Communication sur le robot qui ira ausculter l’enceinte de confinement du réacteur n°2

TEPCo et Toshiba ont communiqué sur le nouveau robot qui doit aller ausculter l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 en janvier et février 2018. Le but est toujours de localiser le corium et d’en savoir plus sur l’intérieur extrêmement radioactif du réacteur afin de trouver une solution au démantèlement futur.

Ce n’est pas la première fois que TEPCo et ses sous-traitants envoient des robots dans ce réacteur. En janvier-février 2017, les premières images avaient fait apparaître un trou dans le grille située juste sous la cuve, probablement percé par le corium et des dépôts. Ces images ont été traitées et analysées récemment faisant apparaître un objet tombé. S’agit-il de corium ? C’est ce que TEPCo veut vérifier. Les niveaux de radiation record relevés alors, avaient été réévalué à la baisse par la suite. Ils restent cependant trop élevés pour des êtres humains.

Comme l’explique TEPCo dans ce document en anglais, le robot devrait, comme la dernière fois, aller explorer le bas de l’enceinte de confinement en prenant en compte le retour d’expérience. Il devrait mieux voir dans le brouillard et sera équipé d’un thermomètre et d’un dosimètre.

L’industrie nucléaire japonaise communique beaucoup sur ces robots afin de se placer sur le marché du démantèlement nucléaire.

Arrêt définitif de deux réacteurs de la centrale d’Ôï au Japon

Les médias japonais l’avaient déjà annoncé et c’est maintenant officiel : Kansaï Electric va arrêter définitivement les réacteurs 1 et 2 de sa centrale d’Ôï située dans la province de Fukui pour des raisons économiques. Ils ont été mis en service en mars et décembre 1979 respectivement et le renforcement de la sûreté aurait coûté trop cher à l’exploitant. Avec chacun une puissance de 1 175 MWe, ce sont les réacteurs les plus puissants mis à l’arrêt définitif.

Ces deux réacteurs utilisent de la glace pour le refroidissement en fonctionnement normal ou pour réduire la pression en cas d’urgence. Il y en a 1 250 tonnes par réacteur, situées dans l’enceinte de confinement, qui est plus petite. Il est très compliqué de vérifier si ce système satisfait aux nouvelles normes de sûreté. Par ailleurs, KEPCo ne s’attend pas à une augmentation de la demande en électricité alors que le marché est ouvert depuis 2016.

En ce qui concerne les réacteurs 3 et 4 d’Ôï, ils ont obtenu l’autorisation de redémarrer, mais leur remise en service a été reportée suite au scandale de Kôbé Steel. Ces deux réacteurs sont aussi affectés par un autre scandale de falsification chez Mitsubishi des rapports de contrôle. Ce sont des produits avec du caoutchouc qui sont en cause et la centrale de Takahama est aussi affectée.

Kansaï Electric exploitait 11 réacteurs dans la province de Fukui avant la catastrophe à la centrale de Fukushima, qui produisaient 40% de son électricité. En avril 2015, elle a déjà arrêté définitivement les réacteurs 1 et 2 de Mihama. Cela lui fait donc 4 tranches en moins, soit le tiers de son parc.

Dans la province, qui est très dépendante du nucléaire pour ses finances et son économie, certains s’inquiètent pour l’avenir alors que d’autres se réjouissent car ils craignent l’accident grave comme à Fukushima, avec, sous les vents dominants, non pas la Pacifique, mais une des zones les plus peuplées du Japon.

Sur tout le Japon, si l’on fait un bilan :

  • Il y avait 54 réacteurs de production d’électricité au Japon en 2010.
  • 4 ont été détruits à Fukushima daï-ichi et deux autres arrêtés définitivement.
  • En comptant ces deux réacteurs d’Ôï, 8 réacteurs ont ou seront mis à l’arrêt définitif.
  • Cela fait donc 14 réacteurs en moins par rapport à 2010. Il restera donc officiellement 40 réacteurs en « service », dont Fukushima daï-ni qui ne redémarrera jamais, comme d’autres.
  • A l’inverse, seulement 5 réacteurs ont été remis en service depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima dont un vient d’être arrêté par la justice.

Les 8 réacteurs arrêtés définitivement sont : Tsuruga 1 (Fukui), Genkaï 1 (Saga), Shimané 1, Ikata 1 (Ehimé), Mihama 1 et 2 (Fukui) et maintenant Ôï 1 et 2 (Fukui).

