TEPCo et ses autres centrales nucléaires

Que faire de la centrale de Fukushima daï-ni et ses quatre réacteurs qui ont aussi été inondés par le tsunami ? Les autorités régionales ne veulent entendre parler de redémarrage. Le 21 décembre dernier, l’assemblée régionale a adopté, à l’unanimité, une résolution demandant au gouvernement son démantèlement rapide avec comme argument qu’elle est un obstacle à la revitalisation de la région. Depuis 2011, cette même assemblée a déjà demandé à maintes reprises le démantèlement de tous les réacteurs de Fukushima.

Le gouvernement estime que c’est à TEPCo de décider et il n’a pas les moyens légaux d’ordonner l’arrêt définitif. Il craint aussi que s’il répondait favorablement pour Fukushima daï-ni, il serait alors submergé de demandes similaires pour les autres réacteurs du pays. Mais, en tant qu’actionnaire majoritaire de TEPCo, il a les moyens d’influencer les décisions de la compagnie.

TEPCo a fort à faire avec la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi et ne peut pas s’engager actuellement dans le démantèlement de Fukushima daï-ni. Même à Fukushima daï-ichi, le démantèlement des réacteurs 5 et 6 n’a pas débuté et celui du réacteur n°4 a été suspendu après le retrait des combustibles usés de la piscine de décroissance.

Cette histoire peut encore traîner quelques années, jusqu’à ce que les réacteurs de Fukushima daï-ni, mis en service entre avril 1982 et août 1987, aient atteint l’âge limite de 40 ans.

A Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, TEPCo compte toujours sur un redémarrage « rapide » des réacteurs 6 et 7 pour des raisons économiques. Mais, aucun des sept réacteurs n’est autorisé à redémarrer pour le moment. Lors d’une rencontre entre la direction de TEPCo et le gouverneur, Ryuichi Yonéyama, ce dernier a rappelé son opposition à tout redémarrage tant que toute la lumière n’a pas été faite sur les causes de l’accident à la centrale de Fukushima daï-ni et que le plan d’urgence n’a pas été évalué. Il estime que cela prendra plusieurs années.

Il y a aussi le projet de centrale nucléaire à Higashidôri, dans la province d’Aomori, qui est dans les limbes. Mais TEPCo l’a pris en compte dans ses biens et dans ses factures d’électricité. Une partie a servi à rémunérer ses actionnaires. Cela a coûté 2,2 milliards de yens par an aux consommateurs…

Fort séisme suivi d’un petit tsunami à Fukushima

Un fort séisme, d’un magnitude de 7,4, a secoué le Nord-Est du Japon à 5h59. L’épicentre était au large des côtes japonaises à 25 km de profondeur. Une plaque aurait glissé verticalement à 60 km au large d’Iwaki. Une alerte au tsunami a aussitôt été émise.

Un petit tsunami est arrivé sur les côtes un peu plus tard. Il était d’un mètre de hauteur à Fukushima à 6h34 et jusqu’à 1,4 m ailleurs dans la baie de Sendaï, dans la province de Miyagi où la vague est arrivée deux heures après le séisme, à 8h03. Des images du mascaret remontant les fleuves sont disponibles sur le site du Asahi et du Maïnichi. Fort heureusement, on ne déplore aucun dégât majeur. Une quinzaine blessés ont été recensés.

L’alerte au tsunami a été levée 4 heures après la secousse initiale. Elle a entraîné l’évacuation préventive de plus de 10 000 personnes vers des centres de regroupement qui a parfois été entravée par des embouteillages. L’Agence météorologique avait sous-estimé la hauteur de la vague à Sendaï : elle a d’abord annoncé un mètre, avant de revoir sa prévision après avoir observé la vague au large. C’était finalement 1,4 m. Elle va donc revoir sa méthode de prévision.

TEPCo annonce n’avoir détecté aucune anomalie, si ce n’est un arrêt du refroidissement de la piscine de combustibles du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima daï-ni qui contient 2 544 assemblages. Il a été remis en service à 7h47. La température de l’eau était de 28,7°C avant l’arrêt et de 29,5°C au moment de la reprise. Il aurait fallu attendre plusieurs jours sans refroidissement pour atteindre le seuil d’alerte de 65°C. La compagnie a mis deux heures à informer les médias de cet arrêt.

