Éclatement d’un sac avec du plutonium : le centre de recherche connaissait le problème depuis plus de 20 ans

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) continue d’analyser les causes de l’éclatement d’un sac plastique contenant de la poudre de combustible MOx au moment de l’ouverture du fût scellé. Cet incident avait entraîné la contamination de cinq personnes qui sont toujours suivies. Une réévaluation récente de cette contamination interne conduirait à une dose comprise entre 100 et 200 mSv pour la personne la plus exposée, selon l’agence de presse jiji. Le centre qui les a pris en charge espère pouvoir réduire la dose grâce à un traitement.

La JAEA a reconnu l’erreur de manipulation et la sous-estimation des risques. C’est bien le moins… Le personnel aurait dû utiliser une boîte à gants fermée plutôt qu’une simple paillasse pour ouvrir le petit fût de combustible. Cela aurait évité sa contamination avec des radioéléments particulièrement toxiques comme le plutonium. Par ailleurs, comme le rapporte le Maïnichi, il a fallu trois heures pour installer une tente de décontamination après l’incident car aucun matériel n’était disponible sur place et qu’il n’y avait jamais eu d’exercice de ce type. De plus, la douche qui aurait dû être utilisée pour la décontamination était cassée.

La JAEA avait d’abord annoncé n’avoir pas contrôlé ce récipient avec du combustible nucléaire depuis 1991… Selon l’Asahi, les dernières investigations dans les archives ont montré que des inspections ont eu lieu en 1996 et qu’elles avaient mis en évidence le problème à l’origine de l’éclatement. A l’époque, 63 fûts avaient été contrôlés, y compris celui qui a éclaté à l’ouverture le 6 juin dernier. Rappelons que le combustible est dans un récipient en plastique, mis dans deux sacs plastiques et scellé dans un fût en acier inoxydable. Il était alors apparu que pour 23 d’entre eux, le sac plastique contenant la poudre de MOx était anormalement gonflé ou abimé et que le conteneur en plastique était aussi endommagé. Mais la JAEA a continué à entreposer le combustible de la même manière pendant plus de 20 ans sans mener d’inspection.

Le MOx contient du plutonium qui est particulièrement toxique. La JAEA, avait la prétention de contrôler toute la chaîne de ce combustible, de l’extraction du plutonium des combustibles usés à leur utilisation dans un surgénérateur. Comme pour Monju, qui a dû être fermé définitivement à cause de graves manquements à la sûreté, il est temps d’arrêter ce programme avant l’accident grave. La gestion des combustibles doit être confiée à un autre organisme.

Troisième séjour à l’hôpital pour une cure de décontamination pour les 5 personnes exposées au plutonium

Les 5 personnes exposées à une contamination au plutonium suite à l’éclatement un sac contenant du combustible MOx ont été à nouveau admis au NIRS pour une troisième cure de décontamination. La dernière fois, du plutonium avait été trouvé dans leurs urines. On ne sait pas ce qu’il en est actuellement.

Par ailleurs, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) pense que c’est une résine en décomposition qui est à l’origine des gaz qui ont provoqué l’éclatement. Selon l’Asahi, cette résine est utilisée pour fixer le combustible et sa décomposition serait liée à son exposition aux rayonnements.

Du plutonium dans les urines du personnel contaminé dans un centre de recherche nucléaire

Du plutonium et de l’américium ont été détectés dans les urines des 5 personnes exposées après l’éclatement d’un sac contenant du combustible nucléaire dans un centre de recherche. Les analyses ont été effectuées par le NIRS, qui parle de faibles concentrations, sans donner de chiffres.

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) avait d’abord annoncé une forte contamination des poumons, puis plus rien, ou presque. La limite de détection est de l’ordre de 5 000 à 10 000 Bq pour le plutonium et de l’américium a été détecté dans les poumons de l’une des personnes exposées. Cette dernière annonce confirme que ces cinq personnes ont bien subi une exposition interne à un niveau qui ne peut pas être considéré comme négligeable. C’est probablement une des plus fortes contaminations enregistrées au Japon. Un suivi médical s’impose.

Ces cinq personnes ont de nouveau été admises au NIRS le 18 juin où elles subissent pour la deuxième fois un traitement pour accélérer l’excrétion des contaminants. La première fois, une augmentation de la concentration en plutonium dans les urines avait été noté, ce qui montre une certaine efficacité. Il est difficile d’en dire plus sans données précises. L’exposition ayant eu lieu le 6 juin, la contamination ne diminue pas si vite.

Par ailleurs, la JAEA a mis en ligne un dossier explicatif tout en japonais sur le déroulement de l’accident.

