Tomioka : l’école et le collège vont rouvrir avec peu d’élèves

Tomioka est une commune le long du littoral à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi qui a été entièrement évacuée. La ville héberge la centrale de Fukushima daï-ni et, depuis la catastrophe, un complexe de traitement des déchets radioactifs issus de la décontamination. L’ordre d’évacuer y a été levé le 1er avril 2017 et le taux de retour reste très faible.

La municipalité compte sur la réouverture d’une école et d’un collège pour attirer les habitants et revitaliser la commune. Le complexe scolaire devrait donc servir de centre et faciliter les rencontres intergénérationnelles. Elle a lancé un programme de transmission des savoirs et compte faire venir des intervenants extérieurs. D’autres mesures, comme la gratuité des études, un renforcement de l’anglais et des nouvelles technologies sont aussi prévues pour attirer les familles.

Mais cela ne semble pas suffisant et la commune attend très peu d’enfants pour la première rentrée depuis l’accident nucléaire en avril prochain. Selon le Fukushima Minpo, il y avait 1 400 enfants scolarisés dans deux écoles et deux collèges avant la catastrophe nucléaire. 900 sont encore enregistrés. Un établissement scolaire de substitution à ouvert à Miharu, à une soixantaine de kilomètres de Tomioka, avec seulement 11 élèves à l’école primaire et 19 au collège.

Une enquête a été menée auprès des familles en juin 2017. Sur 485 familles qui ont répondu, seules 9 envisagent de rentrer. C’est à peine 1,9%. 55 familles (11,3%) ne peuvent pas se décider et 421 (86.8%) ne peuvent pas rentrer.

Quand la NRA discute de l’avenir des territoires contaminés, elle propose de changer les normes pour faciliter la reconstruction

L’autorité de régulation nucléaire a étudié la situation dans les zones dites de retour difficile et le verbatim est en ligne en japonais uniquement. Les discussions, aussi disponibles en vidéo, s’apparentent à une conversation de pause café. Voir la page de la réunion.

Les experts commencent à regarder une carte de la contamination basée sur des relevés effectués à partir d’une voiture et à pied. Quelques points chauds en bord de route sont pris en compte et sont représentés par des triangles. La valeur la plus élevée atteint 8,48 µSv/h à Futaba, ce qui est très élevé. Que la NRA se contente de quelques relevés alors qu’il y a de nombreux autres résultats de mesure disponibles est pour le moins surprenant. Presque sept années depuis le début de cette catastrophe, il n’existe aucune synthèse officielle de toutes les données de la contamination qui intègrerait les mesures citoyennes au plus proche des préoccupations des populations. A noter qu’un réseau de laboratoires indépendants auquel appartient Chikurin, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, a sa base de données commune.

Se contenter de quelques relevés effectués le long des routes et rues n’est pas suffisant : quid des terrains agricoles, jardins, aires de jeu… La variété des situations et des expositions éventuelles doit être évaluée sérieusement avec les personnes potentiellement concernées.

Comme les niveaux de pollution restent élevés et que la décontamination est peu efficace, certains commissaires de la NRA proposent de revoir le calcul de dose. Comme nous l’avons expliqué dans un article dédié, les normes internationales sont en sievert par an, et la mesure sur le terrain est en sievert par heure. Pour passer de l’un à l’autre, il faut considérer un budget temps. Le modèle fixé au début de l’accident pour effectuer le calcul entre les deux suppose que les résidents passent 8 heures par jour à l’extérieur et qu’à l’intérieur, le débit de dose est réduit de 60%. Ainsi, la limite de dose en situation normale, fixée au niveau international à 1 millisievert (mSv) par an correspond ainsi à un débit de dose moyen de 0,23 microsievert (µSv) par heure. Ce calcul est certes conservateur, mais la limite de 1 mSv n’est pas une limite d’innocuité, mais une limite à ne pas franchir. Il faut rester bien en dessous. Viser 1 mSv/an avec un calcul conservateur permet de s’assurer  que les doses réellement reçues seront bien inférieures.

