Plan de démantèlement du surgénérateur Monju approuvé

L’Autorité de Régulation Nucléaire vient d’approuver le plan de démantèlement du surgénérateur Monju situé dans la province de Fukui. Cela devrait prendre 30 ans et coûter plus de 375 milliards de yens (2,9 milliards d’euros). Encore plus s’il faut renforcer la résistance aux séismes.

Rappelons que ce type de réacteur est refroidi au sodium liquide qui s’enflamme spontanément à l’air et explose au contact de l’eau. Le plan ne détaille pas l’extraction des 760 tonnes de sodium. On ne sait pas non plus ce qu’il sera fait du combustible nucléaire. Il devrait rester longtemps sur le site de la centrale.

Il n’a fonctionné que durant 10 mois depuis sa mise en service en 1994 et il a été arrêté définitivement suite aux graves défaillances en matière de sûreté de son exploitant.

Monju a déjà coûté plus 1 000 milliards de yens (7,6 milliards d’euros) aux contribuables japonais. Cela va donc dépasser les 10 milliards d’euros avec le démantèlement. Tout ça pour rien !

Shikoku Electric arrête définitivement Ikata 2

Shikoku Electric a annoncé l’arrêt définitif du réacteur n°2 de sa centrale d’Ikata. Il y avait été mis en service en 1982, il y a 36 ans. La compagnie estime que le renforcement de sa sûreté pour obtenir une extension exceptionnelle à 60 ans de son exploitation n’est pas justifiée économiquement. Les travaux sont estimés à 200 milliards de yens (1,5 milliard d’euros), alors que la puissance du réacteur est relativement faible, avec 566 MWhe.

Ce réacteur n’était plus en service depuis janvier 2012. Le réacteur n°1 de cette même centrale a été arrêté définitivement à la fin 2016. Le n°3 a été remis en service avant d’être arrêté par la justice en décembre dernier. La compagnie n’a pas d’autre centrale nucléaire.

C’est le 9ième réacteur à être arrêté définitivement depuis la catastrophe de Fukushima, en plus des 6 de Fukushima daï-ichi. A l’inverse, seulement 7 ont été remis en service. Comme il y avait 54 réacteurs nucléaires de production d’électricité au Japon en 2010, il n’en reste plus que 39.

D’autres réacteurs ne démarreront jamais. C’est le cas notamment de Tsuruga 2, situé sur une faille sismique active, ou des 4 réacteurs de Fukushima daï-ni, noyés par le tsunami. Plus d’un tiers du parc nucléaire japonais a donc déjà été stoppé définitivement par la catastrophe nucléaire. Cela pourrait être la moitié.

Redémarrage de Genkaï 3

Kyûshû Electric a remis en service le réacteur n°3 de sa centrale de Genkaï, située dans la province de Saga. Il était arrêté depuis décembre 2010, soit 7 années et 3 mois et la justice vient de rejeter une demande de suspension de sa remise en service. Ce réacteur de 1 180 MWhe utilise du combustible MOx. La compagnie prévoit de redémarrer le réacteur n°4 en mai prochain.

Ces remises en service ont été retardées de deux mois environ suite aux scandales de Kôbé Steel et Mitsubishi Materials, le temps de faire les vérifications nécessaires.

A noter qu’il y a 17 d’îlots habités à moins de 30 km de cette centrale et qu’en cas d’accident grave, il sera difficile de les évacuer car ils ne sont pas reliés par des ponts à l’île de Kyûshû. Une centaine de manifestants ont protesté devant la centrale.

C’est le 7ième réacteur à être remis en service depuis la mise en place du nouveau référentiel de sûreté post-Fukushima. 6 réacteurs fonctionnent actuellement, suite à l’arrêt du réacteur d’Ikata 3 par la justice en décembre dernier. Les 5 autres sont Sendaï 1 et 2 à Kagoshima, ainsi que Takahama 3 et 4 et Ôï 3 à Fukui.

La justice rejette la demande de suspension du redémarrage de la centrale de Genkaï

La cour de Saga a rejeté la demande de 73 plaignants de suspendre le redémarrage des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Genkaï exploités par Kyûshû Electric. Ils estimaient que le risque sismique avait été sous-estimé et qu’une éruption du Mont Aso, situé à 130 km, pouvaient entraîner un accident nucléaire. La cour a estimé, quant à elle, que les règles de sûreté étaient raisonnables. Les plaignants vont faire appel.

En juin 2017, la justice avait déjà rejeté une demande de suspension du redémarrage de ses réacteurs. Mais, en décembre dernier, la cour de Hiroshima avait ordonné l’arrêt du réacteur d’Ikata à cause du risque volcanique, qu’elle considérait sous-estimé. Alors, une nouvelle plainte a été déposée contre Genkaï, dès janvier 2017, en vain.

Une autre action en justice est en cours pour demander l’arrêt de cette centrale. Elle implique 10 000 personnes.

Le réacteur n°3 devrait redémarrer le 23 mars et le n°4 en mai prochain.

Abandon de la construction de la centrale d’Ôma : les plaignants déboutés

Le réacteur d’Ôma, dans la province d’Aomori, était encore en construction en mars 2011. Le chantier, lancé en 2008, a été suspendu suite à la catastrophe nucléaire, mais J-Power, qui développe ce nouveau type de réacteur qui fonctionnera uniquement au MOx, veut achever son projet. Ce sera une première mondiale s’il est mené à bout. Les travaux de construction ont repris en 2012 et la compagnie a déposé une demande d’autorisation de mise en service en décembre 2014. Elle espère un démarrage en 2024.

