Des opposants au redémarrage de la centrale de Genkaï déboutés par la justice

Plus de 200 personnes (202 ou 230 selon les médias) avaient saisi la justice pour demander l’arrêt de la procédure de redémarrage des réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Genkaï située dans la province de Saga sur l’île de Kyûshû et elles viennent d’être déboutées. Elles vont faire appel.

Ces deux réacteurs ont déjà été jugés aptes au service par l’Autorité de Régulation Nucléaire et le maire et le gouverneur ont déjà donné leur accord, mais leur redémarrage n’est pas pour tout de suite car il reste des inspections à effectuer.

A noter que Kiyoshi Kurokawa, qui a présidé la commission d’enquête parlementaire sur l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi, a critiqué le redémarrage très partiel pour le moment du parc nucléaire japonais. Selon l’Asahi, Il estime que les plans d’urgence ne sont pas adaptés en cas de catastrophe complexe comme il y a eu en mars 2011, avec séisme, tsunami et rejets radioactifs.

Contamination au plutonium du personnel d’un centre de recherche nucléaire : plus rien dans les poumons !

L’éclatement d’un sac en plastique contenant de la poudre de combustible nucléaire a entraîné la contamination de 5 personnes dans un centre de recherche nucléaire au Japon. La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) avait annoncé une contamination des poumons pouvant atteindre 22 000 Bq pour le seul plutonium-239 (voir notre article à ce sujet), ce qui entraîne une dose très élevée étant donnée la forte toxicité du plutonium.

Ces cinq personnes ont été envoyées au National Institute of Radiological Sciences (NIRS), un centre spécialisé dans la province de Chiba, où elles ont subi une nouvelle décontamination et des contrôles. Elles y sont encore en surveillance.

Selon l’Asahi, la JAEA prétend maintenant qu’aucune contamination au plutonium des poumons n’a été détectée chez ces cinq personnes ! Elle se base, pour cela, sur des contrôles effectués au NIRS. Les premières valeurs très élevées seraient dues à une contamination de la peau mesurée après une décontamination partielle. Et c’est par erreur que cette contamination a été localisée dans les poumons.

En revanche, le NIRS mentionne une contamination à l’américium-241 qui est plus facile à détecter, sans donner de valeur. S’il y a de l’américium, il doit y avoir du plutonium, mais à des niveaux moindres que ceux annoncés initialement.

A leur arrivée au NIRS, des employés avaient encore une contamination de la peau et ont dû être à nouveau décontaminés. Le NIRS mentionne des valeurs de 0,05 à 0,1 Bq/cm2.

Ces nouveaux résultats ne permettent pas d’exclure une contamination interne, mais indique qu’elle doit être beaucoup plus faible que ce qui a été initialement annoncé.

Rappelons que la JAEA avait été jugée non apte à exploiter le surgénérateur Monju à cause d’une culture de sûreté défaillante. Les évènements qui ont conduit à l’exposition de ses 5 employés (décrits dans un autre article) viennent confirmer ce diagnostique. On sait, de plus, que la JAEA n’est pas prête à faire face à un incident et à évaluer la contamination interne de son personnel.

Retour sur la contamination au plutonium du personnel d’un centre de recherche nucléaire

L’accident est arrivé lors d’une inspection, quand le personnel a ouvert un petit conteneur d’une quinzaine de centimètre de diamètre et scellé avec 6 boulons pour contrôler l’état du double sac en plastique qui contenait environ 300 g de poudre d’oxydes de plutonium et d’uranium. Le sac aurait gonflé à l’ouverture et éclaté. Voir le schéma du conteneur fourni par la JAEA.

Ce conteneur était placé dans une hotte avec un écran de verre mobile. Voir le schéma du Maïnichi :

Il y a aussi une photo fournie par la JAEA.

Lors de la manipulation, cet écran a été levé. Or, il y a 36 boîtes à gants entièrement fermées sur place qui auraient pu protéger les employés si elles avaient été utilisées pour contrôler l’intérieur du conteneur.

La poudre s’est infiltrée entre le masque qui ne couvrait que le nez et la bouche et le visage. Ce type de masque n’est donc pas assez protecteur.

Le personnel a suivi les instructions en utilisant la hotte et ce type de masque, ce qui traduit, une fois de plus, de grave lacunes dans la culture de sûreté de la Japan Atomic Energy Agency (JAEA).

