La terre abandonnée

Le documentaire, La terre abandonnée, est sorti en Belgique. Il s’intéresse aux personnes qui sont restées à Tomioka ou qui ont choisi d’y revenir, malgré l’ordre d’évacuation. Voir la bande annonce.

Le réalisateur, Gilles Laurent, est décédé dans l’attentat de la station Maelbeek à Bruxelles le 22 mars 2016. Lire le portrait que lui consacre Le Soir.

Pour en savoir plus sur le film et sa diffusion, c’est ici.

La terre abandonnée
Un film de Gilles Laurent – 73′ – 2016 – Film d’auteur – CVB

Dans la zone évacuée autour de la centrale nucléaire de Fukushima, quelques rares individus vivent sur cette terre brûlante de radiations. Rythmé par les travaux de décontamination et le danger permanent, l’existence apparemment déraisonnable mais paisible de ces irréductibles nous rappelle qu’un bout de terre est, en dernier recours, notre lien le plus sûr au monde.

 

La province de Fukushima a créé un site Internet en français

La province de Fukushima a commencé à traduire son site Internet en de nombreuses langues étrangères, dont le français. Le contenu reste maigre pour le moment, mais il devrait s’enrichir avec le temps. Il y a déjà, des données sur la contamination des aliments et sur l’évolution des zones évacuées. Certaines données sont en anglais ou espagnol…

On trouve aussi quelques données lacunaires sur la santé des habitants, la décontamination

Maison construite sur des déchets radioactifs à Fukushima

Le Maïnichi rapporte l’histoire d’une maison construite sur des déchets radioactifs issus de la décontamination qui ont été enterrés. En quelques années, il y a déjà perte de la mémoire. Et dire que le gouvernement veut les éparpiller partout pour construire des digues ou faire du terrassement en présentant cela comme du « recyclage » qui permet de faire des économies.

Dans 5 communes, les déchets radioactifs issus de la décontamination ont été, pour la plupart, enterrés sur place ou laissés au bout du terrain. La ville de Fukushima est dans ce cas. Un homme y a acheté un terrain de 300 m2 en novembre 2013 pour y construire une habitation. Le propriétaire précédent lui a transmis un croquis avec l’emplacement des déchets enterrés et des relevés de débits de dose mesurés avant et après les travaux de décontamination. Mais ce plan ne donnait aucune distance.

En mai 2015, le nouveau propriétaire a fait une demande officielle pour connaître l’emplacement des déchets et la mairie lui a donné une plan avec des dimensions. Une maison a été construite, puis, en octobre 2015, quand la commune est venue rechercher les déchets, 6 sacs d’un mètre cube chacun étaient sous la maison. Quatre d’entre eux ne peuvent pas être repris sans risquer de l’endommager.

La mairie ne se serait pas excusée pour le plan erroné alors qu’elle a distribué 66 000 croquis sans dimension. Il y aura sûrement d’autres erreurs de ce type. Dans les quatre autres communes qui ont enterré provisoirement les déchets, les plans sont plus précis, avec des dimensions. La ville de Fukushima a encore 26 000 croquis à distribuer. Elle envisage de les remplacer par des plans. Espérons qu’ils soient justes.

Appel aux dons pour J-Village

J-Village était un centre d’entraînement de foot partiellement financé par TEPCo qui a été transformé en base pour les travailleurs à la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi après l’accident. Il est situé sur les communes de Naraha et Hirono, à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi.

La décision a été prise de le rendre au foot avant les JO de 2020 au Japon et les travaux de décontamination et de réhabilitation ont commencé l’an dernier.Il s’agit d’une décision purement politique, car il serait plus simple de créer un nouveau centre ailleurs.

Le gouverneur de Fukushima vient de lancer un appel pour financer ce centre et construire un nouveau stade couvert. Selon le Fukushima Minpo, le coût s’élève 2,2 milliards de yens.1,5 milliards devraient être pris en charge par le loto sportif. Il manque 700 millions de yens pour lesquels le gouverneur compte sur du mécénat d’entreprise.

