Un nouveau cas de cancer de la thyroïde suspecté chez les enfants de Fukushima

L’université médicale de Fukushima a publié les derniers résultats de sa campagne de dépistage des cancers de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima. Ils peuvent être téléchargés ici en japonais. La traduction officielle en anglais sera disponible ici. Le site Fukushima Voices a maintenant traduit en anglais les principaux résultats.

Au 31 décembre 2016, il y a un cas supplémentaire par rapport aux résultats présentés la dernière fois, qui a été détecté lors de la deuxième campagne de dépistage qui a débuté en mai 2014.

270 489 jeunes ont subi une échographie de la thyroïde lors de cette deuxième campagne, ce qui représente 70,9% du nombre total de jeunes susceptibles d’être examinés dans la province de Fukushima. Parmi eux, 2 226 ont dû ou doivent passer des examens complémentaires, qui sont terminés pour 1 681 jeunes. Il y a eu 195 ponctions à l’aiguille fine dans la glande. Ces examens ont révélé 69 cas de cancer potentiel de la thyroïde (31 garçons et 38 filles) âgés de 9 à 23 ans lors de l’examen. C’est 1 de plus que la dernière fois.

Comme la dernière fois, pour 44 jeunes, le cancer a été confirmé après chirurgie. Il y a 43 cancers papillaires et un d’un autre type.

La troisième campagne de dépistage se poursuit. Au 31 décembre 2016, 87 217 jeunes ont subit un examen par échographie. Parmi eux, 483 ont subi ou doivent subir des examens complémentaires. Il y a eu 1 ponction à l’aiguille fine dans la glande et aucun cancer n’a été détecté pour le moment.

Si l’on inclut les résultats de la première campagne de dépistage, à savoir 115 cas potentiels, dont 101 confirmés, on arrive donc à un total de 184 cas potentiel dont 145 confirmés. A cela, s’ajoute toujours un cas qui s’est révélé être bénin après l’intervention chirurgicale.

 

Fukushima 6 ans après : rapport de Greenpeace

Greenpeace vient de publier un rapport en anglais et en japonais sur la catastrophe de Fukushima intitulé « Pas de retour à la normale ». Il fait une étude des doses potentielles des habitants qui rentreraient dans les zones évacuées, avec un focus sur Iitaté-mura. Le communiqué de presse est aussi en anglais.

Le rapport se base sur de nombreuses mesures sur place et fait des évaluations de dose sur la vie entière. A noter que les mesures sur les échantillons ont été effectuées par le laboratoire citoyen Chikurin, fondé grâce au soutien de l’ACRO.

Les autorités ont prévu de lever l’ordre d’évacuer à la fin du mois de mars à Iitaté-mura, sauf dans les parties classées en zone de retour difficile, ainsi que dans le district de Yamakiya à Kawamata. L’indemnisation s’arrêtera dans un an. Cela concerne plus de 6 000 personnes à Iitaté qui font face à un dilemme, comme dans les autres territoires contaminés.

Greenpeace rappelle que la décontamination ne concerne que les zones proches des habitations et les cultures et que la forêt couvre 75% de cette zone montagneuse. Même dans les zones où les travaux de décontamination ont été effectués, les doses restent élevées. L’organisation a effectué des mesures de contamination des sols et de dose dans 7 habitations afin d’estimer l’exposition des personnes qui rentreraient. Cela varie entre 39 et 183 mSv sur 70 ans à partir de mars 2017. Cela peut dépasser la limite de 1 mSv/an qui est la limite de dose en temps normal et la dose totale de 100 mSv à partir de laquelle les autorités japonaises admettent qu’il y a augmentation du risque de cancer. Les doses prises au début de la catastrophe ne sont pas prise en compte dans ce calcul.

Par ailleurs, dans ses calculs, le gouvernement estime que le débit de dose est réduit de 60% dans les habitations grâce à l’effet d’écran des murs. Mais les mesures faites par Greenpeace dans une maison montrent que la réduction de l’exposition n’est pas aussi forte.

Toutes les données sont dans le rapport de Greenpeace.

Belgique : extension de la distribution des comprimés d’iode à tout le pays

Dans un courrier à Greenpeace Belgique, la ministre de la santé belge confirme que la distribution des comprimés d’iode sera étendue à tout le pays en 2017. Cela va dans le sens des recommandations faites dans notre rapport sur les plans d’urgence nucléaire en Belgique et des recommandations du Conseil supérieur de la santé.