Monju : le plan de démantèlement soumis à l’autorité de régulation nucléaire

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) a soumis à l’Agence de Régulation Nucléaire (NRA) son plan de démantèlement du surgénérateur Monju, arrêté définitivement il y a un an environ. Elle prévoit 30 ans de travaux et un coût de 150 milliards de yens (plus d’un milliard d’euros) auxquels il faut ajouter 225 milliards de yens (moins de 2 milliards d’euros) de maintenance et de renforcement de la tenue aux séismes.

Si ce plan est aussi réaliste que celui dédié à l’exploitation du réacteur, le Japon n’en a pas fini avec ce prototype qui n’a produit de l’énergie que 44 jours depuis sa mise en service en 1994. Rappelons que la JAEA n’avait pas prévu qu’elle aurait à retirer le sodium un jour, alors qu’il s’enflamme spontanément à l’air et qu’il explose dans l’eau.

Pour les réacteurs conventionnels, le retrait du combustible précède la demande de démantèlement. Mais pour Monju, le retrait des 370 assemblages de combustible représente un défi : chaque barre retirée doit être remplacée par une barre de géométrie identique qu’il faut encore fabriquer. D’autres assemblages sont aussi sur le site. Ce qui fait un total de 530.

Quant aux déchets radioactifs générés, il n’y a aucune solution de proposée. La JAEA estime qu’il y en aura 26 700 tonnes.

La JAEA devrait de reporter une nouvelle fois le redémarrage de l’autre surgénérateur expérimental, Joyo, beaucoup plus petit. Elle espérait 2022 pour exploitation bridée à 100 MW, au lieu de 140, afin d’avoir un plan d’évacuation réduit en cas d’accident. Cela avait provoqué l’ire de la NRA, comme nous l’avions rapporté.

Surgénérateur Monju : JAEA n’avait jamais envisagé de retirer le sodium

Le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement en décembre 2016 après plus de 20 ans d’acharnement, mais seulement 250 jours de fonctionnement. Une des étapes les plus complexes du démantèlement consiste à retirer et neutraliser le sodium qui sert de liquide de refroidissement, car il s’enflamme spontanément à l’air et explose au contact de l’eau. Mais, selon le Mainichi, l’exploitant, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), n’a jamais prévu qu’il devrait un jour retirer le sodium. Et il y en 760 tonnes qui sont en plus radioactives !

Le circuit primaire de refroidissement est protégé par un mur en alliage et il n’est donc pas directement accessible. De plus, la cuve du réacteur est conçue de manière à ce que la quantité de sodium liquide ne descende pas en dessous d’un certain niveau afin de garantir que le combustible nucléaire ne soit pas exposé. Par conséquent, plusieurs centaines de tonnes à l’intérieur de la cuve du réacteur ne peuvent pas être extraites, faute d’ouverture dédiée.

Un cadre de la JAEA reconnait que « lors de la conception du réacteur, la priorité principale était d’achever le projet rapidement. Le démantèlement n’a pas été pris en compte ». Et comme le personnel qui connaît le réacteur est en déclin, ce sera de plus en plus difficile, alors qu’il n’y a pas le droit à l’erreur avec le sodium.

Le surgénérateur devait produire plus de plutonium qu’il n’en consommait et fournir une énergie illimitée au Japon qui croyait en un nucléaire éternel. Pas besoin d’imaginer une fin et un démantèlement. Mais Monju a été arrêté au bout de quelques mois à cause d’une fuite de sodium.

Le sodium tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;

Report du retrait des combustibles usés des piscines des réacteurs 1 et 2

TEPCo a terminé en décembre 2014 le retrait des combustibles usés de la piscine de refroidissement du réacteur n°4. Pour les réacteurs 1 à 3, où il y a eu fusion du cœur, c’est beaucoup plus compliqué car les êtres humains ne peuvent pas y travailler à cause de débits de dose trop élevés. Les piscines de décroissance de ces trois réacteurs contiennent un total de 1 573 assemblages usés pour la plupart (392 dans le réacteur n°1, 615 dans le 2 et 566 dans le 3).

En cas de nouveau séisme de forte magnitude et/ou de tsunami, la structure de soutènement de ces piscines, déjà fortement fragilisée, risque de ne pas tenir et cela pourrait entraîner une nouvelle catastrophe majeure, bien plus grave que la catastrophe actuelle, car les piscines, qui contiennent beaucoup plus de radioéléments que les cœurs, ne sont pas confinées.

