Le déblaiement du réacteur n°3 prend du retard

Le déblaiement des débris du réacteur n°3 prend du retard, ce qui retarde la construction du nouveau bâtiments pour retirer les combustibles usés de la piscine.

Le retrait des combustibles aurait dû commencer en janvier 2018. Au tout début, TEPCo devait commencer en 2015. On ne connait pas encore le nouveau planning. En revanche, TEPCo a communiqué sur l’arrivée des premiers éléments du nouveau bâtiment, avec photos et vidéo.

Les débits de dose sur le site sont ici. Il y a jusqu’à 2,6 mSv/h à proximité du réacteur n°3.

Arrêt temporaire du refroidissement du cœur fondu du réacteur n°3

L’injection d’eau dans le réacteur n°3 pour refroidir le cœur fondu a été arrêté suite à une erreur humaine. C’est une alarme qui a donné l’alerte. TEPCo explique d’un travailleur a, par inadvertance, actionné l’arrêt d’une pompe avec son coude. L’injection d’eau a repris une heure plus tard.

Il y avait assez d’eau et aucune élévation de température n’aurait été notée.

Les interrupteurs sont situés de part et d’autre d’un passage étroit, large de seulement 85 cm. Le travailleur, équipé d’une combinaison complète et d’un masque, a perdu l’équilibre et a heurté l’interrupteur en arrachant la protection. Les explications en japonais de TEPCo et des photos sont ici.

TEPCo injecte 4,2 m3 d’eau par heure dans ce réacteur. Elle est passée à 4,4 m3/h juste après l’incident.

Durant la nuit, il y a aussi un arrêt temporaire du circuit de refroidissement des piscines de combustible des réacteurs n°1, 2 et 3. Le refroidissement a été remis en route 6 heures et demie plus tard. Les explications de la compagnie sont ici en japonais.

Fort séisme suivi d’un petit tsunami à Fukushima

Un fort séisme, d’un magnitude de 7,4, a secoué le Nord-Est du Japon à 5h59. L’épicentre était au large des côtes japonaises à 25 km de profondeur. Une plaque aurait glissé verticalement à 60 km au large d’Iwaki. Une alerte au tsunami a aussitôt été émise.

Un petit tsunami est arrivé sur les côtes un peu plus tard. Il était d’un mètre de hauteur à Fukushima à 6h34 et jusqu’à 1,4 m ailleurs dans la baie de Sendaï, dans la province de Miyagi où la vague est arrivée deux heures après le séisme, à 8h03. Des images du mascaret remontant les fleuves sont disponibles sur le site du Asahi et du Maïnichi. Fort heureusement, on ne déplore aucun dégât majeur. Une quinzaine blessés ont été recensés.

L’alerte au tsunami a été levée 4 heures après la secousse initiale. Elle a entraîné l’évacuation préventive de plus de 10 000 personnes vers des centres de regroupement qui a parfois été entravée par des embouteillages. L’Agence météorologique avait sous-estimé la hauteur de la vague à Sendaï : elle a d’abord annoncé un mètre, avant de revoir sa prévision après avoir observé la vague au large. C’était finalement 1,4 m. Elle va donc revoir sa méthode de prévision.

TEPCo annonce n’avoir détecté aucune anomalie, si ce n’est un arrêt du refroidissement de la piscine de combustibles du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima daï-ni qui contient 2 544 assemblages. Il a été remis en service à 7h47. La température de l’eau était de 28,7°C avant l’arrêt et de 29,5°C au moment de la reprise. Il aurait fallu attendre plusieurs jours sans refroidissement pour atteindre le seuil d’alerte de 65°C. La compagnie a mis deux heures à informer les médias de cet arrêt.

A la centrale de Fukushima daï-ichi, le pompage de l’eau contaminée a été préventivement stoppé afin d’éviter une fuite en cas d’endommagement sur un tuyau. Tout le personnel a été évacué vers les hauteurs et il n’était pas possible de vérifier l’état des canalisations.

En revanche, un endommagement des piscines non encore vidées des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi, pourrait avoir de graves conséquences s’il y a des fissures qui empêchent le refroidissement. Les débits de dose dans ces réacteurs sont aussi trop élevés pour empêcher toute intervention humaine.