Contamination au plutonium d’un centre de recherche nucléaire : le personnel a bien suivi les procédures

Cinq employés d’un centre de recherche nucléaire ont été exposés à des éléments particulièrement radiotoxiques, dont du plutonium, après l’éclatement du sac en plastique contenant de combustible nucléaire. Selon le dernier communiqué en japonais de la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), ce combustible contenait 26,9% d’oxyde de plutonium et 73,1% d’oxyde d’uranium. Comme nous l’avons relaté, il y a eu une série d’erreurs graves qui auraient pu être évitées.

La JAEA a reconnu qu’il s’agit d’un défaut des procédures suivies et que le personnel exposé n’est pas responsable. L’éclatement n’avait pas été imaginé.

Les dosimètres des personnes exposées indiquent une exposition externe de 2 μSv, 3 μSv et 60 μSv, ce qui reste faible. Mais l’exposition interne qui pose problème et il n’y a toujours pas de chiffre précis de publié, après la dernière annonce que les poumons étaient finalement peu touchés.

La JAEA a mis en ligne des photos prises par un des employés. La dernière montre le container n°1010 avec le sac déchiré. Les quatre photos précédentes concernent d’autres containers, n°1007 et 1008. Dans ce dernier, le sac est bien gonflé. A noter que l’appareil photo, contaminé, est resté dans la salle. Seule la carte SD a été récupérée.

Contamination au plutonium du personnel d’un centre de recherche nucléaire : plus rien dans les poumons !

L’éclatement d’un sac en plastique contenant de la poudre de combustible nucléaire a entraîné la contamination de 5 personnes dans un centre de recherche nucléaire au Japon. La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) avait annoncé une contamination des poumons pouvant atteindre 22 000 Bq pour le seul plutonium-239 (voir notre article à ce sujet), ce qui entraîne une dose très élevée étant donnée la forte toxicité du plutonium.

Ces cinq personnes ont été envoyées au National Institute of Radiological Sciences (NIRS), un centre spécialisé dans la province de Chiba, où elles ont subi une nouvelle décontamination et des contrôles. Elles y sont encore en surveillance.

Selon l’Asahi, la JAEA prétend maintenant qu’aucune contamination au plutonium des poumons n’a été détectée chez ces cinq personnes ! Elle se base, pour cela, sur des contrôles effectués au NIRS. Les premières valeurs très élevées seraient dues à une contamination de la peau mesurée après une décontamination partielle. Et c’est par erreur que cette contamination a été localisée dans les poumons.

En revanche, le NIRS mentionne une contamination à l’américium-241 qui est plus facile à détecter, sans donner de valeur. S’il y a de l’américium, il doit y avoir du plutonium, mais à des niveaux moindres que ceux annoncés initialement.

A leur arrivée au NIRS, des employés avaient encore une contamination de la peau et ont dû être à nouveau décontaminés. Le NIRS mentionne des valeurs de 0,05 à 0,1 Bq/cm2.

Ces nouveaux résultats ne permettent pas d’exclure une contamination interne, mais indique qu’elle doit être beaucoup plus faible que ce qui a été initialement annoncé.

Rappelons que la JAEA avait été jugée non apte à exploiter le surgénérateur Monju à cause d’une culture de sûreté défaillante. Les évènements qui ont conduit à l’exposition de ses 5 employés (décrits dans un autre article) viennent confirmer ce diagnostique. On sait, de plus, que la JAEA n’est pas prête à faire face à un incident et à évaluer la contamination interne de son personnel.

Retour sur la contamination au plutonium du personnel d’un centre de recherche nucléaire

L’accident est arrivé lors d’une inspection, quand le personnel a ouvert un petit conteneur d’une quinzaine de centimètre de diamètre et scellé avec 6 boulons pour contrôler l’état du double sac en plastique qui contenait environ 300 g de poudre d’oxydes de plutonium et d’uranium. Le sac aurait gonflé à l’ouverture et éclaté. Voir le schéma du conteneur fourni par la JAEA.

Ce conteneur était placé dans une hotte avec un écran de verre mobile. Voir le schéma du Maïnichi :

Il y a aussi une photo fournie par la JAEA.

Lors de la manipulation, cet écran a été levé. Or, il y a 36 boîtes à gants entièrement fermées sur place qui auraient pu protéger les employés si elles avaient été utilisées pour contrôler l’intérieur du conteneur.

La poudre s’est infiltrée entre le masque qui ne couvrait que le nez et la bouche et le visage. Ce type de masque n’est donc pas assez protecteur.

