73ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 73ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 38,4 milliards de yens (293 millions d’euros au cours actuel). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 070,5 milliards de yens (62 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

TEPCo condamnée à dédommager un suicide

Fumio Ôkubo, âgé de 102 ans, était le doyen d’Iitaté-mura. Il s’est suicidé le 12 avril 2011, après que le journal télévisé ait annoncé que le gouvernement s’apprêtait à ordonner l’évacuation de sa commune en avril 2011.

Sa famille a porté plainte contre TEPCo en juillet 2015 et a réclamé 60,5 millions de yens (450 000 €) de dédommagements. La justice a reconnu le fort stress lié à la perspective de fuir et la crainte d’être un fardeau pour ses proches. Elle vient de lui accorder 15,2 millions de yens (114 000  €).

La veille de son suicide, Fumio Ôkubo avait déclaré avoir vécu trop longtemps et ne pas vouloir quitter sa maison, après avoir entendu à la télévision que le gouvernement s’apprêtait à ordonner l’évacuation de sa commune. TEPCo a nié le lien avec la catastrophe nucléaire, arguant qu’il était malade.

La famille espère que des représentants de TEPCo viendront se recueillir et présenter leurs excuses.

C’est la troisième fois que la justice ordonne à TEPCo de dédommager des suicides. Un premier jugement date de 2014 et l’autre de 2015. La compagnie n’avait pas fait appel.

TEPCo à nouveau condamnée à mieux indemniser

Un tribunal de Tôkyô vient à nouveau de condamner TEPCo à mieux indemniser des victimes de la catastrophe nucléaire. Un groupe de 321 personnes du district d’Odaka de Minami-Sôma demandaient 11 milliards de yens en dédommagement et 318 ont obtenu 1,1 milliards de yens (8 millions d’euros). 3 ont été déboutés.

Ce district est à moins de 20 km de la centrale accidentée et a donc été évacué. L’ordre d’évacuer a été levé en juillet 2016. 12 800 personnes y vivaient avant la catastrophe et elles n’étaient plus que 2 400 en décembre 2017. Les plaignants estimaient que ce district était à jamais perdu et qu’ils ne pourraient jamais retrouver leur vie d’antan, ce que conteste TEPCo.

TEPCo dit qu’elle allait payer 8,5 millions de yens à chaque résident (63 000€), conformément aux règles fixées par le gouvernement. Mais les plaignants estiment que c’est insuffisant, invoquant des difficultés financières et des souffrances psychologiques, et réclamaient 32 millions de yens (237 000€) supplémentaires par personne. Le juge leur accorde 3,3 millions de yens supplémentaires par personne (24 000€), ne s’estimant pas contraint par les directives gouvernementales.

Trois personnes ont été déboutées pour différentes raisons, dont le fait de vivre à l’étranger en 2011.

Les plaignants pourraient faire appel car ils jugent l’indemnisation insuffisante, même si la décision du tribunal montre qu’il reconnait la notion de « compensations pour la perte de sa ville d’origine ». Le juge, quant à lui, a mentionné une rupture du droit à une vie stable sur un territoire.

Une trentaine de plaintes similaires ont été déposées au Japon.

72ième versement financier pour TEPCo : plus de 8 000 milliards de yens prêtés sans intérêt

TEPCo annonce avoir reçu le 72ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 293,5 milliards de yens (2,2 milliards d’euros au cours actuel). Cette somme est environ 10 fois plus élevée que la dernière fois et cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 032,1 milliards de yens (59,5 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

Les US Marines déboutés de leur plainte contre TEPCo et GE

157 US Marines ont saisi la justice américaine pour obtenir de TEPCo et General Electric (GE), le constructeur de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi, la création d’un fond d’indemnisation de 5 milliards de dollars afin de couvrir les frais médicaux découlant des dommages physiques, moraux et financiers qu’ils disent avoir subis. Ils viennent d’être déboutés par la justice de Californie par manque de juridiction adéquate. La décision est accessible ici.

Ces marines avaient participé à l’opération « Tomodachi » d’aide aux victimes du tsunami et on été exposés aux retombées radioactives lors qu’ils croisaient au large de la centrale accidentée à bord du USS Ronald Reagan. Plus de 420 Marines ont saisi la justice dans plusieurs « class-actions ».

71ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 71ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 28,1 milliards de yens (208 millions d’euros au cours actuel). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 710,5 milliards de yens (57,1 milliards d’euros au cours actuel) auquel il faut ajouter le présent versement et cela ne suffira pas.

70ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 70ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 28,9 milliards de yens (220 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 681,6 milliards de yens (58,2 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Plainte contre General Electric qui a construit Fukushima daï-ichi

Une plainte collective a été déposée à Boston aux Etats-Unis contre General Electric (GE), qui a conçu et construit la centrale de Fukushima daï-ichi. La compagnie a aussi été responsable de sa maintenance pendant des années. Pourtant, selon les plaignants, elle n’a pratiquement pas contribué financièrement à la remédiation des conséquences de la catastrophe nucléaire. Ils réclament donc 500 millions de dollars.