Ce réacteur n’est pas sans inquiéter les riverains, surtout ceux qui vivent à Hakodaté sur l’île de Hokkaïdô voisine, qui ont porté plainte pour obtenir l’arrêt du projet. Environ 23 km les séparent de la centrale nucléaire, située de l’autre côté du détroit de Tsugaru. La première plainte date de juillet 2010, avant l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi, et actuellement nombre de plaignants s’élève 1 164. Mais la justice vient de les débouter. La juge a considéré que l’on ne pouvait pas évaluer le danger pour le moment car l’instruction par l’Autorité de Régulation Nucléaire n’est pas terminée et qu’il n’y aucune date de mise en service. Il n’est même pas sûr que ce réacteur soit mis en service.

Les plaignants vont faire appel. A noter que la commune de Hakodaté a aussi déposé une plainte en 2014 pour obtenir l’arrêt de ce projet.

Les compagnies d’électricité s’associent pour reprendre la construction de la centrale nucléaire de Higashidôri

Il y a deux centrales de Higashidôri dans la province d’Aomori, qui sont adjacentes : une avec un réacteur à l’arrêt et un autre en projet. L’autre est un projet de TEPCo, avec deux réacteurs. La construction du premier a débuté en janvier 2011 et est suspendue depuis mars 2011. Malgré les problèmes techniques et financiers, ces deux compagnies n’ont pas renoncé à leurs projets.

Comme TEPCo n’a plus les moyens de payer la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, elle veut s’associer à quatre autres compagnies pour relancer le projet, qui sont Tôhoku Electric, Kansaï Electric, Chûbu Electric et Japan Atomic Power Co.. Ce n’est pas pour tout de suite : il faut s’entendre et obtenir l’accord de l’autorité de sûreté nucléaire et des élus locaux.

Si Tôhoku a déposé une demande d’autorisation de redémarrage pour l’unique réacteur de Higashidôri en juin 2014, elle n’a toujours pas obtenu de feu vert de la part de l’Autorité de Régulation Nucléaire. Il s’agit pourtant d’un réacteur très récent, puisqu’il a été mis en service en 2005. Outre des problèmes liés aux câbles électriques, le site est exposé nombreux risques naturels. Il y a, notamment, plusieurs failles sismiques. Bien entendu, l’exploitant a conclu qu’elles n’étaient pas actives. La NRA n’est pas d’accord et a estimé, en décembre 2014, qu’une des failles pourrait être active. Cet avis a été confirmé un an plus tard.

Des chercheurs ont découvert des traces de tsunamis anciens à 10 et 15 m, d’altitude sur une colline située à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire. Tôhoku Electric a estimé que la hauteur maximale serait de 11,7 m et rehausse la digue jusqu’à 16 m.

Cette centrale est aussi exposée au risque volcanique. Enfin, en cas d’accident grave, il faudrait plus de deux jours pour évacuer toute la population avoisinante dans un rayon de 30 km, selon une étude.

Il est donc surprenant que ce site intéresse tant l’industrie nucléaire japonaise. Le gouvernement, actionnaire principal de TEPCo, verrait pourtant ce projet d’un bon œil. Et les autres compagnies espèrent ainsi maintenir des compétences dans la construction de réacteurs nucléaires.

Redémarrage du réacteur n°3 de la centrale d’Ôï

Kansaï Electric a remis en service le réacteur n°3 de sa centrale d’Ôï située dans la province de Fukui. La compagnie avait obtenu l’autorisation en février 2017, mais ce redémarrage a été retardé par le scandale chez Kôbé Steel. C’est le sixième réacteur à être remis en service au Japon depuis la mise en place du nouveau référentiel de sûreté, mais seulement cinq fonctionnent suite à l’arrêt, par la justice d’Ikata 3 en décembre dernier.

Les réacteurs 1 et 2 de cette même centrale ont été arrêtés définitivement et le n°4 devrait redémarrer en mai prochain.

En 2014, la justice avait suspendu la remise en service de cette centrale car elle estimait que les risques sismiques avaient été sous-évalués. Furieux, le PDG de KEPCo, avait alors annoncé vouloir passer outre cette décision. La compagnie a fait appel de cette décision qui s’oppose au redémarrage des réacteurs 3 et 4 de sa centrale d’Ôï. Tant que la procédure suit son cours, le jugement n’est pas suspensif. La procédure judiciaire est encore en cours.

L’Autorité de Régulation Nucléaire avait aussi fait face à des dissensions entre experts à propos de l’estimation du risque sismique pour cette centrale. Elle a finalement décidé de ne rien changer de sa méthode d’évaluation. Ces polémiques ont fait suite aux séismes qui ont secoué les provinces de Kumamoto et d’Ôïta en 2016.

Rappelons que les réacteurs 3 et 4 d’Ôï avaient redémarré durant l’été 2012, avant même le nouveau référentiel de sûreté entré en vigueur le 8 juillet 2013, pour être arrêtés à nouveau en septembre 2013. Cela avait provoqué de fortes manifestations au Japon.

Par ailleurs, de nombreux riverains craignent un accident nucléaire qui affecterait les centrales de Takahama et d’Ôï, séparées de 13,5 km seulement. Mais les autorités ont estimé que les plans d’urgence de chaque centrale étaient suffisants.