Le Japon espère toujours que des équipes étrangères s’y installeront avant les JO et que cela convaincra les Japonais de rentrer dans les territoires contaminés.

Reconquête progressive des zones de « retour difficile »

Les deux partis de la coalition au pouvoir au gouvernement ont décidé de l’avenir des zones dites de retour difficile qui couvrent 337 km2, là où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an et ont présenté leur point de vue aux représentants des 7 communes concernées, qui sont Minami-Sôma, Tomioka, Namié, Katsurao et Iitaté, ainsi que Ôkuma et Futaba qui accueillent Fukushima daï-ichi. Voir les dernières cartes officielles des zones d’évacuation en japonais et en anglais. Celle en anglais date un peu.

Le parti libéral démocrate et son partenaire le Kômeitô prévoient de demander au gouvernement de ne pas toucher à aux zones les plus contaminées pour le moment, mais plutôt de définir des bases de reconstruction qui serviront de tête de pont à une reconquête progressive. Une concertation devrait avoir lieu avec les pouvoir locaux pour définir ces zones prioritaires.

La décontamination de ces zones prioritaires, la reconstruction des infrastructures et la décontamination des axes d’accès devront être effectuées avant de lever les ordres d’évacuer. Ce ne sera pas avant 2021. Pour le reste, c’est plus flou, mais il est toujours question de reconquête, sans calendrier.

Environ 24 000 personnes réparties dans 9 000 foyers sont originaires de ces zones dites de retour difficile. Peu envisagent de rentrer. Il aurait sûrement mieux valu commencer par la concertation avec les personnes concernées avant de décider. C’est toujours la politique du « Décider – Annoncer – Défendre » (DAD) qui est appliquée, de façon idéologique : le Japon doit reconquérir tous les territoires et surmonter la catastrophe.

Pour arriver à ses fins, le gouvernement envisage de financer la décontamination de ces zones dites de retour difficile. Jusqu’à maintenant, le gouvernement avançait l’argent et TEPCo devait rembourser un jour. Comme le coût de la décontamination supporté par la compagnie dépasse les 2 500 milliards de yens (22 milliards d’euros), elle a récemment appelé à l’aide. Le nouveau plan prévoit de raser les bâtiments trop endommagés, de refaire les routes et de couvrir les sols. TEPCo n’aura à sa charge que la décontamination des bâtiments et infrastructures qui seront maintenus.

Une fois de plus, ce seront les contribuables qui payeront pour des dégâts causés par les compagnies privées.

En ce qui concerne la voie de chemin de fer qui traverse ces zones les plus contaminées, Japan Rail espère une réouverture d’ici mars 2020, mais les travaux n’ont pas commencé. Le reste sera reconstruit d’ici 2017. Voir la carte du Fukushima Minpo.

Le recyclage des déchets radioactifs issus de la décontamination permettrait d’économiser 1 500 milliards de yens selon le gouvernement

Comme les autorités ne savent pas quoi faire de l’immense quantité de déchets générés par la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi, il a trouvé la solution miracle : recycler les sols contaminés pour faire du terrassement sur des projets de travaux publics comme des routes, digues etc… Les experts consultés étaient réservés, mais le ministère de l’environnement continue à tenter d’obtenir la « compréhension du public ». Le seuil de libération, c’est à dire la limite en dessous de laquelle ces déchets pourront être recyclés est de 8 000 Bq/kg alors qu’elle était de 100 Bq/kg pour le césium-137 avant la catastrophe nucléaire.

Dernier argument du ministère de l’environnement : le coût. Selon le Maïnichi, qui s’est procuré des documents internes, attendre ou amener les sols à moins de 100 Bq/kg avant de les réutiliser, sachant que le césium-134 aura presque disparu, coûterait 2 912,7 milliards de yens (26 milliards d’euros) – admirez la précision de l’évaluation – alors qu’avec une limite à 8 000 Bq/kg, cela ne coûterait plus 1 345 milliards de yens (12 milliards d’euros). Et donc cette option serait « raisonnable sur les plans économique et social ». Le calcul a été fait par la Japan Atomic Energy Agency.