Des commissaires veulent remettre en cause ce calcul sous le prétexte que les personnes équipées de dosimètres ont enregistré des doses à 15% de celles obtenues par calcul. Et donc on peut accepter un débit de dose plus élevé. Là encore, cette affirmation ne repose sur aucune étude sérieuse : il s’agit d’un chiffre moyen et l’on doit protéger tout le monde. Les tests ont été effectués sur des personnes volontaires qui font attention à leur exposition, d’autant plus que leur dose est enregistrée et surveillée. Rien ne permet d’affirmer que toute la population se comportera de la même façon. Enfin, comme nous l’avons expliqué dans le rapport pour les 5 ans de la catastrophe les dosimètres et les radiamètres de terrain ne mesurent pas la même chose. Il y a 30 à 40% d’écart entre les deux. Et cela n’avait jamais été expliqué aux personnes concernées, comme nous l’avions révélé en janvier 2015, ce qui avait déplu à l’IRSN.

Le seul problème pour ces commissaires, qui proposent de passer à 0,8 voir 1 µSv/h au lieu de 0,23 µSv/h, c’est l’acceptabilité sociale du changement de méthode de calcul ! Avec aussi peu de sérieux dans l’évaluation et l’argumentation, pas étonnant que le public n’ait pas confiance.

Cette volonté de changer de thermomètre est un aveu d’échec. Ce qu’il y a d’inquiétant dans cette histoire, c’est que la NRA soit plus préoccupée par la reconstruction que par la protection des populations concernées. Jamais, il n’est question des enfants qui sont plus sensibles aux radiations par exemple.

Rappelons que la limite de 1 mSv/an est un objectif à long terme, sans calendrier précis, fixé par les autorités japonaises et que la politique de retour est basée sur une limite 20 fois plus élevée, qui correspond à la valeur haute des recommandations de la CIPR relatives à ce qui est généralement nommé « une situation existante », à savoir une pollution difficile à réduire. 20 mSv se traduisent par une limite de 3,8 microsieverts par heure (µSv/h) par la même méthode de calcul.

L’enjeu de la proposition de la NRA concerne donc la limite pratique à très long terme. Dit autrement, cela signifie accélérer la fin de la catastrophe en changeant la limite acceptable ou réduire les exigences en terme de décontramination. Selon nos informations, ce sujet est à l’ordre du jour du prochain « National Radiation Council » du MEXT, à savoir le ministère en charge des sciences et technologies.

Il y a fort à parier qu’une fois le calcul changé, il va être appliqué à la limite haute de 3,8 µSv/h qui ne fera pas plus 20 mSv/h, mais peut-être 5 mSv/an. Ainsi les autorités auront réduit la limite apparente pour le retour des populations sans rien changer sur place par une simple modification des règles de calcul !

Début des travaux de démolition et de décontamination à Futaba en zone très contaminée

Les communes de Futaba et d’Ôkuma, sur lesquelles est implantée la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, sont les plus touchées par les retombées radioactives. Elles sont presque entièrement classées en zone dite de retour difficile. Mais, les autorités japonaises ne veulent pas accepter leur disparition et vont y créer un petit centre qui devrait ouvrir en 2022 dans chacune de ces communes.

Les travaux de démolition des maison abandonnées depuis bientôt 7 ans et de décontamination viennent d’être lancés à Futaba. Il est prévu de détruire 55 habitations et immeubles et de décontaminer sur 7 hectares seulement pour cette première phase qui doit durer jusqu’en juillet.

Mis à part quelques tests, ce sont les premiers travaux en zone dite de retour difficile.

11 800 habitations à détruire dans les zones évacuées de la catastrophe nucléaire

Les habitations des zones évacuées sont restées plusieurs années à l’abandon après avoir, parfois, été endommagées par le séisme de mars 2011. Beaucoup ne sont plus réparables et doivent être détruites. Selon les dernières données, dans les 11 communes évacuées, il y a 11 800 demandes de démolition, sans compter les zones les plus contaminées, pudiquement appelées de retour difficile. 8 700 habitations ont déjà été démolies. Le ministère de l’environnement voulait terminer pour mars 2018, cela risque de ne pas être possible. C’était 6 700 en avril dernier.

Selon le Fukushima Minpo, de nouvelles demandes continuent à arriver, même après la levée des ordres d’évacuation. A Tomioka et Namié, où les ordres d’évacuer ont été levés en avril dernier, plus de 400 nouvelles demandes de démolition ont été déposées dans chaque commune depuis le 1er avril 2017, c’est plus que le nombre de démolitions sur la même période. Le ministère de l’environnement envisage de reporter la date limite pour déposer les demandes.

Cette destruction du cadre de vie, des repères et du passé est une des tristes conséquences de la catastrophe nucléaire qui a engendré des évacuations prolongées. Plus rien ne sera jamais plus comme avant et aucun retour à la normale n’est possible.

