70ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 70ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 28,9 milliards de yens (220 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 681,6 milliards de yens (58,2 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Plainte contre General Electric qui a construit Fukushima daï-ichi

Une plainte collective a été déposée à Boston aux Etats-Unis contre General Electric (GE), qui a conçu et construit la centrale de Fukushima daï-ichi. La compagnie a aussi été responsable de sa maintenance pendant des années. Pourtant, selon les plaignants, elle n’a pratiquement pas contribué financièrement à la remédiation des conséquences de la catastrophe nucléaire. Ils réclament donc 500 millions de dollars.

La compagnie se défend en expliquant que l’accident est dû au tsunami, pas à la conception du réacteur. Rappelons que le rapport d’enquête parlementaire avait conclu, quant à lui, à un accident d’origine humaine car les réacteurs n’étaient manifestement pas conçus pour résister à une agression extérieure pas si exceptionnelle, quand on pense aux critères généralement retenus pour une installation aussi dangereuse qu’un réacteur nucléaire.

Les plaignants accusent GE d’avoir économisé sur la sûreté et citent notamment :

  • l’enceinte de confinement est plus petite que sur les autres réacteurs nucléaires ;
  • le fait que la centrale ait été construite pratiquement au niveau de la mer, et non sur la falaise comme prévu initialement ;
  • le manque de systèmes de secours…

Le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU s’intéresse aux victimes de la catastrophe de Fukushima

Le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU s’est intéressé au Japon. Concernant les victimes de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi (il faut cliquer sur F pour accéder aux documents en français), il note :

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a constaté avec inquiétude qu’il n’avait pas été suffisamment pourvu aux besoins particuliers des groupes défavorisés et vulnérables pendant la phase d’évacuation et au cours des travaux de relèvement et de reconstruction qui ont suivi le grave séisme qui a frappé l’est du Japon et l’accident nucléaire de Fukushima. Il a recommandé au Japon d’adopter une approche fondée sur les droits de l’homme en ce qui concernait les interventions en cas de catastrophe, l’atténuation des risques et les opérations de reconstruction […].

Le Rapporteur spécial sur le droit à la santé a recommandé au Japon de rendre publiques les informations relatives aux catastrophes dès que celles-ci se produisaient et de veiller à la participation effective et sans exclusive de la population aux processus de prise de décisions concernant les politiques et le cadre réglementaire en matière d’énergie nucléaire.

Plusieurs organisations sont intervenues auprès du Haut Commissariat :

IUVENTUM relève que l’état d’urgence décrété à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, en vigueur depuis mars 2011, autorise le Gouvernement à fixer les normes de sécurité. Si d’importants efforts de décontamination ont été faits, de nombreux lieux n’en ont pas bénéficié, ce qui fait que certains lieux décontaminés risquent d’être à nouveau contaminés. Alors qu’un rapport récent montre que le taux de radioactivité dans l’air est plus élevé à Fukushima qu’ailleurs, le Gouvernement renvoie les personnes qui avaient été évacuées dans les zones contaminées où la radiation est supérieure à 1 mSv/an. Greenpeace recommande au Japon de diffuser des informations exactes et aisément accessibles au sujet de la radiation et des niveaux de risque et de réduire le niveau annuel acceptable d’exposition supplémentaire dans les zones touchées par l’accident à un maximum de 1 mSv/an, ce qui correspondrait à la norme internationale.

Et d’ajouter :

IUVENTUM demande instamment au Japon de maintenir son aide financière aux évacués volontaires de la catastrophe de Fukushima. Greenpeace note avec préoccupation que la catastrophes a des conséquences psychologiques d’une grande ampleur et potentiellement fatales, en particulier pour les femmes et les filles, qui sont en outre, du fait de leur vulnérabilité face aux effets des radiations sur la santé, particulièrement pénalisées aux plans économique et politique par les politiques de reconstruction actuelles. HRN est préoccupé par la situation des enfants diagnostiqués comme souffrant d’un cancer de la thyroïde, ou dont on pense qu’ils en sont atteints, et invite instamment le Japon à améliorer la surveillance sanitaire et les services de santé.