TEPCo a reporté une nouvelle fois la date de début des travaux de retrait des combustibles usés des piscines des réacteurs 1 et 2 et le gouvernement vient de donner son accord. La compagnie espérait débuter les travaux en 2020, mais ce sera trois ans plus tard. Cela fait désormais un retard cumulé de 6 ans sur le plan initial.

Le plan précédent date de juin 2015.

Pour le réacteur n°1, le retrait des débris qui jonchent le sommet du bâtiment réacteur s’avère être plus complexe que prévu. Quant au réacteur n°2, qui n’a pas été détruit par une explosion hydrogène, l’argument est de laisser plus de temps pour trouver des solutions en vue de limiter les rejets radioactifs lors du démontage du toit et des murs.

Pour le réacteur n°3, les travaux de construction de la structure sur le toit qui doit permettre de retirer ces combustibles, avancent. La compagnie a mis quelques images en ligne au début du mois et en août dernier. Elle espère débuter après avril 2018 pour une durée de deux années. Cette date avait déjà été repoussée en début d’année.

En ce qui concerne le retrait du corium, ce mélange hautement radioactif de combustibles fondus et de débris, TEPCo et le gouvernement maintiennent un début des travaux en 2021, même si la technologie n’est toujours pas disponible. La durée des travaux et le devenir des déchets engendrés ne sont pas indiqués dans le plan. En revanche, la décision relative au réacteur à traiter en premier a été reportée à 2019.

La compagnie maintient un objectif global de tout démanteler en 40 ans, même si personne n’y croit.

En ce qui concerne l’eau contaminée qui continue à s’accumuler à un rythme de 200 m3 par jour, malgré le gel du sol tout autour des réacteurs, le gouvernement espère passer à 150 m3 par jour d’ici 2020. Voir les dernières données de TEPCo. Quant au devenir des 817 000 m3 d’eau traitée contenue dans les cuves, aucun calendrier n’est mentionné. Voir le dernier bilan de TEPCo.

Centrale de Kashiwazaki-Kariwa : deux réacteurs autorisés à redémarrer sous condition

L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, s’est réunie à propos des réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située à Niigata, pour lesquels TEPCo a demandé une autorisation de redémarrage. La question est de savoir s’ils satisfont aux nouvelles règles de sûreté mises en place après la catastrophe nucléaire. Il s’agit de deux réacteurs à eau bouillante, comme à Fukushima, alors que les réacteurs autorisés à redémarrer à ce jour sont tous des réacteurs à eau sous pression.

Mais TEPCo n’est pas un exploitant nucléaire comme les autres. De graves lacunes dans sa culture de sûreté ont conduit à la catastrophe nucléaire. Elle a privilégié le profit sur la sûreté en reportant, par exemple, la construction d’une digue contre les tsunamis plus élevée. Avant même la catastrophe, la compagnie avait dû faire face avait vu tout son parc nucléaire arrêté car elle avait falsifié des rapports de sûreté pour faire des économies. Les scandales furent aussi nombreux après la catastrophe.

TEPCo compte sur ces réacteurs pour augmenter ses ressources financières. Mais elle doit démontrer qu’elle peut sécuriser la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, ce qui nécessite des fonds… Une équation impossible à résoudre ! Pour la centrale de Niigata, TEPCo a annoncé devoir dépenser 680 milliards de yens (5,2 milliards d’euros) afin de renforcer sa sûreté.

L’instruction du dossier déposé en septembre 2013 est presque terminée et la NRA doit prendre une décision. L’instruction a été longue et complexe car les mesures mises en place par TEPCo pour faire face à un séisme de grande ampleur étaient lacunaires : elle avait négligé le risque de liquéfaction des sols. Elle s’était aussi trompée sur la résistance sismique d’un bâtiment clé pour la sûreté. La compagnie doit surtout démontrer qu’elle a la culture de sûreté suffisante pour exploiter une centrale nucléaire.

Lors d’une première réunion qui a eu lieu le 6 septembre, la NRA a entériné la dimension technique du dossier relative aux nouvelles règles de sûreté. En revanche, les commissaires n’ont pas réussi à ce mettre d’accord sur l’aptitude de TEPCo à exploiter ces réacteurs en toute sûreté. Alors que la compagnie est exsangue, elle risque de faire passer les profits avant la sûreté.

