Des déchets radioactifs à perte de vue

Le vaste chantier de décontamination à Fukushima engendre une énorme quantité de déchets radioactifs. Les autorités en attendent 22 millions de mètres cubes après incinération des déchets organiques (voir le dernier bilan officiel). D’ici 2021, 15,2 millions de mètres cubes devraient être entreposés « provisoirement » sur un site de 16 km2 qui entoure la centrale accidentée, sur les communes d’Ôkuma et Futaba. En attendant, ces déchets s’entassent un peu partout, parfois à perte de vue.

Nous avons publié, il y a un peu plus d’un an, un reportage sur toute la chaîne de gestion de ces déchets, avec des photos et des vidéos. Greenpeace Japon vient de mettre en ligne des images de ces déchets vus du ciel :

Greenpeace Allemagne aussi si vous préférez l’Allemand :

Une note en anglais de Greenpeace fait aussi le point sur les déchets radioactifs.

La décontamination, presque terminée officiellement, sauf dans les zones dites de « retour difficile », ne concerne que les zones habitées qui deviennent des oasis au milieu des montagnes et des forêts qui couvrent 75% du territoire de la province de Fukushima. La décontamination de petites zones dans les territoires les plus contaminés est prévue pour ne pas rayer de la carte deux communes, même si les habitants ne rentreront pas. L’obstination de la reconquête, jusqu’à l’absurde.

23ième report de la date de mise en service de l’usine dite de retraitement de Rokkashô-mura

Japan Nuclear Fuel Ltd vient d’annoncer le 23ième report de la date de mise en service de l’usine dite de retraitement de Rokkashô dans la province d’Aomori. Avec ce nouveau report de 3 ans, on arrive à un retard cumulé de 24 ans par rapport à la première date de mise en service, qui était décembre 1997.

L’excuse avancée cette fois-ci est le renforcement de la sûreté après la découverte de problèmes graves. Des rapports de sûreté étaient falsifiés. Cette usine est supposée séparer le plutonium pour le recycler dans le parc nucléaire actuellement à l’arrêt, à l’exception d’une poignée de réacteurs. Et le surgénérateur Monju, qui devait aussi consommer du plutonium, a aussi été arrêté définitivement.

Avec une augmentation de l’ordre de 3 000 milliards de yens (23 milliards d’euros), le coût de cette usine a quadruplé.

Nouveau calendrier pour l’entreposage des déchets

Selon le Fukushima Minpo, le ministre de l’environnement a rencontré les conseils municipaux d’Ôkuma et Futaba, le 21 novembre dernier, pour leur faire part du nouveau calendrier pour l’entreposage des déchets issus de la décontamination sur le territoire de leur commune. Le volume de déchets qui devraient y être transportés est estimé à 15,2 millions de mètres cubes.

Le rythme prévu, qui dépend surtout de l’acquisition des terrains pour l’entreposage, est de 1,8 millions de mètres cubes en 2018, 4 en 2019 et 6 en 2020, ce qui fait un total de 12,5 millions de mètres cubes si l’on compte les déchets qui y sont déjà. Le ministre espère que le transport des déchets sera terminé en 2021.

Mais les travaux de décontamination se poursuivent par endroit et n’ont pas commencé dans la zone dite de retour difficile. Le volume total de déchets devrait donc augmenter. Par ailleurs, dans son dernier bilan mis en ligne, qui n’a pas beaucoup évolué depuis le bilan précédent, le ministère de l’environnement signale qu’il n’a signé de contrat que pour 654 hectares, soit 40% des terrains privés.

Le quotidien régional ne rapporte aucun propos du ministre quant à l’avenir de ce site d’entreposage et à la reprise promise des déchets au bout de 30 ans.

Ouverture du centre d’entreposage des déchets radioactifs sans solution pérenne

Le vaste chantier de décontamination du Japon devrait engendrer environ 22 millions de mètres cubes de déchets radioactifs après incinération des déchets organiques. Voir notre reportage de 2016 sur le sujet. Ces déchets doivent être entreposés temporairement sur un centre de 16 km2 tout autour de la centrale de Fukushima daï-ichi en attendant de leur trouver une solution pérenne.