Le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU s’intéresse aux victimes de la catastrophe de Fukushima

Le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU s’est intéressé au Japon. Concernant les victimes de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi (il faut cliquer sur F pour accéder aux documents en français), il note :

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a constaté avec inquiétude qu’il n’avait pas été suffisamment pourvu aux besoins particuliers des groupes défavorisés et vulnérables pendant la phase d’évacuation et au cours des travaux de relèvement et de reconstruction qui ont suivi le grave séisme qui a frappé l’est du Japon et l’accident nucléaire de Fukushima. Il a recommandé au Japon d’adopter une approche fondée sur les droits de l’homme en ce qui concernait les interventions en cas de catastrophe, l’atténuation des risques et les opérations de reconstruction […].

Le Rapporteur spécial sur le droit à la santé a recommandé au Japon de rendre publiques les informations relatives aux catastrophes dès que celles-ci se produisaient et de veiller à la participation effective et sans exclusive de la population aux processus de prise de décisions concernant les politiques et le cadre réglementaire en matière d’énergie nucléaire.

Plusieurs organisations sont intervenues auprès du Haut Commissariat :

IUVENTUM relève que l’état d’urgence décrété à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, en vigueur depuis mars 2011, autorise le Gouvernement à fixer les normes de sécurité. Si d’importants efforts de décontamination ont été faits, de nombreux lieux n’en ont pas bénéficié, ce qui fait que certains lieux décontaminés risquent d’être à nouveau contaminés. Alors qu’un rapport récent montre que le taux de radioactivité dans l’air est plus élevé à Fukushima qu’ailleurs, le Gouvernement renvoie les personnes qui avaient été évacuées dans les zones contaminées où la radiation est supérieure à 1 mSv/an. Greenpeace recommande au Japon de diffuser des informations exactes et aisément accessibles au sujet de la radiation et des niveaux de risque et de réduire le niveau annuel acceptable d’exposition supplémentaire dans les zones touchées par l’accident à un maximum de 1 mSv/an, ce qui correspondrait à la norme internationale.

Et d’ajouter :

IUVENTUM demande instamment au Japon de maintenir son aide financière aux évacués volontaires de la catastrophe de Fukushima. Greenpeace note avec préoccupation que la catastrophes a des conséquences psychologiques d’une grande ampleur et potentiellement fatales, en particulier pour les femmes et les filles, qui sont en outre, du fait de leur vulnérabilité face aux effets des radiations sur la santé, particulièrement pénalisées aux plans économique et politique par les politiques de reconstruction actuelles. HRN est préoccupé par la situation des enfants diagnostiqués comme souffrant d’un cancer de la thyroïde, ou dont on pense qu’ils en sont atteints, et invite instamment le Japon à améliorer la surveillance sanitaire et les services de santé.

HRN est l’organisation Human Rights Now basée à Tôkyô : sa contribution est ici en anglais. IUVENTUM est une organisation allemande. Enfin, la contribution de Greenpeace est accessible depuis ce communiqué en anglais.

Dans son rapport, le Japon n’est guère prolixe sur la situation des personnes déplacées par la catastrophe nucléaire :

Le Gouvernement offre aussi une aide technique et financière à la préfecture de Fukushima. Il a ainsi versé une subvention de 78,2 milliards de yen au Fonds pour la santé des habitants de Fukushima mis sur pied par la préfecture pour aider la population à prendre en charge leur santé à moyen et à long terme.

Selon Greenpeace, présente sur place à Genève, plusieurs pays sont intervenus en séance pour soutenir les victimes de la catastrophe nucléaire. Les diverses parties préparent actuellement des documents pour se répondre mutuellement. A suivre…

Le Japon veut rouvrir le centre d’Ôkuma en 2022

La ville d’Ôkuma, dans laquelle il y a une partie de la centrale de Fukushima daï-ichi, est classée en zone de retour difficile. Mais, le gouvernement, qui veut reconquérir tous les territoires à tout prix, veut autoriser le retour des habitants dans le centre de la commune, à partir de 2022, comme pour la commune voisine de Futaba.

860 hectares, situés à environ 4 km de la centrale accidentée, vont être décontaminés. Cela représente à peine 18% de la surface des territoires classés en zone de retour difficile à Ôkuma. Le gouvernement compte sur le retour de 1 500 personnes et l’installation d’un millier de travailleurs du nucléaire engagés dans le démantèlement. Il espère aussi 130 agriculteurs.

