Vidéo de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi

Le quotidien Asahi a mis en ligne un reportage vidéo sur la centrale de Fukushima daï-ichi. c’est en japonais.

On voit d’abord le réacteur n°1 où il y a 150 microsieverts par heure à proximité, puis le réacteur n°3 où le débit de dose à proximité monte à 335 microsievert par heure. On voit ensuite le réacteur n°2 et des images récentes de TEPCo sur l’intérieur de l’enceinte de confinement. Puis les cuves avec l’eau contaminée, suivies d’images d’archive sans les cuves. Il est expliqué que le stock d’eau augmente de 200 m3 par jour actuellement (voir les dernières données de TEPCo à ce propos). Il y a près d’un millier de cuves actuellement.

A la fin du reportage, on voit que les conditions de travail et de vie sur le site se sont améliorées et qu’il n’y a plus besoin de masque intégral partout.

L’article associé à la vidéo est aussi disponible en anglais depuis le 13 février.

Report de la date de retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°3

TEPCo venait de communiquer sur l’avancement des travaux sur le réacteur n°3 en postant des images de la pose d’une des premières pièce de la structure qu’elle veut construire autour du réacteur pour pouvoir y retirer les combustibles usés.

La compagnie vient d’annoncer un report de l’achèvement des travaux et donc du début du retrait des combustibles à cause des débits de dose trop élevés. Elle dit privilégier la protection des travailleurs, ce que l’on ne peut pas lui reprocher. Voir ce document en japonais, avec le nouveau planning, des photos et des débits de dose. Cela dépasse, par endroit, les 50 mSv/h à 1,2 m du sommet.

La compagnie a mis en ligne une carte du site avec des débits de dose. C’est vers les réacteurs, et en particulier, vers le réacteur n°3 que les niveaux sont le plus élevés : jusqu’à 0,35 mSv/h quand la limite annuelle est de 20 mSv en moyenne pour les travailleurs.

C’est le deuxième report et la construction devrait prendre deux années environ.

Cette piscine contient 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx.

15 travailleurs de Fukushima atteints d’un cancer

Selon une note en japonais que TEPCo a mis en ligne, 15 travailleurs ont développé un cancer depuis qu’ils ont été engagés à des travaux sous rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Un lien avec la radioactivité ne peut pas être exclu.

Sur ces 15 personnes, il y a 8 cas de leucémie. Trois travailleurs ont déjà vu leur cancer reconnu comme maladie professionnelle, dont un cas de cancer de la thyroïde. Les deux autres cas sont des leucémies.

Repéré par Fukuleaks.

Vidéo de TEPCo sur l’avancement des travaux

TEPCo a mis en ligne une vidéo pour vanter les progrès à la centrale de Fukushima daï-ichi. Certes, des progrès ont été accomplis et c’est bien heureux, il reste de nombreux défis qui ne sont pas abordés. Certains accomplissements présentés datent de plusieurs années. Et pour l’eau contaminée, la présentation est bien optimiste…

Par ailleurs, TEPCo communique sur l’installation sur le toit du réacteur n°3 d’une pièce destinée à recevoir la nouvelle structure en construction que l’on voit dans la vidéo.

La compagnie se prépare à insérer un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Il devrait faire des mesures et prendre des images. Voir quelques explications en japonais. Les opérations sont prévues pour février.

Kansaï Electric doit limiter le temps de travail de ses cadres après un suicide

L’inspection du travail a demandé au président de Kansaï Electric de limiter le temps de travail après le suicide d’un employé en avril dernier, lié à la pression subie et aux heures supplémentaires. Cet employé était en charge de la supervision des dossiers remis à l’Autorité de Régulation Nucléaire pour la prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui.

Il est assez exceptionnel que l’inspection du travail s’adresse directement au président de la compagnie en cas de « karoshi », où décès par excès de travail. Il lui est demandé de contrôler le temps de travail de tous les cadres. La personne qui s’est suicidée, âgée d’une quarantaine d’années, faisait de 100 à 200 heures supplémentaires par mois pour finir à temps les dossiers de demande d’extension de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de Takahama. La compagnie va devoir aussi rapporter les heures effectuées à la maison. Kansaï Electric n’a violé aucune loi, mais doit payer les heures supplémentaires et les limiter.

Si Kansaï Electric n’avait pas terminé la procédure dans les temps, elle aurait dû arrêter définitivement les réacteurs 1 et 2 de cette centrale.

Un cancer de la thyroïde reconnu comme maladie professionnelle à Fukushima daï-ichi

Un employé de TEPCo, âgé d’une quarantaine d’années, qui a travaillé à la centrale de Fukushima daï-ichi après l’accident, a développé un cancer de la thyroïde en avril 2014. Il était présent sur le site lors des explosions hydrogène qui ont détruit les bâtiments des réacteurs 1 et 3.

Il a travaillé sur plusieurs centrales nucléaires entre 1992 et 2012 et aurait reçu une dose cumulée de 150 mSv, dont 140 mSv reçus à la centrale de Fukushima daï-ichi. Cette dose inclut environ 40 mSv liés à la contamination interne. Sa maladie vient d’être reconnue comme maladie professionnelle. Cela entraîne une prise en charge des frais médicaux.

C’est le troisième travailleur de Fukushima daï-ichi dont le cancer obtient cette reconnaissance. Les deux autres cas étaient des leucémies. Le premier cas avait été reconnu en octobre 2015 et le deuxième en août 2016. Le premier cas a porté plainte depuis. C’est la première fois qu’un cancer de la thyroïde est reconnu comme maladie professionnelle au Japon.