Chiffres clés pour le septième anniversaire

A l’approche du septième anniversaire de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima, voici quelques chiffres clé tels qu’ils apparaissent dans les médias et les sites officiels. Cet article sera mis à jour au fur et à mesure de leur apparition. Une version antérieure de cet article a été traduite en anglais par Hervé Courtois.

Les chiffres clés publiés à l’occasion du sixième anniversaire sont ici.

Situation des réacteurs

Les travaux visent essentiellement à sécuriser les réacteurs accidentés qui sont encore menaçants. A proximité, les débits de dose sont tels que le temps de séjour doit être très limité, ce qui complique les travaux.

Réacteur n°4

La cuve était vide le 11 mars 2011 et il n’y a pas eu de fusion du cœur, mais une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Depuis décembre 2014, la piscine de combustible du réacteur a été vidée et les travaux sont arrêtés car il n’est plus menaçant.

Les quelques débits de dose disponibles à l’intérieur du bâtiment réacteur sont ici exprimés en mSv/h, sachant que les limites sont en mSv/an. Ils datent de 2016.

Réacteur n°3

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Tous les débris de la partie haute ont été retirés à l’aide d’engins télécommandés. Un nouveau bâtiment en en cours de finition. La construction du toit, de forme cylindrique, est terminée. Le retrait des combustibles devrait débuter cette année et se terminer en 2019.

Les premières images prises à l’intérieur de l’enceinte de confinement ont conduit à réviser le scénario de fusion du cœur.

Les quelques débits de dose disponibles à l’intérieur du bâtiment réacteur sont ici exprimés en mSv/h, sachant que les limites sont en mSv/an. Ils datent de 2016.

Il y aurait entre 188 et 394 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 364 tonnes pour le réacteur n°3. Ce dernier contient du combustible MOx, à base de plutonium. Pour en savoir plus.

Réacteur n°2

Il y a eu fusion du cœur, mais le bâtiment réacteur est entier. TEPCo n’a pas commencé à retirer les combustibles usés de la piscine. La compagnie a envoyé plusieurs robots dans l’enceinte de confinement afin de localiser le corium, ce mélange de combustible fondu et de débris.

Plusieurs séries d’images ont été mises en ligne par la compagnie. Celles prises en janvier 2017 ont été analysées et remises en ligne en décembre 2017. On y voit un trou béant juste sous la cuve, fort probablement dû au passage du combustible fondu. Celles obtenues en janvier 2018 au fond de l’enceinte montrent ce que TEPCo pense être du corium et des fragments d’assemblage de combustible.

Les débits de dose à l’intérieur de l’enceinte de confinement sont létaux en quelques minutes. Les derniers résultats publiés suite à l’exploration de janvier 2018 sont assez surprenant : pas plus élevés à proximité de ce que TEPCo pense être du corium, mais plus élevés à l’extérieur.

Les quelques débits de dose disponibles à l’intérieur du bâtiment réacteur sont ici exprimés en mSv/h, sachant que les limites sont en mSv/an. Ils datent de 2016.

Il y aurait entre 189 et 390 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 237 tonnes. Pour en savoir plus.

Réacteur n°1

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Ce bâtiment avait été recouvert d’une nouvelle structure en 2011, qui a été entièrement démantelée en novembre 2016. TEPCo a commencé à retirer les débris de la partie haute du réacteur, pour, ensuite, reconstruire une nouvelle structure afin de vider la piscine de combustibles.

Les débits de dose à l’intérieur du bâtiment réacteur sont ici exprimés en mSv/h, sachant que les limites sont en mSv/an. Ils datent de 2016.

Il y aurait entre 232 et 357 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 279 tonnes. Pour en savoir plus.

Réacteurs 5 et 6

Les réacteurs 5 et 6 étaient partiellement déchargés le 11 mars 2011 et un générateur diesel de secours était encore fonctionnel, ce qui a permis d’éviter la fusion du cœur. Ces réacteurs sont maintenant entièrement déchargés et vont être démantelés.

Contamination de la centrale

Les derniers débits de dose sur le site de la centrale publiés par TEPCo datent de février 2017 :

L’eau souterraine reste aussi contaminée. Chiffres à venir.

Eau contaminée

Le combustible qui a fondu et percé les cuves doit toujours être refroidi. A cette fin, TEPCo injecte 72 m3 d’eau par jour dans chacun des réacteurs 1, 2 et 3 à cette fin (source). Cela fait un total de 216 m3/j. Cette eau se contamine fortement au contact du combustible fondu et s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine où elle se mélange à l’eau des nappes phréatiques qui s’y infiltre.

Au début de la catastrophe, les infiltrations s’élevaient à environ 400 m3 par jour, qui se contaminaient et qu’il fallait entreposer dans des cuves. Inversement, l’eau des sous-sols, fortement contaminée, fuyaient vers la nappe puis l’océan.

Pour réduire les infiltrations d’eau souterraine, TEPCo pompe en amont des réacteurs, avant que cette eau soit contaminée et la rejette directement dans l’océan. Elle a aussi construit une barrière tout le long du littoral et pompe les nappes phréatiques au pied des réacteurs. Une partie de cette est partiellement décontaminée et rejetée dans l’océan. Une autre partie, trop contaminée, est mélangée à l’eau pompée dans les sous-sols des réacteurs pour être mise dans des cuves après traitement, en attendant une meilleure solution.

