Des épreuves des JO de 2020 à Fukushima ?

J-Village, situé à cheval sur Hirono et Naraha, à une vingtaine kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, était un centre de formation de footballeurs japonais construit et sponsorisé par TEPCo. Après la catastrophe, il a été transformé en centre d’accueil pour les milliers de travailleurs à la centrale accidentée. Il devrait retourner au foot avant les JO de 2020 au Japon. Le gouverneur de Fukushima a même lancé un appel pour financer ce centre.

Selon le Fukushima Minpo, TEPCo a rendu les clés du bâtiment principal de ce centre le 30 novembre dernier. Des travaux devraient être entrepris pour le rendre au football d’ici l’été 2018, avec une restitution complète avant avril 2019. Le site va continuer à être utilisé comme station de bus pour les travailleurs à la centrale nucléaire jusqu’en mars 2017. Ensuite, TEPCo utilisera la centrale de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres au sud de daï-ichi.

Le Comité olympique japonais avait aussi l’intension d’organiser des épreuves de baseball et de softball à Fukushima. Ces sports sont très populaires au Japon. Mais les négociations avec la fédération internationale de ces deux sports, basée à Lausanne en Suisse, patinent, selon le Yomiuri à cause du nombre de stades et des travaux de rénovation.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne des statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi pour octobre 2016. Les données précédentes étaient beaucoup plus détaillées.

9 468 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en octobre 2016, dont 8 467 sous-traitants (89,4%) qui prennent les doses les plus élevées. Sur le seul mois d’octobre 2016, la dose moyenne reçue par les 1 001 employés de TEPCo était de 0,13 mSv et celle des sous-traitants, de 0,38 mSv, et la dose maximale de 2,23 et 8,34 mSv respectivement. A titre de comparaison, la dose maximale admissible est de 100 mSv sur 5 ans sans dépasser 50 mSv sur un an.

Comme TEPCo a remis ses compteurs à 0 au 1er avril 2016, on n’a que les données cumulées depuis cette date. De même, au niveau individuel, TEPCo remet à zéro les doses reçues au 1er avril de chaque année, selon le manga « Au cœur de Fukushima« , au lieu de compter sur 12 mois glissants.

13 826 personnes ont travaillé sur le site entre le 1er avril et le 30 octobre 2016, dont 12 259 sous-traitants (88,7%). La dose moyenne cumulée sur 7 mois est de 0,74 mSv pour les employés de TEPCo et de 1,82 mSv pour les sous-traitants. Les valeurs maximales sont respectivement de 11,03 et 36,21 mSv.

Il y a aussi des données sur la dose à la peau et à la cornée.

Un travailleur du nucléaire atteint d’une leucémie reconnue d’origine professionnelle a porté plainte contre ses employeurs

L’Asahi du 18 novembre dernier a annoncé qu’un travailleur du nucléaire atteint d’une leucémie après avoir reçu environ 20 mSv à la centrale nucléaire de Genkaï dans la province de Saga et à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi allait porter plainte contre TEPCo et Kyûshû Electric qui n’ont pas su le protéger. La plainte a été déposée depuis et il a demandé 59 millions de yens (500 000 euros).

Sa leucémie, diagnostiquée en janvier 2014, avait été reconnue comme maladie professionnelle en octobre 2015, ce qui lui assure une couverture médicale complète. La limite pour en bénéficier a été fixée à 5 mSv.

Selon le Maïnichi, il n’est toujours pas en état de travailler. Lors d’une conférence de presse, il s’est plaint de l’attitude de TEPCo, expliquant que les travailleurs ne sont pas des pions. Quand sa maladie a été reconnue comme étant d’origine professionnelle, TEPCo a déclaré n’avoir rien à dire car il s’agissait d’un sous-traitant alors qu’il attendait des excuses ou une reconnaissance.

C’est à l’automne 2011 qu’il a décidé d’aller travailler à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi contre l’avis de sa famille. Il n’a pas eu de tablier de plomb pour réduire la dose reçue car il n’y en avait pas assez.

Selon le ministère de la santé, 11 personnes ont demandé une reconnaissance professionnelle de leur cancer après être passées à la centrale de Fukushima daï-ichi. Seulement deux d’entre elles ont obtenu cette reconnaissance et 5 dossiers sont à l’étude.

Travailleurs brésiliens à Fukushima daï-ichi : l’ambassade du Brésil a réagi

Suite à l’embauche de 7 Brésiliens à la centrale de Fukushima daï-ichi qui n’avaient pas bénéficié d’une formation satisfaisante en radioprotection, l’ambassade du Brésil avait demandé aux journaux gratuits de langue portugaise de ne plus diffuser de petites annonces pour un emploi avec risque d’exposition à la radioactivité. Selon le Maïnichi, les autorités brésiliennes souhaitent que ses ressortissants soient bien informés des risques encourus.

