Maire pronucléaire réélu à Ôma

Le maire d’Ôma, dans la province d’Aomori, qui soutient la construction du réacteur nucléaire, vient d’être réélu pour un quatrième mandat. Il a obtenu 79% des voix. Le réacteur d’Ôma, qui doit ne consommer que du combustible MOx, est en construction malgré une plainte déposée par une commune voisine située sur l’île de Hokkaïdô. Le chantier avait débuté en 2008 et a été suspendu en 2011 pour reprendre en octobre 2012.

Kansaï Electric doit limiter le temps de travail de ses cadres après un suicide

L’inspection du travail a demandé au président de Kansaï Electric de limiter le temps de travail après le suicide d’un employé en avril dernier, lié à la pression subie et aux heures supplémentaires. Cet employé était en charge de la supervision des dossiers remis à l’Autorité de Régulation Nucléaire pour la prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui.

Il est assez exceptionnel que l’inspection du travail s’adresse directement au président de la compagnie en cas de « karoshi », où décès par excès de travail. Il lui est demandé de contrôler le temps de travail de tous les cadres. La personne qui s’est suicidée, âgée d’une quarantaine d’années, faisait de 100 à 200 heures supplémentaires par mois pour finir à temps les dossiers de demande d’extension de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de Takahama. La compagnie va devoir aussi rapporter les heures effectuées à la maison. Kansaï Electric n’a violé aucune loi, mais doit payer les heures supplémentaires et les limiter.

Si Kansaï Electric n’avait pas terminé la procédure dans les temps, elle aurait dû arrêter définitivement les réacteurs 1 et 2 de cette centrale.

TEPCo et ses autres centrales nucléaires

Que faire de la centrale de Fukushima daï-ni et ses quatre réacteurs qui ont aussi été inondés par le tsunami ? Les autorités régionales ne veulent entendre parler de redémarrage. Le 21 décembre dernier, l’assemblée régionale a adopté, à l’unanimité, une résolution demandant au gouvernement son démantèlement rapide avec comme argument qu’elle est un obstacle à la revitalisation de la région. Depuis 2011, cette même assemblée a déjà demandé à maintes reprises le démantèlement de tous les réacteurs de Fukushima.

Le gouvernement estime que c’est à TEPCo de décider et il n’a pas les moyens légaux d’ordonner l’arrêt définitif. Il craint aussi que s’il répondait favorablement pour Fukushima daï-ni, il serait alors submergé de demandes similaires pour les autres réacteurs du pays. Mais, en tant qu’actionnaire majoritaire de TEPCo, il a les moyens d’influencer les décisions de la compagnie.

TEPCo a fort à faire avec la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi et ne peut pas s’engager actuellement dans le démantèlement de Fukushima daï-ni. Même à Fukushima daï-ichi, le démantèlement des réacteurs 5 et 6 n’a pas débuté et celui du réacteur n°4 a été suspendu après le retrait des combustibles usés de la piscine de décroissance.

Cela histoire peut encore trainer quelques années, jusqu’à ce que les réacteurs de Fukushima daï-ni, mis en service entre avril 1982 et août 1987, aient atteint l’âge limite de 40 ans.

A Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, TEPCo compte toujours sur un redémarrage « rapide » des réacteurs 6 et 7 pour des raisons économiques. Mais, aucun des sept réacteurs n’est autorisé à redémarrer pour le moment. Lors d’une rencontre entre la direction de TEPCo et le gouverneur, Ryuichi Yonéyama, ce dernier a rappelé son opposition à tout redémarrage tant que toute la lumière n’a pas été faite sur les causes de l’accident à la centrale de Fukushima daï-ni et que le plan d’urgence n’a pas été évalué. Il estime que cela prendra plusieurs années.

Il y a aussi le projet de centrale nucléaire à Higashidôri, dans la province d’Aomori, qui est dans les limbes. Mais TEPCo l’a pris en compte dans ses biens et dans ses factures d’électricité. Une partie a servi à rémunérer ses actionnaires. Cela a coûté 2,2 milliards de yens par an aux consommateurs…

Shikoku Electric veut démanteler le réacteur n°1 de sa centrale d’Ikata

La compagnie Shikoku Electric a soumis aux autorités régionales d’Ehimé et à l’Autorité de Régulation Nucléaire son plan de démantèlement du réacteur n°1 de sa centrale d’Ikata. Ce réacteur, mis en service en 1977, est arrêté définitivement depuis mai 2016. Le réacteur n°3 de cette même centrale est l’un des deux seuls réacteurs en activité au Japon.

