Chiffres clés pour le sixième anniversaire

A l’approche du sixième anniversaire de la catastrophe, voici quelques chiffres clé tels qu’ils apparaissent dans les médias et les sites officiels. Cet article sera mis à jour au fur et à mesure de leur apparition.

Les chiffres clés à l’occasion du cinquième anniversaire sont ici.

Situation des réacteurs

Les travaux visent essentiellement à sécuriser les réacteurs accidentés qui sont encore menaçants.

Réacteur n°4

La cuve était vide le 11 mars 2011 et il n’y a pas eu de fusion du cœur, mais une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Depuis décembre 2014, la piscine de combustible du réacteur a été vidée et les travaux sont arrêtés.

Réacteur n°3

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Tous les débris de la partie haute ont été retirés à l’aide d’engins télécommandés. Un nouveau bâtiment qui va couvrir le tout et permettre de vider la piscine de combustibles est en cours d’assemblage. Le débit de dose est si élevé, que les travaux sont plus complexes que prévu et le chantier a pris du retard. Pour en savoir plus.

Réacteur n°2

Il y a eu fusion du cœur, mais le bâtiment réacteur est entier. TEPCo n’a pas commencé à retirer les combustibles usés de a piscine, mais a tenté de localiser le corium, ce mélange de combustible fondu et de débris, par divers moyens. Les débits de dose à l’intérieur du bâtiment sont tels qu’il est impossible d’y travailler. Dans l’enceinte de confinement, des niveaux record ont été observés. Même les robots qui y ont été envoyés n’ont pas résisté longtemps. Pour en savoir plus.

Réacteur n°1

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Ce bâtiment avait été recouvert d’une nouvelle structure en 2011, qui a été entièrement démantelée en novembre 2016. TEPCo va commencer à retirer les débris de la partie haute du réacteur, pour, ensuite, reconstruire une nouvelle structure afin de vider la piscine de combustibles.

Eau contaminée

TEPCo injecte respectivement 72, 108 et 72 m3 d’eau par jour dans les réacteurs 1, 2 et 3 pour refroidir les coriums (source). Cela fait un total de 252 m3/j. Cette eau se contamine fortement et s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine où elle se mélange à l’eau des nappes phréatiques qui inonde ces mêmes sous-sols.

Pour réduire les fuites d’eau souterraine radioactive en mer, TEPCo pompe en amont avant que cette eau soit contaminée par les réacteurs et la rejette directement dans l’océan. Elle a aussi construit une barrière tout le long du littoral et pompe les nappes phréatiques au pied des réacteurs. Une partie de cette est partiellement décontaminée et rejetée dans l’océan. Une autre partie, trop contaminée, est mélangée à l’eau pompée dans les sous-sols des réacteurs pour être mise dans des cuves après traitement, en attendant une meilleure solution.

Ainsi, TEPCO pompe quotidiennement 135 m3 d’eau contaminée dans les sous-sols des bâtiments réacteurs et turbine, en plus de celle qu’elle injecte pour le refroidissement et 62 m3 des nappes phréatiques, ce qui fait un total de 197 m3 qui s’accumulent quotidiennement dans des cuves après traitement (source). C’est plus en cas de pluie, voire beaucoup plus lors des typhons.

TEPCo annonce avoir déjà traité 1 730 390 m3 d’eau contaminée, ce qui a généré 597 m3 de boues radioactives. Une partie de cette est utilisée pour le refroidissement et le reste est stocké dans des cuves. Selon la compagnie, le stock d’eau traitée ou partiellement traitée s’élève à 937 375 m3 auxquels il faut ajouter 52 200 m3 d’eau dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine (source). Il y a près d’un millier de cuves pour garder cette eau qui occupent presque tout le site de la centrale.

Depuis mars 2016, TEPCo tente de geler le sol tout autour des réacteurs accidentés afin de réduire les infiltrations et la dispersion d’eau polluée, mais ce n’est pas aussi efficace que prévu. L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, doute sérieusement de l’efficacité de cette technique qu’elle considère désormais comme secondaire. On peut le voir sur ce graphe, où la baisse des volumes d’eau à stocker chaque jour n’est pas très forte. La glace ne prend pas par endroit, où les courants souterrains sont les plus forts (données officielles sur le gel du sol).