Le marché de l’emploi s’est dégradé pour les Brésiliens d’origine japonaise après la crise de 2008. Au printemps 2012, un de ces journaux gratuits avait diffusé une annonce pour retirer des débris de la zone évacuée à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. Payé 30 000 yens de l’heure, une centaine de personnes avaient candidaté en trois jours.

Cette annonce avait aussi entraîné des protestations et l’ambassade avait demandé aux éditeurs de ne plus diffuser ce genre d’annonce. Au printemps 2015, après avoir repéré des offres d’emploi similaires dans d’autres journaux, le consulat du Brésil a mis un avertissement sur sa page Internet, alertant sur les risques à travailler à la centrale de Fukushima daï-ichi.

Données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne de nombreuses données relatives aux doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Outre les tableaux habituels, il y a des données par classe d’âge entre avril et septembre 2016, des relevés mensuels et annuels depuis mars 2011. Il y a aussi des données sur les doses à la peau et à l’œil pour chaque année.

9 594 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en septembre 2016, dont 8 562 sous-traitants qui prennent des doses plus fortes. Rappelons que TEPCo a remis tous ces compteurs à zéro le 1er avril 2016 et que 13 354 ont travaillé à la centrale depuis, dont 11 813 sous-traitants. Combien d’entre eux étaient déjà employés avant cette date, on ne le sait pas.

La dose externe moyenne prise sur le mois de septembre 2016 est de 0,29 mSv (0,31 mSv pour les sous-traitants et 0,14 mSv pour les employés de TEPCo). La dose externe maximale est de 7,28 mSv sur un mois. A titre de comparaison, la dose maximale admissible pour les travailleurs du nucléaire au Japon est de 50 mSv sur un an et 100 mSv sur 5 ans.

La dose cumulée depuis le 1er avril 2016 s’élève à 1,47 mSv en moyenne (1,58 mSv pour les sous-traitants et 0,65 mSv pour les employés de TEPCo) et la dose maximale à 36,15 mSv. 30 personnes ont déjà reçu une dose supérieure à 20 mSv, toutes sous-traitantes.

Depuis octobre 2015, TEPCo ne transmet plus les données relatives aux personnes autorisées à recevoir des supérieures aux limites habituelles car leur expertise est indispensable. Elles étaient 1 203 en septembre 2015.

Travailleurs étrangers peut-être employés illégalement à Fukushima daï-ichi

Environ sept travailleurs étrangers ont été employés par des sous-traitants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Selon le Maïnichi, leurs contrats n’étaient peut-être pas en règle et ils n’auraient pas reçu une formation suffisante en radioprotection. Il s’agit surtout de Brésiliens d’origine japonaise.

En 2014, TEPCo a fait construire de nombreuses cuves à la va-vite pour faire face à l’eau contaminée qui continue de s’accumuler jour après jours. La compagnie qui a remporté le contrat a sous-traité à une compagnie de soudure basée à Tôkyô qui n’avait pas assez de main d’œuvre. Elle a eu du mal à trouver assez de travailleurs japonais et a donc embauché environ 7 soudeurs étrangers intérimaires.

Un des travailleurs, d’origine brésilienne, a expliqué au quotidien que certains de ses camarades ne savaient pas lire le japonais alors que le manuel de radioprotection et le test sont rédigés dans cette langue. Il les a donc aidés à répondre aux questions.

Par ailleurs, la loi interdit le travail intérimaire quand il y a exposition aux rayonnement ionisant : l’employeur et le donneur d’ordre doivent être la même entité qui est responsable de la radioprotection. Les travailleurs étrangers ont été présentés comme étant salariés de l’entreprise de soudure alors que ce n’était pas le cas.

Selon la source du Maïnichi, il y avait un accord tacite dans le cadre d’une demande urgente. Chaque cuve était payée 2 millions de yens à l’entreprise de soudure.

Le nombre de violations du droit du travail reste élevé sur les chantiers avec exposition aux rayonnements

Zerutech Tôhoku, une compagnie de Nihonmatsu, vient d’être épinglée par l’inspection du travail de Fukushima pour avoir émis de faux certificats de formation avant envoi de travailleurs sur des chantiers de décontamination. Elle a reconnu les faits.

Les travailleurs employés sur ces chantiers doivent recevoir une formation de 5h30 sur les risques liés aux rayonnements et les mesures de protection à prendre. Il n’y a pas d’évaluation après, ni de certificat à montrer aux commanditaires.