Quand il s’agit des enfants de Fukushima, les autorités refusent le lien avec la catastrophe sous le prétexte que la maladie a mis 4 à 5 ans à apparaître après l’accident de Tchernobyl. Là, c’est moins. Comment justifier cette différence de traitement ?

Des épreuves des JO de 2020 à Fukushima ?

J-Village, situé à cheval sur Hirono et Naraha, à une vingtaine kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, était un centre de formation de footballeurs japonais construit et sponsorisé par TEPCo. Après la catastrophe, il a été transformé en centre d’accueil pour les milliers de travailleurs à la centrale accidentée. Il devrait retourner au foot avant les JO de 2020 au Japon. Le gouverneur de Fukushima a même lancé un appel pour financer ce centre.

Selon le Fukushima Minpo, TEPCo a rendu les clés du bâtiment principal de ce centre le 30 novembre dernier. Des travaux devraient être entrepris pour le rendre au football d’ici l’été 2018, avec une restitution complète avant avril 2019. Le site va continuer à être utilisé comme station de bus pour les travailleurs à la centrale nucléaire jusqu’en mars 2017. Ensuite, TEPCo utilisera la centrale de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres au sud de daï-ichi.

Le Comité olympique japonais avait aussi l’intension d’organiser des épreuves de baseball et de softball à Fukushima. Ces sports sont très populaires au Japon. Mais les négociations avec la fédération internationale de ces deux sports, basée à Lausanne en Suisse, patinent, selon le Yomiuri à cause du nombre de stades et des travaux de rénovation.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne des statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi pour octobre 2016. Les données précédentes étaient beaucoup plus détaillées.

9 468 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en octobre 2016, dont 8 467 sous-traitants (89,4%) qui prennent les doses les plus élevées. Sur le seul mois d’octobre 2016, la dose moyenne reçue par les 1 001 employés de TEPCo était de 0,13 mSv et celle des sous-traitants, de 0,38 mSv, et la dose maximale de 2,23 et 8,34 mSv respectivement. A titre de comparaison, la dose maximale admissible est de 100 mSv sur 5 ans sans dépasser 50 mSv sur un an.

Comme TEPCo a remis ses compteurs à 0 au 1er avril 2016, on n’a que les données cumulées depuis cette date. De même, au niveau individuel, TEPCo remet à zéro les doses reçues au 1er avril de chaque année, selon le manga « Au cœur de Fukushima« , au lieu de compter sur 12 mois glissants.

13 826 personnes ont travaillé sur le site entre le 1er avril et le 30 octobre 2016, dont 12 259 sous-traitants (88,7%). La dose moyenne cumulée sur 7 mois est de 0,74 mSv pour les employés de TEPCo et de 1,82 mSv pour les sous-traitants. Les valeurs maximales sont respectivement de 11,03 et 36,21 mSv.

Il y a aussi des données sur la dose à la peau et à la cornée.

Un travailleur du nucléaire atteint d’une leucémie reconnue d’origine professionnelle a porté plainte contre ses employeurs

L’Asahi du 18 novembre dernier a annoncé qu’un travailleur du nucléaire atteint d’une leucémie après avoir reçu environ 20 mSv à la centrale nucléaire de Genkaï dans la province de Saga et à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi allait porter plainte contre TEPCo et Kyûshû Electric qui n’ont pas su le protéger. La plainte a été déposée depuis et il a demandé 59 millions de yens (500 000 euros).

Sa leucémie, diagnostiquée en janvier 2014, avait été reconnue comme maladie professionnelle en octobre 2015, ce qui lui assure une couverture médicale complète. La limite pour en bénéficier a été fixée à 5 mSv.

Selon le Maïnichi, il n’est toujours pas en état de travailler. Lors d’une conférence de presse, il s’est plaint de l’attitude de TEPCo, expliquant que les travailleurs ne sont pas des pions. Quand sa maladie a été reconnue comme étant d’origine professionnelle, TEPCo a déclaré n’avoir rien à dire car il s’agissait d’un sous-traitant alors qu’il attendait des excuses ou une reconnaissance.

C’est à l’automne 2011 qu’il a décidé d’aller travailler à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi contre l’avis de sa famille. Il n’a pas eu de tablier de plomb pour réduire la dose reçue car il n’y en avait pas assez.

Selon le ministère de la santé, 11 personnes ont demandé une reconnaissance professionnelle de leur cancer après être passées à la centrale de Fukushima daï-ichi. Seulement deux d’entre elles ont obtenu cette reconnaissance et 5 dossiers sont à l’étude.

Travailleurs brésiliens à Fukushima daï-ichi : l’ambassade du Brésil a réagi

Suite à l’embauche de 7 Brésiliens à la centrale de Fukushima daï-ichi qui n’avaient pas bénéficié d’une formation satisfaisante en radioprotection, l’ambassade du Brésil avait demandé aux journaux gratuits de langue portugaise de ne plus diffuser de petites annonces pour un emploi avec risque d’exposition à la radioactivité. Selon le Maïnichi, les autorités brésiliennes souhaitent que ses ressortissants soient bien informés des risques encourus.

Le marché de l’emploi s’est dégradé pour les Brésiliens d’origine japonaise après la crise de 2008. Au printemps 2012, un de ces journaux gratuits avait diffusé une annonce pour retirer des débris de la zone évacuée à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. Payé 30 000 yens de l’heure, une centaine de personnes avaient candidaté en trois jours.

Cette annonce avait aussi entraîné des protestations et l’ambassade avait demandé aux éditeurs de ne plus diffuser ce genre d’annonce. Au printemps 2015, après avoir repéré des offres d’emploi similaires dans d’autres journaux, le consulat du Brésil a mis un avertissement sur sa page Internet, alertant sur les risques à travailler à la centrale de Fukushima daï-ichi.