Environ la moitié des travailleurs sur le site sont là à cause de l’eau contaminée.

Travailleurs

A la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi

Du 11 mars 2011 au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

Il y a aussi 1 203 personnes qui ont une limite plus élevée pour pouvoir continuer à pénétrer sur le site. Leur dose moyenne cumulée depuis le début de l’accident est de 36,49 mSv et la valeur maximale de 102,69 mSv.

• Le 1er avril 2016 a remis tous les compteurs à zéro. Ainsi, 174 travailleurs qui avaient dépassé la limite de dose vont pouvoir revenir. Depuis cette date, jusqu’au 31 décembre 2016, 14 643 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée, dont 13 027 sous-traitants (89%). Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes. Parmi eux, on ne sait pas combien étaient déjà exposés aux rayonnements avant le 1er avril 2016. Pour en savoir plus.

• Il y a eu des travailleurs d’origine brésilienne qui ne parlaient pas bien japonais et ne comprenaient pas toujours les consignes de radioprotection. L’ambassade du Brésil a réagi.

• Si d’énormes progrès ont été faits pour les conditions de travail sur le site, avec la construction d’un bâtiment dédié à l’accueil et au repos, équipé d’une cantine et d’une superette, il reste des problèmes liés à la sous-traitance en cascade.

• 3 travailleurs ont vu leur cancer reconnu comme maladie professionnelle : deux leucémies et un cancer de la thyroïde. L’un a porté plainte contre TEPCo et Kyûshû Electric.

Il y a 15 cancers en tout chez ces travailleurs, dont 8 cas de leucémie.

Cartographie de la pollution radioactive

• La dernière cartographie aérienne de la pollution radioactive autour de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi date de 2015 et est disponible en ligne sur le site dédié.

Cette nouvelle carte fait apparaître les zones encore évacuées et une baisse moyenne de 65% du débit de dose ambiant par rapport à ce qui était mesuré à l’automne 2011. La décroissance radioactive est responsable d’une baisse de 53%. Le reste est dû au lessivage des sols et, par endroits, aux travaux de décontamination.

Décontamination

La décontamination des zones évacuées est sous la responsabilité du gouvernement. Ailleurs, là où l’exposition externe pouvait dépasser 1 mSv/an, ce sont les communes qui doivent s’en occuper.

• Dans les zones évacuées, les travaux de décontamination sont officiellement terminés, sauf pour les zones dites de retour difficile (source). Cela signifie que la décontamination a été effectuée dans les habitations et leurs jardins, le long des routes, sur les terrains agricoles et sur 20 m dans les forêts qui bordent ces espaces.

• Dans les zones non évacuées, 104 communes étaient concernées, mais avec la baisse naturelle de la radioactivité, c’est passé à 94. Une carte est donnée page 14 de ce document. A Fukushima, 15 communes sur 36 ont terminé. Les autres provinces concernées sont Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saïtama et Chiba. Le nombre de communes où les travaux sont terminés est page 15 de ce même document. A noter qu’une commune de Tochigi n’a toujours pas établi de programme de décontamination.

Déchets radioactifs

Voir notre reportage de l’été 2016 sur le problème des déchets issus de la décontamination.

• Selon les données officielles, il y a 7 467 880 sacs avec du sol contaminé issu des travaux de décontamination dans les zones évacuées (un sac fait 1 m3 environ), et dans les zones non évacuées, 5 740 858 m³ de sols contaminé répartis sur 146 489 sites (source).

• Pour le centre d’entreposage provisoire, qui doit accueillir environ 22 millions de mètres cube de déchets sur 1 600 ha ou 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi pour une durée maximale de 30 ans, le gouvernement n’a signé de contrat qu’avec 633 propriétaires fonciers (26,8%), pour une surface totale de 287 ha (ou 2,87 km2), soit à peine 17,9% de la surface totale. (Source). Les autorités veulent réutiliser ces sols quand ils seront passés sous la limite de 8 000 Bq/kg pour le césium.