Dans les documents remis aux experts du groupe de travail dédié à ces déchets le 27 janvier dernier, il y a aussi le cas où la limite seraient réduite à 3 000 Bq/kg. Il en coûterait alors 2 118,5 milliards de yens (19 milliards d’euros).

Avec une option à 100 Bq/kg, 40% des sols contaminés ne pourraient pas être réutilisés, alors qu’avec 8 000 Bq/kg, ce ne serait plus que 0,2%.

Rappelons que 7,7 tonnes de déchets radioactifs ont déjà été déclassés à Chiba, avec une limite à 8 000 Bq/kg et qu’en attendant, tous ces déchets s’accumulent partout, parfois dans de mauvaises conditions, comme le montrent nos images.

Voir Fukushima : le problème sans fin des déchets radioactifs

En juin 2016, jusqu’à 15 500 personnes étaient engagées chaque jour dans des travaux de décontamination. Cela génère des déchets radioactifs, d’énormes quantités de déchets, qu’il faut gérer. La politique japonaise consiste en l’incinération pour réduire les volumes, puis en l’entreposage, voir le stockage définitif, en fonction des lieux et du niveau de contamination.

Petit voyage sur les lieux, de la production à l’incinération.

La décontamination consiste à racler les sols contaminés, émonder les arbres et arbustes, couper les herbes, ramasser les végétaux morts… et mettre le tout dans des sacs qui s’amoncèlent partout.

remplissage_sacs

Et après ?

Ils restent entassés partout. A Iitaté-mura, où la décontamination bat son plein, il y en a partout. Le village, où l’ordre d’évacuer n’a pas été levé, est devenu un vaste chantier avec quasiment que des décontamineurs partout et des déchets.

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Les bâches qui couvrent les déchets sont pour protéger les sacs qui n’ont pas la vie longue. Ainsi, à Tomioka, où ils attendent depuis plus longtemps, de l’herbe repousse :

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Les déchets des zones non évacuées sont pris en charge par la province de Fukushima. Le stockage est alors entouré d’une palissade, comme ici, à Minami-Sôma :

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Et après ?

C’est l’incinération qui est prévue. Le réseau des citoyens inquiets de l’incinération des déchets radioactifs a recensé une vingtaine de sites avec des incinérateurs en fonctionnement, en construction ou en projet à Fukushima. Voici la carte :

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La carte originale en japonais a été traduite en anglais dans la publication n°6 de FUKUDEN et reprise ci-dessus.

A Iitaté-mura, village dans les montagnes, il y a deux incinérateurs éloignés de tout. Le premier, appelé « Iitaté clear center » était déjà en service avant l’accident nucléaire. Ils incinérait les ordures ménagères. Il a été remis en service pour incinérer les déchets radioactifs.

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Il peut incinérer 5 tonnes de déchets par jour.

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A titre de comparaison, 1 mSv/an, en supposant que l’on reste 8h par jour à l’extérieur et avec un facteur de réduction à l’intérieur, correspond à 0,23 microsievert par heure. Ici, c’est 0,929 µSv/h.

Ce centre est entouré de déchets à perte de vue. On peut en voir une partie sur les images satellite de Google ou de Bing. Une forêt a été rasée pour les entasser et les troncs sont restés là :

On voit que la cheminée de l’incinérateur fume. Au bout de la vidéo, les déchets continuent à s’entasser à perte de vue sous la ligne haute tension :

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Un deuxième incinérateur a été construit à Warabidaïra, dans la commune d’Iitaté-mura pour faire face aux volumes énormes de déchets. Il n’est pas encore sur les images satellite de Google.