Le démantèlement devrait durer 40 ans et coûter 40 milliards de yens (328 millions d’euros).

Le gouvernement arrête enfin le surgénérateur Monju

Suite à la décision de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) de ne plus autoriser la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) à exploiter le surgénérateur Monju qui cumule les problèmes depuis sa mise en service, le gouvernement japonais aura mis le temps, mais il vient de décider d’arrêter définitivement ce réacteur particulièrement dangereux.

Le surgénérateur Monju est un échec patent : il n’a fonctionné que 250 jours depuis sa mise en service en 1994. Une fuite de sodium avait entraîné son arrêt en 1995. La culture de sûreté y est défaillante et l’Autorité de régulation nucléaire a demandé au gouvernement de trouver un autre exploitant. Il n’y a eu aucun candidat et les coûts explosent. Mais le gouvernement ne voulait pas perdre la face.

L’arrêt définitif ne signifie malheureusement pas la fin des problèmes car la culture de sûreté est toujours défaillante chez JAEA. Le chantier de démantèlement d’une autre de ses usines est mal parti.

Le gouverneur de Fukui a donc demandé des garanties concernant ce chantier qui a durer des décennies. En attendant, il a refusé de donner son accord au démantèlement. Le gouvernement pense que cela prendra une trentaine d’années et coûtera 375 milliards de yens (3 milliards d’euros).

Comme la gestion des combustibles usés, qualifiés de « matières valorisables » alors qu’elles ne sont pas valorisées, dépend de cette technologie, le gouvernement a aussitôt lancé le projet d’un nouveau surgénérateur, sans feuille de route bien précise. Mais, il tient à sauver sa filière plutonium, avec l’usine de retraitement de Rokkashô qui n’a jamais démarré, car, sans cela, il n’a plus de site pour entreposer les combustibles usés. Alors, un nouveau surgénérateur est présenté comme un atout (trump card en anglais, ce qui veut tout dire…) et la nouvelle feuille de route est annoncée pour 2018.

Alors, comme en France avec le projet ASTRID, c’est donc la fuite en avant et si cela devait aboutir un jour, il aura fallu un siècle de R&D… une filière d’avenir qui le restera ! Les compagnies d’électricité japonaises ont fait savoir qu’elles ne voulaient pas payer. Elles déjà assez de soucis avec leurs propres réacteurs. Pour elles, la filière surgénérateurs relève de la responsabilité du gouvernement.

Le Maïnichi critique le processus de prise de décision de continuer dans cette voie sans que l’on connaisse les arguments et les coûts réels à la charge des contribuables.

Arrêt programmé du réacteur Sendaï 2

Le réacteur n°2 de la centrale de Sendaï dans la province de Kagoshima vient d’être arrêté comme prévu après 13 mois d’exploitation alors que Sendaï 1 vient d’être remis en marche.

Avec Ikata 3, il n’y donc plus que réacteurs nucléaires en fonctionnement au Japon. Il y avait 54 réacteurs avant la catastrophe de Fukushima. 12 ont été détruits ou arrêtés définitivement depuis.

Kyûshû Electric redémarre le réacteur Sendaï 1

Kyûshû Electric a redémarré le réacteur Sendaï 1. Il a déjà fonctionné plus d’un an depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima et depuis le 6 octobre denier, il est en arrêt programmé. Il devrait être à nouveau en production commerciale à partir du 6 janvier 2017.

Le gouverneur de la province de Kagoshima, qui a été élu sur son programme d’opposition à cette centrale, a finalement donné son accord, après avoir renoncé à demander des garanties supplémentaires. A peine élu, il avait demandé, en vain, l’arrêt immédiat des réacteurs. Il n’a aucun pouvoir légal pour s’opposer au redémarrage, ce qu’il savait quand il était candidat, mais un avis négatif a un fort impact politique.

Le 28 novembre dernier, il a présenté un budget supplémentaire de 3 millions de yens (soit 24 500 euros) pour mettre en place un groupe de suivi de la sûreté de la centrale et des plans d’évacuation. Avec une somme aussi faible, c’est une sorte de CLI qu’il veut mettre en place…

Le réacteur n°2 a son arrêt programmé du 16 décembre au 27 février. En attendant, il y a 3 réacteurs en activité au Japon. Outre les deux de Sendaï, il y a aussi Ikata 3.