Le PDG de la compagnie, qui a été fondée en mars 2015 et qui intervient au quatrième niveau de sous-traitance à proximité de la ville de Fukushima, explique à l’Asahi qu’il a dû embaucher beaucoup de monde en peu de temps après avoir obtenu la décontamination d’un grand territoire. Entre 100 et 150 faux certificats ont été découverts. La compagnie a aussi émis 7 autres types de certificats nécessaires à l’utilisation d’une tronçonneuse ou d’autres appareils présentant des risques.

Le ministère du travail a publié un bilan des violations du droit du travail sur le chantier de la centrale de Fukushima daï-ichi et sur les chantiers de décontamination, entre janvier et juin 2016. Le document en anglais, repéré par Enerwebwatch, montre que le nombre de violations baisse très lentement.

Ainsi, 118 compagnies intervenant à la centrale de Fukushima daï-ichi ont été contrôlées et 53 (ou 44,9%) avaient violé le droit du travail. Ce taux était de 54% en 2015. Le nombre total de violations est de 94 : 16 concernent la sécurité et la santé au travail et 78, les conditions de travail (salaire, primes de risque, temps de travail…).

506 compagnies intervenant sur des chantiers de décontamination ont aussi été contrôlées et 271 d’entre elles, ou 53,6%, ont violé le droit du travail. Ce taux était de 64,6% en 2015. Le nombre total de violations est de 416 : 252 concernent la sécurité et la santé au travail et 164, les conditions de travail (salaire, primes de risque, temps de travail…).

Le rapport donne des détails sur le type de violations relevées.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses dernières données concernant les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Rappelons que la compagnie a remis à zéro tous ses compteurs en avril dernier et que cela ne semble pas troubler les autorités japonaises.

9 323 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en août 2016, dont 8 317 sous-traitants. Elles sont 12 787 depuis le 1er avril 2016, dont 11 315 sous-traitants. On ne sait pas combien d’entre elles ont déjà été exposées avant.

Les doses moyennes et maximales prises en août 2016 sont inférieures à celles prises les mois précédents, mais ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes. La dose moyenne prise sur 5 mois, entre le 1er avril 2016 et le 31 août, dépasse le millisievert, dose maximale admissible sur un an pour la population. La dose maximale sur cette même période est de 35,71 mSv. C’est plus que la dose moyenne tolérée sur un an, qui est de 20 mSv (100 mSv sur 5 ans).

Le documents de TEPCo donne aussi les doses à la peau et à l’œil.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses dernières statistiques concernant les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Rappelons que la compagnie a remis tous les compteurs à zéro au 1er avril 2016 ce qui est une façon d’effacer de la mémoire les fortes doses prises au début.

Ainsi, au 31 juillet 2016, 12 259 travailleurs sont intervenus à la centrale accidentée depuis le 1er avril 2016, dont 10 837 sous-traitants. On ne sait pas combien étaient déjà présents avant cette date. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes, avec une moyenne de 0,3 à 0,4 mSv/mois. La plus forte dose est de 13,81 mSv sur un mois alors qu’il ne faut pas dépasser 20 mSv par en moyenne sur 5 ans. Un travailleur est déjà arrivé à 33,23 mSv depuis le 1er avril. Il aura bientôt atteint la limite strict de 50 mSv sur un an à ce rythme.

Les tableaux donnent aussi les doses équivalentes à la peau et à la cornée. La plus forte dose à la peau depuis le 1er avril est de 105,47 mSv alors que la limite est de 500 mSv sur un an. Pour la cornée, c’est 44,68 mSv alors que la limite est 150 mSv/an.

Les données précédentes sont ici.

Deuxième cas de leucémie reconnue comme maladie professionnelle à la centrale de Fukushima daï-ichi

Le ministère du travail a reconnu un deuxième cas de leucémie d’un travailleur à la centrale de Fukushima daï-ichi comme étant d’origine professionnelle. Il s’agit d’un homme de plus de 50 ans, employé par un sous-traitant, qui a travaillé quatre années à la centrale accidentée à partir d’avril 2011. Il avait en charge des réparations mécaniques et a reçu une dose totale enregistrée de 54,4 mSv. il a aussi retiré des débris.

Comme les autorités n’ont pas trouvé d’autre cause possible et selon les règles en vigueur au Japon depuis 1976, un travailleur du nucléaire, qui aurait été exposé à une dose supérieure à 5 mSv en un an et qui développerait une leucémie plus d’un an après avoir été engagé pour des travaux sous rayonnements ionisants, a droit à la prise en charge des soins et une indemnisation.

La leucémie s’est déclarée en janvier 2015, mais l’instruction de son dossier a pris du temps. Cinq autres dossiers de demande de prise en charge de leucémie de travailleurs de Fukushima daï-ichi ont été déposés.

La reconnaissance précédente a eu lieu en octobre 2015 et avait donné lieu à des explications officielles en anglais.

Environ 47 000 personnes ont travaillé à la centrale de Fukushima daï-ichi depuis le début de la catastrophe.