La dernière barrière mise en place est le gel du sol tout autour des 4 réacteurs accidentés, sur 1,4 km dans le but de stopper les infiltrations. Après de nombreux déboires, le gel est terminé depuis novembre 2017, mais l’effet reste limité. Même l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, doute sérieusement de l’efficacité de cette technique qu’elle considère désormais comme secondaire.

La mise en place du mur gelé a coûté 34,5 milliards de yens (265 millions d’euros) aux contribuables auxquels il faut ajouter plus d’un milliard de yens (8 millions d’euros) par an pour l’électricité.

Il y a un an, lors de notre précédent bilan, TEPCO pompait quotidiennement 135 m3 d’eau contaminée dans les sous-sols des bâtiments réacteurs et turbine, en plus de celle qu’elle injectait pour le refroidissement et 62 m3 des nappes phréatiques, ce qui faisait un total de 197 m3 qui s’accumulaient quotidiennement dans des cuves après traitement (source). C’est plus en cas de pluie, voire beaucoup plus lors des typhons.

Maintenant que le gel du sol est terminé, ces flux se sont réduits. Selon le dernier bilan publié par la compagnie, 75 m3 d’eau souterraine s’infiltrent quotidiennement dans les sous-sols des réacteurs auxquels il faut ajouter 15 m3 par d’eau souterraine pompée trop contaminée pour être traitée directement avant rejet en mer. Cela fait donc un total de 90 m3 par jour. Ces valeurs correspondent à une semaine sans pluie. En cas de fortes précipitations, c’est beaucoup plus, même si TEPCo a asphalté et bétonné tous les sols afin de limiter les infiltrations (source).

L’eau pompée dans les sous-sols est traitée puis entreposée dans des cuves sur le site de la centrale. TEPCo retire 62 radioéléments, mais il reste notamment le tritium, de l’hydrogène radioactif, qu’il est difficile de séparer. La compagnie annonce avoir déjà traité 1 891 070 m3 d’eau contaminée, ce qui a généré 9 219 m3 de déchets liquides très radioactifs et 597 m3 de boues radioactives. Une partie de cette est utilisée pour le refroidissement et le reste est stocké dans des cuves. Selon la compagnie, le stock d’eau traitée ou partiellement traitée s’élève à 1 037 148 m3 auxquels il faut ajouter 35 010 m3 d’eau dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine (source). Il y a près d’un millier de cuves pour garder cette eau qui occupent presque tout le site de la centrale.

Que faire de cette eau traitée ? Après avoir envisagé plusieurs pistes peu réalistes, il ne reste que le rejet en mer. La concentration en tritium serait d’un à cinq millions de becquerels par litre, ce qui est plus que la limite autorisée, fixée à 60 000 Bq/L. Mais, il suffit de diluer, comme cela est fait en fonctionnement normal. Le problème est plutôt du côté du stock total, estimé à 3,4 PBq (3,4 milliards de millions de becquerels), ce qui représente de l’ordre de 150 années de rejet à la limite autorisée.

A titre de comparaison, l’autorisation de rejet en mer de l’usine Areva de La Hague est, pour le tritium, de 18,5 PBq et les rejets effectifs de ces dernières années variaient entre 11,6 et 13,4 PBq par an. Le stock de tritium de Fukushima représente donc 3 mois et demi de rejets à La Hague. De quoi rendre jalouses les autorités japonaises !

En revanche, on ne connait pas la concentration des autres radioéléments après filtrage. filtrés. C’est pourtant important pour faire une étude d’impact avant rejet. Toyoshi Fuketa, le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire, a demandé à ce qu’une décision soit prise cette année, en précisant que le rejet en mer est la seule solution. La préparation du rejet devrait prendre deux à trois ans, selon lui, et TEPCo va rapidement manquer de place (source).

Travailleurs

A la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi

Du 11 mars 2011 au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

Il y a aussi 1 203 personnes qui ont une limite plus élevée pour pouvoir continuer à pénétrer sur le site. Leur dose moyenne cumulée depuis le début de l’accident est de 36,49 mSv et la valeur maximale de 102,69 mSv.

• Le 1er avril 2016, TEPCo a remis tous les compteurs à zéro. Ainsi, 174 travailleurs qui avaient dépassé la limite de dose de 100 mSv sur 5 ans peuvent revenir. Depuis cette date, jusqu’au 31 décembre 2017, 18 348 personnes ont travaillé en zone contrôlée, dont 16 456 sous-traitants (90%). Impossible de savoir combien d’entre eux ont déjà été exposés lors des cinq premières années. Durant cette période, les sous-traitants ont pris une dose moyenne cumulée de 4,29 mSv, avec un maximum à 60,36 mSv, alors que les employés de TEPCo ont pris une dose moyenne cumulée de 1,79 mSv avec un maximum à 22,85 mSv. Les sous-traitants ont ainsi pris 95,4% de la dose collective cumulée qui est de 74 hommes.sieverts (source).

TEPCo a mis en ligne de nombreuses autres données sur les doses prises, avec des répartitions par âge, année… Lien direct vers la page en anglais.

