La justice rejette la demande d’arrêt du réacteur n°3 d’Ikata

La cour de Matsuyama a rejeté une injonction demandant l’arrêt du redémarrage du réacteur n°3 de la centrale d’Ikata dans la province d’Ehimé sur l’île de Shikoku. Ce n’est pas la première plainte contre ce redémarrage qui est rejetée. Un tribunal de Hiroshima avait fait de même en mars dernier.

Le réacteur a été redémarré en août 2016.

Les onze plaignants estimaient que le risque sismique était sous-évalué et qu’en cas d’accident, les plans d’urgence ne permettraient pas d’évacuer la population. C’est en particulier le cas pour les résidents de la péninsule de Sadamisaki qui est barrée par la centrale. Les plaignants envisagent de faire appel.

Éclatement d’un sac avec du plutonium : le centre de recherche connaissait le problème depuis plus de 20 ans

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) continue d’analyser les causes de l’éclatement d’un sac plastique contenant de la poudre de combustible MOx au moment de l’ouverture du fût scellé. Cet incident avait entraîné la contamination de cinq personnes qui sont toujours suivies. Une réévaluation récente de cette contamination interne conduirait à une dose comprise entre 100 et 200 mSv pour la personne la plus exposée, selon l’agence de presse jiji. Le centre qui les a pris en charge espère pouvoir réduire la dose grâce à un traitement.

La JAEA a reconnu l’erreur de manipulation et la sous-estimation des risques. C’est bien le moins… Le personnel aurait dû utiliser une boîte à gants fermée plutôt qu’une simple paillasse pour ouvrir le petit fût de combustible. Cela aurait évité sa contamination avec des radioéléments particulièrement toxiques comme le plutonium. Par ailleurs, comme le rapporte le Maïnichi, il a fallu trois heures pour installer une tente de décontamination après l’incident car aucun matériel n’était disponible sur place et qu’il n’y avait jamais eu d’exercice de ce type. De plus, la douche qui aurait dû être utilisée pour la décontamination était cassée.

La JAEA avait d’abord annoncé n’avoir pas contrôlé ce récipient avec du combustible nucléaire depuis 1991… Selon l’Asahi, les dernières investigations dans les archives ont montré que des inspections ont eu lieu en 1996 et qu’elles avaient mis en évidence le problème à l’origine de l’éclatement. A l’époque, 63 fûts avaient été contrôlés, y compris celui qui a éclaté à l’ouverture le 6 juin dernier. Rappelons que le combustible est dans un récipient en plastique, mis dans deux sacs plastiques et scellé dans un fût en acier inoxydable. Il était alors apparu que pour 23 d’entre eux, le sac plastique contenant la poudre de MOx était anormalement gonflé ou abimé et que le conteneur en plastique était aussi endommagé. Mais la JAEA a continué à entreposer le combustible de la même manière pendant plus de 20 ans sans mener d’inspection.

Le MOx contient du plutonium qui est particulièrement toxique. La JAEA, avait la prétention de contrôler toute la chaîne de ce combustible, de l’extraction du plutonium des combustibles usés à leur utilisation dans un surgénérateur. Comme pour Monju, qui a dû être fermé définitivement à cause de graves manquements à la sûreté, il est temps d’arrêter ce programme avant l’accident grave. La gestion des combustibles doit être confiée à un autre organisme.

L’équation économique impossible à résoudre du PDG de TEPCo

L’interview récente du PDG de TEPCo a retenu l’attention pour ses propos sur le rejet en mer de l’eau contaminée. Pourtant, le reste mérite que l’on s’y arrête aussi.

D’après la dépêche de l’AP, il a expliqué que TEPCo doit renouer avec les profits pour payer les conséquences de la catastrophe, ce qui est une évidence. Mais, pour cela, il espère redémarrer rapidement la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Il n’exclut même pas redémarrer celle de Fukushima daï-ni qui a été fortement secouée par le séisme de mars 2011 et noyée par le tsunami. Cela devient peu sérieux, tant les réacteurs doivent être endommagés. De toutes façons, les autorités régionales de Fukushima y sont opposées.