A la centrale de Fukushima daï-ichi, le pompage de l’eau contaminée a été préventivement stoppé afin d’éviter une fuite en cas d’endommagement sur un tuyau. Tout le personnel a été évacué vers les hauteurs et il n’était pas possible de vérifier l’état des canalisations.

En revanche, un endommagement des piscines non encore vidées des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi, pourrait avoir de graves conséquences s’il y a des fissures qui empêchent le refroidissement. Les débits de dose dans ces réacteurs sont aussi trop élevés pour empêcher toute intervention humaine.

Cet évènement a réveillé les pires cauchemars chez les habitants du Nord-Est du Japon et vient rappeler la fragilité de la centrale accidentée face aux agressions externes. Il y a aussi le problèmes des déchets radioactifs qui sont entreposés près des côtes.

Vidéos sur le site de l’Asahi en langue japonaise :

L’AIEA publie son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi

L’AIEA a publié son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a 1 200 pages en tout réparties en

avec des annexes.

En feuilletant rapidement certaines parties, il apparaît que ce rapport a beaucoup puisé dans les rapports des commissions d’enquête gouvernementale et parlementaire et n’apporte pas beaucoup d’information nouvelle.

Dans sa communication, l’AIEA a mis en avant deux points repris par les médias :

  • une trop grande confiance dans la sûreté des installations nucléaires et un manque de préparation pour faire face à l’accident (il aurait été difficile de dire l’inverse…)
  • qu’il est peu probable qu’il y ait une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima.

Reprise des travaux à Fukushima daï-ni

TEPCo avait suspendu les travaux dans ses deux centrales de Fukushima suite aux deux décès. Elle a effectué un stage sur la sécurité et mis des barrières autour des lieux à risque. Elle vient de reprendre très partiellement les travaux à Fukushima daï-ni. A daï-ichi, les inspections et mesures de protection ne sont pas terminées.

TEPCo a remis quelques photos « avant-après » en ligne.

Suspension des travaux de démantèlement

Suite aux deux décès qui viennent de survenir dans les centrales de Fukushima daï-ichi et daï-ni, TEPCo a suspendu les travaux de démantèlement, le temps de mener une inspection de sécurité. La compagnie n’est pas capable de proposer un calendrier. Bien entendu, le refroidissement des réacteurs et le traitement de l’eau n’est pas suspendu car c’est simplement impossible.

Rappelons qu’un homme a fait une chute mortelle de 10 m dans une cuve qu’il était en train d’inspecter. Il portait un harnais de sécurité, il ne s’était pas attaché. L’autre était en train d’inspecter la centrale de Fukushima daï-ni quand il a été heurté à la tête par un objet suspendu à une grue.

Tous les deux étaient sous-traitants.

Décès d’un deuxième travailleur

Un homme d’une quarantaine d’année est décédé des suites de ses blessures à la centrale de Fukushima daï-ni. Il a été heurté à la tête par une machine lors d’une inspection. Il est mort à l’hôpital après avoir été transporté par hélicoptère.

C’est le deuxième décès en deux jours.

Voir les explications de TEPCo en japonais et le communiqué en anglais.

Risque sismique et de tsunami à Fukushima

TEPCo s’est fixé comme critère que la secousse maximale possible au niveau de sa centrale de Fukushima daï-ichi est de 600 gals, et la vague de tsunami la plus haute, de 14 m. En mars 2011, ce fut 675 gals et 15,5 m. La NRA a demandé à TEPCo de revoir ces critères et TEPCo a proposé 900 gals et 26,3 m. La NRA donnera son avis plus tard, mais ne devrait pas demander de rehausser la digue qui ne fait que 14 m. Un nouveau tsunami entraînerait un fort rejet radioactif en mer, à cause des sous-sols inondés, qui pourrait atteindre une centaine de térabecquerels de césium 137. C’est 30% de ce qu’il y a dans les galeries souterraines. En revanche, TEPCo prétend que ses réacteurs accidentés peuvent supporter 900 gals.
C’est désormais 27,2 m pour Fukushima daï-ni.