Personnes déplacées

• Le Japon effectue un recensement de sa population tous les 5 ans. Les deux derniers ont eu lieu en 2010, juste avant la catastrophe et en 2015. Au 1er octobre 2015, la population de la province de Fukushima a baissé de 5,7% par rapport à 2010 (115 000 personnes en moins), celle de Miyagi de 0,6% et celle d’Iwaté de 3,8%.

Ce recensement est basé sur les personnes réellement présentes et non les personnes enregistrées. Ainsi, dans les communes de Namié, Futaba, Ôkuma et Tomioka il y a zéro habitant. La population de Kawauchi, où l’ordre d’évacuer a partiellement été levé en 2014, la population a baissé de 28,3%. A Naraha, où l’ordre d’évacuer a été entièrement levé en septembre 2015, la population a baissé de 87,3%.

Certaines communes qui accueillent des personnes déplacées ont vu leur population augmenter.

Sur tout le Japon, le nombre d’habitants a baissé de 0,7% (- 947 000) en cinq ans et était de 127,11 millions au 1er octobre 2015. Le nombre d’habitants a augmenté à Tôkyô (+2,7%), Saïtama et Aïchi. La plus forte baisse est à Akita (-5,8%) qui n’a pas été touchée par la triple catastrophe. Fukushima a la deuxième plus forte baisse, avec -5,7%.

• A Fukushima, il y a encore officiellement 84 289 personnes déplacées, dont 40 405 résident en dehors de la province (source).

• L’ordre d’évacuer a été levé dans 5 communes, mais seulement 13% des personnes concernées sont rentrées. Il devrait être aussi levé à la fin mars 2017 dans une partie d’Iitaté et de Kawamata.

Carte des zones évacuées :

Impact sanitaire

Voir le rapport dédié de 2016.

• En ce qui concerne les cancers de la thyroïde, voir les dernières données publiées le 21 février 2017 : le total est de 184 cas potentiel dont 145 confirmés après chirurgie.

• Nombre de décès liés à la catastrophe dus à la dégradation des conditions de vie (aggravation de la maladie, suicides…) est de 2 099 à Fukushima, au 28 novembre 2016 (source).

Réacteurs nucléaires

• Sur les 54 réacteurs nucléaires en état de marche avant la catastrophe nucléaire, 6 ont été partiellement ou complètement détruits à la centrale de Fukushima daï-ichi. 6 autres, trop vieux, ont été arrêtés définitivement. Il ne reste donc officiellement que 42 réacteurs nucléaires au Japon.

Une demande d’autorisation de redémarrage n’a été déposée que pour 26 d’entre eux et elle n’a été accordée que pour 12 réacteurs actuellement. Deux réacteurs de la centrale de Sendaï (Kagoshima) produisent de l’électricité qui alimente le réseau. Un troisième est en marche à la centrale d’Ikata, dans la province d’Ehimé.

Rapports parus à l’occasion du cinquième anniversaire

Greenpeace : No Return to Normal

Dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

Les dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi sont en ligne sur le site du ministère de la santé, du travail et des affaires sociales. Elles ont été fournies par TEPCO. Rappelons que la compagnie a remis tous les compteurs à zéro au 1er avril 2016.

Depuis cette date, et jusqu’au 31 décembre 2016, 14 643 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée, dont 13 027 sous-traitants (89%). Ils étaient 9 484 pour le seul mois de décembre, dont 8 463 sous-traitants.

La dose moyenne reçue durant ces 9 mois est de 2,14 mSv (2,29 mSv pour les sous-traitants et 0,94 mSv pour les employés de TEPCo). La dose la plus forte est de 38,76 mSv et c’est un sous-traitant qui l’a prise. A noter que 93 sous-traitants ont déjà reçu une dose supérieure à 20 mSv. La dose la plus élevée prise par un employé de TEPCo est de 11,63 mSv.

A titre de comparaison, rappelons que la dose limite annuelle pour le public est de 1 mSv par an en temps normal. Pour les travailleurs, c’est 50 mSv par an sans dépasser 100 mSv sur 5 ans. En France, c’est strictement 20 mSv par an pour les travailleurs.

Vidéo de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi

Le quotidien Asahi a mis en ligne un reportage vidéo sur la centrale de Fukushima daï-ichi. c’est en japonais.