Même pour Kashiwazaki-Kariwa, ce n’est pas si simple, car la compagnie doit encore améliorer sa culture de sûreté. Récemment, selon le Maïnichi, le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire a déclaré que TEPCo, à l’origine d’une catastrophe nucléaire, n’était pas une compagnie comme les autres. Et d’ajouter qu’il avait un sentiment de danger à cause du manque d’initiative de TEPCo sur le site de sa centrale accidentée. Et un exploitant qui manque de volonté ne peut pas être autorisé à redémarrer ses réacteurs nucléaires.

Ainsi, sans argent, pas de démantèlement, pas de redémarrage et donc pas d’argent… Dans un rapport récent, Greenpeace a aussi dénoncé le modèle économique de TEPCo qui n’est pas crédible. Mais il n’y a pas que cela : il demeure un manque de culture de sûreté chez TEPCo. Rappelons que la compagnie s’était trompée dans la résistance sismique d’un bâtiment clé pour la sûreté à sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa.

Ce 16 juillet 2017 marque le dixième anniversaire du séisme de Niigata qui avait entraîné 15 décès et 2 300 blessés. 7 000 habitations avaient été endommagées et la centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait aussi arrêtée. Comme nous l’avions expliqué à l’époque, le séisme était plus fort que ce qui avait envisagé par TEPCo et la centrale n’avait résisté que grâce aux marges de sûreté. La gestion des conséquences du séisme avait été déplorable et la compagnie n’a pas su en tirer les leçons. Puis la catastrophe nucléaire a eu lieu à Fukushima. Les leçons ont-elles été tirées maintenant ?

Départ du combustible MOx vers le Japon dans un contexte d’échec de la politique dite de recyclage

Alors que 8 tonnes de combustible MOx quittent le port de Cherbourg à destination de la centrale de Takahama au Japon, qui vient juste d’être remise en service après une longue bataille judiciaire, cette politique d’extraction et de réutilisation du plutonium au Japon ne semble avoir aucun avenir. Le transfert vers le port s’est fait sous un dispositif de sécurité impressionnant : routes fermées, des centaines de gendarmes et CRS, hélicoptère dans les airs… (Voir les photos sur notre fil twitter). La route vers le Japon est secrète, mais il n’y a pas beaucoup de choix possibles. Le voyage devrait durer 2 à 3 mois.

A noter que, selon la télévision publique japonaise, la NHK, les mesures de sécurité renforcées sont dues à la présence d’une poignée de militants anti-nucléaire…

Jusqu’à maintenant, seulement quatre réacteurs ont utilisé du MOx au Japon, dont le n°3 de Fukushima daï-ichi et il était prévu de monter à 16 ou 18 réacteurs. Mais il n’y a que 5 réacteurs en activité actuellement. Comme nous l’avons déjà signalé, le gouvernement japonais aurait distribué plus de 16,2 milliards de yens (127 millions d’euros) en soutien aux pouvoirs locaux pour qu’ils acceptent l’utilisation du combustible MOx.

L’usine d’extraction du plutonium de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, initialement prévue pour 1997 afin de prendre le relais des contrats étrangers, n’a jamais démarré. Sa date de mise en service a déjà été reportée 22 fois et son coût de construction devrait atteindre 2 900 milliards de yens (22,5 milliards d’euros), soit quatre fois plus que l’estimation initiale, selon Japan Nuclear Fuel Ltd (JNFL) citée par l’Asahi. La dernière augmentation de 750 milliards de yens (presque 6 milliards d’euros) serait due au renforcement de la résistance aux séismes. Si l’on inclut l’exploitation de l’usine pendant 40 ans et son démantèlement, la facture devrait s’élever à 13 900 milliards de yens (108 milliards d’euros).