Ce récipient de combustible nucléaire n’avait pas été inspecté depuis 1991… Quand l’Autorité de Régulation Nucléaire l’a découvert, elle a demandé une action corrective. En février dernier, la JAEA a commencé l’inspection de 80 conteneurs de combustible nucléaire. Elle en était à son 31ième quand l’accident a eu lieu. Mais seulement 21 contenaient de la poudre d’oxydes de plutonium et d’uranium et c’était le premier à être inspecté…

La personne qui a ouvert le conteneur est la plus contaminée. Cet homme, âgé d’un cinquantaine d’année, aurait environ 22 000 Bq de plutonium-239 dans les poumons, comme nous l’avons déjà signalé. La JAEA estime sa contamination interne totale, en prenant en compte les autres organes affectés, à 360 000 Bq pour le seul plutonium-239.

Trois autres personnes présentes auraient une contamination interne au plutonium-239 allant de 5 600 à 14 000 Bq. La cinquième personne a fort probablement aussi été contaminée.

Les 5 employés seraient restés durant plus de 3 h dans la pièce contaminée au plutonium, le temps de mettre en place des mesures de protection pour empêcher une fuite radioactive. Un espace confiné a été mis en place devant la porte de la pièce où a eu lieu l’incident (voir la photo fournie par la JAEA). L’attente dans la pièce contaminée a contribué à leur contamination interne élevée.

Voir les photos mises en ligne sur le site Internet du laboratoire.

Contamination de 5 personnes dans un centre de recherche nucléaire au Japon

Le 6 juin 2017, cinq personnes, qui inspectaient des petits fûts de combustible au centre de recherche et développement O-araï de la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) dans la province d’Ibaraki, ont été contaminées. Un sac plastic contenant de la poudre d’oxyde de plutonium et d’uranium pour surgénérateur s’est déchiré et le contenu s’est dispersé. Il n’y aurait pas eu de fuite vers l’extérieur.

Les cinq personnes, qui portaient des vêtements de protection et un masque qui ne couvrait que la moitié du visage, ont été contaminées. Il a d’abord été annoncé que trois d’entre elles ont eu les narines contaminées, avec une contamination maximale de 24 Bq pour le rayonnement alpha (lire le communiqué en japonais de la JAEA). C’était 3 et 13 Bq pour deux autres personnes.

Puis, le lendemain, il a été annoncé la détection de 22 000 Bq de plutonium-239 et 220 Bq d’américium-241 dans les poumons d’un des employés (lire le communiqué en japonais de la JAEA). C’est une forte contamination interne, étant donnée la forte radiotoxicité de cet élément. Pour les deux autres, la contamination de poumons en américium-241 est de 12 et 130 Bq. Leur contamination en plutonium-239 serait respectivement inférieure à 6 000 et 14 000 Bq. Voir le tableau de résultats en japonais.

Il est quasiment impossible de décontaminer ce travailleur. Selon le Maïnichi, la dose engendrée pour la personne la plus contaminée, âgée d’une cinquantaine d’années, devrait être de 1 200 mSv sur un an et 12 000 mSv sur 50 ans. A titre de comparaison, il ne faut pas dépasser 100 mSv sur 5 ans et 50 mSv sur un an pour les travailleurs du nucléaire au Japon. La JAEA espère réduire cette dose grâce à des médicaments (Ca-DTPA) qui devraient réduire la contamination. Leurs selles et urines seront contrôlées.

C’est aussi la Japan Atomic Energy Agency qui a dû arrêter définitivement le surgénérateur Monju pour manquements graves à la sûreté. Le gouverneur de la province de Fukui vient d’ailleurs de donner son accord pour le démantèlement, en échange de la garantie que le combustible et le sodium quitteront la province et du développement d’un centre de recherche et formation nucléaire.

Redémarrage du réacteur n°3 de Takahama

Comme prévu, Kansaï Electric a redémarré le réacteur n°3 de sa centrale de Takahama située dans la province de Fukui, sur la côte de la Mer du Japon. Cela fait suite au redémarrage du réacteur n°3 le mois dernier. La remise en service de ces deux réacteurs avait été gelé par la justice.

Les barres de contrôle ont été retirées à partir de 14h et la réaction en chaîne devrait débuter à partir de 2h30 le lendemain. La production d’électricité devrait débuter le 8 juin.

Ce redémarrage est important pour KEPCo car le nucléaire représentait environ la moitié de ses capacités de production avant 2011.

Ces deux réacteurs utilisent du combustible MOx fourni par Areva avec du plutonium issu du retraitement des combustibles usés. Le réacteur n°3 a 24 assemblages MOx sur 157 et le n°4, 4.