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Autour du site, le débit de dose ambiant peu atteindre 2,6 µSv/h :

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A Tomioka

La commune, encore entièrement évacuée, accueille la centrale nucléaire de Fukushima daï-ni. La décontamination est officiellement terminée dans la plupart de ses zones résidentielles. Ses finances dépendaient fortement du nucléaire. Le « community center », avec la bibliothèque, des salles d’activité et de réunion a été payé par TEPCo.

Cette commune fait face à la mer et le littoral a été détruit par le tsunami. La gare, au bord de l’eau, n’existe plus. Les autorités prévoient d’y construire une digue de protection et d’y planter une forêt pour se protéger :

littoral_Tomioka

Mais en attendant, le littoral accueille les déchets et des usines de traitement. Espérons qu’un tsunami ne viennent pas emporter tout cela. Commençons par une vue satellite copiée sur Google :

Google_maps_Tomioka

En utilisant « street view », on peut voir les déchets. La date de la prise de vue en voiture ne correspond pas à celle des satellites.

Ainsi, à Tomioka, outre des déchets, il y a un incinérateur de déchets radioactifs construit par Mitsubishi, derrière lequel on aperçoit la centrale de Fukushima daï-ni :

F2_incinerateur_Tomioka

Pour l’anecdote, une étude des lieux avec une caméra gamma pour trouver les points chauds a montré que c’était la cheminée de la centrale qui brillait le plus. Pas très loin, il y a un centre de tri des déchets, situé entre la gare de Tomioka dévastée par le tsunami et l’océan :

gare_Tomioka

Le tout est entouré d’amoncellements de déchets en attente de traitement. De l’autre côté de Fukushima daï-ni, sur la commune de Naraha, où l’ordre d’évacuation a été entièrement levé, c’est une autre usine qui est en construction. Elle devrait permettre de couler les cendres d’incinération dans du ciment :

usine_Tomioka

Le début des opérations est prévu en 2017. Avec, là encore, des déchets dans le prolongement de la vallée, vers l’océan :

dechets_Tomioka

Voir aussi une vidéo montrant cette usine en construction et les déchets qui s’entassent dans la vallée qui va vers l’océan :

Et après ?

Cela dépend de la nature des déchets et de la concentration en césium radioactif. Tomioka va continuer à accueillir définitivement une partie des déchets, dans le « Fukushima Ecotech Clean Center« . Avec un nom comme cela, il y a de quoi s’inquiéter… SItué à la frontière avec la commune de Naraha, ce centre de stockage de déchets industriels devrait recevoir des déchets radioactifs dont la contamination est inférieure à 100 000 Bq/kg. Il s’agit d’un stockage définitif. Sa capacité est trop faible pour les 22 millions de mètres cubes officiellement attendus.

Le gouvernement veut entreposer ces déchets sur 16 km2 tout autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, pour une durée de 30 ans. Il s’agit essentiellement de sols contaminés. Mais, selon le dernier bilan officiel en anglais du ministère de l’environnement du Japon, les autorités n’ont pu signer de contrat avec les propriétaires terriens que pour 45 ha sur 1 600 nécessaires, soit 2,8% de la surface totale… Voici la carte du projet :

ISF

La carte originale en japonais du ministère de l’environnement a été traduite par Fukuden et reprise ci-dessus.

Il y aura aussi les déchets de démolition des maisons abandonnées dans les territoires contaminés. Le gouvernement espère avoir terminé leur destruction avant mars 2018. Il y en a 8 800 en tout à la date de juin 2016, dont 5 600 encore à démolir, selon le Fukushima Minpo.

Et encore après ?

Le gouvernement n’a pas encore trop d’idée sur ce qu’il va faire de ces déchets après 30 ans. La seule proposition concrète a été d’en recycler une partie dans des ouvrages de construction, comme des routes, digues… Il va rapidement perdre la mémoire de ces déchets disséminés partout qui seront radioactifs encore longtemps. Le gouvernement a adopté cette politique le 1er juillet 2016, malgré les réserves des experts consultés.