HRN est l’organisation Human Rights Now basée à Tôkyô : sa contribution est ici en anglais. IUVENTUM est une organisation allemande. Enfin, la contribution de Greenpeace est accessible depuis ce communiqué en anglais.

Dans son rapport, le Japon n’est guère prolixe sur la situation des personnes déplacées par la catastrophe nucléaire :

Le Gouvernement offre aussi une aide technique et financière à la préfecture de Fukushima. Il a ainsi versé une subvention de 78,2 milliards de yen au Fonds pour la santé des habitants de Fukushima mis sur pied par la préfecture pour aider la population à prendre en charge leur santé à moyen et à long terme.

Selon Greenpeace, présente sur place à Genève, plusieurs pays sont intervenus en séance pour soutenir les victimes de la catastrophe nucléaire. Les diverses parties préparent actuellement des documents pour se répondre mutuellement. A suivre…

TEPCo, l’Etat japonais et les plaignants font appel du dernier jugement

3 824 personnes s’étaient jointes à une plainte collective afin d’être mieux indemnisées et TEPCo et l’Etat japonais avaient été reconnus coupables de négligences. Les deux parties viennent de faire appel de cette décision.

TEPCo et l’Etat contestent cette décision et les plaignants estiment que l’indemnisation ordonnée par la cour n’est pas suffisante : la somme allouée est trop faible et certaines zones ne bénéficient toujours pas de soutien financier.

69ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 69ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 21,4 milliards de yens (160 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 660,2 milliards de yens (57,1 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

TEPCo et l’Etat japonais reconnus coupables par un tribunal de Fukushima

TEPCo et l’Etat japonais viennent d’être reconnus coupables de négligences car ils auraient dû prendre des mesures de protection des centrales nucléaires contre les tsunamis. La cour a noté que TEPCo était le premier responsable de la sûreté de ses installations et l’Etat en second. Ils devront indemniser 2 907 personnes pour un total de 500 millions de yens (3,8 millions d’euros). Elles recevront entre 10 000 et 360 000 yens (75 et 2 700 euros) chacune.

3 824 personnes s’étaient jointes à cette plainte collective, pour la plupart originaires de Fukushima. Environ 10% étaient des évacués forcés, mais 80% de ces plaignants sont restés chez eux après l’accident nucléaire. La plupart des 2 907 personnes qui seront indemnisées résident à Fukushima, et certaines à Ibaraki.

La justice reconnaît le droit à une indemnisation à des auto-évacués et à des personnes vivant en dehors de la province de Fukushima lors de l’accident. Il y a plus de 1,5 million de personnes qui vivent ou vivaient sur les mêmes territoires que ces personnes. Cette décision de justice, si elle est confirmée en appel, pourrait avoir un énorme impact sur le système d’indemnisation.

Les plaignants réclamaient 16 milliards de yens (120 millions d’euros) et avaient aussi demandé que TEPCo et l’Etat restaurent leurs environnements aux niveaux de radiation qui prévalaient avant l’accident. Ils ont été déboutés sur ce dernier point.

Une trentaine de plaintes similaires ont été déposées à travers le Japon, avec un total de 12 000 plaignants environ, et c’est la troisième fois que TEPCo est reconnue coupable, l’Etat, la deuxième. Les précédents jugements étaient à Maebashi, dans la province de Gunma et à Chiba. TEPCo et l’Etat avaient fait appel. Ces trois jugements reconnaissent le droit des plaignants à une meilleure indemnisation.

Une cour de Tôkyô vient d’ordonner à TEPCo de payer 670 millions de yens pour un golf à titre d’indemnisation (5 millions d’euros). C’est plus que pour 2 900 plaignants… Le gérant du golf, situé entre 20 et 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, réclamait 5,8 milliards de yens. Il a dû fermer 3 mois suite à la catastrophe, et depuis, seule une partie du parcours est utilisable. Le nombre de clients a chuté. La justice n’a pas cédé à la requête de faire décontaminer le golf par TEPCo.

Par ailleurs, un dame vient de porter plainte contre TEPCo à cause du décès de son père, âgé de 88 ans en 2011, qui soufrait d’une maladie rénale. Originaire de Hirono, il se rendait trois fois par semaine dans une clinique de Tomioka pour une dialyse. Après l’évacuation de sa commune, il a été envoyé dans quatre institutions médicales différentes à Iwaki, dans la province de Fukushima, puis à Tôkyô au bout d’une semaine. Il n’a pas pu bénéficier de soins réguliers, et est décédé le 1er avril 2011, soit trois semaines après l’accident nucléaire.

