Futaba veut lever l’ordre d’évacuer dans une petite zone à partir de 2022

La commune de Futaba, où est située une partie de la centrale de Fukushima daï-ichi, est, à 96%, classée en zone de retour difficile, car l’exposition externe pouvait y dépasser 50 mSv par an. Les élus locaux espèrent une levée très partielle de l’ordre d’évacuer au printemps 2022. Il se sera passé onze années depuis l’évacuation. C’est la première des sept communes ayant un territoire classé en zone de retour difficile à présenter un calendrier.

La loi prévoit la création de centres de reconquête qui seront décontaminés en priorité afin d’y rétablir les premiers services. C’est à la commune de faire la proposition et c’est le gouvernement qui engagera les travaux. Le plan proposé par la municipalité consiste en une petite zone de 555 hectares au centre ville autour de la gare, qui représente 11% de la surface de la commune. Il est aussi question d’y construire de nouvelles habitations.

Le but est de ne plus être une ville fantôme, mais les travaux sont colossaux, comme on peut le voir sur ces images tournées par l’Asahi dans les zones de retour difficile où l’on voit comment la végétation a tout envahi. Les élus espèrent le retour de 2 000 personnes dans les cinq années qui suivront. Il se sera alors passé 16 années depuis l’ordre d’évacuer. Mais qui viendra y habiter ? Cette obstination de la reconquête est incompréhensible.

La commune espère aussi rouvrir en 2020 les 4% de son territoire qui ne sont pas classés en zone de retour difficile et où l’exposition externe était comprise entre 20 et 50 mSv par an. La ville y invitera des compagnies engagées à la centrale accidentée mais ne prévoit pas d’y installer des habitations.

Rappelons qu’une partie de la commune va aussi être transformée en centre d’entreposage des déchets issus de la décontamination, où ils devraient y rester officiellement 30 ans.

Installation du dôme qui couvre le réacteur n°3

TEPCo a mis en ligne deux séries de photographies montrant la mise en place d’éléments du dôme qui recouvre le réacteur n°3, accompagnées de deux vidéos : accès à la première série et à la deuxième. Il s’agit du premier tronçon sur huit. Les images permettent de voir que le réacteur n°3 a de nouvelles parois latérales.

Le dôme complet mesure 17 m sur 11 m et pèse 37 tonnes. Le but est de pouvoir retirer les 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx qui sont dans la piscine. Les opérations de retrait devraient débuter en avril 2018.

Sur cette photo on voit un être humain sur le toit du réacteur n°3 alors que les débits de dose y sont très élevés. Cela avait même conduit à un report des travaux. Il en est de même pour cette photo. TEPCo ne donne aucune indication sur les doses prises par le personnel.

65% du territoire japonais qualifiés pour accueillir un centre de stockage souterrain pour les déchets nucléaires

Comme les autres pays nucléaires, le gouvernement japonais veut enfouir les déchets les plus radioactifs à 300 m de profondeur, mais, depuis une quinzaine d’années, il peine à trouver une communauté qui accepterait ce centre de stockage. L’appel d’offre lancé en 2002 pour accueillir le site d’enfouissement, n’a pas reçu de candidature pérenne. Toyo, dans la province de Kochi avait été un temps candidate en 2007, avant de faire marche arrière à cause de l’opposition des habitants. Le gouvernement actuel a décidé de reprendre à zéro la recherche de site, en se basant sur des critères « scientifiques » et vient de publier une carte avec les zones potentielles et celles qui sont exclues.

La proximité des volcans ou de failles actives sont des critères d’exclusion. Les zones avec des ressources naturelles sont aussi exclues. Finalement, les zones favorables couvrent près de 65% du pays. Les autorités privilégient les côtes sur une distance de 20 km, qui sont qualifiées de « particulièrement favorables » afin de pouvoir apporter les déchets à enfouir par bateau. Cela représente 30% de la surface nationale et concernent 900 communes, soit la moitié des communes japonaises. Les autorités ont même envisagé un enfouissement sous-marin.

Le gouvernement a l’intention de lancer les recherches de site dans ces zones favorables, après avoir convaincu les élus locaux. Les tractations devraient commencer cet automne. La province de Fukushima a déjà dit que ce serait non. La province d’Aomori devrait aussi être exclue car elle accueille déjà les déchets en surface, conformément à l’accord avec l’Etat.

Pour favoriser l’acceptabilité, le stockage devra être « réversible », à l’instar de ce qui est prévu en France. Le centre devrait accueillir 40 000 fûts et coûter 3 700 milliards de yens.