TEPCo a réduit les primes de risques versées aux intervenants car les débits de dose ont baissé sur le site. Ce sujet serait l’un des principaux griefs du personnel engagé sur place. Elle pouvait atteindre 20 000 yens (150 €) par jour, même si, pour les sous-traitants, cette prime était ponctionnée à chaque niveau de sous-traitance, pour être réduite, parfois, à moins de la moitié. En mars 2016, TEPCo a divisé le site de la centrale accidentée en 3 zones, rouge, jaune et verte, en fonction du niveau de risque. Mais pour de nombreux intervenants, ce zonage n’a pas de sens : des débris de la zone rouge sont transférés dans la zone verte. Les poussières soulevées par les engins ne respectent pas les délimitations… Ainsi, les sous-traitants font porter des équipements de protection comme des masques dans la zone verte, même si TEPCo ne l’exige pas (source).

Sur les chantiers de décontamination

Dans les zones évacuées, c’est le gouvernement qui est maître d’œuvre des chantiers de décontamination et dans les zones non évacuées, ce sont les communes. Le bilan mensuel du ministère de l’environnement (source, page 16) fait état de :

  • 13 millions de décontamineurs dans les zones évacuées et
  • 17 millions de décontamineurs dans les zones non évacuées selon les données transmises par les communes.

Ces chiffres sont complètement irréalistes. Il s’agit probablement du nombre de contrats signés. Ce qui signifie que les autorités ne connaissent pas le nombre de décontamineurs et qu’elles ne connaissent donc pas les doses individuelles.

Un suivi dosimétrique individuel a été introduit en novembre 2013 pour les décontamineurs (source en japonais) qui travaillent en zone évacuée et qui sont soumis aux mêmes limites de dose que les travailleurs du nucléaire (explications en anglais). Les données pour l’année 2016 font état de 36 000 décontamineurs. On est loin des millions de décontamineurs rapportés par le ministère de l’environnement. La majorité d’entre eux (87%) a reçu une dose inférieure à 1 mSv/an et la dose la plus élevée est comprise en 7,5 et 10 mSv. Il y a aussi des données par nombre de chantiers ou par zone.

Les données les plus récentes en anglais, datées du 8 janvier 2018, concernent la période octobre 2016 – septembre 2017. Les doses sont rapportées par période de 3 mois alors que les limites sont annuelles. Il est donc difficile d’interpréter ces chiffres. S’il apparaît que la très grande majorité des décontamineurs ont reçu moins de 1 mSv sur 3 mois, on ne sait pas combien sont sous cette limite sur un an. La dose moyenne annuelle est, quant à elle, de 0,5 mSv.

Autres personnes exposées

Je n’ai pas trouvé de données officielles quant aux doses prises par les personnes qui ont continué à travailler en zone évacuée ou les nombreux policiers qui gardent les accès aux zones interdites et y patrouillent.

Cartographie de la pollution radioactive

• La dernière cartographie aérienne de la pollution radioactive autour de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi effectuée par les autorités date de novembre 2016 et est disponible en ligne sur le site dédié.

Les environs immédiats de la centrale nucléaire n’ont pas été recontrôlés, semble-t-il.

• Le « soil project » propose une carte basée sur des prélèvements de sols effectués par le réseau de stations de mesure et de laboratoires indépendants. Chikurin, le laboratoire monté au Japon avec le soutien financier et technique de l’ACRO est membre de ce réseau.

Liens vers la carte en anglais et en japonais.

• Cartes du « Projet de mesure de la radioactivité environnementale autour de Fukuichi (Fukushima daiichi) » : Ces cartes ont été traduites en français par l’association Nos Voisins lointains 3.11.

• Safecast : cette organisation utilise un radiamètre « maison » branché sur un smartphone pour mesurer le débit de dose ambiant. La carte regroupant les données est ici.

Décontamination

La décontamination des zones évacuées est sous la responsabilité du gouvernement. Ailleurs, là où l’exposition externe pouvait dépasser 1 mSv/an, ce sont les communes qui doivent s’en occuper. Voir le dernier bilan publié par le ministère de l’environnement.

Dans la zone évacuée, la décontamination est terminée, sauf dans la partie classée en « zone de retour difficile » où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an. La décontamination n’a eu lieu que dans les zones habitées et agricole, pas dans les forêts. Le ministère annonce 22 000 habitations décontaminées, 1 600 ha de routes, rues, voies…, 8 500 ha de terrains agricoles et 5 800 ha de forêt à proximité des zones résidentielles.

Dans les zones non évacuées, 104 communes étaient initialement concernées, à Fukushima, Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saïtama et Chiba et c’est passé à 92 par la simple décroissance radioactive. Les travaux de décontamination sont terminés dans 89 d’entre elles et restent à faire dans 3 autres. Le ministère annonce 418 582 habitations décontaminées à Fukushima et 147 656 dans les autres provinces, 11 958 équipements publics à Fukushima et 11 803 dans les autres provinces. Il est aussi question de 18 403 km de routes, rues, voies à Fukushima et 5 399 dans les autres provinces, 31 043 ha de terrains agricoles à Fukushima et 1 588 ha dans les autres provinces.

Pour les zones dites de retour difficile, le gouvernement va décontaminer un centre à Futaba et Ôkuma afin de pouvoir affirmer qu’il n’a abandonné aucune commune. La fin des travaux est prévue pour 2022. Qui va revenir après 11 années d’évacuation ? Pour Namié, dont une partie est aussi classée en zone de retour difficile, les travaux de décontamination vont débuter en mai 2018 afin de pouvoir lever l’ordre d’évacuer en mars 2023 ! Cela représente 660 hectares, qui couvrent 3,7% de la commune. Ces travaux en zone très contaminée vont engendrer une exposition des décontamineurs aux rayonnements ionisants. Comme il n’y a pas de seuil d’innocuité, le premier principe de la radioprotection impose la justification de ces expositions et cela n’a pas été fait.