Selon Greenpeace, un chargement de MOx, avec au moins 16 assemblages, devrait quitter le port de Cherbourg pour Takahama le 7 juillet prochain. L’organisation estime à 496-736 kg la quantité du plutonium du chargement.

Il y a donc actuellement 5 réacteurs en fonctionnement au Japon. Les trois autres sont les réacteurs n°1 et 2 de Sendaï dans la province de Kagoshima et le n°3 de la centrale d’Ikata dans la province d’Ehimé. Sur les 54 réacteurs en service avant la catastrophe de Fukushima, 12 ont été arrêtés définitivement ou détruits. Il en reste donc officiellement 42.

Le maire de Kashiwazaki veut l’arrêt définitif d’au moins un réacteur nucléaire de sa commune

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la province de Niigata, était, avec ses 7 réacteurs, la plus puissante du monde. Tous sont arrêtés, certains depuis le fort séisme de 2007, les autres depuis celui de mars 2011. TEPCo, l’exploitant, espère un redémarrage progressif d’au moins quatre des sept réacteurs entre 2019 et 2021 pour rétablir sa situation financière. Une demande d’autorisation de redémarrage des réacteurs n°6 et 7 a été déposée en septembre 2013.

Mais la compagnie avait sous-estimé le risque de liquéfaction des sols en cas de séisme et la résistance aux séismes d’un bâtiment clé pour la sûreté. Ce dernier problème était connu depuis trois ans, sans que l’Autorité de Régulation Nucléaire n’en soit informée. Le réacteur n°1 est situé sur une faille qui pourrait être considérée comme active, ce qui entraînerait son arrêt définitif.

Selon le Maïnichi, le maire de Kashiwazaki veut demander l’arrêt définitif d’au moins un des réacteurs avant de donner son accord au redémarrage de deux autres. Lors d’une conférence de presse, il a exclu le redémarrage des 7 réacteurs à cause de l’inquiétude des riverains. Outre les problèmes déjà mentionnés, il y a aussi les missiles lancés par la Corée du Nord. Il est important, selon lui, de réduire la puissance de cette centrale. Il laisse le choix de l’unité à TEPCo et espère que les travaux de démantèlement vont aider à revitaliser l’économie locale.

Rappelons que le gouverneur de la province est actuellement opposé au redémarrage et demande plus de garanties en termes de sûreté. Des scientifiques viennent de saisir l’Autorité de Régulation Nucléaire pour lui demander de réévaluer les failles qui passent sous la centrale car certaines pourraient être actives. Une faille est considérée comme active si elle a bougé il y a moins de 120 000 à 130 000 selon les critères de sûreté. Or, des cendres volcaniques semblent indiquer que c’est bien le cas, malgré les dénégations de TEPCo.

En attendant, la compagnie vient de lancer une campagne de porte à porte auprès d’environ 41 000 foyers pour s’excuser de ne pas avoir diffusé l’information relative à la sous-estimation de la résistance aux séismes de son centre de crise.

Des nouvelles du parc nucléaire japonais

Takahama

Après avoir obtenu le feu vert de la justice après un longue bataille judiciaire, Kansaï Electric s’apprête à redémarrer les réacteurs 3 et 4 de sa centrale de Takahama. Le réacteur n°4 est rechargé depuis le 1er mai avec du combustible MOx et devrait redémarrer le 17 mai prochain. Le n°3 suivra en juin. Ce devrait être les 4ième et 5ième réacteurs en activité au Japon.

Selon, le Maïnichi, environ 200 opposants ont manifesté devant la centrale les 7 et 8 mai dernier. Une autre manifestation est prévue le 12 mai.

Ôma

La ville de Hakodaté, sur l’île de Hokkaïdô, se bat contre la construction du réacteur nucléaire d’Ôma, situé dans la province d’Aomori et a porté l’affaire en justice en 2014. Les Japonais peuvent donner une partie de leur taxe d’habitation à la commune de leur choix et, le 1er avril dernier, Hakodaté a appelé aux dons via ce système en laissant le choix sur l’affectation des fonds. Selon l’Asahi, les dons affluent depuis : 10,15 millions de yens en à peine plus d’un mois dont 6,3 millions de yens (51 000 euros) affectés à la lutte contre la centrale d’Ôma. Une partie de la commune est à 23 km de ce réacteur qui doit fonctionner entièrement au combustible MOx.

