59ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 59ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 399,7 milliards de yens (3,3 milliards d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

Ce versement est particulièrement élevé alors que le gouvernement vient de revoir à la hausse le coût de la catastrophe.

TEPCo a déjà reçu un total de 6 607 milliards de yens (54 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Les solutions gouvernementales pour faire face au coût de la catastrophe nucléaire

Le gouvernement a récemment reconnu que les coûts de la catastrophe nucléaire de Fukushima avaient doublé. TEPCo rechigne à payer toute la décontamination alors que les coûts explosent. Ils atteignent déjà 4 000 milliards de yens, sans prendre en compte les zones les plus contaminées, dites de « retour difficile ».

Alors que dans l’ex-URSS, de vastes territoires ont été sacrifiés après la catastrophe de Tchernobyl, le gouvernement japonais s’y refuse et veut reconquérir tous les territoires, même les zones qualifiées de « retour difficile ». Dans les communes les plus contaminées, la reconquête commencera par un centre décontaminé, une sorte d’oasis, afin de pouvoir prétendre que la commune existe encore. Mais cela a un coût encore plus élevé que pour les autres territoires. Et puis, il n’y a pas de solution à long terme pour les déchets radioactifs. Le centre d’entreposage n’est prévu que pour 30 ans, officiellement. Mais, la reconquête des 7 communes concernées est difficile, voire impossible, même en maintenant la limite de dose la plus élevée des recommandations internationales (20 mSv/an).

Le gouvernement est prêt à prendre la décontamination des zones les plus contaminées à sa charge alors que la loi indique que c’est TEPCo qui doit payer. Un nouveau projet de loi sera soumis l’an prochain au parlement, mais, dès 2017, le gouvernement prévoit déjà un budget de 30 milliards de yens. L’argument avancé est que TEPCo a indemnisé les populations des zones de « retour difficile » en considérant que les populations ne rentreront pas. Et donc, le gouvernement estime que c’est aux contribuables de prendre en charge la réhabilitation de ces zones.

Pour ce qui concerne les indemnisations, qui devraient s’élever à un total de 7 900 milliards de yens, le gouvernement avance l’argent sans intérêt. Heureusement que les taux sont bas ! Comme TEPCo n’est pas en mesure de rembourser avant longtemps, une partie de la somme sera ajoutée sous forme de taxe sur les réseaux électriques et donc pris en charge par les consommateurs. Cette contribution devrait débuter en 2020 et durer 40 ans pour s’élever à 2 400 milliards de yens (20 milliards d’euros).

Le gouvernement demande à TEPCo d’augmenter ses profits en partageant avec d’autres opérateurs son réseau électrique et son parc nucléaire. La compagnie doit proposer un nouveau plan en 2017, mais il n’est pas sûr que les concurrents veulent partager les coûts de l’accident.

Une autre piste pour faire baisser les coûts et d’ouvrir à l’international le chantier de sécurisation puis de démantèlement des réacteurs accidentés. Pour le moment, c’est la chasse gardée des compagnies japonaises qui souhaitent se placer sur le marché de démantèlement, alors qu’aucun réacteur japonais n’a été entièrement démantelé. De plus, par le passé, c’est un sous-traitant américain qui avait dénoncé les falsifications des rapports de sûreté de TEPCo. Mais cet aspect n’est jamais suggéré par les autorités japonaises, comme le regrette une dépêche de l’agence Bloomberg. Le village nucléaire japonais reste très fermé.

Coût de la catastrophe : confirmation de la hausse. Qui va payer ?

Les chiffres gouvernementaux avaient fuité dans la presse : le coût officiel de la catastrophe a doublé depuis l’estimation de 2013. Ce n’est pas une surprise, mais les autorités ont tardé à le reconnaître car il faut décider qui va payer et combien.