Le ministère de l’environnement a budgété 2 600 milliards de yens (20 milliards d’euros) jusqu’en 2016 pour financer les travaux de décontamination. La moitié est pour les zones évacuées, sans prendre en compte la zone dite de retour difficile et l’autre moitié pour les zones non évacuées.

Déchets radioactifs issus de la décontamination

Voir notre reportage de l’été 2016 sur le problème des déchets issus de la décontamination. Les déchets organiques sont incinérés et les cendres doivent être stockés comme des déchets industriels. Les sols, quant à eux, doivent être entreposés pour 30 ans sur un site de 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, le temps de trouver une solution définitive.

• Selon le ministère de l’environnement (source), la décontamination des zones évacuées a engendré 8 400 000 m3 de déchets contenant des sols radioactifs auxquels s’ajoutent environ  7 200 000 m3 dans les zones non évacuées (6 800 000 m3 à Fukushima et 400 000 m3 dans les autres provinces concernées).

• En ce qui concerne le site d’entreposage des sols contaminés de 16 km2 (1 600 hectares) d’une capacité de 22 millions de mètres cubes, le gouvernement n’a réussi à louer ou acheter que 48,4% de la surface, sachant que 21% des terrains appartenaient déjà au gouvernement ou aux communes (source). C’était 18% il y a un an (source).

Ce site n’accueillera que les déchets de Fukushima. Le ministère annonce avoir transféré 404 773 sacs d’un mètre cube environ sur ce site en 2017. On est encore loin des millions de mètres cubes, mais cela a nécessité 67 146 transports en camion. Et il faudra autant de transports pour les reprendre dans 30 ans… Le volume total entreposé pour le moment est de 633 889 m3.

Pour en savoir plus sur ce site d’entreposage.

• Pour les déchets radioactifs des autres provinces, les autorités privilégient l’enfouissement même si elles peinent à trouver des sites (source).

• En attendant, il y a des déchets partout, à perte de vue. Voir les photos de l’ACRO et les vidéos de Greenpeace.

Zones évacuées et personnes déplacées

• Les derniers ordres d’évacuer ont été levés au 1er avril 2017 et il reste surtout les zones dites de retour difficile où l’accès est interdit.

• En janvier 2018, 75 206 personnes étaient encore officiellement déplacées par la triple catastrophe (séisme, tsunami et accident nucléaire), dont 40 349 dans les trois provinces les plus touchées (Fukushima, Miyagi et Iwaté). Et 13 564 d’entre elles vivaient encore dans des logements préfabriqués, peu confortables.

En Octobre 2017, le nombre de personnes déplacées à Fukushima était officiellement de 54 579, dont 34 870 en dehors de la province (source). Ils étaient 164 865 en mai 2012. Il faut noter cependant, que les « auto-évacués », qui ont quitté des zones contaminées de leur propre chef, sans y être obligés par les autorités, ne sont plus pris en compte dans ce décompte, car ils ne bénéficient de plus aucune aide.

• Le taux de retour dans les zones où les ordres d’évacuer ont été levés est inférieur à 20% et plus de la moitié sont des personnes âgées. Plus précisément :

  • Namié : 490 personnes résidentes sur 17 954 habitants, soit 2,7% (source) ;
  • Iitaté : 505 résidents sur 6 509 habitants, soit 7,8% (source) ;
  • Tamura : 3 338 résidents sur 4 497 personnes originaires des zones évacuées (74%) et une population totale de 41 662 personnes (source) ;
  • district d’Odaka à Minami-Sôma : 2 469 résidents sur 12 842 avant la catastrophe, soit 19% (source) ;
  • Kawamata : 278 résidents sur 15 877 personnes enregistrée au 11 mars 2001, soit 1,8% (source) ;
  • Naraha : 2 105 résidents sur 8 011 personnes enregistrée au 11 mars 2001, soit 26% (source) ;
  • Tomioka : 376 résidents sur 15 960 personnes enregistrée au 11 mars 2001, soit 2,3% (source) ;
  • Katsurao : 209 résidents sur 1 567 personnes enregistrées au 11 mars 2011, soit 13% (source).

Par ailleurs, à Hirono, située entre 20 et 30 km de la centrale nucléaire, il y a 4 041 résidents sur 5 490 personnes enregistrées au 11 mars 2011, soit 74% (source). De nombreux travailleurs du nucléaire s’y sont installés.

• Quatre communes vont rouvrir des établissements scolaires combinant écoles élémentaires et collèges au 1er avril prochain, un an après la levée des ordres d’évacuer, mais selon le Maïnichi, seulement 4% des enfants devraient être de retour. Les villes de Namié et Tomioka vont maintenir des établissements en dehors de leur commune, là où les personnes déplacées se sont réfugiées, tandis que les villages d’Iitaté et Katsurao n’auront plus qu’un seul établissement scolaire sur le territoire de la commune car les personnes déplacées sont à moins d’une heure de route.

A Iitaté, il y avait 482 enfants scolarisés avant la catastrophe et seulement 75 devraient être de retour à la rentrée prochaine. Mais 90% d’entre eux n’habiteront pas Iitaté et viendront tous les jours par bus. Pour Katsurao, c’est 18 enfants qui seront de retour alors qu’ils étaient 83 avant la catastrophe. A Tomioka, seulement 16 enfants devraient être scolarisés sur le territoire de la commune alors qu’ils étaient 1 204 avant l’accident. A Namié, c’est 10 en 2018 contre 1 440 avant 2011.