Alors que les travaux de décontamination sont presque terminés, sauf dans les zones dites de « retour difficile », le ministère de l’environnement vient d’ouvrir officiellement l’ « Installation d’entreposage provisoire ». Légalement, ces déchets ne doivent y rester que 30 ans, mais les habitants des deux communes concernées, Futaba et Ôkuma, n’y croient pas et pensent que cela va devenir un centre de stockage définitif. Le coût de ce centre est estimé à 1 100 milliards de yens (8,5 milliards d’euros).

Selon le dernier bilan officiel relatif à la décontamination et aux déchets engendrés, daté d’octobre 2017, les travaux de décontamination sont terminés dans la zone évacuée, sauf pour la partie dite de retour difficile. C’est le gouvernement qui était directement en charge des travaux dans ce qu’il a appelé en anglais la Special Decontamination Area (SDA). Voir la carte officielle :

Le gouvernement a provisionné environ 1 300 milliards de yens (10 milliards d’euros) pour la décontamination de cette zone qui a impliqué 13 millions de travailleurs et engendré 8,4 millions de mètres cubes de sols contaminés à stocker auxquels s’ajoutent les autres déchets.

Ailleurs, dans les zones non évacuées que le Japon a qualifié en anglais d’Intensive Contamination Survey Area (ICSA), ce sont les communes qui avaient la charge des travaux. La décontamination n’y est pas encore terminée, mais les chiffres sont tout aussi pharaoniques : 17 millions de travailleurs et 7,2 millions de mètres cubes de sols contaminés à gérer, dont 6,8 viennent de Fukushima, pour un coût total d’environ 1 700 milliards de yens (13 milliards d’euros). Sur les 92 communes concernées, 84 ont terminé les travaux de décontamination. Ils sont terminés dans toutes les provinces, sauf à Fukushima, où ils sont terminés à 90%. Seules 8 communes sont encore concernées. Voir la carte officielle :

On arrive à un total de 30 millions de travailleurs, ce qui paraît peu plausible, même s’il y a les mêmes chiffres sur ce document en japonais (p. 14). Ce doit être le nombre de contrats de travail, sachant qu’ils étaient tous en CDD. Cela fait toujours beaucoup de monde : en comptant 30 contrats par personne, on arrive à 1 million de travailleurs ! Il est étonnant que les autorités ne connaissent pas le nombre de travailleurs engagés dans les travaux de décontamination alors qu’elles sont supposées enregistrer les doses de radiation prises.

Il y a eu de nombreux scandales sur les chantiers de décontamination, avec de nombreuses violations du droit du travail. Rien dans le rapport officiel à ce sujet, si ce n’est que les autorités ont collé des auto-collants sur les casques des travailleurs avec un message de remerciement dessiné par des enfants dans le cadre de la campagne des « casques thanks »…

Paradoxalement, même si ces travaux de décontamination sont presque terminés, à l’exclusion de la zone de retour difficile, les autorités n’ont pas fait évoluer les chiffres relatifs au volume de déchets attendus qui sont les mêmes depuis des années : 22 millions de mètres cubes après incinération des déchets organiques, dont 20 millions de mètres cubes de sols. Le volume de cendres radioactives devrait être d’environ 1,5 millions de mètres cubes.

Pour la seule province de Fukushima, il y aurait déjà 15 millions de mètres cubes de sols contaminés répartis sur 150 000 sites. Les déchets des autres provinces doivent y rester, même si les autorités ne trouvent pas de site de stockage.

Pour ce qui est de l’installation d’entreposage provisoire (Interim Storage Facility ou ISF) que le gouvernement vient officiellement d’ouvrir, seulement 40% des 16 km2 (ou 1 600 hectares) de terrains ont pu être achetés. Sur les 1 810 propriétaires identifiés, 1 139 ont accepté de vendre ou de louer leur terrain, pour une surface totale de 624 hectares.

