Réouverture d’une portion de ligne de train Jôban

Une portion de 23 km de la ligne de train Jôban qui longe le littoral entre Sôma à Fukushima et Watari à Miyagi vient d’être rouverte. Elle avait été détruite par le tsunami et la nouvelle ligne a été éloignée du littoral et surélevée (voir la photo de l’Asahi). Trois nouvelles gares ont dû être construites. Cela a coûté 40 milliards de yens.

Une autre portion avait été réouverte à Minami-Sôma, à destination de la zone où l’ordre d’évacuation allait être levé.

D’autres portions de la ligne, à Iwaté ou à Fukushima n’ont pas encore été reconstruites. A Fukushima, c’est la portion qui traverse les zones les plus contaminées qui est encore coupée.

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Fort séisme suivi d’un petit tsunami à Fukushima

Un fort séisme, d’un magnitude de 7,4, a secoué le Nord-Est du Japon à 5h59. L’épicentre était au large des côtes japonaises à 25 km de profondeur. Une plaque aurait glissé verticalement à 60 km au large d’Iwaki. Une alerte au tsunami a aussitôt été émise.

Un petit tsunami est arrivé sur les côtes un peu plus tard. Il était d’un mètre de hauteur à Fukushima à 6h34 et jusqu’à 1,4 m ailleurs dans la baie de Sendaï, dans la province de Miyagi où la vague est arrivée deux heures après le séisme, à 8h03. Des images du mascaret remontant les fleuves sont disponibles sur le site du Asahi et du Maïnichi. Fort heureusement, on ne déplore aucun dégât majeur. Une quinzaine blessés ont été recensés.

L’alerte au tsunami a été levée 4 heures après la secousse initiale. Elle a entraîné l’évacuation préventive de plus de 10 000 personnes vers des centres de regroupement qui a parfois été entravée par des embouteillages. L’Agence météorologique avait sous-estimé la hauteur de la vague à Sendaï : elle a d’abord annoncé un mètre, avant de revoir sa prévision après avoir observé la vague au large. C’était finalement 1,4 m. Elle va donc revoir sa méthode de prévision.

TEPCo annonce n’avoir détecté aucune anomalie, si ce n’est un arrêt du refroidissement de la piscine de combustibles du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima daï-ni qui contient 2 544 assemblages. Il a été remis en service à 7h47. La température de l’eau était de 28,7°C avant l’arrêt et de 29,5°C au moment de la reprise. Il aurait fallu attendre plusieurs jours sans refroidissement pour atteindre le seuil d’alerte de 65°C. La compagnie a mis deux heures à informer les médias de cet arrêt.

A la centrale de Fukushima daï-ichi, le pompage de l’eau contaminée a été préventivement stoppé afin d’éviter une fuite en cas d’endommagement sur un tuyau. Tout le personnel a été évacué vers les hauteurs et il n’était pas possible de vérifier l’état des canalisations.

En revanche, un endommagement des piscines non encore vidées des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi, pourrait avoir de graves conséquences s’il y a des fissures qui empêchent le refroidissement. Les débits de dose dans ces réacteurs sont aussi trop élevés pour empêcher toute intervention humaine.

Cet évènement a réveillé les pires cauchemars chez les habitants du Nord-Est du Japon et vient rappeler la fragilité de la centrale accidentée face aux agressions externes. Il y a aussi le problèmes des déchets radioactifs qui sont entreposés près des côtes.

Vidéos sur le site de l’Asahi en langue japonaise :

Augmentation du risque de démence chez les personnes âgées qui ont perdu leur logement après le tsunami

Une étude, en accès payant, met en évidence une augmentation du risque de démence chez les personnes âgées qui ont perdu leur logement suite au tsunami du Tôhoku de 2011 par rapport à celles qui ont pu rester chez elles. Voir la dépêche Reuters et l’article de MedicalXpress.

Une équipe médicale a suivi 3 556 personnes âgées de 65 ans ou plus d’Iwanuma dans la province de Miyagi qui ont survécu au tsunami. Presque la moitié de la ville a été inondée en mars 2011. 38,0% des participants ont perdu un ou des amis et/ou des membres de leur famille dans la catastrophe et les logements de 58,9% des participants ont subi des dommages matériels.

Avant le tsunami, 4,1% des personnes âgées avaient des symptômes de démence. C’est 11,5% deux ans et demi après. Par ailleurs, 2,8% des participants avaient eu un accident vasculaire cérébral (AVC) avant la catastrophe et presque 6,5% après.

La perte du logement et du lien social semble augmenter le risque de déclin cognitif selon cette étude. Plus la maison est endommagée, plus le risque est grand. 2,9% des personnes suivies ont déclaré n’avoir aucun contact avec les voisins, même pas une salutation dans la rue. C’était 1,5% avant la catastrophe.

En revanche, la perte d’un ami et/ou d’un membre de la famille ne semble pas affecter le risque de démence.

Indemnisation des familles d’écoliers emportés par le tsunami

A l’école élémentaire d’Ôkawa, dans la commune d’Ishinomaki, située dans la province de Miyagi, 74 écoliers et 10 enseignants ont été emportés par le tsunami. Elle était à 4 km de la côte. Il y avait 108 écoliers et 13 enseignants en tout dans cette école.

Les familles de 23 écoliers ont porté plainte et une Cour de Sendaï vient d’ordonner aux autorités d’Ishinomaki et de Miyagi de les indemniser car il aurait été possible de sauver les enfants et les enseignants. Après le séisme, les enfants et le personnel sont restés 45 minutes dans la cour de l’école. L’école a été alertée du tsunami 7 minutes avant son arrivée par des véhicules avec hauts-parleurs. La radio annonçait aussi une vague de 6 à 10 m. Le lieu choisi pour se réfugier, appelé Sankakuchitaï, n’était qu’à 7 m d’altitude alors qu’il y avait une colline à proximité. Il aurait été possible de s’y réfugier en une minute en courant. La vague faisait 10 m de haut.

De plus, des parents qui étaient venus chercher leurs enfants avaient demandé d’aller sur cette colline.

Les familles avaient demandé 2,3 milliards de yens (100 millions de yens ou 870 000 euros par enfant) et en ont obtenu 1,4 milliards (12 millions d’euros).

Les autorités locales s’étaient défendues en affirmant que l’école n’était pas dans une zone supposée inondable en cas de tsunami et avait même été désignée comme lieu de regroupement en cas de catastrophe naturelle.

La commune d’Ishinomaki devrait faire appel du jugement.

Plus de 600 enfants scolarisés et enseignants sont décédés ou disparus dans ce tsunami.