Dans la province de Chiba, des déchets radioactifs ont déjà été déclassifiés et ne sont plus considérés comme radioactifs, bien que leur contamination soit encore de 4 000 Bq/kg à 6 100 Bq/kg en moyenne.

Il y aura aussi tous les incinérateurs et autres usines de traitement des déchets à démanteler, car la province de Fukushima n’en a pas besoin d’autant… Que deviendront-ils ?

Si vous voulez voir d’autres déchets, avec des photos professionnelles, c’est par ici. Cliquer à droite ou à gauche du texte pour voir les photos.

« Zones de retour difficile » : pas de retour avant 2021

Les zones où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an ont été classées en zone de « retour difficile » par les autorités japonaises. Elles couvrent une surface de 337 km2 et environ 24 000 personnes réparties dans 9 000 foyers y habitaient. L’accès y est interdit, sauf autorisation spéciale. Mais avec la décroissance naturelle et le lessivage des sols, les autorités espèrent pouvoir reconquérir ces zones à partir de 2021. Y aura-t-il encore des habitants pour rentrer ? Un sondage effectué par l’agence de reconstruction a montré que seulement 10% des habitants des quatre communes qui entourent la centrale de Fukushima daï-ichi souhaitent rentrer.

Au bout de 10 ans, par la seule décroissance radioactive, le césium-134, qui a une demi-vie de 2 ans, aura presque disparu. Il n’en restera que 3%. En revanche, il restera 80% du césium-137, qui lui a une demi-vie de 30 ans. Il représentait environ la moitié du césium rejeté. Le gouvernement prévoit d’entamer les travaux de décontamination à ce moment là. Aura-t-il trouvé une solution pour les déchets d’ici là ?

Si l’exposition externe passe en dessous de la limite de 20 mSv/an, il sera à nouveau permis d’y vivre. Cela concernera surtout les travailleurs de la centrale et les personnes qui leur fourniront des services. Cela signifie que le retour à la limite de 1 mSv/an, objectif à long terme des autorités japonaises, est encore à plus long terme…

Sept communes sont concernées. Le gouvernement va entamer des discussions avec les élus avant de prendre une décision au mois d’août prochain.

Microparticules vitreuses riches en césium autour de Fukushima

En février dernier, un article scientifique mentionnait la présence de microparticules vitreuses riches en césium autour de la centrale de Fukushima daï-ichi. Une communication à un congrès scientifique qui vient d’avoir lieu au Japon, permet d’en savoir plus (voir le résumé scientifique sur le site de la conférence et le communiqué repris par des sites scientifiques) sur ces particules qui peuvent atteindre la taille nanométrique.

Selon ces travaux, les retombées radioactives sur Tôkyô auraient été dominées par cette « suie vitreuse » formée lors de la fusion des cœurs des réacteurs. Ainsi, le césium radioactif retombé sur la capitale n’aurait donc pas été dissout dans l’eau l’eau de pluie. L’analyse de plusieurs filtres à air collectés à Tôkyô le 15 mars 2011 montre que 89% de la radioactivité était contenue dans cette « suie vitreuse ».

Une des conséquences est que la pollution n’aurait pas été emportée directement par les eaux de ruissellement et qu’il a fallu une action de nettoyage pour s’en débarrasser. Pour le principal auteur, cela justifie a posteriori l’intérêt des travaux de décontamination effectués à Tôkyô.

Les analyses ont montré que cette suie est surtout composée de nanoparticules qui auraient été formées lors de l’interaction du corium (cœur fondu) avec le béton des réacteurs accidentés. La concentration en césium peut atteindre 4,4×1014 Bq/kg.

Selon les auteurs de cette étude, ces découvertes imposent de revoir certaines hypothèses concernant les rejets en situation accidentelle ainsi que l’impact sanitaire de ces retombées sous forme de nano- et microparticules qui pourraient rester plus longtemps dans les poumons que du césium soluble.