Les autorités y ont déjà transféré environ 230 000 m3 de sols contaminés à titre expérimental durant l’année 2016, soit environ 38 000 voyages en camions, et devrait y transporter le double en 2017. Elles estiment que le volume transféré sera compris entre 5 et 12,5 millions de mètres cubes en 2020, année des Jeux olympiques. cela fait entre 1 et 2 millions de transports par camion…

Pour la suite et le stockage définitif des déchets en dehors de Fukushima, c’est toujours aussi flou, même si tout doit être prêt pour 2045. Les autorités devraient présenter en 2018 leur stratégie de « recyclage » qui va consister à réutiliser les terres qui ont moins de 8 000 Bq/kg pour des travaux de construction. Cette solution inquiète tout le monde. Les experts consultés avaient émis des réserves, mais le ministère est passé outre. Même l’Autorité de Régulation Nucléaire a, en janvier 2017, émis des réserves et a demandé des garanties. Mais cette solution permettrait d’économiser 1 500 milliards de yens (11 milliards d’euros)… Les premiers essais ont débuté en février 2017.

Réouverture d’un tronçon de la ligne de train Jôban, entre Naraha et Tomioka

La ligne de chemin de fer Jôban, qui longe le littoral a été endommagée par le séisme de 2011, partiellement détruite par le tsunami et fortement contaminée, par endroits, par les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Sa remise en service partielle, tronçons après tronçons, est un marqueur des efforts de reconstruction et c’est un symbole fortement médiatisé pour les politiques. A Minami-Sôma, la réouverture partielle de la ligne avait accompagné la levée de l’ordre d’évacuer en juillet 2016. Plus au Nord, la ligne a été surélevée dans les zones proches du littoral à cause des tsunamis, et a rouvert en décembre 2016.

C’est une nouvelle portion de cette ligne qui vient de rouvrir, entre la station Tatsuta à Naraha et Tomioka, où l’ordre d’évacué a été levé fin mars 2017. Cette nouvelle portion fait 6,9 km et il y a 11 aller-retours par jour.

Le littoral de Tomioka, détruit par le tsunami, est devenu, à proximité de la centrale de Fukushima daï-ni, un centre de gestion des déchets radioactifs issu de la décontamination des territoires, avec entreposage, tri, incinération et bétonnage des cendres (voir notre reportage en photos). La nouvelle ligne passe à proximité, comme on peut le voir dans les médias japonais. Voir, par exemple, cette photo reprise du Maïnichi :

Fukushima 311 Voices signale que cette photo a disparu de la version japonaise du Maïnichi sous la pression de lecteurs. Voir aussi les explications de Nos Voisins Lointains 3.11.

L’ancienne gare a été détruite par le tsunami :

gare_Tomioka

La nouvelle ligne passe au même endroit, sans être sur-élevée comme c’est le cas plus au Nord. Surélever le train tout en laissant les déchets en bas aurait paru trop ridicule ? Voir d’autres photos du Maïnichi.

Sur cette autre photo du Maïnichi, le train passe à proximité d’un des incinérateurs de déchets issus de la décontamination, qui est situé le long du littoral, dans la zone ravagée par le tsunami :

Comme nous l’avons déjà signalé, le taux de retour des habitants à Tomioka est très faible et la ligne sera peu usitée : fin août, seulement 200 habitants, sur 13 300 avant la catastrophe sont rentrés.

Après Tomioka, vers le Nord, il reste une portion de 21 km qui passe par les zones dites de « retour difficile » et pour laquelle la compagnie Japan Rail (JR) espère une réouverture avant la fin mars 2020, juste avant les jeux olympiques. En attendant, un service de bus fait la liaison.

Rapports de sûreté falsifiés à l’usine de retraitement de Rokkashô

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) japonaise vient d’annoncer que la Japan Nuclear Fuel Ltd. (JNFL), propriétaire de l’usine de retraitement de Rokkashô dans la province d’Aomori, avait omis des inspections et falsifié des rapports de sûreté. Le PDG de la compagnie a promis d’inspecter son usine de fond en comble. En attendant, il suspend les travaux visant à obtenir l’autorisation de démarrage.

En août dernier, 800 litres d’eau de pluie a fui d’un tuyau situé dans une galerie souterraine et a atteint une pièce avec un générateur diesel de secours. La compagnie s’est alors aperçue que la galerie n’avait pas été inspectée pendant 14 ans, c’est à dire depuis sa construction. Les rapports de sûreté mentionnaient pourtant qu’il n’y avait rien à signaler. La compagnie a essayé d’expliquer que ces « RAS » concernaient une autre galerie souterraine… 110 autres litres ont fui en septembre.

Le démarrage de cette usine, initialement prévu en 1997, a déjà été reporté 23 fois. La date de mise en service officielle est début 2018, mais cela paraît déjà impossible à tenir. Le 24ième report ne devrait pas tarder !