Éclatement d’un sac avec du plutonium : le centre de recherche connaissait le problème depuis plus de 20 ans

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) continue d’analyser les causes de l’éclatement d’un sac plastique contenant de la poudre de combustible MOx au moment de l’ouverture du fût scellé. Cet incident avait entraîné la contamination de cinq personnes qui sont toujours suivies. Une réévaluation récente de cette contamination interne conduirait à une dose comprise entre 100 et 200 mSv pour la personne la plus exposée, selon l’agence de presse jiji. Le centre qui les a pris en charge espère pouvoir réduire la dose grâce à un traitement.

La JAEA a reconnu l’erreur de manipulation et la sous-estimation des risques. C’est bien le moins… Le personnel aurait dû utiliser une boîte à gants fermée plutôt qu’une simple paillasse pour ouvrir le petit fût de combustible. Cela aurait évité sa contamination avec des radioéléments particulièrement toxiques comme le plutonium. Par ailleurs, comme le rapporte le Maïnichi, il a fallu trois heures pour installer une tente de décontamination après l’incident car aucun matériel n’était disponible sur place et qu’il n’y avait jamais eu d’exercice de ce type. De plus, la douche qui aurait dû être utilisée pour la décontamination était cassée.

La JAEA avait d’abord annoncé n’avoir pas contrôlé ce récipient avec du combustible nucléaire depuis 1991… Selon l’Asahi, les dernières investigations dans les archives ont montré que des inspections ont eu lieu en 1996 et qu’elles avaient mis en évidence le problème à l’origine de l’éclatement. A l’époque, 63 fûts avaient été contrôlés, y compris celui qui a éclaté à l’ouverture le 6 juin dernier. Rappelons que le combustible est dans un récipient en plastique, mis dans deux sacs plastiques et scellé dans un fût en acier inoxydable. Il était alors apparu que pour 23 d’entre eux, le sac plastique contenant la poudre de MOx était anormalement gonflé ou abimé et que le conteneur en plastique était aussi endommagé. Mais la JAEA a continué à entreposer le combustible de la même manière pendant plus de 20 ans sans mener d’inspection.

Le MOx contient du plutonium qui est particulièrement toxique. La JAEA, avait la prétention de contrôler toute la chaîne de ce combustible, de l’extraction du plutonium des combustibles usés à leur utilisation dans un surgénérateur. Comme pour Monju, qui a dû être fermé définitivement à cause de graves manquements à la sûreté, il est temps d’arrêter ce programme avant l’accident grave. La gestion des combustibles doit être confiée à un autre organisme.

Départ du combustible MOx vers le Japon dans un contexte d’échec de la politique dite de recyclage

Alors que 8 tonnes de combustible MOx quittent le port de Cherbourg à destination de la centrale de Takahama au Japon, qui vient juste d’être remise en service après une longue bataille judiciaire, cette politique d’extraction et de réutilisation du plutonium au Japon ne semble avoir aucun avenir. Le transfert vers le port s’est fait sous un dispositif de sécurité impressionnant : routes fermées, des centaines de gendarmes et CRS, hélicoptère dans les airs… (Voir les photos sur notre fil twitter). La route vers le Japon est secrète, mais il n’y a pas beaucoup de choix possibles. Le voyage devrait durer 2 à 3 mois.

A noter que, selon la télévision publique japonaise, la NHK, les mesures de sécurité renforcées sont dues à la présence d’une poignée de militants anti-nucléaire…

Jusqu’à maintenant, seulement quatre réacteurs ont utilisé du MOx au Japon, dont le n°3 de Fukushima daï-ichi et il était prévu de monter à 16 ou 18 réacteurs. Mais il n’y a que 5 réacteurs en activité actuellement. Comme nous l’avons déjà signalé, le gouvernement japonais aurait distribué plus de 16,2 milliards de yens (127 millions d’euros) en soutien aux pouvoirs locaux pour qu’ils acceptent l’utilisation du combustible MOx.

L’usine d’extraction du plutonium de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, initialement prévue pour 1997 afin de prendre le relais des contrats étrangers, n’a jamais démarré. Sa date de mise en service a déjà été reportée 22 fois et son coût de construction devrait atteindre 2 900 milliards de yens (22,5 milliards d’euros), soit quatre fois plus que l’estimation initiale, selon Japan Nuclear Fuel Ltd (JNFL) citée par l’Asahi. La dernière augmentation de 750 milliards de yens (presque 6 milliards d’euros) serait due au renforcement de la résistance aux séismes. Si l’on inclut l’exploitation de l’usine pendant 40 ans et son démantèlement, la facture devrait s’élever à 13 900 milliards de yens (108 milliards d’euros).