Le chiffre gouvernemental total est de 21 500 milliards de yens (175 milliards d’euros). Cela inclut le démantèlement des réacteurs de Fukushima daï-ichi, à hauteur de 8 000 milliards de yens (65 milliards d’euros), soit quatre fois plus que ce qui avait été envisagé précédemment, 7 900 milliards de yens (64 milliards d’euros) pour les indemnisations, près de 4 000 milliards de yens (32,5 milliards d’euros) pour la décontamination et 1 600 milliards de yens (13 milliards d’euros) pour le centre d’entreposage temporaire des déchets radioactifs.

Qui va payer ? Le gouvernement devrait augmenter la somme prêtée sans intérêt à TEPCo à une total de 13 500 milliards de yens (110 milliards d’euros) alors que la compagnie a déjà reçu 6 500 milliards de yens (53 milliards d’euros) sur les 9 000 milliards (73 milliards d’euros) initialement prévus. Cet argent devrait servir à payer les indemnisations et une partie de la décontamination et personne ne sait quand TEPCo remboursera.

Cette somme ne comprend pas le coût du stockage des déchets issus du démantèlement de la centrale accidentée ni la création d’un îlot décontaminé dans les zones dites « de retour difficile » dont le seul but est la non disparition des villages concernés.

La compagnie devra aussi payer pour le démantèlement des réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Ce coût pourrait encore augmenter car personne sait comment s’y prendre pour les réacteurs 1 à 3 où il y a eu fusion du cœur.

Ce que les contribuables ne payeront pas, les consommateurs, le payeront. En effet, le gouvernement veut augmenter le prix du transport de l’électricité sur les réseaux de façon à faire payer tout le monde, même les nouveaux entrants sur ce marché qui n’utilisent pas d’énergie nucléaire. Cette contribution devrait débuter en 2020 et durer 40 ans pour s’élever à 2 400 milliards de yens (20 milliards d’euros).

Le ministère de l’économie veut plafonner la hausse des indemnisations à cette somme de 2 400 milliards de yens. C’est la seule dépense qu’il veut plafonner… Pour cela, le gouvernement pousse au retour des populations et entend toujours lever tous les ordres d’évacuation en mars 2017, sauf pour les zones dites de retour difficile. Les aides aux logement pour les auto-évacués cesseront aussi.

Le gouvernement va prendre en charge la décontamination et espère se rembourser en vendant les parts qu’il détient dans TEPCo. Mais il devra rester actionnaire majoritaire bien plus longtemps que ce qu’il avait initialement prévu car la compagnie n’est pas viable. La décontamination des zones dites de « retour difficile » devrait être inscrite au prochain budget.

Le gouvernement compte aussi sur une augmentation des bénéfices de TEPCo de 400 à 500 milliards de yens en coupant dans les coûts de transmission, ainsi que sur le redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa dans la province de Niigata. Le groupe d’experts mandaté par le ministère de l’économie et de l’industrie, le METI, a suggéré que les autres exploitants nucléaires s’impliquent dans ce redémarrage.

Pétition pour le maintien des aides au logement pour les personnes déplacées

Le gouvernement japonais a une politique unique pour les personnes déplacées : leur retour, sauf dans les zones les plus contaminées, qualifiées de « retour difficile ». L’aide au logement pour les évacués « volontaires » qui ont quitté des territoires où il n’y avait pas d’ordre d’évacuer, cessera en mars 2017. Des mesures d’accompagnement financier sont prévues à la place. Une réunion entre ces familles et les autorités avait tourné au dialogue de sourds en février dernier. Il y en a eu une quarantaine en tout. S’il y a eu des retours, de nombreuses familles souhaitent rester là où elles sont et demandent la prolongation de l’aide au logement. En mars dernier, 70% des auto-évacués n’avaient pas décidé où ils iront.

De nombreux évacués forcés, originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé, sont dans une situation similaire s’ils ne veulent pas rentrer. Et ils seront nombreux après mars 2017, date de la levée de tous les ordres d’évacuer, sauf dans les zones classées en « retour difficile ». Ceux originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé en 2014 perdront aussi leur aide au logement en mars 2017. C’est le cas, par exemple, pour Kawauchi. Les habitants sont poussés au retour, mais ils résistent. A Naraha, seulement 10% environ étaient rentrés, un an après la levée de l’ordre d’évacuer de septembre 2015.