Cet évènement a réveillé les pires cauchemars chez les habitants du Nord-Est du Japon et vient rappeler la fragilité de la centrale accidentée face aux agressions externes. Il y a aussi le problèmes des déchets radioactifs qui sont entreposés près des côtes.

Vidéos sur le site de l’Asahi en langue japonaise :

TEPCo devrait débuter la construction d’une structure sur le réacteur n°3 avec 9 mois de retard

TEPCo a fini de retirer les débris qui jonchaient le sommet du réacteur n°3. Elle doit ensuite construire une structure neuve tout autour afin de pouvoir retirer les combustibles usés de la piscine de refroidissement. Contrairement au réacteur n°4, le débit de dose ambiant est trop élevé pour que des hommes fassent le travail sur place. Tout doit être préparé à distance et assemblé sur place à l’aide d’engins télécommandés.

TEPCo vient d’annoncer à l’Autorité de Régulation Nucléaire que les travaux devraient commencer en janvier prochain, avec 9 mois de retard. Il a fallu plus de temps pour décontaminer partiellement le site et installer des plaques de plomb afin de réduire le débit de dose ambiant. La construction devrait prendre 6 mois. Le retrait des combustibles devait commencer avant avril 2018, mais la compagnie reste prudente sur la date.

Environ 880 tonnes de corium très radioactifs dans les réacteurs 1 à 3

L’International Research Institute for Nuclear Decommissioning a fait une estimation de la quantité de corium dans les réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi, où il y a eu fusion des cœurs. Le corium est ce mélange très fortement radioactif de combustible fondu et de débris. Le document présenté au public est ici en japonais. Le Fukushima Minpo y consacre un article en anglais.

L’estimation est basée sur des simulations de l’accident et des observations avec les muons, notamment. Il ressort de ces calculs, que la masse totale de corium est comprise

  • entre 232 et 357 tonnes, avec une valeur nominale à 279 tonnes pour le réacteur n°1 ;
  • entre 189 et 390 tonnes, avec une valeur nominale à 237 tonnes pour le réacteur n°2 ;
  • et entre 188 et 394 tonnes, avec une valeur nominale à 364 tonnes pour le réacteur n°3. Ce dernier contient du combustible MOx, à base de plutonium.

La quantité de combustible était de 69 tonnes dans le réacteur n°1 et de 94 tonnes dans chacun des réacteurs 2 et 3. Selon les réacteurs, les coriums sont donc de 2,5 à 4 fois plus massiques que le combustible, en retenant les valeurs nominales.

La somme des quantités nominales de corium fait 880 tonnes. C’est 3,4 fois plus que le combustible qu’il y avait dans ces réacteurs.

Pour les réacteurs 1 et 3, le combustible et l’acier représenteraient environ 30% de la masse chacun et le béton, 40%. Pour le réacteur n°2, le combustible et l’acier feraient un total de 70% de la masse totale, le reste étant du béton.

Démantèlement du réacteur n°1 : nouvelle vidéo de TEPCo

TEPCo a engagé le démantèlement de la structure qui recouvrait le réacteur n°1. Elle va ensuite retirer les débris et reconstruire une nouvelle structure afin de retirer le combustible de la piscine de refroidissement. Cela a déjà été effectué pour le réacteur n°4. Pour le réacteur n°3, le retrait des débris est terminé et TEPCo construit une nouvelle structure.

Une vidéo promotionnelle de TEPCo explique les opérations à venir et insiste sur les mesures prises pour éviter la dispersion de poussières. Comme le retrait des débris du réacteur n°3 avait entraîné des rejets conséquents de poussières radioactives qui avait contaminé des travailleurs et fort probablement des rizières situées au-delà des zones évacuées, TEPCo promet de faire attention cette fois-ci.

Ce que ne dit pas la vidéo, c’est que les travaux auraient dû débuter en juillet 2014, mais ils ont pris du retard suite au scandale des rejets de poussières radioactives. Ce n’est que le 31 décembre 2013 que l’on avait appris que TEPCo n’avait pas aspergé des résines fixatrices sur le réacteur n°3 ou les avait fortement diluées. Voir notre bilan des quatre ans à ce propos, ainsi que celui pour les cinq ans.