Tout ça pourquoi ? En France, le MOx entraîne un taux de recyclage des combustibles qui sortent des réacteurs nucléaires inférieur à 1% (lire notre bilan). C’est quasiment 0% au Japon…

En attendant, le stock de combustibles usés s’accumule sans solution en vue au Japon, dans les piscines des centrales nucléaires, ainsi qu’à proximité de l’usine dite de retraitement. Il y a deux volcans dans les environs de Rokkashô, le Towada et le Hokkada. Une coulée pyroclastique a atteint Rokkashô dans le passé. En cas de nouvelle menace volcanique, JNFL n’a rien trouvé de mieux, que de proposer de déplacer les 3 000 tonnes de combustibles usés et autres matières et déchets nucléaires, mais personne ne sait où.

Les électriciens japonais rêvent toujours de nucléaire

Le mois de juin est marqué par les assemblées générales des actionnaires des grandes compagnies d’électricité au Japon. Comme tous les ans, des actionnaires ont déposé, en vain, des résolutions pour demander de se passer du nucléaire. Lors de l’assemblée de Kansaï Electric, le maire de Kyôto a pris la parole pour demander un tel changement de politique énergétique. Un autre actionnaire a souligné le risque lié à la chute d’un missile balistique Nord-coréen, mais les dirigeants ne veulent rien entendre. Ce sont les profits à court terme qui sont mis en avant.

Pour le moment, il n’y a toujours que 5 réacteurs en activité sur 42 restant. 12 ont été détruits ou arrêtés définitivement depuis 2001. Et le contexte national et international n’est pas en faveur d’un redémarrage rapide du parc.

Selon l’Asahi, Heita Kawakatsu, le gouverneur de la province de Hamaoka qui vient d’être réélu pour un troisième mandat, a fait savoir son opposition au redémarrage de la centrale du même nom. Elle avait été arrêtée en mai 2001, sur ordre du premier ministre, en raison de sa proximité avec une faille sismique importante (Nankaï). Le gouverneur n’avait pas pris position durant la compagne électorale et a fait connaître sa position lors d’une conférence de presse le 27 juin dernier, deux jours après le scrutin.

Légalement, les gouverneurs n’ont pas leur mot à dire sur la remise en service d’un réacteur nucléaire, mais la compagnie Chûbu Electric a signé un accord avec les autorités locales.

La Corée du Sud vient de décider de sortir du nucléaire, en arrêtant définitivement le réacteur le plus ancien du pays et le chantier de deux réacteurs en construction. Pour justifier cette décision, le nouveau président, Moon Jae-in, a évoqué la catastrophe de Fukushima et ses conséquences. Un choc pour les autorités japonaises qui, elles, veulent relancer le nucléaire malgré Fukushima. Le président coréen a notamment rappelé que la catastrophe nucléaire avait engendré 1 368 décès à la date de mars 2016, ce qui a provoqué l’ire des autorités japonaises qui ont ressorti leur expression préférée : « rumeurs néfastes ».

Pourtant, le nombre officiel de décès dus à la dégradation des conditions de vie (aggravation de la maladie, suicides…) est de 2 099 à Fukushima, au 28 novembre 2016 (source).

En attendant, un convoi de combustible MOx s’apprête à quitter la France pour la centrale de Takahama qui vient à peine d’être remise en service. Selon Areva, ce transport partira de Cherbourg et sera réalisé par les navires spécialisés Pacific Egret et Pacific Heron, de la compagnie maritime britannique PNTL (Pacific Nuclear Transport Limited) . Selon Greenpeace, le convoi, de 8 tonnes, partirait le 5 juillet 2017.

Le gouvernement japonais rêve toujours d’une politique plutonium, malgré les problèmes insurmontables engendrés et l’absence d’intérêt économique ou en terme de gestion des déchets. Le démantèlement de la première usine de retraitement japonaise, située à Tôkaï-mura, devrait coûter 1 000 milliards de yens (8 milliards d’euros) et prendre 70 ans, sans qu’il y ait de solution pour les déchets engendrés. Et les coûts de maintenance sont de 5 à 6 milliards de yens par an (40 à 50 millions d’euros). Le gouvernement devrait prendre une partie de ces coûts à sa charge. Il ferait mieux de ne pas démarrer sa nouvelle usine de Rokkashô-mura…

Par ailleurs, l’Autorité de Régulation Nucléaire vient d’approuver le plan de démantèlement du réacteur n°1 d’Ikata dans la province d’Ehimé. Le plan de démantèlement a déjà été approuvé pour 5 autres réacteurs au Japon depuis 2001. Shikoku Electric estime à 25 ans le temps pour mener à bien le chantier qui devrait générer 3 000 tonnes de déchets radioactifs et 39 000 tonnes de déchets non classés pour leur radioactivité.