En tout, 12 000 foyers devraient perdre leur logement gratuit en mars 2017. Une partie de ces personnes se sont regroupées pour faire entendre leur voix. Selon l’Asahi, elles viennent de remettre aux autorités une pétition avec 200 000 signatures afin de demander une prolongation de l’aide au logement.

La fin de l’aide au logement entraînera des difficultés supplémentaires pour les familles qui ont de faibles revenus et qui ne veulent pas rentrer. Les « auto-évacués » ne reçoivent pas d’aide supplémentaire et certains ont beaucoup perdu : emploi, logement, lien social, voire familial car il y a eu de nombreux divorces… Les autorités devraient essayer de comprendre pourquoi les populations ne veulent pas rentrer plutôt que de prendre de telles décisions unilatéralement. Rappelons que les textes internationaux de l’ONU relatifs aux déplacés intérieurs leur garantissent des droits et enjoignent les autorités à associer pleinement ces personnes à la planification et à la gestion de leur retour ou de leur réinstallation (voir notre rapport pour le cinquième anniversaire de la catastrophe). Ce n’est pas le cas au Japon.

Dans un éditorial, le Japan Times, appelle à maintenir un soutien pour ces personnes.

Coût de la catastrophe : nouveaux chiffres à la hausse

Que le coût de la catastrophe nucléaire à Fukushima ne cesse d’augmenter, ce n’est pas un scoop. Le journal économique Nikkei a donné de nouveaux chiffres qui émanent du ministère de l’industrie et qui ont été largement repris par la presse. La facture totale a doublé depuis la précédente estimation de 2013 pour dépasser les 20 000 milliards de yens (170 milliards d’euros).

On savait déjà que le coût du démantèlement des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi en incluant la gestion de l’eau contaminée allait largement dépasser les 2 000 milliards de yens (18 milliards d’euros) annoncés en 2013 pour atteindre plusieurs milliers de milliards de yens. Le journal n’est pas plus précis.

Pour la décontamination aussi les coûts dépassent largement les prévisions de 2013. Les nouveaux chiffres atteignent 4 à 5 000 milliards de yens (33 à 42 milliards d’euros), contre 2 500 milliards de yens en 2013.

Pour les indemnisations, l’estimation de 2013 avançait 5 400 milliards de yens (45 milliards d’euros), mais les fonds avancés par les autorités dépassaient déjà cette somme. TEPCo vient de recevoir son 58ième versement financier de 39,9 milliards de yens (333 millions d’euros) pour atteindre un total de 6 567,3 milliards de yens (55 milliards d’euros). Cet argent est prêté dans intérêts. Les nouvelles prévisions citées par le Nikkei sont de l’ordre de 8 000 milliards de yens (67 milliards d’euros), sachant que les indemnisations devraient s’arrêter en 2018.

Si l’on ajoute encore la gestion des déchets, dont le coût de 1 100 milliards de yens (9,2 milliards d’euros) n’a pas (encore ?) changé, le ministère de l’industrie arrive à un chiffre qui dépasse largement les 20 000 milliards de yens… jusqu’au prochain dépassement. Est-ce que cet argent a toujours été bien utilisé ? Faut-il aller décontaminer des zones où les populations ne rentreront pas ?

Qui va payer la facture ? TEPCo, nationalisée, ne peut pas couvrir tous ces frais. L’Etat hésite car les contribuables ne sont pas d’accord. Une autre idée était de forcer les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité à mettre la main à la poche et d’ainsi reporter les coûts sur les consommateurs. Mais, selon le Maïnichi, le gouvernement vient de renoncer à cette dernière option

Début du fond de soutien aux enfants atteints d’un cancer de la thyroïde

Le fond de soutien aux enfants malades de la thyroïde dont nous avons déjà parlé a réussi à collecter 20 millions de yens (167 000 euros) depuis septembre dernier. Les familles peuvent faire une demande de soutien.

