66ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 66ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 30,7 milliards de yens (238 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 523,3 milliards de yens (58,3 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

L’équation économique impossible à résoudre du PDG de TEPCo

L’interview récente du PDG de TEPCo a retenu l’attention pour ses propos sur le rejet en mer de l’eau contaminée. Pourtant, le reste mérite que l’on s’y arrête aussi.

D’après la dépêche de l’AP, il a expliqué que TEPCo doit renouer avec les profits pour payer les conséquences de la catastrophe, ce qui est une évidence. Mais, pour cela, il espère redémarrer rapidement la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Il n’exclut même pas redémarrer celle de Fukushima daï-ni qui a été fortement secouée par le séisme de mars 2011 et noyée par le tsunami. Cela devient peu sérieux, tant les réacteurs doivent être endommagés. De toutes façons, les autorités régionales de Fukushima y sont opposées.

Même pour Kashiwazaki-Kariwa, ce n’est pas si simple, car la compagnie doit encore améliorer sa culture de sûreté. Récemment, selon le Maïnichi, le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire a déclaré que TEPCo, à l’origine d’une catastrophe nucléaire, n’était pas une compagnie comme les autres. Et d’ajouter qu’il avait un sentiment de danger à cause du manque d’initiative de TEPCo sur le site de sa centrale accidentée. Et un exploitant qui manque de volonté ne peut pas être autorisé à redémarrer ses réacteurs nucléaires.

Ainsi, sans argent, pas de démantèlement, pas de redémarrage et donc pas d’argent… Dans un rapport récent, Greenpeace a aussi dénoncé le modèle économique de TEPCo qui n’est pas crédible. Mais il n’y a pas que cela : il demeure un manque de culture de sûreté chez TEPCo. Rappelons que la compagnie s’était trompée dans la résistance sismique d’un bâtiment clé pour la sûreté à sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa.

Ce 16 juillet 2017 marque le dixième anniversaire du séisme de Niigata qui avait entraîné 15 décès et 2 300 blessés. 7 000 habitations avaient été endommagées et la centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait aussi arrêtée. Comme nous l’avions expliqué à l’époque, le séisme était plus fort que ce qui avait envisagé par TEPCo et la centrale n’avait résisté que grâce aux marges de sûreté. La gestion des conséquences du séisme avait été déplorable et la compagnie n’a pas su en tirer les leçons. Puis la catastrophe nucléaire a eu lieu à Fukushima. Les leçons ont-elles été tirées maintenant ?

Départ du combustible MOx vers le Japon dans un contexte d’échec de la politique dite de recyclage

Alors que 8 tonnes de combustible MOx quittent le port de Cherbourg à destination de la centrale de Takahama au Japon, qui vient juste d’être remise en service après une longue bataille judiciaire, cette politique d’extraction et de réutilisation du plutonium au Japon ne semble avoir aucun avenir. Le transfert vers le port s’est fait sous un dispositif de sécurité impressionnant : routes fermées, des centaines de gendarmes et CRS, hélicoptère dans les airs… (Voir les photos sur notre fil twitter). La route vers le Japon est secrète, mais il n’y a pas beaucoup de choix possibles. Le voyage devrait durer 2 à 3 mois.

A noter que, selon la télévision publique japonaise, la NHK, les mesures de sécurité renforcées sont dues à la présence d’une poignée de militants anti-nucléaire…

Jusqu’à maintenant, seulement quatre réacteurs ont utilisé du MOx au Japon, dont le n°3 de Fukushima daï-ichi et il était prévu de monter à 16 ou 18 réacteurs. Mais il n’y a que 5 réacteurs en activité actuellement. Comme nous l’avons déjà signalé, le gouvernement japonais aurait distribué plus de 16,2 milliards de yens (127 millions d’euros) en soutien aux pouvoirs locaux pour qu’ils acceptent l’utilisation du combustible MOx.

L’usine d’extraction du plutonium de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, initialement prévue pour 1997 afin de prendre le relais des contrats étrangers, n’a jamais démarré. Sa date de mise en service a déjà été reportée 22 fois et son coût de construction devrait atteindre 2 900 milliards de yens (22,5 milliards d’euros), soit quatre fois plus que l’estimation initiale, selon Japan Nuclear Fuel Ltd (JNFL) citée par l’Asahi. La dernière augmentation de 750 milliards de yens (presque 6 milliards d’euros) serait due au renforcement de la résistance aux séismes. Si l’on inclut l’exploitation de l’usine pendant 40 ans et son démantèlement, la facture devrait s’élever à 13 900 milliards de yens (108 milliards d’euros).