Quel avenir pour le pacte américano-japonais concernant le combustible nucléaire ?

Le Japon a signé en 1988 avec les Etats-Unis un accord bilatéral l’autorisant à enrichir son propre uranium et à extraire le plutonium des combustibles usés afin d’en faire du combustible MOx. Cet accord arrive à échéance en juillet 2018 et le Japon a échoué à mettre en place ce qui est généralement qualifié de cycle nucléaire, même s’il n’y a pas de cycle : l’usine d’extraction du plutonium, dite de retraitement, n’a jamais démarré et le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement. Et comme le parc nucléaire est quasiment à l’arrêt, les perspectives de consommer le plutonium accumulé sont très réduites. Comme le plutonium est une matière proliférante, son accumulation pause des problèmes.

Mais le Japon s’acharne, malgré les déboires. Il espère une reconduction tacite de l’accord avec les Etats-Unis sans limite dans le temps et ne veut pas négocié un nouveau traité.

Par ailleurs, alors que le second round de négociations en faveur de l’abolition des armes nucléaires vient de reprendre à l’ONU, le Japon, qui bénéficie du parapluie nucléaire américain, boycotte les pourparlers. En décembre dernier, quand 113 pays ont adopté une résolution appelant au début de ces négociations, le Japon avait voté contre, comme 34 autres pays, dont les puissances nucléaires comme la France.

Le Japon a toujours eu une attitude ambiguë sur ce sujet. D’un côté, comme étant le seul pays à avoir été bombardé par cette arme, il s’affiche comme partisan de son abolition, mais, d’un autre côté, c’est un pays du seuil qui veut développer toute la technologie nécessaire pour pouvoir fabriquer rapidement des armes nucléaires en cas de conflit.

Du plutonium dans les urines du personnel contaminé dans un centre de recherche nucléaire

Du plutonium et de l’américium ont été détectés dans les urines des 5 personnes exposées après l’éclatement d’un sac contenant du combustible nucléaire dans un centre de recherche. Les analyses ont été effectuées par le NIRS, qui parle de faibles concentrations, sans donner de chiffres.

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) avait d’abord annoncé une forte contamination des poumons, puis plus rien, ou presque. La limite de détection est de l’ordre de 5 000 à 10 000 Bq pour le plutonium et de l’américium a été détecté dans les poumons de l’une des personnes exposées. Cette dernière annonce confirme que ces cinq personnes ont bien subi une exposition interne à un niveau qui ne peut pas être considéré comme négligeable. C’est probablement une des plus fortes contaminations enregistrées au Japon. Un suivi médical s’impose.

Ces cinq personnes ont de nouveau été admises au NIRS le 18 juin où elles subissent pour la deuxième fois un traitement pour accélérer l’excrétion des contaminants. La première fois, une augmentation de la concentration en plutonium dans les urines avait été noté, ce qui montre une certaine efficacité. Il est difficile d’en dire plus sans données précises. L’exposition ayant eu lieu le 6 juin, la contamination ne diminue pas si vite.

Par ailleurs, la JAEA a mis en ligne un dossier explicatif tout en japonais sur le déroulement de l’accident.

Contamination au plutonium d’un centre de recherche nucléaire : le personnel a bien suivi les procédures

Cinq employés d’un centre de recherche nucléaire ont été exposés à des éléments particulièrement radiotoxiques, dont du plutonium, après l’éclatement du sac en plastique contenant de combustible nucléaire. Selon le dernier communiqué en japonais de la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), ce combustible contenait 26,9% d’oxyde de plutonium et 73,1% d’oxyde d’uranium. Comme nous l’avons relaté, il y a eu une série d’erreurs graves qui auraient pu être évitées.