On voit d’abord le réacteur n°1 où il y a 150 microsieverts par heure à proximité, puis le réacteur n°3 où le débit de dose à proximité monte à 335 microsievert par heure. On voit ensuite le réacteur n°2 et des images récentes de TEPCo sur l’intérieur de l’enceinte de confinement. Puis les cuves avec l’eau contaminée, suivies d’images d’archive sans les cuves. Il est expliqué que le stock d’eau augmente de 200 m3 par jour actuellement (voir les dernières données de TEPCo à ce propos). Il y a près d’un millier de cuves actuellement.

A la fin du reportage, on voit que les conditions de travail et de vie sur le site se sont améliorées et qu’il n’y a plus besoin de masque intégral partout.

L’article associé à la vidéo est aussi disponible en anglais depuis le 13 février.

Report de la date de retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°3

TEPCo venait de communiquer sur l’avancement des travaux sur le réacteur n°3 en postant des images de la pose d’une des premières pièce de la structure qu’elle veut construire autour du réacteur pour pouvoir y retirer les combustibles usés.

La compagnie vient d’annoncer un report de l’achèvement des travaux et donc du début du retrait des combustibles à cause des débits de dose trop élevés. Elle dit privilégier la protection des travailleurs, ce que l’on ne peut pas lui reprocher. Voir ce document en japonais, avec le nouveau planning, des photos et des débits de dose. Cela dépasse, par endroit, les 50 mSv/h à 1,2 m du sommet.

La compagnie a mis en ligne une carte du site avec des débits de dose. C’est vers les réacteurs, et en particulier, vers le réacteur n°3 que les niveaux sont le plus élevés : jusqu’à 0,35 mSv/h quand la limite annuelle est de 20 mSv en moyenne pour les travailleurs.

C’est le deuxième report et la construction devrait prendre deux années environ.

Cette piscine contient 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx.

15 travailleurs de Fukushima atteints d’un cancer

Selon une note en japonais que TEPCo a mis en ligne, 15 travailleurs ont développé un cancer depuis qu’ils ont été engagés à des travaux sous rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Un lien avec la radioactivité ne peut pas être exclu.

Sur ces 15 personnes, il y a 8 cas de leucémie. Trois travailleurs ont déjà vu leur cancer reconnu comme maladie professionnelle, dont un cas de cancer de la thyroïde. Les deux autres cas sont des leucémies.

Repéré par Fukuleaks.

Vidéo de TEPCo sur l’avancement des travaux

TEPCo a mis en ligne une vidéo pour vanter les progrès à la centrale de Fukushima daï-ichi. Certes, des progrès ont été accomplis et c’est bien heureux, il reste de nombreux défis qui ne sont pas abordés. Certains accomplissements présentés datent de plusieurs années. Et pour l’eau contaminée, la présentation est bien optimiste…

Par ailleurs, TEPCo communique sur l’installation sur le toit du réacteur n°3 d’une pièce destinée à recevoir la nouvelle structure en construction que l’on voit dans la vidéo.

La compagnie se prépare à insérer un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Il devrait faire des mesures et prendre des images. Voir quelques explications en japonais. Les opérations sont prévues pour février.

Kansaï Electric doit limiter le temps de travail de ses cadres après un suicide

L’inspection du travail a demandé au président de Kansaï Electric de limiter le temps de travail après le suicide d’un employé en avril dernier, lié à la pression subie et aux heures supplémentaires. Cet employé était en charge de la supervision des dossiers remis à l’Autorité de Régulation Nucléaire pour la prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui.

Il est assez exceptionnel que l’inspection du travail s’adresse directement au président de la compagnie en cas de « karoshi », où décès par excès de travail. Il lui est demandé de contrôler le temps de travail de tous les cadres. La personne qui s’est suicidée, âgée d’une quarantaine d’années, faisait de 100 à 200 heures supplémentaires par mois pour finir à temps les dossiers de demande d’extension de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de Takahama. La compagnie va devoir aussi rapporter les heures effectuées à la maison. Kansaï Electric n’a violé aucune loi, mais doit payer les heures supplémentaires et les limiter.