Tout ça pourquoi ? En France, le MOx entraîne un taux de recyclage des combustibles qui sortent des réacteurs nucléaires inférieur à 1% (lire notre bilan). C’est quasiment 0% au Japon…

En attendant, le stock de combustibles usés s’accumule sans solution en vue au Japon, dans les piscines des centrales nucléaires, ainsi qu’à proximité de l’usine dite de retraitement. Il y a deux volcans dans les environs de Rokkashô, le Towada et le Hokkada. Une coulée pyroclastique a atteint Rokkashô dans le passé. En cas de nouvelle menace volcanique, JNFL n’a rien trouvé de mieux, que de proposer de déplacer les 3 000 tonnes de combustibles usés et autres matières et déchets nucléaires, mais personne ne sait où.

Quel avenir pour le pacte américano-japonais concernant le combustible nucléaire ?

Le Japon a signé en 1988 avec les Etats-Unis un accord bilatéral l’autorisant à enrichir son propre uranium et à extraire le plutonium des combustibles usés afin d’en faire du combustible MOx. Cet accord arrive à échéance en juillet 2018 et le Japon a échoué à mettre en place ce qui est généralement qualifié de cycle nucléaire, même s’il n’y a pas de cycle : l’usine d’extraction du plutonium, dite de retraitement, n’a jamais démarré et le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement. Et comme le parc nucléaire est quasiment à l’arrêt, les perspectives de consommer le plutonium accumulé sont très réduites. Comme le plutonium est une matière proliférante, son accumulation pause des problèmes.

Mais le Japon s’acharne, malgré les déboires. Il espère une reconduction tacite de l’accord avec les Etats-Unis sans limite dans le temps et ne veut pas négocié un nouveau traité.

Par ailleurs, alors que le second round de négociations en faveur de l’abolition des armes nucléaires vient de reprendre à l’ONU, le Japon, qui bénéficie du parapluie nucléaire américain, boycotte les pourparlers. En décembre dernier, quand 113 pays ont adopté une résolution appelant au début de ces négociations, le Japon avait voté contre, comme 34 autres pays, dont les puissances nucléaires comme la France.

Le Japon a toujours eu une attitude ambiguë sur ce sujet. D’un côté, comme étant le seul pays à avoir été bombardé par cette arme, il s’affiche comme partisan de son abolition, mais, d’un autre côté, c’est un pays du seuil qui veut développer toute la technologie nécessaire pour pouvoir fabriquer rapidement des armes nucléaires en cas de conflit.

Nouveau plan de financement de la catastrophe nucléaire

Le 10 mai 2017, le parlement japonais a adopté une loi demander qui renforce le contrôle du gouvernement sur TEPCo. La compagnie va devoir provisionner une partie du coût de démantèlement des réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi, estimé à quelques 8 000 milliards de yens (64 milliards d’euros) par les autorités. D’autres estimations donnent des chiffres beaucoup plus élevés. C’est la Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corp., l’organisation qui avance l’argent pour les indemnisations et qui soutient le démantèlement, qui fixera, chaque année, la somme que TEPCo doit affecter à ce poste et le ministre de l’industrie devra donner son accord. L’utilisation de ces fonds est aussi soumise à l’accord du ministère qui pourra aussi mener des inspections.

TEPCo a soumis, dès le lendemain, un nouveau plan qui prévoit d’affecter 500 milliards de yens (4 milliards d’euros) chaque année au démantèlement de ses réacteurs accidentés et à l’indemnisation. C’est beaucoup plus que les profits actuels.

TEPCo a fini l’année 2016 avec un bilan positif pour la quatrième année consécutive, mais son bénéfice est en baisse de 30% avant impôts par rapport à l’année précédente. Ses ventes ont baissé de 11%.

Le nouveau plan inclut six différents scénarios en fonction des dates de redémarrage de réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (2019, 2020 ou 2021). Cela reste bien optimiste car il y a encore de nombreux problèmes de sûreté. Pour augmenter ses profits, TEPCo veut notamment partager son projet de centrale nucléaire à Higashidôri, dans la province d’Aomori. Elle veut toujours y construire deux réacteurs nucléaires, « sûrs et bon marché ». Les travaux du premier se sont arrêtés en 2011 et le deuxième n’existe que sur le papier. Tôhoku Electric y a déjà un réacteur.

La Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corp. pousse aussi TEPCo à partager la distribution électrique pour augmenter ses profits. Pour le moment, aucune des compagnies voisines, à savoir Chûbu et Tôhoku Electric, n’envisagent de partenariat nucléaire avec TEPCo car elles n’en ont aucun intérêt. Les autres compagnies ne sont pas plus enthousiastes car qui accepterait de partager le coût de la catastrophe nucléaire ? Le plan soumis semble donc peu réaliste et ce sont les contribuables qui risquent de payer la facture…

Le gouvernement voulait que les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité payent une redevance pour financer les conséquences de cette catastrophe, mais, selon l’agence de presse Kyodo, reprise par le Maïnichi, 60% d’entre elles y sont opposées.

TEPCo envisage la fin de sa nationalisation en 2019. Le gouvernement compte sur la vente d’actions pour se rembourser d’une partie des sommes avancées pour la décontamination et la gestion des déchets associés.

Sans surprise, le gouvernement a, le 20 mai, accepté ce plan de TEPCo qui inclut quasiment mot pour mot ses propres recommandations.

A noter qu’à la fin de l’année fiscale 2015 (31 mars 2016), environ 5 000 milliards de yens (40 milliards d’euros) affectés à la reconstruction de la triple catastrophe n’ont toujours pas été utilisés, selon la cour des comptes japonaise. Cela représente environ 15% du budget alloué à la reconstruction entre 2011 et 2015. C’est dû aux retards pris sur la construction de digues ou la redéfinition des plans d’occupation des sols.

Feu vert de l’autorité de régulation nucléaire au démantèlement de 5 réacteurs nucléaires

En mars 2015, il a été décidé d’arrêter définitivement cinq réacteurs nucléaires suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. Il s’agit de Mihama 1 et 2 à Fukui et Tsuruga 1 à Fukui, Shimané 1 et Genkaï 1 dans la province de Saga. L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, vient d’approuver leur plan de démantèlement qui devrait durer une trentaine d’année. Les exploitants n’ont, pour le moment, aucune solution à proposer pour les déchets.

En mars dernier, la NRA avait, selon le Japan Times, repoussé son avis concernant ce démantèlement à cause des déchets engendrés. Les plans de gestion étaient conforment à la législation, mais l’Agence demandait des garanties supplémentaires afin de garantir la sûreté.

L’estimation des exploitants aboutit à un total de 26 820 tonnes de déchets radioactifs, sachant qu’il y a des seuils de libération au Japon en dessous desquels les déchets ne sont pas considérés comme radioactifs. Ces derniers représentent un total de 40 300 tonnes. Kansaï Electric s’est engagée à trouver une solution pour les déchets avant la fin du démantèlement… La province de Fukui, où sont situés les réacteurs de cette compagnie, ne veut pas de ces déchets.

A Tôkaï-mura, dans la province d’Ibaraki, où plusieurs installations étaient en démantèlement bien avant la catastrophe de Fukushima, les travaux prennent du retard faute de solution pour les déchets. Même les les déchets classés comme non-radioactifs n’ont pas de site de stockage. Il devrait en être de même pour les autres installations nucléaires.

Le coût total du démantèlement de ces 5 réacteurs est estimé à 178,9 milliards de yens (1,5 milliard d’euros).

La NRA est en train d’examiner le plan de démantèlement d’Ikata 1 (Ehimé) qui a été arrêté définitivement en mars 2016.

La Japan Atomic Energy Agency, quant à elle, a estimé que le démantèlement de son usine de retraitement de Tôkaï-mura dans la province d’Ibaraki lui coûterait 800 milliards de yens (6,6 milliards d’euros). Elle doit encore soumettre son plan à la NRA. L’Agence prévoit d’enfouir les déchets à différentes profondeurs en fonction de leur niveau de contamination, mais elle ne sait pas où. Le coût de ce stockage, inclus dans la somme totale, est estimé à 330 milliards de yens (2,7 milliards d’euros).

Le devenir des combustibles usés de ses réacteurs et tout aussi opaque et les exploitants japonais n’ont aucune solution à proposer. Cela pourrait ralentir sérieusement les travaux de démantèlement.

Pour le réacteur de recherche Fugen, la Japan Atomic Energy Agency envisage d’envoyer les 70 tonnes de MOx à l’étranger pour retraitement, mais l’on ne sait pas ce qui sera fait des matières extraites. Il s’agit surtout de gagner du temps, avec un vague espoir que tout reste à l’étranger… En France, les matières dites valorisables, non classées en déchets, ne doivent pas obligatoirement être renvoyées, même si elles ne sont pas valorisées. Le démantèlement de Fugen doit être fini en 2033 selon le calendrier de l’exploitant.