Ce « 3.11 Children’s Fund for Thyroid Cancer » peut verser 100 000 yens (840 euros) par patient âgé de moins de 25 ans dans 15 provinces de Nord-Est du Japon qui ont subi des retombées radioactives en mars 2011. 100 000 yens supplémentaires sont prévus pour les cas les plus graves.

Les agriculteurs de Fukushima veulent être indemnisés après janvier 2019

Plusieurs sections de Fukushima des coopératives agricoles du Japon (JA) se sont réunies dans la capitale de la province à propos des indemnisations. Selon le Fukushima Minpo, Elles se sont mises d’accord sur une revendication commune demandant la révision de la politique de TEPCo et du gouvernement.

Les autorités souhaitent arrêter les indemnisations à partir de janvier 2019 pour les agriculteurs. Après cette date, une indemnisation sera versée sur demande, en cas de relation avérée avec l’accident nucléaire. Cela inquiète les agriculteurs qui pensent que les « rumeurs néfastes » persisteront et que les consommateurs éviteront toujours leurs produits. Pour les territoires évacués, ce sera encore plus dur.

A Taïwan, le Kuomintang a organisé une manifestation contre l’assouplissement des règles d’importation de produits alimentaires en provenance du Japon. Les autorités ont précisé que les produits de Fukushima, Gunma, Ibaraki, Tochigi et Chiba seront toujours interdits à la vente à Taïwan, mais que ceux d’autres provinces pourront être importés s’ils ont un certificat de contrôle.

Les coûts de la décontamination dépassent largement les prévisions

Selon la télévision publique japonaise, les coûts de la décontamination sont beaucoup plus élevés que ce qui était prévu. La chaîne explique qu’à la fin mars 2016, 19,5 milliards de dollars avaient déjà été dépensés. Le ministère de l’environnement et l’agence de reconstruction estiment qu’il faudra payer 17 milliards de dollars supplémentaires.

C’est le gouvernement qui paye pour le moment, même s’il est prévu que TEPCo paye in fine. Cette dernière dernière rechigne. Le gouvernement veut maintenant se rembourser en vendant des actions TEPCo qu’il avait achetées en 2012, au moment de la nationalisation de la compagnie. Mais leur valeur devrait tripler pour pouvoir se rembourser.

Le ministère de l’industrie veut aussi faire payer les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité, même s’ils n’exploitent pas l’énergie nucléaire en augmentant le coût du transport de l’électricité. Ces coûts seront alors reportés sur les consommateurs.

L’entreposage puis le stockage des déchets engendrés, à la charge du contribuable, devraient coûter quelques 10 milliards de dollars supplémentaires.

Le coût du démantèlement des 6 réacteurs de Fukushima daï-ichi va dépasser largement les 18 milliards d’euros

Le gouvernement, qui a nationalisé TEPCo en 2012 pour lui éviter la faillite, veut se désengager, mais cela n’est pas facile tant les conditions sont difficiles. Un groupe d’experts du ministère de l’industrie a tenté d’estimer le coût du démantèlement des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi en incluant la gestion de l’eau contaminée.

Il n’y est pas arrivé, mais la facture va largement dépasser les 2 000 milliards de yens (18 milliards d’euros) annoncés en 2013, auxquels il faut ajouter l’indemnisation, la décontamination, les aides économiques… Aucun chiffre n’est avancé pour l’instant.

Rappelons qu’en 2013, le gouvernement avait estimé à 5 400 milliards de yens les indemnisations (47,4 milliards d’euros), 2 500 milliards de yens la décontamination (22 milliards d’euros), 1 100 milliards de yens la gestion des déchets engendrés par la catastrophe (9,6 milliards d’euros… Il avait donc prévu d’avancer 9 000 milliards de yens à TEPCo (79 milliards d’euros). Il est admis officiellement maintenant que cela ne suffira pas et que la catastrophe coûtera beaucoup plus.

Les autorités n’ont jamais publié d’étude complète sur le coût déjà engagé de cette catastrophe encore en cours. Le démantèlement, ou plutôt la réduction de la menace des réacteurs accidentés, a déjà coûté 80 milliards de yens ces trois dernières années (plus de 700 millions d’euros).