La commune de Hirono a reconnu que ce décès était lié à l’évacuation, mais TEPCo estime qu’elle n’est responsable qu’à 50% du décès et a octroyé 7,8 millions de yens en compensation. Cette somme est basé sur les contrats d’assurance automobile. La fille estime que ce n’est pas assez et a demandé plus à la compagnie, qui a refusé. Elle a donc saisi la justice et réclame 31 millions de yens.

En 2014, le Maïnichi avait révélé que TEPCo avait fixé à 50% par défaut sa contribution à l’indemnisation en cas de décès ou de maladie provoqués par l’évacuation. Il avait aussi présenté quelques cas.

Malversations liées à la décontamination

Trois hommes, dont un yakuza membre du célèbre Yamaguchi-gumi, ont été arrêtés car ils sont soupçonnés d’avoir fourni illégalement de la main d’œuvre sur les chantiers de décontamination. Ils nient les faits tous les trois.

Selon l’Asahi, le Yakuza et un chef d’entreprise de Kôriyama auraient fourni deux travailleurs à un sous-traitant des chantiers de décontamination à Tomioka entre janvier 2015 et mars 2016 et reçu 160 000 yens (1 230 euros) de commissions en échange. De plus, le Yakuza et un autre homme sans emploi de Saïtama auraient prélevé illégalement environ 920 000 yens (7 000 euros) sur les salaires de ces deux hommes. Ils retiraient entre 2 000 et 3 000 yens à la paie quotidienne de 16 000 yens (120 euros) des travailleurs et se les partageaient tous les trois.

Ces trois personnes sont aussi soupçonnées d’avoir perçu environ 10 millions de yens (environ 77 000 euros) sur le dos d’une dizaine d’autres travailleurs fournis au même sous-traitant.

Par ailleurs, comme nous l’avions déjà signalé, la compagnie Hazama Ando Corp. avait surfacturé ses travaux de décontamination aux communes d’Iwaki et Tamura. Deux employés de la compagnie viennent d’être mis en examen, sans être arrêtés. Ils auraient reconnu les faits.

Selon le Japan Times, il leur est reproché d’avoir surfacturé les frais d’hébergement de 41 millions de yens (351 000 euros) et d’avoir soumis à la commune de Tamura un rapport falsifié totalisant 200 millions de yens (1,5 millions d’euros) de dépenses sur des chantiers qui ont eu lieu entre juillet et août 2015. Ils auraient donc ainsi extorqué un total de 76 millions de yens (585 000 euros) à la commune. C’est plus que ce qui avait été annoncé en juin.

Il ne semble pas y avoir de poursuites relatives à l’escroquerie d’Iwaki.

La compagnie reconnaît le sérieux de l’affaire mais nie une implication systématique dans cette affaire. Quant à la commune de Tamura, elle essaye toujours de récupérer les sommes trop payées.

TEPCo une nouvelle fois condamnée à indemniser les victimes de la catastrophe nucléaire

Un tribunal de la province de Chiba vient de condamner TEPCo à mieux indemniser des victimes de la catastrophe nucléaire. En mars dernier, TEPCo et l’Etat avaient été reconnus coupables de négligence par le tribunal de Maebashi. Cette fois-ci seule TEPCo a été condamnée.

Ce jugement fait suite à une plainte déposée en mars 2013 de 45 personnes, dont 4 auto-évacués, qui ont dû fuir les zones contaminées par les rejets radioactifs et qui se sont installées dans la province de Chiba. Le tribunal a accordé des indemnités à 42 d’entre elles, pour un total de 376 millions de yens (2,9 millions d’euros) alors qu’elles réclamaient un total de 2,8 milliards de yens (21,5 millions d’euros) à TEPCo et au gouvernement.