Pour Monju, la Japan Atomic Energy Agency doit encore proposer son plan de démantèlement. Elle n’a pas non plus de solution pour les 22 tonnes de MOx.

En ce qui concerne les réacteurs de production d’électricité, cela n’est pas mieux. Kansaï Electric a promis de retirer les 279 tonnes de combustibles usés des réacteurs 1 et 2 de sa centrale de Mihama avant 2035 et de les mettre en dehors de la province de Fukui, mais elle n’est aucun lieu d’entreposage. Kyûshû Electric doit retirer les 97,2 tonnes de son réacteur n°1 de Genkaï avant 2029, sans plus de solution non plus.

D’autres exploitants, comme la Japan Atomic Power et son réacteur Tsuruga 1 ou Chûgoku Electric pour Shimané 1 comptent encore sur l’usine de retraitement de Rokkashô-mura, mais l’usine n’a jamais démarré après plus de 20 reports. Même si l’usine démarrait, les perspectives de recyclage du plutonium sont quasi-nulles.

Ailleurs, le combustible usé attendra dans la piscine commune de la centrale le temps qu’il faudra. C’est le cas, par exemple de Fukushima daï-ichi où il y en a 2 130 tonnes.

Début des essais de réutilisation de terres contaminées

On le sait, les autorités ne savent pas quoi faire de la vingtaine de millions de mètres cubes de déchets radioactifs issus de l’immense chantier de décontamination des territoires contaminés de Fukushima. Comme personne n’en veut, le gouvernement veut « recycler » les sols sous la forme de fondation pour des ouvrages publics comme des routes, digues… sans se soucier de la perte de mémoire qui accompagnera cette dissémination.

Un essai doit débuter à Odaka, dans la commune de Minami-Sôma. Selon l’Asahi, un millier de sacs de terre contaminée à environ 2 000 Bq/kg vont être utilisées à côté d’un site d’entreposage afin de confirmer le confinement. Le tout sera recouvert de sol non contaminé.

Comment valider la procédure avec un tel essai, très limité dans le temps, qui utilise de la terre moins contaminée que la limite prévue de 8 000 Bq/kg, dans un environnement très contaminé qui rend difficile la détection de fuites ?

Accident nucléaire à la centrale de Fukushima : le coût pourrait être trois fois plus élevé que l’estimation gouvernementale selon une étude

Les chiffres officiels relatifs au coût de la catastrophe ont été revus à la hausse en décembre 2016 pour atteindre 21 500 milliards de yens (175 milliards d’euros). Cela inclut le démantèlement des réacteurs de Fukushima daï-ichi, à hauteur de 8 000 milliards de yens (65 milliards d’euros), 7 900 milliards de yens (64 milliards d’euros) pour les indemnisations, près de 4 000 milliards de yens (32,5 milliards d’euros) pour la décontamination et 1 600 milliards de yens (13 milliards d’euros) pour le centre d’entreposage temporaire des déchets radioactifs. Pour en savoir plus.

Cette somme ne comprend pas le coût du stockage des déchets issus du démantèlement de la centrale accidentée ni la création d’un îlot décontaminé dans les zones dites « de retour difficile » dont le seul but est la non disparition des villages concernés.

La facture de la catastrophe nucléaire pourrait être de 50 000 à 70 000 milliards de yens (420 à 580 milliards d’euros), ce qui est 3 fois plus élevé que l’estimation gouvernementale, selon une étude du Japan Center for Economic Research.

En ce qui concerne les indemnisations, le cabinet d’étude privé a retenu le chiffre gouvernemental de 8 000 milliards de yens (67 milliards d’euros). Mais, pour la décontamination, il estime à 30 000 milliards de yens la facture (250 milliards d’euros), ce qui est 5 fois plus que les 6 000 milliards de yens (50 milliards d’euros) avancés par le gouvernement. Pour ce faire, l’étude a supposé que les déchets finiraient dans un centre de stockage situé à Rokkashô, dans la province d’Aomori. Le gouvernement, quant à lui, n’a pas pris en compte le coût du stockage définitif.

Pour le démantèlement complet de la centrale accidentée, le centre de recherche privé arrive à 11 000 milliards de yens (92 milliards d’euros) contre 8 000 milliards (67 milliards d’euros) pour le gouvernement. Le traitement de l’eau contaminée qui continue à s’accumuler pourrait s’élever à 20 000 milliards de yens (167 milliards d’euros), sauf si elle est rejetée en mer…