Concrètement, des comprimés d’iode vont être proposés à toute la population qui pourra aller les retirer gratuitement dans les pharmacies. Quelques groupes cibles seront activement encouragés à aller chercher les tablettes : les habitants à moins de 20 km, les enfants, les femmes enceintes et qui allaitent.

15 travailleurs de Fukushima atteints d’un cancer

Selon une note en japonais que TEPCo a mis en ligne, 15 travailleurs ont développé un cancer depuis qu’ils ont été engagés à des travaux sous rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Un lien avec la radioactivité ne peut pas être exclu.

Sur ces 15 personnes, il y a 8 cas de leucémie. Trois travailleurs ont déjà vu leur cancer reconnu comme maladie professionnelle, dont un cas de cancer de la thyroïde. Les deux autres cas sont des leucémies.

Repéré par Fukuleaks.

Cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima : 10 cas supplémentaires

L’université médicale de Fukushima a publié les derniers résultats de sa campagne de dépistage des cancers de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima. Ils peuvent être téléchargés ici en japonais. La traduction officielle en anglais sera disponible ici. Le site Fukushima Voices devrait aussi présenter bientôt les principaux résultats en anglais.

Au 30 septembre 2016, il y a un total de 145 cas confirmés dont 44 détectés lors de la deuxième campagne de dépistage. Cela fait 10 de plus que lors de la précédente publication qui s’arrêtait au 30 juin 2016.

Il y a déjà eu 2 campagnes de dépistage par échographie, qui ont débuté respectivement en octobre 2011 et mai 2014. Une troisième campagne est en cours depuis mai 2016.

Lors de la deuxième campagne de dépistage, 270 454 jeunes ont été examinés, ce qui représente 70,9% des 381 282 personnes concernées car nées entre le 2 avril 1992 et le 1er avril 2012. Parmi eux 270 431 ont reçu les résultats. C’est à peine 76 examens de plus que la dernière fois. A titre de comparaison, 81% des jeunes avaient été examinés lors de la première campagne.

A l’issue de cette deuxième campagne de dépistage, 2 222 jeunes étaient éligibles à des examens supplémentaires. C’est 5 de plus que la dernière fois. 1 685 ou 76% ont déjà subi ce deuxième examen, dont 189 une ponction à l’aiguille fine dans la glande. Cela a révélé 68 cas de cancer potentiel de la thyroïde (31 garçons et 37 filles) âgés de 9 à 23 ans. C’est 9 de plus que la dernière fois.

Lors du premier dépistages, ces 68 cas potentiels avaient été classés

  • A1 (pas de kyste ou nodule) pour 31 d’entre eux,
  • A2 (nodule inférieur à 5 mm ou kyste inférieur à 20 mm) pour 31 d’entre eux,
  • B (nodule supérieur à 5 mm ou kyste supérieur à 20 mm) pour 5 d’entre eux.

Il s’agit donc de cas nouveaux dans leur grande majorité qu’il est difficile d’expliquer par le seul dépistage systématique. Pour 44 jeunes, le cancer a été confirmé après chirurgie. C’est 10 de plus que la dernière fois. Il y a 43 cancers papillaires et un d’un autre type.

En ce qui concerne la troisième campagne de dépistage, seulement 49 387 jeunes sur 336 609 ont été examinés par échographie et 30 253 ont reçu les résultats au 30 septembre 2016. Parmi eux 211 sont classés B et doivent subir des examens complémentaires dont les résultats ne sont pas connus. Il n’y a donc pas de nouveau cas de cancer détecté lors de cette campagne.

SI l’on inclut les résultats de la première campagne de dépistage, à savoir 115 cas potentiels, dont 101 confirmés, on arrive donc à un total de 183 cas potentiel dont 145 confirmés. A cela, s’ajoute toujours un cas qui s’est révélé être bénin après l’intervention.

Selon le Maïnichi, un membre du comité de pilotage de cette étude a demandé la mise en place d’un groupe indépendant pour analyser ces résultats.

Un cancer de la thyroïde reconnu comme maladie professionnelle à Fukushima daï-ichi

Un employé de TEPCo, âgé d’une quarantaine d’années, qui a travaillé à la centrale de Fukushima daï-ichi après l’accident, a développé un cancer de la thyroïde en avril 2014. Il était présent sur le site lors des explosions hydrogène qui ont détruit les bâtiments des réacteurs 1 et 3.

Il a travaillé sur plusieurs centrales nucléaires entre 1992 et 2012 et aurait reçu une dose cumulée de 150 mSv, dont 140 mSv reçus à la centrale de Fukushima daï-ichi. Cette dose inclut environ 40 mSv liés à la contamination interne. Sa maladie vient d’être reconnue comme maladie professionnelle. Cela entraîne une prise en charge des frais médicaux.