Joyo

En ce qui concerne Joyo, le petit surgénérateur expérimental situé à Tôkai-mura dans la province d’Ibaraki, le propriétaire, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), n’a pas réussi à convaincre l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) qui s’est fâchée et a suspendu l’instruction des dossiers de demande de redémarrage le 25 avril dernier. Selon l’Asahi, le président de la NRA a même dit que la remise en service est inacceptable. L’exploitant, déjà mis en cause pour son absence de culture de sûreté à Monju qui a finalement été abandonné, voulait redémarrer Joyo avec une puissance thermique réduite à 100 MW au lieu de 140 MW pour gagner du temps en évitant de consulter les autorités locales. Le plan d’évacuation est limité à 5 km avec une puissance réduite et c’est 30 km avec la pleine puissance.

Le président de la NRA n’a pas mâché ses mots : « Est-ce que la JAEA a pris en compte l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi ? ». Et d’expliquer, que la demande de la JAEA revenait à demander « un permis pour une moto de 50 cc pour une 75 cc à la condition de ne pas dépasser 30 km/h ».

Tôkaï

Toujours à Tôkaï-mura, dans la province d’Ibaraki, la compagnie Japan Atomic Power Co. veut, selon l’Asahi, redémarrer son réacteur n°2 et demander une autorisation exceptionnelle de l’exploiter au-delà de 40 ans. Il a été mis en service en novembre 1978. La compagnie doit finir les contrôles supplémentaires relatifs aux vieillissement des matériaux des composants clés, avant novembre 2017. Le réacteur n°1, quant à lui, doit être démantelé.

La Japan Atomic Power Co a deux autres réacteurs à Tsuruga, dans la province de Fukui. Le n°1 a été arrêté définitivement. Le n°2 est en sursis car il est situé sur une faille considérée comme active par la NRA. Elle joue donc sa survie avec celui de Tôkaï-mura. Mais ce n’est pas gagné. Les câbles électriques ont un isolant inflammable, ce qui n’est plus permis. Et il y a près d’un million d’habitants dans un rayon de 30 km.

Feu vert de l’autorité de régulation nucléaire au démantèlement de 5 réacteurs nucléaires

En mars 2015, il a été décidé d’arrêter définitivement cinq réacteurs nucléaires suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. Il s’agit de Mihama 1 et 2 à Fukui et Tsuruga 1 à Fukui, Shimané 1 et Genkaï 1 dans la province de Saga. L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, vient d’approuver leur plan de démantèlement qui devrait durer une trentaine d’année. Les exploitants n’ont, pour le moment, aucune solution à proposer pour les déchets.

En mars dernier, la NRA avait, selon le Japan Times, repoussé son avis concernant ce démantèlement à cause des déchets engendrés. Les plans de gestion étaient conforment à la législation, mais l’Agence demandait des garanties supplémentaires afin de garantir la sûreté.

L’estimation des exploitants aboutit à un total de 26 820 tonnes de déchets radioactifs, sachant qu’il y a des seuils de libération au Japon en dessous desquels les déchets ne sont pas considérés comme radioactifs. Ces derniers représentent un total de 40 300 tonnes. Kansaï Electric s’est engagée à trouver une solution pour les déchets avant la fin du démantèlement… La province de Fukui, où sont situés les réacteurs de cette compagnie, ne veut pas de ces déchets.

A Tôkaï-mura, dans la province d’Ibaraki, où plusieurs installations étaient en démantèlement bien avant la catastrophe de Fukushima, les travaux prennent du retard faute de solution pour les déchets. Même les les déchets classés comme non-radioactifs n’ont pas de site de stockage. Il devrait en être de même pour les autres installations nucléaires.

Le coût total du démantèlement de ces 5 réacteurs est estimé à 178,9 milliards de yens (1,5 milliard d’euros).

La NRA est en train d’examiner le plan de démantèlement d’Ikata 1 (Ehimé) qui a été arrêté définitivement en mars 2016.

La Japan Atomic Energy Agency, quant à elle, a estimé que le démantèlement de son usine de retraitement de Tôkaï-mura dans la province d’Ibaraki lui coûterait 800 milliards de yens (6,6 milliards d’euros). Elle doit encore soumettre son plan à la NRA. L’Agence prévoit d’enfouir les déchets à différentes profondeurs en fonction de leur niveau de contamination, mais elle ne sait pas où. Le coût de ce stockage, inclus dans la somme totale, est estimé à 330 milliards de yens (2,7 milliards d’euros).

Le devenir des combustibles usés de ses réacteurs et tout aussi opaque et les exploitants japonais n’ont aucune solution à proposer. Cela pourrait ralentir sérieusement les travaux de démantèlement.