Le personnel a suivi les instructions en utilisant la hotte et ce type de masque, ce qui traduit, une fois de plus, de grave lacunes dans la culture de sûreté de la Japan Atomic Energy Agency (JAEA).

Ce récipient de combustible nucléaire n’avait pas été inspecté depuis 1991… Quand l’Autorité de Régulation Nucléaire l’a découvert, elle a demandé une action corrective. En février dernier, la JAEA a commencé l’inspection de 80 conteneurs de combustible nucléaire. Elle en était à son 31ième quand l’accident a eu lieu. Mais seulement 21 contenaient de la poudre d’oxydes de plutonium et d’uranium et c’était le premier à être inspecté…

La personne qui a ouvert le conteneur est la plus contaminée. Cet homme, âgé d’un cinquantaine d’année, aurait environ 22 000 Bq de plutonium-239 dans les poumons, comme nous l’avons déjà signalé. La JAEA estime sa contamination interne totale, en prenant en compte les autres organes affectés, à 360 000 Bq pour le seul plutonium-239.

Trois autres personnes présentes auraient une contamination interne au plutonium-239 allant de 5 600 à 14 000 Bq. La cinquième personne a fort probablement aussi été contaminée.

Les 5 employés seraient restés durant plus de 3 h dans la pièce contaminée au plutonium, le temps de mettre en place des mesures de protection pour empêcher une fuite radioactive. Un espace confiné a été mis en place devant la porte de la pièce où a eu lieu l’incident (voir la photo fournie par la JAEA). L’attente dans la pièce contaminée a contribué à leur contamination interne élevée.

Voir les photos mises en ligne sur le site Internet du laboratoire.

Contamination de 5 personnes dans un centre de recherche nucléaire au Japon

Le 6 juin 2017, cinq personnes, qui inspectaient des petits fûts de combustible au centre de recherche et développement O-araï de la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) dans la province d’Ibaraki, ont été contaminées. Un sac plastic contenant de la poudre d’oxyde de plutonium et d’uranium pour surgénérateur s’est déchiré et le contenu s’est dispersé. Il n’y aurait pas eu de fuite vers l’extérieur.

Les cinq personnes, qui portaient des vêtements de protection et un masque qui ne couvrait que la moitié du visage, ont été contaminées. Il a d’abord été annoncé que trois d’entre elles ont eu les narines contaminées, avec une contamination maximale de 24 Bq pour le rayonnement alpha (lire le communiqué en japonais de la JAEA). C’était 3 et 13 Bq pour deux autres personnes.

Puis, le lendemain, il a été annoncé la détection de 22 000 Bq de plutonium-239 et 220 Bq d’américium-241 dans les poumons d’un des employés (lire le communiqué en japonais de la JAEA). C’est une forte contamination interne, étant donnée la forte radiotoxicité de cet élément. Pour les deux autres, la contamination de poumons en américium-241 est de 12 et 130 Bq. Leur contamination en plutonium-239 serait respectivement inférieure à 6 000 et 14 000 Bq. Voir le tableau de résultats en japonais.

Il est quasiment impossible de décontaminer ce travailleur. Selon le Maïnichi, la dose engendrée pour la personne la plus contaminée, âgée d’une cinquantaine d’années, devrait être de 1 200 mSv sur un an et 12 000 mSv sur 50 ans. A titre de comparaison, il ne faut pas dépasser 100 mSv sur 5 ans et 50 mSv sur un an pour les travailleurs du nucléaire au Japon. La JAEA espère réduire cette dose grâce à des médicaments (Ca-DTPA) qui devraient réduire la contamination. Leurs selles et urines seront contrôlées.

C’est aussi la Japan Atomic Energy Agency qui a dû arrêter définitivement le surgénérateur Monju pour manquements graves à la sûreté. Le gouverneur de la province de Fukui vient d’ailleurs de donner son accord pour le démantèlement, en échange de la garantie que le combustible et le sodium quitteront la province et du développement d’un centre de recherche et formation nucléaire.

Bilan annuel des doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne le bilan annuel des doses prises pas les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi, sachant que l’année administrative commence au 1er avril au Japon.

Comme d’habitude, TEPCo dresse un bilan des trois derniers mois. 9 762 travailleurs ont été exposés en mars 2017, dont 8 714 sous-traitants (90%) qui prennent les plus fortes doses. La dose la plus forte enregistrée pour ce mois de mars 2017 est de 18,92 mSv sachant qu’il ne faut pas dépasser 100 mSv sur 5 ans et 50 mSv sur un an et c’est un sous-traitant, comme d’habitude. Il sont 28 à avoir pris une dose comprise entre 10 et 20 mSv, et 142 entre 5 et 10 mSv en un mois, tous des sous-traitants.