Le président de la NRA avait déclaré le 10 juillet dernier, que si « TEPCo ne veut ou ne peut pas terminer le démantèlement de Fukushima, elle n’est simplement pas qualifiée pour exploiter Kashiwazaki-Kariwa ». Et d’ajouter qu’il ne voyait pas « TEPCo prendre des initiatives ». Il avait en tête, notamment, l’eau contaminée qui s’accumule sans solution. Le nouveau directoire est aussi source d’inquiétude car il ne connait pas les enjeux auquel il doit faire face. La NRA a donc rédigé une position allant dans le même sens qu’elle a soumise à la compagnie. La réponse est arrivée le 25 d’août : TEPCo s’engage à prendre des initiatives pour les victimes de la catastrophe nucléaire et à démanteler les réacteurs accidentés. Mais le document est essentiellement une déclaration d’intention et ne présente pas grand chose de concret. Il n’aborde pas, par exemple, le problème de l’eau contaminée. Comment garantir ces engagements sur des décennies ? Pour montrer sa bonne volonté, le nouveau PDG a visité la centrale de Fukushima daï-ichi 7 fois depuis qu’il s’est fait sévèrement critiqué par la NRA.

Selon le Maïnichi, la NRA semble avoir une attitude plus conciliante depuis. Lors d’une audition du PDG qui a eu lieu le 30 août, la NRA n’a pas posé de question précise et s’en est tenue à des généralités. Selon un de ses membres, elle n’aurait pas de pouvoir légal à exiger plus de garanties sur le démantèlement avant d’autoriser le redémarrage de deux réacteurs à Kashiwazaki-Kariwa. Même le président de la NRA, qui part à la retraite le 18 septembre prochain, aurait conclu que les circonstances ne permettent pas de s’opposer à la qualification de TEPCo.

C’est lors de la deuxième réunion du 13 septembre que les commissaires de la NRA sont arrivés à une conclusion : la NRA va donner son accord à la condition que TEPCo inscrive dans ses propres règles de sûreté son engagement à mener à bout le démantèlement de Fukushima daï-ichi et de mettre la priorité sur la sûreté. Elle devra ajouter à ses règles de sûreté internes un plan détaillé des procédures mises en place pour garantir la sûreté. Une fois accepté par la NRA, ce plan fera l’objet d’inspections. Le président de la NRA a indiqué, lors de la conférence de presse, que le but est de rendre l’engagement de TEPCo contraignant.

La NRA demande aussi un véritable engagement du ministère de l’industrie à superviser la compagnie et à renforcer ces règles de sûreté. Rappelons que l’Etat japonais est actionnaire majoritaire depuis la catastrophe.

Certains observateurs se demandent si la NRA n’a pas tout fait pour obtenir un accord avant le départ à la retraite de son premier président, Shun’ichi Tanaka, qui part à la retraite après un mandat de 5 ans. Les pressions extérieures ont dû aussi être très fortes. Beaucoup doutent de la capacité de TEPCo à se réformer en profondeur afin de devenir un exploitant responsable. L’évaluation de ses engagements à se réformer est aussi difficile à mettre en œuvre car cela repose sur des critères subjectifs.

La NRA doit encore formaliser son avis et le soumettre à l’avis du public.

Notons que le gouverneur actuel est opposé à ce redémarrage. Même s’il n’a légalement pas son mot à dire, il est politiquement difficile de passer outre son avis. Et le maire de Kashiwazaki, qui lui a un pouvoir de véto, a aussi mis des conditions à son accord.

Les réacteurs 6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa ont été mis en service en 1996 et 1977 respectivement. Ils ont une puissance de 1 360 MWhe chacun.

Quel avenir pour le réacteur n°2 de Tôkaï ?

La Japan Atomic Power Co. (JAPC) est un peu particulière : c’est une filiale de cinq grandes compagnies d’électricité qui exploitait trois réacteurs nucléaires et revendait la production aux maisons mères. TEPCo en est le premier actionnaire…

Son réacteur Tsuruga 1, situé dans la province de Fukui, tout comme Tôkaï 1, situé dans celle d’Ibaraki, ont été arrêtés définitivement. La compagnie n’a pas renoncé à redémarrer un jour le réacteur Tsuruga 2, bien que l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, ait estimé que la faille sismique qui passe en dessous est active. Cela interdit toute remise en service.

Il ne lui reste que le réacteur n°2 de Tôkaï, dans la province d’Ibaraki, qui est vétuste. La JAPC a déposé une demande d’autorisation pour le redémarrer et espère l’exploiter jusqu’à ses 60 ans, bien que cela relève de l’acharnement thérapeutique et, selon l’Asahi, TEPCo pourrait participer au financement des travaux alors que la compagnie ne peut même pas financer ses propres travaux de démantèlement et les indemnisations sans une aide financière de l’Etat. La décision sera prise en 2018.