Ces chiffres sont complètement fantaisistes. Il est peu probable que 1 500 personnes retournent à Ôkuma plus de 10 ans après la catastrophe nucléaire. Quant aux travailleurs, après avoir été exposés à la radioactivité sur leur lieu de travail, ils seront encore exposés sur leur lieu de résidence, sans que cela soit pris en compte.

Seulement 90 enfants attendus dans les écoles d’Iitaté à la rentrée prochaine

742 enfants étaient scolarisés à Iitaté-mura avant la catastrophe nucléaire. Le village a été vidé de ses habitants jusqu’à la fin mars 2017, date de la levée des ordres d’évacuer. Selon le Fukushima Minpo, l’école devrait rouvrir à la rentrée d’avril 2018, mais les autorités locales n’attendent, selon une enquête récente, que 90 enfants. C’est à peine 12% des effectifs attendus, mais c’est 38 de plus que lors de la précédente enquête qui date d’août 2017.

A titre de comparaison, les établissements scolaires d’Iitaté, délocalisés à Kawamata et dans la ville de Fukushima, accueillent 139 enfants actuellement.

L’école fait tout pour séduire les parents, en vantant les faibles effectifs qui permettent un suivi plus personnalisé, des intervenants extérieurs et des uniformes dessinés par Hiroko Koshino, couturière célèbre.

Réouverture d’un tronçon de la ligne de train Jôban, entre Naraha et Tomioka

La ligne de chemin de fer Jôban, qui longe le littoral a été endommagée par le séisme de 2011, partiellement détruite par le tsunami et fortement contaminée, par endroits, par les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Sa remise en service partielle, tronçons après tronçons, est un marqueur des efforts de reconstruction et c’est un symbole fortement médiatisé pour les politiques. A Minami-Sôma, la réouverture partielle de la ligne avait accompagné la levée de l’ordre d’évacuer en juillet 2016. Plus au Nord, la ligne a été surélevée dans les zones proches du littoral à cause des tsunamis, et a rouvert en décembre 2016.

C’est une nouvelle portion de cette ligne qui vient de rouvrir, entre la station Tatsuta à Naraha et Tomioka, où l’ordre d’évacué a été levé fin mars 2017. Cette nouvelle portion fait 6,9 km et il y a 11 aller-retours par jour.

Le littoral de Tomioka, détruit par le tsunami, est devenu, à proximité de la centrale de Fukushima daï-ni, un centre de gestion des déchets radioactifs issu de la décontamination des territoires, avec entreposage, tri, incinération et bétonnage des cendres (voir notre reportage en photos). La nouvelle ligne passe à proximité, comme on peut le voir dans les médias japonais. Voir, par exemple, cette photo reprise du Maïnichi :

Fukushima 311 Voices signale que cette photo a disparu de la version japonaise du Maïnichi sous la pression de lecteurs. Voir aussi les explications de Nos Voisins Lointains 3.11.

L’ancienne gare a été détruite par le tsunami :

gare_Tomioka

La nouvelle ligne passe au même endroit, sans être sur-élevée comme c’est le cas plus au Nord. Surélever le train tout en laissant les déchets en bas aurait paru trop ridicule ? Voir d’autres photos du Maïnichi.

Sur cette autre photo du Maïnichi, le train passe à proximité d’un des incinérateurs de déchets issus de la décontamination, qui est situé le long du littoral, dans la zone ravagée par le tsunami :

Comme nous l’avons déjà signalé, le taux de retour des habitants à Tomioka est très faible et la ligne sera peu usitée : fin août, seulement 200 habitants, sur 13 300 avant la catastrophe sont rentrés.

Après Tomioka, vers le Nord, il reste une portion de 21 km qui passe par les zones dites de « retour difficile » et pour laquelle la compagnie Japan Rail (JR) espère une réouverture avant la fin mars 2020, juste avant les jeux olympiques. En attendant, un service de bus fait la liaison.

Ouverture de la route nationale 114 qui traverse Namié

Une section de 27 km de la route nationale 114 a rouvert, permettant un accès direct à la partie Est de Namié. La route relie le centre de la province à la côte et la section qui vient de rouvrir traverse la zone dite de retour difficile à Namié entre Tsushima et Murohara. Voir la carte sur le site du Fukushima Minpo.

Les cycles et motos sont interdits. Les 188 croisements ont été barricadés pour interdire l’accès aux routes secondaires. En effet, les parties montagneuses de Namié restent interdites d’accès.

En août dernier, le débit de dose moyen le long des 27 km était de 1,85 microsievert par heure et le plus élevé atteignait 5,53 microsieverts par heure, ce qui est 20 fois plus que le seuil de décontamination fixé à 0,23 microsievert/h. Le passager d’une voiture qui roulerait à 40 km/h le long de cette route prendrait 1 microsievert.