C’est le troisième travailleur de Fukushima daï-ichi dont le cancer obtient cette reconnaissance. Les deux autres cas étaient des leucémies. Le premier cas avait été reconnu en octobre 2015 et le deuxième en août 2016. Le premier cas a porté plainte depuis. C’est la première fois qu’un cancer de la thyroïde est reconnu comme maladie professionnelle au Japon.

Quand il s’agit des enfants de Fukushima, les autorités refusent le lien avec la catastrophe sous le prétexte que la maladie a mis 4 à 5 ans à apparaître après l’accident de Tchernobyl. Là, c’est moins. Comment justifier cette différence de traitement ?

Début du fond de soutien aux enfants atteints d’un cancer de la thyroïde

Le fond de soutien aux enfants malades de la thyroïde dont nous avons déjà parlé a réussi à collecter 20 millions de yens (167 000 euros) depuis septembre dernier. Les familles peuvent faire une demande de soutien.

Ce « 3.11 Children’s Fund for Thyroid Cancer » peut verser 100 000 yens (840 euros) par patient âgé de moins de 25 ans dans 15 provinces de Nord-Est du Japon qui ont subi des retombées radioactives en mars 2011. 100 000 yens supplémentaires sont prévus pour les cas les plus graves.

Un travailleur du nucléaire atteint d’une leucémie reconnue d’origine professionnelle a porté plainte contre ses employeurs

L’Asahi du 18 novembre dernier a annoncé qu’un travailleur du nucléaire atteint d’une leucémie après avoir reçu environ 20 mSv à la centrale nucléaire de Genkaï dans la province de Saga et à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi allait porter plainte contre TEPCo et Kyûshû Electric qui n’ont pas su le protéger. La plainte a été déposée depuis et il a demandé 59 millions de yens (500 000 euros).

Sa leucémie, diagnostiquée en janvier 2014, avait été reconnue comme maladie professionnelle en octobre 2015, ce qui lui assure une couverture médicale complète. La limite pour en bénéficier a été fixée à 5 mSv.

Selon le Maïnichi, il n’est toujours pas en état de travailler. Lors d’une conférence de presse, il s’est plaint de l’attitude de TEPCo, expliquant que les travailleurs ne sont pas des pions. Quand sa maladie a été reconnue comme étant d’origine professionnelle, TEPCo a déclaré n’avoir rien à dire car il s’agissait d’un sous-traitant alors qu’il attendait des excuses ou une reconnaissance.

C’est à l’automne 2011 qu’il a décidé d’aller travailler à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi contre l’avis de sa famille. Il n’a pas eu de tablier de plomb pour réduire la dose reçue car il n’y en avait pas assez.

Selon le ministère de la santé, 11 personnes ont demandé une reconnaissance professionnelle de leur cancer après être passées à la centrale de Fukushima daï-ichi. Seulement deux d’entre elles ont obtenu cette reconnaissance et 5 dossiers sont à l’étude.

Augmentation du risque de démence chez les personnes âgées qui ont perdu leur logement après le tsunami

Une étude, en accès payant, met en évidence une augmentation du risque de démence chez les personnes âgées qui ont perdu leur logement suite au tsunami du Tôhoku de 2011 par rapport à celles qui ont pu rester chez elles. Voir la dépêche Reuters et l’article de MedicalXpress.

Une équipe médicale a suivi 3 556 personnes âgées de 65 ans ou plus d’Iwanuma dans la province de Miyagi qui ont survécu au tsunami. Presque la moitié de la ville a été inondée en mars 2011. 38,0% des participants ont perdu un ou des amis et/ou des membres de leur famille dans la catastrophe et les logements de 58,9% des participants ont subi des dommages matériels.

Avant le tsunami, 4,1% des personnes âgées avaient des symptômes de démence. C’est 11,5% deux ans et demi après. Par ailleurs, 2,8% des participants avaient eu un accident vasculaire cérébral (AVC) avant la catastrophe et presque 6,5% après.

La perte du logement et du lien social semble augmenter le risque de déclin cognitif selon cette étude. Plus la maison est endommagée, plus le risque est grand. 2,9% des personnes suivies ont déclaré n’avoir aucun contact avec les voisins, même pas une salutation dans la rue. C’était 1,5% avant la catastrophe.

En revanche, la perte d’un ami et/ou d’un membre de la famille ne semble pas affecter le risque de démence.