Pour ces quatre communes, l’école est au cente de leur programme de revitalisation et tout sera gratuit, y compris la cantine et les excursions scolaires. Mais cela ne semble pas suffisant.

Selon le Yomiuri, si l’on prend en compte les zones où l’ordre d’évacuer a été levé et les établissements scolaires déjà rouverts, on arrive à un total de 531 enfants qui seront scolarisés dans 9 communes à partir de la rentrée prochaine. C’est à peine 8,6% du nombre d’enfants qui y étaient scolarisés avant la catastrophe nucléaire. Il n’y aura que 156 enfants en maternelle dans ces 9 communes, soit 7,8% de l’effectif précédant l’évacuation. Et c’est 0,5% dans les communes où l’école va rouvrir le 1er avril prochain.

Voici les taux de retour dans les écoles rapportés par le Yomiuri :

Vont rouvrir en 2018
Ont rouvert
Katsurao Yamakiya (Kawamata) Namié Iitaté Tomioka Miyakojimachi (Tamura) Kawauchi Naraha Odaka (Minami-Sôma)
16,1% 15,2% 0,5% 14,1% 1,1% 47,4% 38,6% 14,9% 11,5%

Impact sanitaire

• Décès : Selon la police, le nombre de victimes est de 15 895, dont 15 825 dans les trois provinces les plus touchées par le séisme et le tsunami, à savoir, Iwaté, Miyagi et Fukushima. Concernant ces dernières, 99,6% d’entre elles ont été identifiées. Plus de 50% avaient plus de 65 ans. 90,4% sont mortes noyées et 0,9% brûlées dans un incendie. La cause du décès demeure inconnue pour 703 victimes et il y a 2 539 disparus. Source. Il s’agit là des décès directs auxquels il faut ajouter 3 647 décès indirects liés à la triple catastrophe.

• Cancers de la thyroïde : L’université médicale de Fukushima effectue une campagne de dépistage par échographie des cancers de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima. Les derniers résultats sont ici sur notre site. Cela a permis de découvrir un total de 197 cas de cancer de la thyroïde, dont 160 confirmés après chirurgie et un qui s’est révélé bénin après chirurgie.

Le bilan des trois campagnes de dépistage donne :

Première campagne Deuxième campagne Troisième campagne
Dépistage avec résultat

300 473

270 515

179 038
Examens complémentaires 2 090 1 788 573
Cytoponctions 542 205 31
Nombre de cancers suspectés 116 71 10
Nombre de cancers confirmés 101 52 7

A noter, que selon un fond de soutien, un cas de cancer de la thyroïde a échappé aux statistiques officielles (source). Selon ce même fond qui a effectué un suivi de 84 enfants ayant déclaré un cancer de la thyroïde, 8 d’entre eux ont dû subir une deuxième intervention chirurgicale après une rechute. Ils avaient entre 6 et 15 ans au moment de l’accident. Il réclame des statistiques officielles sur le nombre de rechutes.

Coût de la catastrophe

Les chiffres officiels relatifs au coût de la catastrophe ont été revus à la hausse en décembre 2016 pour atteindre 21 500 milliards de yens (175 milliards d’euros) et n’ont pas changé depuis. Cela inclut le démantèlement des réacteurs de Fukushima daï-ichi, à hauteur de 8 000 milliards de yens (65 milliards d’euros), 7 900 milliards de yens (64 milliards d’euros) pour les indemnisations, près de 4 000 milliards de yens (32,5 milliards d’euros) pour la décontamination et 1 600 milliards de yens (13 milliards d’euros) pour le centre d’entreposage temporaire des déchets radioactifs. Pour en savoir plus.

Cette somme ne comprend pas le coût du stockage des déchets issus du démantèlement de la centrale accidentée ni la création d’un îlot décontaminé dans les zones dites « de retour difficile » dont le seul but est la non disparition des villages concernés.

La facture de la catastrophe nucléaire pourrait être de 50 000 à 70 000 milliards de yens (420 à 580 milliards d’euros), ce qui est 3 fois plus élevé que l’estimation gouvernementale, selon une étude du Japan Center for Economic Research (source).

TEPCo a déjà reçu un total de 8 070,5 milliards de yens (62 milliards d’euros au cours actuel) d’avance pour les indemnisations. Cet argent est prêté sans intérêt (source).

Le gouvernement détient toujours 50,1% des parts de TEPCo.

Parc nucléaire japonais

• Il y avait 54 réacteurs nucléaires de production d’électricité au Japon qui fournissaient environ 30% de l’électricité du pays.

Les réacteurs 1 à 4 de la centrale de Fukushima daï-ichi ont été détruits et les 5 et 6 arrêtés définitivement.

Un nouveau référentiel de sûreté a été introduit en juillet 2013 et aucun réacteur ne satisfaisait aux nouvelles exigences. Il a fallu revoir la sûreté, investir dans dans le renforcement de la tenue aux séismes et faire valider le tout. Depuis, 8 autres réacteurs ont été arrêtés définitivement, car leur remise en service coûte trop cher : Tsuruga 1 (Fukui), Genkaï 1 (Saga), Shimané 1, Ikata 1 (Ehimé), Mihama 1 et 2 (Fukui) et Ôï 1 et 2 (Fukui).