La JAEA a reconnu qu’il s’agit d’un défaut des procédures suivies et que le personnel exposé n’est pas responsable. L’éclatement n’avait pas été imaginé.

Les dosimètres des personnes exposées indiquent une exposition externe de 2 μSv, 3 μSv et 60 μSv, ce qui reste faible. Mais l’exposition interne qui pose problème et il n’y a toujours pas de chiffre précis de publié, après la dernière annonce que les poumons étaient finalement peu touchés.

La JAEA a mis en ligne des photos prises par un des employés. La dernière montre le container n°1010 avec le sac déchiré. Les quatre photos précédentes concernent d’autres containers, n°1007 et 1008. Dans ce dernier, le sac est bien gonflé. A noter que l’appareil photo, contaminé, est resté dans la salle. Seule la carte SD a été récupérée.

Des opposants au redémarrage de la centrale de Genkaï déboutés par la justice

Plus de 200 personnes (202 ou 230 selon les médias) avaient saisi la justice pour demander l’arrêt de la procédure de redémarrage des réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Genkaï située dans la province de Saga sur l’île de Kyûshû et elles viennent d’être déboutées. Elles vont faire appel.

Ces deux réacteurs ont déjà été jugés aptes au service par l’Autorité de Régulation Nucléaire et le maire et le gouverneur ont déjà donné leur accord, mais leur redémarrage n’est pas pour tout de suite car il reste des inspections à effectuer.

A noter que Kiyoshi Kurokawa, qui a présidé la commission d’enquête parlementaire sur l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi, a critiqué le redémarrage très partiel pour le moment du parc nucléaire japonais. Selon l’Asahi, Il estime que les plans d’urgence ne sont pas adaptés en cas de catastrophe complexe comme il y a eu en mars 2011, avec séisme, tsunami et rejets radioactifs.

Contamination au plutonium du personnel d’un centre de recherche nucléaire : plus rien dans les poumons !

L’éclatement d’un sac en plastique contenant de la poudre de combustible nucléaire a entraîné la contamination de 5 personnes dans un centre de recherche nucléaire au Japon. La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) avait annoncé une contamination des poumons pouvant atteindre 22 000 Bq pour le seul plutonium-239 (voir notre article à ce sujet), ce qui entraîne une dose très élevée étant donnée la forte toxicité du plutonium.

Ces cinq personnes ont été envoyées au National Institute of Radiological Sciences (NIRS), un centre spécialisé dans la province de Chiba, où elles ont subi une nouvelle décontamination et des contrôles. Elles y sont encore en surveillance.

Selon l’Asahi, la JAEA prétend maintenant qu’aucune contamination au plutonium des poumons n’a été détectée chez ces cinq personnes ! Elle se base, pour cela, sur des contrôles effectués au NIRS. Les premières valeurs très élevées seraient dues à une contamination de la peau mesurée après une décontamination partielle. Et c’est par erreur que cette contamination a été localisée dans les poumons.

En revanche, le NIRS mentionne une contamination à l’américium-241 qui est plus facile à détecter, sans donner de valeur. S’il y a de l’américium, il doit y avoir du plutonium, mais à des niveaux moindres que ceux annoncés initialement.

A leur arrivée au NIRS, des employés avaient encore une contamination de la peau et ont dû être à nouveau décontaminés. Le NIRS mentionne des valeurs de 0,05 à 0,1 Bq/cm2.

Ces nouveaux résultats ne permettent pas d’exclure une contamination interne, mais indique qu’elle doit être beaucoup plus faible que ce qui a été initialement annoncé.

Rappelons que la JAEA avait été jugée non apte à exploiter le surgénérateur Monju à cause d’une culture de sûreté défaillante. Les évènements qui ont conduit à l’exposition de ses 5 employés (décrits dans un autre article) viennent confirmer ce diagnostique. On sait, de plus, que la JAEA n’est pas prête à faire face à un incident et à évaluer la contamination interne de son personnel.