Les plaignants ont argué que TEPCo aurait pu prévoir le tsunami et aurait dû prendre des mesures de prévention. En effet, en 2002, les autorités avaient réévalué les risques sismiques et avaient estimé à 20% la probabilité qu’un tremblement de terre d’une magnitude supérieure à 8 déclenchant un tsunami surviennent dans les 30 ans, dans la zone qui inclut Fukushima. Et comme les réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi sont à 10 m au dessus du niveau de la mer, un tsunami dévastateur était prévisible. TEPCo aurait mettre les générateurs diesel de secours en hauteur et les autorités auraient imposer cette mesure.

TEPCo et le gouvernement ont argué, quant à eux, que l’estimation de 2002 n’était pas une vérité scientifique et que le tsunami de mars 2011 avait une hauteur inattendue.

Le tribunal a estimé que l’Etat n’était pas coupable et que TEPCo n’avait pas commis de négligences graves au point de bénéficier d’indemnisations plus fortes. En revanche, il a reconnu la perte de la commune, des habitations et de la vie sociale des plaignants qui mérite compensation. Les avocats des plaignants ont critiqué le jugement tout en reconnaissant l’intérêt de la compensation.

Au niveau national, de nombreuses plaintes ont été déposées dans 18 provinces, émanant de quelques 12 000 citoyens.

68ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 68ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 71,13 milliards de yens (547 millions d’euros). C’est beaucoup plus que les 34,9 milliards de yens de la dernière fois. Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 588,9 milliards de yens (58,4 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Quel avenir pour le réacteur n°2 de Tôkaï ?

La Japan Atomic Power Co. (JAPC) est un peu particulière : c’est une filiale de cinq grandes compagnies d’électricité qui exploitait trois réacteurs nucléaires et revendait la production aux maisons mères. TEPCo en est le premier actionnaire…

Son réacteur Tsuruga 1, situé dans la province de Fukui, tout comme Tôkaï 1, situé dans celle d’Ibaraki, ont été arrêtés définitivement. La compagnie n’a pas renoncé à redémarrer un jour le réacteur Tsuruga 2, bien que l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, ait estimé que la faille sismique qui passe en dessous est active. Cela interdit toute remise en service.

Il ne lui reste que le réacteur n°2 de Tôkaï, dans la province d’Ibaraki, qui est vétuste. La JAPC a déposé une demande d’autorisation pour le redémarrer et espère l’exploiter jusqu’à ses 60 ans, bien que cela relève de l’acharnement thérapeutique et, selon l’Asahi, TEPCo pourrait participer au financement des travaux alors que la compagnie ne peut même pas financer ses propres travaux de démantèlement et les indemnisations sans une aide financière de l’Etat. La décision sera prise en 2018.

La JAPC joue gros pour sa survie, mais il est loin d’être acquis qu’elle obtienne un feu vert des autorités. Alors les banques rechignent à lui prêter de l’argent. TEPCo et Tôhoku Electric, qui rachetaient le courant de Tôkaï pour le commercialiser, pourraient se porter garants, voire même prêter l’argent. Un vieux réacteur, qui a plus de 40 ans, avec des câbles à l’isolant inflammable et les investissements massifs nécessaires pour la remettre aux normes, est leur seul espoir de nucléaire, cela en dit long sur l’état de cette industrie au Japon…

Les élections pour le poste de gouverneur de la province d’Ibaraki viennent d’avoir lieu. Le gouverneur sortant, qui briguait un 7ième mandat afin de battre le record du Japon, malgré ses 71 ans, vient d’être battu par son principal concurrent, qui était soutenu par les partis de de la majorité gouvernementale. Le gouverneur défait avait fait de son opposition au redémarrage de Tôkaï 2 un de ses arguments électoraux. Mais cela n’a pas suffit. Le vainqueur a été très ambigu sur le nucléaire.

TEPCo n’est pas dans une situation plus favorable pour ses propres réacteurs. Le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire a réaffirmé, dans une récente interview, qu’il s’opposerait au redémarrage de ses réacteurs tant que la compagnie n’aurait pas fait de progrès dans la maîtrise des réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi. Selon l’Asahi, un des maires locaux ne donnera son consentement au redémarrage des réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la province de Niigata, que si la compagnie ferme définitivement les réacteurs 1 à 5. Pense-t-elle avoir plus de chance avec le réacteur de Tôkaï ?