Si Kansaï Electric n’avait pas terminé la procédure dans les temps, elle aurait dû arrêter définitivement les réacteurs 1 et 2 de cette centrale.

Un cancer de la thyroïde reconnu comme maladie professionnelle à Fukushima daï-ichi

Un employé de TEPCo, âgé d’une quarantaine d’années, qui a travaillé à la centrale de Fukushima daï-ichi après l’accident, a développé un cancer de la thyroïde en avril 2014. Il était présent sur le site lors des explosions hydrogène qui ont détruit les bâtiments des réacteurs 1 et 3.

Il a travaillé sur plusieurs centrales nucléaires entre 1992 et 2012 et aurait reçu une dose cumulée de 150 mSv, dont 140 mSv reçus à la centrale de Fukushima daï-ichi. Cette dose inclut environ 40 mSv liés à la contamination interne. Sa maladie vient d’être reconnue comme maladie professionnelle. Cela entraîne une prise en charge des frais médicaux.

C’est le troisième travailleur de Fukushima daï-ichi dont le cancer obtient cette reconnaissance. Les deux autres cas étaient des leucémies. Le premier cas avait été reconnu en octobre 2015 et le deuxième en août 2016. Le premier cas a porté plainte depuis. C’est la première fois qu’un cancer de la thyroïde est reconnu comme maladie professionnelle au Japon.

Quand il s’agit des enfants de Fukushima, les autorités refusent le lien avec la catastrophe sous le prétexte que la maladie a mis 4 à 5 ans à apparaître après l’accident de Tchernobyl. Là, c’est moins. Comment justifier cette différence de traitement ?

Des épreuves des JO de 2020 à Fukushima ?

J-Village, situé à cheval sur Hirono et Naraha, à une vingtaine kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, était un centre de formation de footballeurs japonais construit et sponsorisé par TEPCo. Après la catastrophe, il a été transformé en centre d’accueil pour les milliers de travailleurs à la centrale accidentée. Il devrait retourner au foot avant les JO de 2020 au Japon. Le gouverneur de Fukushima a même lancé un appel pour financer ce centre.

Selon le Fukushima Minpo, TEPCo a rendu les clés du bâtiment principal de ce centre le 30 novembre dernier. Des travaux devraient être entrepris pour le rendre au football d’ici l’été 2018, avec une restitution complète avant avril 2019. Le site va continuer à être utilisé comme station de bus pour les travailleurs à la centrale nucléaire jusqu’en mars 2017. Ensuite, TEPCo utilisera la centrale de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres au sud de daï-ichi.

Le Comité olympique japonais avait aussi l’intension d’organiser des épreuves de baseball et de softball à Fukushima. Ces sports sont très populaires au Japon. Mais les négociations avec la fédération internationale de ces deux sports, basée à Lausanne en Suisse, patinent, selon le Yomiuri à cause du nombre de stades et des travaux de rénovation.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne des statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi pour octobre 2016. Les données précédentes étaient beaucoup plus détaillées.

9 468 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en octobre 2016, dont 8 467 sous-traitants (89,4%) qui prennent les doses les plus élevées. Sur le seul mois d’octobre 2016, la dose moyenne reçue par les 1 001 employés de TEPCo était de 0,13 mSv et celle des sous-traitants, de 0,38 mSv, et la dose maximale de 2,23 et 8,34 mSv respectivement. A titre de comparaison, la dose maximale admissible est de 100 mSv sur 5 ans sans dépasser 50 mSv sur un an.

Comme TEPCo a remis ses compteurs à 0 au 1er avril 2016, on n’a que les données cumulées depuis cette date. De même, au niveau individuel, TEPCo remet à zéro les doses reçues au 1er avril de chaque année, selon le manga « Au cœur de Fukushima« , au lieu de compter sur 12 mois glissants.

13 826 personnes ont travaillé sur le site entre le 1er avril et le 30 octobre 2016, dont 12 259 sous-traitants (88,7%). La dose moyenne cumulée sur 7 mois est de 0,74 mSv pour les employés de TEPCo et de 1,82 mSv pour les sous-traitants. Les valeurs maximales sont respectivement de 11,03 et 36,21 mSv.

Il y a aussi des données sur la dose à la peau et à la cornée.