L’arrêt définitif de Monju ne signifie pas la fin des problèmes

Le surgénérateur Monju cumule les problèmes et les graves lacunes en terme de culture de sûreté de son exploitant, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), qui doit conduire à son arrêt définitif. En effet, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) a demandé au gouvernement de trouver un autre exploitant, mais Il n’y a aucun candidat et les coûts explosent.

Même l’abandon du projet ne signifie pas la fin des problèmes.

Comme le gouvernement ne veut pas perdre la face, il tergiverse. Il devrait annoncer, d’ici la fin du mois, l’arrêt définitif et le début du démantèlement, tout en continuant les recherches sur la sûreté… En particulier, il y a le sodium qui s’enflamme spontanément à l’air et explose dans l’eau. Il y en a 1 670 tonnes dont, 760 tonnes radioactives et les autorités ne savent qu’en faire. Et où mettre les 21 tonnes de combustible MOx qu’il contient ?

L’exploitant, qui n’a pas été capable d’exploiter ce réacteur, sera-t-il capable de le démanteler ? On peut en douter. La NRA vient de tancer la JAEA à propos de l’usine de retraitement de Tôkaï, arrêtée définitivement en 2014 et qui doit être démantelée. Selon l’Asahi, il y a environ 800 fûts de déchets dans une piscine sans surveillance. Il se peut que certains soient rouillés et fuient. Le débit de dose à la surface de la piscine serait de 3 mSv/h.

De 1977 à 1994, les travailleurs auraient soulevé les fûts au dessus de la piscine avec des câbles qui étaient ensuite sectionnés. Les fûts tombaient alors n’importe comment. Des câbles peuvent être emmêlés.

Il y a aussi 400 m3 de déchets liquides de haute activité que la JAEA ne sait pas traiter. Le débit de dose à proximité serait de 1,5 Sv/h (1 500 mSv/h !!!). Impossible d’y envoyer des humains. Une reprise a débuté, mais sans solution pour les fûts produits.

Cette situation perdure depuis des années.

Comme Monju servait d’alibi à la politique du plutonium issu du retraitement des combustibles usés que le gouvernement ne veut pas abandonner, une nouvelle stratégie est en cours d’élaboration, avec, à la clé, un nouveau projet de surgénérateur. L’abandon du retraitement entraînement le refus de la province d’Aomori d’accepter les combustibles usés. Comme en France avec le projet ASTRID, c’est donc la fuite en avant et si cela devait aboutir un jour, il aura fallu un siècle de R&D… une filière d’avenir qui le restera !

shadok

Acier trop carboné : au Japon, tout va bien

Tout a commencé avec l’acier du fond et du couvercle de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville qui ne satisfait pas aux normes à cause de la concentration en carbone, ce qui affecte les propriétés mécaniques des pièces en cas de contrainte externe forte. Ce scandale de l’acier non conforme s’est propagé : en juin 2016, l’Autorité de Sûreté Nucléaire française révélait que des fonds de générateurs de vapeur d’EDF pourraient présenter des anomalies similaires. Ils ont été fabriqués par Creusot Forge, comme pour l’EPR, ou par Japan Casting & Forging Corp..

Cette dernière a aussi fourni des réacteurs japonais, et 13 tranches étaient potentiellement concernés, mais tout irait bien, selon l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA. Les parties trop carbonées des lingots d’acier auraient été retirées avant de fabriquer les pièces destinées au marché intérieur. Il n’y aurait pas de problème non plus avec les pièces fournies par Japan Steel Works Ltd.

Election d’un maire qui soutient le nucléaire à Kashiwazaki

C’est un maire qui soutien le redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, propriété de TEPCo, qui remporté les élections à Kashiwazaki, dans la province de Niigata. Il a expliqué vouloir réduire le nombre de réacteurs, mais acceptera un redémarrage en attendant. Sa commune dépend financièrement de la centrale nucléaire.

Son accord en faveur du redémarrage d’un réacteur qui obtiendrait le feu vert de l’Autorité de Régulation Nucléaire est, cependant, soumis à condition, comme, par exemple, la construction d’une route qui pourrait favoriser l’évacuation en cas d’accident.

La maire de Kariwa, qui n’avait aucun opposant, a aussi été réélu. Il est aussi favorable au redémarrage.

Le gouverneur de Niigata est, quant à lui, très réticent à tout redémarrage tant que la lumière n’a pas été entièrement faite sur l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi, même s’il n’a aucun pouvoir légal pour s’y opposer. De toutes façons, TEPCo n’est pas prête car elle a sous-estimé le risque de liquéfaction des sols en cas de séisme.

Il y a 7 réacteurs dans cette centrale.