TEPCo explique que toutes les mesures mises en place au niveau du réacteur n°1 sont pour la « tranquillité d’esprit des riverains » (sic). C’est que ces idiots de riverains, ils ont peur de tout !

Fukushima Nuclear Accident Archives

La Japan Atomic Energy Agency (l’équivalent du CEA) a créé une base de données, documents, articles, vidéo… sur la catastrophe de Fukushima et ses conséquences.

Réacteur n°3 : préparatifs pour le retrait des combustibles de la piscine

On le sait, les piscines de combustible sont particulièrement menaçantes car elles ne sont pas protégées par une enceinte de confinement, et elles contiennent une grande quantité de radioéléments. En cas de fissure de la piscine, suite à un séisme par exemple, et perte de refroidissement, les conséquences pourraient être encore plus graves que ce qui s’est passé en 2011. Dans le cas du réacteur n°3, il y a aussi du combustible MOx, riche en plutonium.

Dans le cas de la piscine du réacteur n°4, où des humains ont pu travaillé, les combustibles ont pu être retirés. En revanche, pour les réacteurs n°1 à 3,  c’est plus compliqué car toutes les opérations doivent être télécommandées, le débit de dose empêchant les humains d’y travailler.

C’est pour le réacteur n°3 que TEPCo est la plus en avance. Elle a retiré tous les débris qui surplombaient la piscine et elle est en train d’assembler une structure qui viendra recouvrir le tout afin d’y installer un palan et une grue pour retirer les combustibles.

Voir les photos et explications en anglais sur le site de la compagnie.

TEPCo va d’abord installer des écrans protecteurs afin de réduire le débit de dose. Pour la construction de la structure, elle est en train de s’entraîner à Onahama. Les travaux de retrait du combustible ne devraient pas commencer avant 2018.

Nouvelles informations sur la fusion des réacteurs 2 et 3

TEPCo a mis en ligne de nouvelles informations sur les accidents survenus dans les réacteurs n°2 et 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Lire son communiqué en anglais et le document associé. Le document en japonais est beaucoup plus détaillé.

• La fusion du cœur du réacteur n°2 aurait eu lieu au bout de quatre jours. Voici l’explication avancée par TEPCo. Le système de refroidissement de secours se serait arrêté au bout de quatre jours, le 14 mars au soir et la température est montée. Pour maintenir le refroidissement, les personnes sur place ont tenté d’injecter de l’eau à partir d’un camion pompier. Cela n’a pas fonctionné car la pression à l’intérieur de la cuve était trop élevée. Pour faire diminuer la pression, il fallait éventer le réacteur en ouvrant huit vannes de secours. Cela a été tenté aux premières heures du 15 mars, mais cela n’a pas marché. Ces vannes auraient dû être ouvertes à l’aide d’azote maintenu sous pression, mais, les joints en caoutchouc de la vanne d’injection auraient fondu à cause de la chaleur, entraînant une fuite. La température aurait atteint 200°C, ce qui est plus que ce qui était prévu…

La pression a finalement baissé après qu’une des vannes se soit finalement ouverte vers 1h du matin.

Ces joints peuvent tenir jusqu’à 170°C pendant quelques heures seulement. Ces pièces particulièrement fragiles sont présentes sur les autres réacteurs du même type. TEPCo va les changer sur ses autres réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa.

• En ce qui concerne le réacteur n°3, les plus forts rejets radioactifs dans l’atmosphère ne seraient pas dus aux évents destinés à faire baisser la pression, mais à une perte d’étanchéité du confinement. Le réacteur n°3 a été éventé à trois reprises durant les premiers jours. Le troisième évent a eu lieu à 21h le 13 mars, mais la pression n’aurait pas baissé comme attendu. Ainsi, les rejets qui ont suivi, entre la nuit du 14 et le 16 mars seraient dus à une perte de l’étanchéité. TEPCo était déjà arrivé à une conclusion similaire pour le réacteur n°2.