De nombreuses personnes restent déplacées 6 ans et demi après le tsunami

Alors que le 11 septembre marque les six ans et demi de la triple catastrophe, les médias japonais publient quelques données sur les personnes déplacées et le nombre de victimes. Les séisme et tsunami sont responsables de 18 440 décès et disparitions auxquels il faut ajouter 3 500 décès indirects survenus par la suite à cause des mauvaises conditions de vie ou des suicides.

Il y a encore plus de 20 000 personnes dans les logements provisoires dans les trois provinces les plus touchées : 8 142 à Iwaté, 7 148 à Miyagi et 6 210 à Fukushima. Certains propriétaires terriens où sont installés des logements préfabriqués aimerait récupérer leur terrain et s’impatientent. A l’inverse, certaines communes dévastées par le tsunami ont pris du retard dans la reconstruction sur des terrains élevés.

Les personnes qui bénéficient de logements du parc public devraient subir une forte hausse de leur loyer l’année prochaine car le gouvernement a prévu de baisser ses aides pour les bas revenus au bout de 6 années dans le logement et de les terminer au bout de 11 années. Par ailleurs, les foyers dont le logement a été détruit ont droit à 3 années à loyer modéré dans le parc public, quel que soit leur revenu. Beaucoup y sont entrés en 2013.

Par exemple, une victime du tsunami vivant à Sendaï, dont le seul revenu est une pension d’Etat, paye 5 600 yens de loyer mensuel dans le parc HLM pour un F2. Ce sera 18 200 yens au bout de 11 années. Le revenu du foyer doit être inférieur à 80 000 yens pour bénéficier d’une telle aide. Cela concernerait 3 321 foyers à Iwaté, 9 272 à Miyagi et 4 101 à Fukushima. Une pétition a été lancée pour obtenir une prolongation des aides financières car le traumatisme causé par la catastrophe continue à handicaper de nombreuses personnes.

Certaines familles, qui reçoivent un soutien de la commune, ne sont pas concernées par la fin de ces aides financières.

Selon une étude du Maïnichi, le taux de retour ou d’installation dans les zones où l’ordre d’évacuer a été levé en mars – avril dernier est de moins de 10% et près de 50% des personnes qui sont rentrées ont plus de 65 ans. La proportion de personnes âgée y est environ deux fois plus élevée qu’avant la catastrophe. Les plus jeunes ont refait leur vie ailleurs ou craignent de rentrer avec des enfants à cause des radiations.

Le quotidien a interrogé 9 communes où des ordres d’évacuer ont été levés au printemps dernier. En juillet – août, seulement 5 951 personnes dans 2 970 foyers étaient rentrées. Parmi elles, 2 929, ou 49,2%, ont plus de 65 ans. Avant la catastrophe nucléaire, un peu plus de 60 000 personnes vivaient dans ces zones et 27,4% avaient plus de 65 ans.

C’est à Kawauchi que le taux de personnes âgées de plus de 65 ans est le plus élevé, avec 71,3% et c’est à Naraha qu’il est le plus faible, avec 37%. Avant la catastrophe de Fukushima, le taux le plus élevé du pays était de 60,5% à Nanmoku, dans la province de Gunma. Désormais 3 communes de Fukushima battent ce record.

La taille moyenne des foyers dans ces zones est réduit à celle que l’on observe à Tôkyô : 2,02 personnes par foyer en 2015. C’était 3,04 avant la catastrophe.

Ces chiffres montrent que le nombre de personnes âgées isolées ou dépendantes va encore augmenter dans ces zones et cela représente un défi pour les pouvoirs publics qui font face à une pénurie d’employés. A Katsurao, seulement 5 des 94 pompiers volontaires sont rentrés.

A Futaba, commune presque entièrement classée en « zone de retour difficile », une petite partie vient y est classée de « centre de reconstruction » depuis le 15 septembre. Le but est de rouvrir en 2022, comme nous l’avons déjà rapporté. Le gouvernement compte sur le retour de 1 400 personnes d’ici 2027 et l’installation de 600 autres…

Selon un sondage rapporté par le Fukushima Minpo, plus de 70% des personnes qui habitent dans les 7 communes du district de Futaba disent craindre une récurrence de l’accident nucléaire et les déchets qui doivent être entreposés pour 30 ans sur 16 km2 autour de la centrale accidentée.