Pour le réacteur de recherche Fugen, la Japan Atomic Energy Agency envisage d’envoyer les 70 tonnes de MOx à l’étranger pour retraitement, mais l’on ne sait pas ce qui sera fait des matières extraites. Il s’agit surtout de gagner du temps, avec un vague espoir que tout reste à l’étranger… En France, les matières dites valorisables, non classées en déchets, ne doivent pas obligatoirement être renvoyées, même si elles ne sont pas valorisées. Le démantèlement de Fugen doit être fini en 2033 selon le calendrier de l’exploitant.

Pour Monju, la Japan Atomic Energy Agency doit encore proposer son plan de démantèlement. Elle n’a pas non plus de solution pour les 22 tonnes de MOx.

En ce qui concerne les réacteurs de production d’électricité, cela n’est pas mieux. Kansaï Electric a promis de retirer les 279 tonnes de combustibles usés des réacteurs 1 et 2 de sa centrale de Mihama avant 2035 et de les mettre en dehors de la province de Fukui, mais elle n’est aucun lieu d’entreposage. Kyûshû Electric doit retirer les 97,2 tonnes de son réacteur n°1 de Genkaï avant 2029, sans plus de solution non plus.

D’autres exploitants, comme la Japan Atomic Power et son réacteur Tsuruga 1 ou Chûgoku Electric pour Shimané 1 comptent encore sur l’usine de retraitement de Rokkashô-mura, mais l’usine n’a jamais démarré après plus de 20 reports. Même si l’usine démarrait, les perspectives de recyclage du plutonium sont quasi-nulles.

Ailleurs, le combustible usé attendra dans la piscine commune de la centrale le temps qu’il faudra. C’est le cas, par exemple de Fukushima daï-ichi où il y en a 2 130 tonnes.

Le gouverneur de Saga approuve le redémarrage de Genkaï 3 et 4

En novembre dernier, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) avait jugé que les réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Genkaï, exploitée par Kyûshû Electric dans la province de Saga, satisfaisaient aux nouvelles règles de sûreté introduites après la catastrophe à la centrale de Fukushima daï-ichi. L’avis avait alors été soumis à la consultation du public sur Internet pendant un mois et la NRA avait confirmé sa décision.

Sans surprise, le gouverneur de la province de Saga vient de donner son accord. Le maire de Genkaï avait déjà donné son accord le mois dernier, ainsi que l’assemblée régionale. Quatre communes sur les 8 situées à moins de 30 km de la centrale s’y sont opposé, mais elles n’ont pas voix au chapitre. Il s’agit d’Imari, Iki, Matsuura et Hirado.

La NRA doit encore effectuer des inspections après que l’exploitant ait terminé des travaux de renforcement de la résistance aux agressions externes. Il n’y aura donc pas de redémarrage avant l’automne.

Le réacteur n°3 a commencé à utiliser du combustible MOx à base de plutonium recyclé à partir de 2009. Le réacteur n°1 a été arrêté définitivement.

Il n’y a toujours que 3 réacteurs nucléaires en exploitation au Japon.

Par ailleurs, la NRA a approuvé le dossier de sûreté de l’usine d’enrichissement de l’uranium de Rokkashô mura dans la province d’Aomori.

TEPCo veut redémarrer 4 de ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa entre 2019 et 2021

TEPCo prévoit de redémarrer au moins 4 des 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, entre 2019 et 2021. La compagnie compte sur ces réacteurs pour rétablir sa situation financière, mais ce n’est pas gagné. A l’origine, elle comptait sur un premier redémarrage en 2014… Cette fois-ci, elle espère commencer par les réacteurs 7 et 6 en avril et mai 2019, puis par les réacteurs 1 et 5 en avril et mai 2021. Il n’y a pas de calendrier pour les 3 autres réacteurs.

Mais les problèmes demeurent pour cette centrale : TEPCo avait sous-estimé le risque de liquéfaction des sols en cas de séisme et la résistance aux séismes d’un bâtiment clé pour la sûreté. Ce dernier problème était connu depuis trois ans, sans que l’Autorité de Régulation Nucléaire n’en soit informée. Cette dernière l’avait donc rappelée à l’ordre sur ces sujets, considérant ces manquements comme inacceptables.

Le réacteur n°1 est situé sur une faille qui pourrait être considérée comme active, ce qui entraînerait son arrêt définitif.

Enfin, l’actuel gouverneur, comme son prédécesseur, est opposé à tout redémarrage et son mandat se termine en octobre 2020. Le 19 avril dernier, il a souligné, lors d’une conférence de presse qui a suivi une rencontre avec le président de TEPCo, qu’il faudrait plus de temps que prévu au comité qu’il compte mettre bientôt en place pour confirmer la sûreté de ces réacteurs.