La NRA a aussi annoncé qu’en septembre dernier, des fissures et des trous avaient été trouvés dans les cheminées de l’usine d’enrichissement de l’uranium, aussi détenue par JNFL. Ces défauts, qui violent les règles de sûreté, n’ont pas été découvert plus tôt pas manque d’inspection.

Le village nucléaire japonais n’a pas fini de nettoyer ses écuries…

23ième report en vue du démarrage de l’usine de retraitement de Rokkashô

L’usine de traitement des combustibles usés de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, qui aurait dû initialement démarrer en 1997, n’a jamais été mise en service. En novembre 2015, lors du dernier report de la date de mise en service, le propriétaire, Japan Nuclear Fuel Ltd, avait annoncé septembre 2018. Le PDG vient de reconnaître que ce calendrier sera difficile à respecter. Il n’a pas donné de nouvelle date, mais on peut s’attendre à un 23ième report.

Avec déjà 20 ans de retard, il vaudrait mieux abandonner le projet… Surtout qu’il n’y a pas de débouchés pour le plutonium qui pourrait y être extrait. Le surgénérateur Monju a été abandonné définitivement et il n’y a que 5 réacteurs en activité.

Report du retrait des combustibles usés des piscines des réacteurs 1 et 2

TEPCo a terminé en décembre 2014 le retrait des combustibles usés de la piscine de refroidissement du réacteur n°4. Pour les réacteurs 1 à 3, où il y a eu fusion du cœur, c’est beaucoup plus compliqué car les êtres humains ne peuvent pas y travailler à cause de débits de dose trop élevés. Les piscines de décroissance de ces trois réacteurs contiennent un total de 1 573 assemblages usés pour la plupart (392 dans le réacteur n°1, 615 dans le 2 et 566 dans le 3).

En cas de nouveau séisme de forte magnitude et/ou de tsunami, la structure de soutènement de ces piscines, déjà fortement fragilisée, risque de ne pas tenir et cela pourrait entraîner une nouvelle catastrophe majeure, bien plus grave que la catastrophe actuelle, car les piscines, qui contiennent beaucoup plus de radioéléments que les cœurs, ne sont pas confinées.

TEPCo a reporté une nouvelle fois la date de début des travaux de retrait des combustibles usés des piscines des réacteurs 1 et 2 et le gouvernement vient de donner son accord. La compagnie espérait débuter les travaux en 2020, mais ce sera trois ans plus tard. Cela fait désormais un retard cumulé de 6 ans sur le plan initial.

Le plan précédent date de juin 2015.

Pour le réacteur n°1, le retrait des débris qui jonchent le sommet du bâtiment réacteur s’avère être plus complexe que prévu. Quant au réacteur n°2, qui n’a pas été détruit par une explosion hydrogène, l’argument est de laisser plus de temps pour trouver des solutions en vue de limiter les rejets radioactifs lors du démontage du toit et des murs.

Pour le réacteur n°3, les travaux de construction de la structure sur le toit qui doit permettre de retirer ces combustibles, avancent. La compagnie a mis quelques images en ligne au début du mois et en août dernier. Elle espère débuter après avril 2018 pour une durée de deux années. Cette date avait déjà été repoussée en début d’année.

En ce qui concerne le retrait du corium, ce mélange hautement radioactif de combustibles fondus et de débris, TEPCo et le gouvernement maintiennent un début des travaux en 2021, même si la technologie n’est toujours pas disponible. La durée des travaux et le devenir des déchets engendrés ne sont pas indiqués dans le plan. En revanche, la décision relative au réacteur à traiter en premier a été reportée à 2019.

La compagnie maintient un objectif global de tout démanteler en 40 ans, même si personne n’y croit.

En ce qui concerne l’eau contaminée qui continue à s’accumuler à un rythme de 200 m3 par jour, malgré le gel du sol tout autour des réacteurs, le gouvernement espère passer à 150 m3 par jour d’ici 2020. Voir les dernières données de TEPCo. Quant au devenir des 817 000 m3 d’eau traitée contenue dans les cuves, aucun calendrier n’est mentionné. Voir le dernier bilan de TEPCo.