La question est comment limiter la part payée par les contribuables. Une nouvelle réforme de TEPCo est envisagée, mais les perspectives de profit sont limitées. Le principal espoir de la compagnie est le redémarrage de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, mais ce n’est pas gagné car les réacteurs ne sont pas assez sûrs pour le moment. Il y a aussi la culture de sûreté à améliorer. Le nouveau gouverneur de Niigata sera intransigeant. Il l’a réaffirmé le jour de sa prise de fonction.

Le ministère a proposé quatre scénarios au groupe d’experts :

  • le gouvernement prend en charge le coût du démantèlement et des déchets de Fukushima daï-ichi ;
  • de l’argent public est avancé et TEPCo devra rembourser sur le long terme, ce qui implique un contrôle prolongé de l’Etat sur la compagnie ;
  • TEPCo est liquidée et les débiteurs ne sont pas remboursés ;
  • une nouvelle réforme de TEPCo augmente sa profitabilité afin de lui permettre de financer le démantèlement.

C’est cette dernière option qui a eu les faveurs du groupe d’experts et la piste proposée est de séparer l’activité nucléaire du reste de la compagnie afin de la vendre ou de la fusionner avec celle d’autres compagnies. Le but est d’accélérer le redémarrage d’un ou deux réacteurs de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en regagnant la confiance du public et des élus locaux. TEPCo a déjà noué des alliances avec d’autres compagnies pour d’autres divisions. Pour le nucléaire, cela va être plus difficile car ce n’est pas qu’un problème d’image et de confiance. Les réacteurs ne sont pas autorisés à redémarrer pour l’instant.

Qui va payer le démantèlement des réacteurs nucléaires japonais ?

Le gouvernement veut faire porter les coûts du démantèlement des réacteurs nucléaires par tous les usagers en taxant la distribution d’électricité. Les nouveaux entrants sur le marché libéralisé devront alors payer aussi et ils reporteront la taxe sur les consommateurs.

Le dossier avance et les conclusions semblent dépendre des journaux. Le Yomiuri, journal conservateur qui s’est fait le porte-parole du village nucléaire japonais, titre que les exploitants du nucléaire devront payer pour le démantèlement de leurs installations et que les nouveaux entrants sont exemptés. Le Maïnichi, qui prend régulièrement position contre le nucléaire, titre, quant à lui, que les nouveaux entrants devront probablement mettre la main à la poche. Qui croire ?

Actuellement, les exploitants du nucléaire doivent provisionner le coût du démantèlement et de la gestion des déchets radioactifs. Ils ont cinquante ans pour cela : 40 années d’exploitation du réacteur plus 10 années après la mise à l’arrêt définitif. Le coût total du démantèlement, si l’on exclut les 4 réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi, s’élèverait à 2 900 milliards de yens (25,4 milliards d’euros). Les provisions n’atteignent pas cette somme : il manque quelques 1 200 milliards de yens (10,5 milliards d’euros) selon le Yomiuri.

L’article du Yomiuri explique que le gouvernement a réaffirmé la responsabilité des exploitants dans le démantèlement et son financement, avec un « mais » pour les réacteurs qui ont été arrêtés suite à l’introduction de mesures de sûreté plus strictes après la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima. Pour ces cas là, comme l’explique le Maïnichi, les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité devront aussi contribuer à la facture. Cela concerne 6 réacteurs pour le moment (les n°1 et 2 de Mihama, les n°1 de Tsuruga, de Genkaï, de Shimané et de Ikata). Ce sera plus dans l’avenir puisque une grande partie du parc pourrait ne pas être autorisée à redémarrer. Le système actuel est maintenu pour les réacteurs qui ont redémarré ou qui devraient y être autorisés. Initialement, les nouveaux entrants auraient dû aussi contribuer à la provision pour le démantèlement futur. Le gouvernement a reculé sur ce dernier point.

Enfin, pour les réacteurs accidenté de Fukushima, ce sera un autre mécanisme de financement.