuits plus courts. L’initiative de l’agence de reconstruction a surtout pour but de changer l’image de ces produits alors que le gouvernement veut lever les ordres d’évacuer et relancer l’agriculture dans ces zones.

Par ailleurs, le ministère de l’agriculture, qui effectue des contrôles réguliers et aléatoires des produits de l’agriculture, de la pêche, de la chasse et de la cueillette, a fait analyser 260 538 produits en provenance de 17 provinces situées au Nord-Est de Shizuoka en 2015. 264 échantillons avaient une concentration en césium dépassant la limite de 100 Bq/kg. Il s’agit surtout de champignons, de gibier et de poissons d’eau douce. Il y avait aussi 5 échantillons agricoles avec une contamination dépassant la limite : deux de riz à Fukushima, deux de soja à Fukushima et un de sarrasin à Iwaté. Le riz de Fukushima était pour la consommation personnelle car les autorités de Fukushima contrôlent systématiquement tous les 10,5 millions de sacs mis sur le marché. Pour la première fois, aucun sac contrôlé n’a dépassé la limite en 2015, selon le Fukushima Minpo. Aucun poisson de mer contrôlé par le ministère de l’agriculture ne dépassait la limite non plus.

Le strontium-90, qui est plus radiotoxique, a été détecté dans deux échantillons avec des concentrations de 0,35 et 0,05 Bq/kg.

Selon le Maïnichi, qui rapporte ces résultats, les contrôles effectués dans 17 provinces ont déjà coûté 4 milliards de yens (35 millions d’euros). Pour certains produits pour lesquels la contamination est quasi-systématiquement inférieure à 25 Bq/kg, les contrôles pourraient être allégés, selon le ministère.

Certains produits de l’agriculture, de la pêche, de la cueillette et de la chasse continuent à être interdits à la vente dans certaines zones. Il n’y a pas de mise sur le marché de produits alimentaires issus des territoires évacués. La dernière liste officielle d’interdictions est ici en anglais. Elle date du 24 août dernier. Les listes précédentes sont ici en anglais.

Certaines cultures, comme celle des champignons qui concentrent le césium, continuent à être sinistrées, même dans les provinces voisines de Fukushima.

Pour les 12 communes les plus affectées par les retombées radioactives, le gouvernement prévoit un nouveau plan de soutien à la reprise de l’agriculture. Il s’agit de Tamura, Minami-Sôma, Kawamata, Hirono, Naraha, Tomioka, Ôkuma, Futaba, Namié, Kawauchi, Katsurao and Iitaté. Pour cela, il prévoit un budget de 7 milliards de yens (61 millions d’euros). Il existe déjà un programme d’aide sous la forme de prêt de matériel agricole. Mais le système concerne surtout les coopératives et n’est pas adapté pour les petites exploitations. Le nouveau programme devrait couvrir jusqu’à 75% l’achat de matériels et d’animaux, à hauteur de 10 millions de yens par ferme. Ces chiffres doivent encore être validés. C’est le gouvernement central qui payera.

Selon le Yomiuri, qui s’est fait le porte-parole du « village nucléaire », de nombreux agriculteurs se sont tournés vers la production de fleurs, car elles sont moins sujettes « aux incompréhensions liées à l’incident nucléaire » (sic). Quelques expériences sont aussi menées par 6 agriculteurs dans la commune évacuée de Namié. D’autres sont prévues dans celle d’Iitaté. Ils bénéficient d’un soutien financier de la province.

Parler d’incident pour Fukushima et réduire le problème de l’agriculture à un problème de rumeurs néfastes est un scandale. Il s’agit, ni plus ni moins, que de culpabiliser les personnes qui ont des doutes, qui se posent des questions. Les autorités feraient mieux de se préoccuper des inquiétudes des consommateurs et appeler un becquerel un becquerel. Il y a aussi de grandes quantités de données obtenues par des laboratoires non officiels, comme ceux rassemblés dans la base de données Minna no data à laquelle Chikurin participe, qui sont simplement ignorées par les autorités. On ne peut pas espérer gagner la confiance des consommateurs si on ne leur fait pas confiance.

Un an après la levée de l’ordre d’évacuer, seulement 10% des habitants sont rentrés à Naraha

Il y a tout juste un an, le gouvernement levait l’ordre d’évacuer de la commune de Naraha située à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. A peine 200 personnes étaient rentrées dans les premières semaines. Elles sont 681 maintenant, soit moins de 10% des 7 300 habitants toujours inscrits dans la commune.

53% des habitants qui sont rentrés sont des personnes âgées de plus de 65 ans. L’école devrait rouvrir l’an prochain, mais combien d’enfants rentreront ? Ils étaient 680 à l’école et au collège avant la catastrophe. La commune espère que 80% des 450 enfants éligibles seront inscrits en avril 2017.

La commune espère aussi un taux de retour de 50% au printemps prochain, mais de nombreuses familles sont inquiètes de la radioactivité rémanente, malgré la décontamination. Elle veut développer un centre ville compact avec de nouvelles habitations, des commerces et une clinique pour attirer les habitants. Cela devrait être terminé en 2018. Il y a aussi un mur anti-tsunami à construire.

Très peu ont repris l’agriculture. Seuls une vingtaine d’hectares de rizières ont été plantés cette année, ce qui représente à peine 5% de la surface cultivée avant accident. Un seul éleveur sur une quarantaine a repris l’élevage, mais il continue à vivre à Iwaki. Il a 5 vaches.

Pourtant, Naraha n’a pas été fortement contaminée. Le taux de retour dans les communes plus contaminées pourrait être plus faible.

Maison construite sur des déchets radioactifs à Fukushima

Le Maïnichi rapporte l’histoire d’une maison construite sur des déchets radioactifs issus de la décontamination qui ont été enterrés. En quelques années, il y a déjà perte de la mémoire. Et dire que le gouvernement veut les éparpiller partout pour construire des digues ou faire du terrassement en présentant cela comme du « recyclage » qui permet de faire des économies.

Dans 5 communes, les déchets radioactifs issus de la décontamination ont été, pour la plupart, enterrés sur place ou laissés au bout du terrain. La ville de Fukushima est dans ce cas. Un homme y a acheté un terrain de 300 m2 en novembre 2013 pour y construire une habitation. Le propriétaire précédent lui a transmis un croquis avec l’emplacement des déchets enterrés et des relevés de débits de dose mesurés avant et après les travaux de décontamination. Mais ce plan ne donnait aucune distance.

En mai 2015, le nouveau propriétaire a fait une demande officielle pour connaître l’emplacement des déchets et la mairie lui a donné une plan avec des dimensions. Une maison a été construite, puis, en octobre 2015, quand la commune est venue rechercher les déchets, 6 sacs d’un mètre cube chacun étaient sous la maison. Quatre d’entre eux ne peuvent pas être repris sans risquer de l’endommager.

La mairie ne se serait pas excusée pour le plan erroné alors qu’elle a distribué 66 000 croquis sans dimension. Il y aura sûrement d’autres erreurs de ce type. Dans les quatre autres communes qui ont enterré provisoirement les déchets, les plans sont plus précis, avec des dimensions. La ville de Fukushima a encore 26 000 croquis à distribuer. Elle envisage de les remplacer par des plans. Espérons qu’ils soient justes.