De nombreuses personnes restent déplacées 6 ans et demi après le tsunami

Alors que le 11 septembre marque les six ans et demi de la triple catastrophe, les médias japonais publient quelques données sur les personnes déplacées et le nombre de victimes. Les séisme et tsunami sont responsables de 18 440 décès et disparitions auxquels il faut ajouter 3 500 décès indirects survenus par la suite à cause des mauvaises conditions de vie ou des suicides.

Il y a encore plus de 20 000 personnes dans les logements provisoires dans les trois provinces les plus touchées : 8 142 à Iwaté, 7 148 à Miyagi et 6 210 à Fukushima. Certains propriétaires terriens où sont installés des logements préfabriqués aimerait récupérer leur terrain et s’impatientent. A l’inverse, certaines communes dévastées par le tsunami ont pris du retard dans la reconstruction sur des terrains élevés.

Les personnes qui bénéficient de logements du parc public devraient subir une forte hausse de leur loyer l’année prochaine car le gouvernement a prévu de baisser ses aides pour les bas revenus au bout de 6 années dans le logement et de les terminer au bout de 11 années. Par ailleurs, les foyers dont le logement a été détruit ont droit à 3 années à loyer modéré dans le parc public, quel que soit leur revenu. Beaucoup y sont entrés en 2013.

Par exemple, une victime du tsunami vivant à Sendaï, dont le seul revenu est une pension d’Etat, paye 5 600 yens de loyer mensuel dans le parc HLM pour un F2. Ce sera 18 200 yens au bout de 11 années. Le revenu du foyer doit être inférieur à 80 000 yens pour bénéficier d’une telle aide. Cela concernerait 3 321 foyers à Iwaté, 9 272 à Miyagi et 4 101 à Fukushima. Une pétition a été lancée pour obtenir une prolongation des aides financières car le traumatisme causé par la catastrophe continue à handicaper de nombreuses personnes.

Certaines familles, qui reçoivent un soutien de la commune, ne sont pas concernées par la fin de ces aides financières.

Selon une étude du Maïnichi, le taux de retour ou d’installation dans les zones où l’ordre d’évacuer a été levé en mars – avril dernier est de moins de 10% et près de 50% des personnes qui sont rentrées ont plus de 65 ans. La proportion de personnes âgée y est environ deux fois plus élevée qu’avant la catastrophe. Les plus jeunes ont refait leur vie ailleurs ou craignent de rentrer avec des enfants à cause des radiations.

Le quotidien a interrogé 9 communes où des ordres d’évacuer ont été levés au printemps dernier. En juillet – août, seulement 5 951 personnes dans 2 970 foyers étaient rentrées. Parmi elles, 2 929, ou 49,2%, ont plus de 65 ans. Avant la catastrophe nucléaire, un peu plus de 60 000 personnes vivaient dans ces zones et 27,4% avaient plus de 65 ans.

C’est à Kawauchi que le taux de personnes âgées de plus de 65 ans est le plus élevé, avec 71,3% et c’est à Naraha qu’il est le plus faible, avec 37%. Avant la catastrophe de Fukushima, le taux le plus élevé du pays était de 60,5% à Nanmoku, dans la province de Gunma. Désormais 3 communes de Fukushima battent ce record.

La taille moyenne des foyers dans ces zones est réduit à celle que l’on observe à Tôkyô : 2,02 personnes par foyer en 2015. C’était 3,04 avant la catastrophe.

Ces chiffres montrent que le nombre de personnes âgées isolées ou dépendantes va encore augmenter dans ces zones et cela représente un défi pour les pouvoirs publics qui font face à une pénurie d’employés. A Katsurao, seulement 5 des 94 pompiers volontaires sont rentrés.

A Futaba, commune presque entièrement classée en « zone de retour difficile », une petite partie vient y est classée de « centre de reconstruction » depuis le 15 septembre. Le but est de rouvrir en 2022, comme nous l’avons déjà rapporté. Le gouvernement compte sur le retour de 1 400 personnes d’ici 2027 et l’installation de 600 autres…

Selon un sondage rapporté par le Fukushima Minpo, plus de 70% des personnes qui habitent dans les 7 communes du district de Futaba disent craindre une récurrence de l’accident nucléaire et les déchets qui doivent être entreposés pour 30 ans sur 16 km2 autour de la centrale accidentée.