La compagnie se défend en expliquant que l’accident est dû au tsunami, pas à la conception du réacteur. Rappelons que le rapport d’enquête parlementaire avait conclu, quant à lui, à un accident d’origine humaine car les réacteurs n’étaient manifestement pas conçus pour résister à une agression extérieure pas si exceptionnelle, quand on pense aux critères généralement retenus pour une installation aussi dangereuse qu’un réacteur nucléaire.

Les plaignants accusent GE d’avoir économisé sur la sûreté et citent notamment :

  • l’enceinte de confinement est plus petite que sur les autres réacteurs nucléaires ;
  • le fait que la centrale ait été construite pratiquement au niveau de la mer, et non sur la falaise comme prévu initialement ;
  • le manque de systèmes de secours…

Le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU s’intéresse aux victimes de la catastrophe de Fukushima

Le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU s’est intéressé au Japon. Concernant les victimes de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi (il faut cliquer sur F pour accéder aux documents en français), il note :

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a constaté avec inquiétude qu’il n’avait pas été suffisamment pourvu aux besoins particuliers des groupes défavorisés et vulnérables pendant la phase d’évacuation et au cours des travaux de relèvement et de reconstruction qui ont suivi le grave séisme qui a frappé l’est du Japon et l’accident nucléaire de Fukushima. Il a recommandé au Japon d’adopter une approche fondée sur les droits de l’homme en ce qui concernait les interventions en cas de catastrophe, l’atténuation des risques et les opérations de reconstruction […].

Le Rapporteur spécial sur le droit à la santé a recommandé au Japon de rendre publiques les informations relatives aux catastrophes dès que celles-ci se produisaient et de veiller à la participation effective et sans exclusive de la population aux processus de prise de décisions concernant les politiques et le cadre réglementaire en matière d’énergie nucléaire.

Plusieurs organisations sont intervenues auprès du Haut Commissariat :

IUVENTUM relève que l’état d’urgence décrété à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, en vigueur depuis mars 2011, autorise le Gouvernement à fixer les normes de sécurité. Si d’importants efforts de décontamination ont été faits, de nombreux lieux n’en ont pas bénéficié, ce qui fait que certains lieux décontaminés risquent d’être à nouveau contaminés. Alors qu’un rapport récent montre que le taux de radioactivité dans l’air est plus élevé à Fukushima qu’ailleurs, le Gouvernement renvoie les personnes qui avaient été évacuées dans les zones contaminées où la radiation est supérieure à 1 mSv/an. Greenpeace recommande au Japon de diffuser des informations exactes et aisément accessibles au sujet de la radiation et des niveaux de risque et de réduire le niveau annuel acceptable d’exposition supplémentaire dans les zones touchées par l’accident à un maximum de 1 mSv/an, ce qui correspondrait à la norme internationale.

Et d’ajouter :

IUVENTUM demande instamment au Japon de maintenir son aide financière aux évacués volontaires de la catastrophe de Fukushima. Greenpeace note avec préoccupation que la catastrophes a des conséquences psychologiques d’une grande ampleur et potentiellement fatales, en particulier pour les femmes et les filles, qui sont en outre, du fait de leur vulnérabilité face aux effets des radiations sur la santé, particulièrement pénalisées aux plans économique et politique par les politiques de reconstruction actuelles. HRN est préoccupé par la situation des enfants diagnostiqués comme souffrant d’un cancer de la thyroïde, ou dont on pense qu’ils en sont atteints, et invite instamment le Japon à améliorer la surveillance sanitaire et les services de santé.

HRN est l’organisation Human Rights Now basée à Tôkyô : sa contribution est ici en anglais. IUVENTUM est une organisation allemande. Enfin, la contribution de Greenpeace est accessible depuis ce communiqué en anglais.

Dans son rapport, le Japon n’est guère prolixe sur la situation des personnes déplacées par la catastrophe nucléaire :

Le Gouvernement offre aussi une aide technique et financière à la préfecture de Fukushima. Il a ainsi versé une subvention de 78,2 milliards de yen au Fonds pour la santé des habitants de Fukushima mis sur pied par la préfecture pour aider la population à prendre en charge leur santé à moyen et à long terme.

Selon Greenpeace, présente sur place à Genève, plusieurs pays sont intervenus en séance pour soutenir les victimes de la catastrophe nucléaire. Les diverses parties préparent actuellement des documents pour se répondre mutuellement. A suivre…

TEPCo, l’Etat japonais et les plaignants font appel du dernier jugement

3 824 personnes s’étaient jointes à une plainte collective afin d’être mieux indemnisées et TEPCo et l’Etat japonais avaient été reconnus coupables de négligences. Les deux parties viennent de faire appel de cette décision.

TEPCo et l’Etat contestent cette décision et les plaignants estiment que l’indemnisation ordonnée par la cour n’est pas suffisante : la somme allouée est trop faible et certaines zones ne bénéficient toujours pas de soutien financier.