La JAPC joue gros pour sa survie, mais il est loin d’être acquis qu’elle obtienne un feu vert des autorités. Alors les banques rechignent à lui prêter de l’argent. TEPCo et Tôhoku Electric, qui rachetaient le courant de Tôkaï pour le commercialiser, pourraient se porter garants, voire même prêter l’argent. Un vieux réacteur, qui a plus de 40 ans, avec des câbles à l’isolant inflammable et les investissements massifs nécessaires pour la remettre aux normes, est leur seul espoir de nucléaire, cela en dit long sur l’état de cette industrie au Japon…

Les élections pour le poste de gouverneur de la province d’Ibaraki viennent d’avoir lieu. Le gouverneur sortant, qui briguait un 7ième mandat afin de battre le record du Japon, malgré ses 71 ans, vient d’être battu par son principal concurrent, qui était soutenu par les partis de de la majorité gouvernementale. Le gouverneur défait avait fait de son opposition au redémarrage de Tôkaï 2 un de ses arguments électoraux. Mais cela n’a pas suffit. Le vainqueur a été très ambigu sur le nucléaire.

TEPCo n’est pas dans une situation plus favorable pour ses propres réacteurs. Le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire a réaffirmé, dans une récente interview, qu’il s’opposerait au redémarrage de ses réacteurs tant que la compagnie n’aurait pas fait de progrès dans la maîtrise des réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi. Selon l’Asahi, un des maires locaux ne donnera son consentement au redémarrage des réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la province de Niigata, que si la compagnie ferme définitivement les réacteurs 1 à 5. Pense-t-elle avoir plus de chance avec le réacteur de Tôkaï ?

Nouveaux scénarios pour la fusion du cœur et pour le retrait du corium

Les images récentes rapportées par un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°3 ont conduit TEPCo à revoir le scénario de fusion du cœur. Le combustible en fusion s’était accumulé au fond de la cuve en acier, épais de 14 cm, et l’aurait percée avant de s’écouler dans l’enceinte de confinement. Mais les images de stalactites le long des rails des barres de contrôle conduisent TEPCo à envisager maintenant que le fond de la cuve n’aurait peut-être pas fondu et que le combustible en fusion se serait écoulé via les trous de passage des barres de contrôle.

Le retrait du corium accumulé au fond de l’enceinte de confinement, mais aussi probablement accroché un peu partout, reste le plus grand défi auquel fait face TEPCo. La compagnie avait initialement envisagé de noyer l’enceinte de confinement afin de réduire les doses lors du retrait du corium par des robots. Mais comme elle est percée et que l’eau contaminée s’écoule dans les sous-sols, ce n’est pas très réaliste. Les espoirs de boucher les fuites se sont aussi réduit.

La Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corporation, qui est l’organe gouvernemental en charge de l’avance sur paiement et qui supervise les travaux de démantèlement, a officiellement abandonné cette idée. Le nouveau plan est d’introduire latéralement un bras télescopique et des robots chargés de retirer d’abord le corium qui est au fond de l’enceinte de confinement tout en aspergeant de l’eau sur ces débris. Mais il n’y a pas de solution pour réduire le débit de dose ambiant qui menace même les robots et prévenir la dispersion de poussières très radioactives. Une idée est de réduire la pression à l’intérieur, mais il n’est pas sûr que ce soit possible. Des solutions devraient être apportées en septembre prochain.

Les déchets très radioactifs seront mis en fûts et entreposés sur le site de la centrale en attendant mieux, car le Japon n’a pas de filière de stockage de ce type de déchets pour le moment.

Les travaux devraient officiellement débuter en 2021, ce qui semble plutôt optimiste.

Installation du dôme qui couvre le réacteur n°3

TEPCo a mis en ligne deux séries de photographies montrant la mise en place d’éléments du dôme qui recouvre le réacteur n°3, accompagnées de deux vidéos : accès à la première série et à la deuxième. Il s’agit du premier tronçon sur huit. Les images permettent de voir que le réacteur n°3 a de nouvelles parois latérales.

Le dôme complet mesure 17 m sur 11 m et pèse 37 tonnes. Le but est de pouvoir retirer les 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx qui sont dans la piscine. Les opérations de retrait devraient débuter en avril 2018.

Sur cette photo on voit un être humain sur le toit du réacteur n°3 alors que les débits de dose y sont très élevés. Cela avait même conduit à un report des travaux. Il en est de même pour cette photo. TEPCo ne donne aucune indication sur les doses prises par le personnel.