La dose moyenne sur le mois de mars 2017 est de 0,58 mSv pour les sous-traitants et de 0,17 mSv pour les employés de TEPCo.

Depuis le 1er avril, 15 852 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants. En dose cumulée sur un an, la dose la plus forte est de 38,83 mSv pour les sous-traitants et 14,74 mSv pour les employés de TEPCo. 210 personnes, toutes sous-traitantes, ont pris une dose comprise entre 20 et 50 mSv. 1 160, dont 20 employés de TEPCo, ont pris entre 10 et 20 mSv.

Le document donne aussi les doses équivalentes à la peau et à l’œil. Un autre document donne la répartition des doses par classe d’âge. Depuis le 1er avril 2016, 45 travailleurs âgés de 18 à 19 ans, dont 35 sous-traitants, ont été exposés jusqu’à 20,34 mSv. Et 33 travailleurs ont plus de 70 ans !

Rappelons que TEPCo a remis a zéro tous ses compteurs au 1er avril 2016 et que l’on ne sait pas combien, parmi ces personnes, ont déjà été exposées lors des 5 premières années de la catastrophe. On ne connaît pas non plus la dose cumulée sur plus de 5 ans. C’est une interprétation surprenante des recommandations internationales qui limitent à 100 mSv la dose sur cinq ans. Mais cela devrait être glissant pour chaque travailleur pour éviter les abus. De plus, on ne connaît pas le nombre total de travailleurs depuis le 11 mars 2011.

Ainsi, TEPCo met en ligne la répartition des doses prises mois par mois depuis mars 2011, avec un tableau concernant l’exposition externe et un autre avec l’exposition interne. Il y a aussi les données pour chaque année, avec une différentiation des doses externes et des doses internes. A l’exception du 1er mois et ses forts rejets radioactifs, l’exposition interne reste très faible. Rappelons que pendant les premières semaines, les travailleurs n’avaient pas de dosimètre individuel et qu’il faut prendre les données correspondantes avec recul.

Les doses équivalentes à la peau sont aussi données pour chaque année, ainsi que les doses à la cornée.

Un décontamineur porte plainte contre son ancien employeur

Un homme âgé de 49, employé par un sous-traitant sur un chantier de décontamination à Tomioka, a été blessé en décembre 2014. Son employeur direct a déclaré que l’accident avait eu lieu loin du chantier. L’inspection du travail a transmis le dossier à la justice à cause de la falsification et la cour d’Iwaki a condamné la compagnie à 100 000 yens (820 euros) d’amende.

Le blessé a demandé une indemnisation suite à sa blessure qui l’a empêcher de reprendre le travail et pour troubles psychologiques suite à la fausse déclaration. Mais la compagnie qui l’a employé a fait faillite en juin 2015. Il a donc décidé de saisir la justice pour obtenir du contractant de son ancien employeur une compensation de 18 millions de yens (un peu moins de 150 000 euros).

Ce cas, rapporté par le Maïnichi, montre les difficultés que rencontrent les travailleurs sur les chantiers de décontamination à faire valoir leur droits. Certains n’avaient même pas de contrats de travail valide, ni de couverture sociale.

Dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne les dernières données relatives aux doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Rappelons que la compagnie a remis tous les compteurs à zéro au 1er avril 2016.

9 376 personnes ont effectué des travaux sous rayonnements à la centrale accidentée en janvier 2017, dont 8 435 sous-traitants. La dose moyenne prise sur un mois est de 0,37 mSv et la dose maximale, de 10.98 mSv. Cinq sous-traitants ont dépassé 10 mSv en janvier 2017 et 71 ont reçu une dose comprise entre 5 et 10 mSv.

A titre de comparaison, rappelons que la dose limite annuelle pour le public est de 1 mSv par an en temps normal. Pour les travailleurs, c’est 50 mSv par an sans dépasser 100 mSv sur 5 ans. En France, c’est strictement 20 mSv par an pour les travailleurs.

Depuis le 1er avril 2016 et jusqu’au 31 janvier 2017, ils sont 15 029 à avoir été exposés aux rayonnements à la centrale de Fukushima daï-ichi, dont 13 392 sous-traitants (90%). La dose moyenne entre ces deux dates est de 2,34 mSv et la dose maximale, de 38,83 mSv. 112 sous-traitants ont pris une dose supérieure à 20 mSv. 769 sous-traitants et 11 employés de TEPCo ont pris une dose comprise entre 10 et 20 mSv.

Le document donne aussi les doses à la peau et à l’œil.