Le parc nucléaire japonais n’est donc plus officiellement constitué que de 40 réacteurs nucléaires. D’autres arrêts définitifs devraient suivre, comme les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni noyés par le tsunami ou à Tsuruga à cause d’une faille sismique.

14 réacteurs nucléaires ont reçu une autorisation de remise en service, mais seulement 5 ont redémarré depuis la mise en place du nouveau référentiel de sûreté. Ikata 3 a été arrêté depuis, sur ordre de la justice, à cause du risque volcanique (source). Quatre réacteurs (Ôï 3 et 4 et Genkaï 3 et 4) ont vu leur redémarrage retardé suite à un scandale chez Kôbé Steel (source). Pour trois autres réacteurs (Mihama 3 et Takahama 1 et 2) qui ont plus de 40 ans, la remise en service n’est pas pour tout de suite car il y a beaucoup de travaux de renforcement de la sûreté prévus.

TEPCo a reçu un feu vert de l’autorité de régulation nucléaire pour Kasiwazaki-Kariwa 6 et 7, mais il lui faut obtenir l’accord des autorités locales et ce n’est pas gagné car le gouverneur de Niigata est contre (source). Se pose le problème, en particulier, de savoir si TEPCo a la culture de sûreté suffisante pour exploiter des réacteurs nucléaires après ce qui s’est passé à la centrale de Fukushima daï-ichi (source).

Il ne reste actuellement que 4 réacteurs nucléaires en activité au Japon : Takahama 3 et 4 exploités par Kansaï Electric à Fukui et Sendaï 1 et 2 exploités par Kyûshû Electric à Kagoshima.

• Le surgénérateur Monju a été arrêtés définitivement. Il n’a fonctionné que 250 jours depuis sa mise en service en 1994. Une fuite de sodium avait entraîné son arrêt en 1995. La culture de sûreté y est défaillante (source).

• Les autorités n’ont pas encore abandonné l’usine de retraitement située à Rokkashô-mura dans la province d’Aomori dont la mise en service cumule déjà 24 années de retard depuis 1997, année de la première date de mise en service prévue (source).

Cette usine est supposée séparer le plutonium pour le recycler dans le parc nucléaire actuellement à l’arrêt, à l’exception de 4 réacteurs. Elle n’est pas utile.

• Le charbon couvre maintenant 30% de la production d’électricité au Japon et cela augmente encore. Si tous les projets aboutissent, cela devrait atteindre 40%… alors que décembre 2017 marquait les 20 ans du protocole de Kyôto. Les engagements du Japon lors de la COP21, bien que modestes, pourraient ne pas être tenus.

Voir Fukushima

Blog montrant des photos d’Iitaté-mura avant et après la catastrophe nucléaire. La commune, classée parmi les 100 plus beaux villages du Japon, a été entièrement évacuées. L’ordre d’évacuation a été levé en 2017 sur un grande partie de son territoire.

• RMC découverte a diffusé un documentaire sur les premiers jours de la catastrophe nucléaire japonaise auquel nous avons participé. Il se base sur la reconstitution que nous avons faite sur ce site internet.

Ce documentaire peut être regardé en replay jusqu’au 14 mars 2018.

En Belgique, il sera diffusé jeudi 8 mars à 22h25 sur La Une et sur La Trois le 12/03 à 23h20 et le 15/03 à 10h55.

Rapports publié à l’occasion du 7ième anniversaire

• Greenpeace a publié un nouveau rapport accompagné de deux vidéos :

SimplyInfo.org Fukushima 7th Anniversary Report

Note de synthèse de l’IRSN, avec un point sur l’état des installations et un autre sur l’évolution du zonage post-accidentel.

L’IRSN affirme que les autorités japonaises ont pris des mesures de prise d’iode lors de la phase d’urgence. Ce n’est pas correct. L’ordre du gouvernement central de distribuer la prophylaxie à l’iode n’est jamais parvenu aux autorités locales et seuls quelques maires ont pris l’initiative de distribuer de l’iode.

Synthèse en anglais effectuée par le ministère des affaires étrangères du Japon

Éclatement d’un sac de plutonium classé au niveau 2 de l’échelle INES

En juin 2017, un sac contenant du plutonium a éclaté lors d’une inspection et a contaminé 5 personnes. Du plutonium avait été retrouvé dans leurs urines.

L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, vient de classer au niveau 2 sur l’échelle internationale INES cet incident. Pour cela, elle se base sur des problèmes de gestion et de protection du plutonium et sur la dose prise par la personne la plus exposée qui est évaluées de 100 à 200 mSv sur 50 ans, ce qui dépasse la limite autorisée.

Pas besoin de prévoir un accident sur plusieurs centrales à Fukui selon les autorités

Les centrales nucléaires de Takahama et d’Ôï ne sont séparées que de 13,5 km sur la mer du Japon dans la province de Fukui. Les autorités régionales et le gouvernement ont estimé ensemble qu’il n’était pas nécessaire de prévoir un plan d’évacuation pour deux accidents nucléaires simultanés dans ces deux centrales. Les plans d’évacuation de chacune d’entre elles seraient suffisants.

Des représentants des provinces voisines et de l’exploitant étaient présents lors de cette réunion.

Il y a 160 000 et 180 000 habitants dans un rayon de 30 km autour de chacune des ces centrales.