Tout ça pourquoi ? En France, le MOx entraîne un taux de recyclage des combustibles qui sortent des réacteurs nucléaires inférieur à 1% (lire notre bilan). C’est quasiment 0% au Japon…

En attendant, le stock de combustibles usés s’accumule sans solution en vue au Japon, dans les piscines des centrales nucléaires, ainsi qu’à proximité de l’usine dite de retraitement. Il y a deux volcans dans les environs de Rokkashô, le Towada et le Hokkada. Une coulée pyroclastique a atteint Rokkashô dans le passé. En cas de nouvelle menace volcanique, JNFL n’a rien trouvé de mieux, que de proposer de déplacer les 3 000 tonnes de combustibles usés et autres matières et déchets nucléaires, mais personne ne sait où.

65ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 65ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 164,8 milliards de yens (1,3 milliards d’euros). Il s’agit d’une somme beaucoup plus élevée que la dernière fois et cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 358,5 milliards de yens (60 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Nouvelle arnaque à la décontamination

Hazama Ando Corp., une compagnie de construction engagée dans des travaux de décontamination, a reconnu avoir demandé à une compagnie sous-traitante de surfacturer les travaux à Iwaki et Tamura. Le PDG a présenté ses excuses.

Le coût de l’hébergement et le nombre de personnels engagés dans le contrôle du rayonnement ambiant et les travaux de décontamination ont été surestimés. La compagnie a demandé 7 500 yens par nuit au lieu de 5 000 à Iwaki pour 15 000 personnes au lieu de 11 000. Iwaki aurait donc payé 53 millions de yens (427 000 euros) indus.

Pour Tamura, la nuit était facturée 5 500 yens au lieu de 5 000 et le nombre de travailleurs déclarés 10 000 au lieu de 5 600. La commune aurait donc payé 27 millions de yens (soit 218 000 euros) indus.

C’est une enquête interne à la compagnie qui aurait conduit à la découverte qu’un de ses employés aurait ordonné à une compagnie sous-traitante de surfacturer les frais d’hébergement.

La commune de Namié va être indemnisée pour la perte de biens

La ville de Namié, toujours entièrement évacuée, va être indemnisée pour la perte de biens suite à la catastrophe nucléaire. Il y a un an, la commune avait demandé à TEPCo 12 milliards de yens (environ 100 millions d’euros au cours actuel) en compensation de la perte de 262 hectares de terrains communaux. La compagnie lui a accordé 2,5 milliards de yens (20 millions d’euros). La ville va continuer les négociations pour obtenir le reste de la somme demandée.

C’est la première fois qu’une commune est indemnisée pour la perte de biens. Futaba, qui est aussi toujours entièrement évacuée, a fait une requête similaire. D’autres communes pourraient suivre.

64ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 64ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 45,6 milliards de yens (365 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 312,9 milliards de yens (60 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Nouveau plan de financement de la catastrophe nucléaire

Le 10 mai 2017, le parlement japonais a adopté une loi demander qui renforce le contrôle du gouvernement sur TEPCo. La compagnie va devoir provisionner une partie du coût de démantèlement des réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi, estimé à quelques 8 000 milliards de yens (64 milliards d’euros) par les autorités. D’autres estimations donnent des chiffres beaucoup plus élevés. C’est la Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corp., l’organisation qui avance l’argent pour les indemnisations et qui soutient le démantèlement, qui fixera, chaque année, la somme que TEPCo doit affecter à ce poste et le ministre de l’industrie devra donner son accord. L’utilisation de ces fonds est aussi soumise à l’accord du ministère qui pourra aussi mener des inspections.

TEPCo a soumis, dès le lendemain, un nouveau plan qui prévoit d’affecter 500 milliards de yens (4 milliards d’euros) chaque année au démantèlement de ses réacteurs accidentés et à l’indemnisation. C’est beaucoup plus que les profits actuels.

TEPCo a fini l’année 2016 avec un bilan positif pour la quatrième année consécutive, mais son bénéfice est en baisse de 30% avant impôts par rapport à l’année précédente. Ses ventes ont baissé de 11%.

Le nouveau plan inclut six différents scénarios en fonction des dates de redémarrage de réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (2019, 2020 ou 2021). Cela reste bien optimiste car il y a encore de nombreux problèmes de sûreté. Pour augmenter ses profits, TEPCo veut notamment partager son projet de centrale nucléaire à Higashidôri, dans la province d’Aomori. Elle veut toujours y construire deux réacteurs nucléaires, « sûrs et bon marché ». Les travaux du premier se sont arrêtés en 2011 et le deuxième n’existe que sur le papier. Tôhoku Electric y a déjà un réacteur.

La Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corp. pousse aussi TEPCo à partager la distribution électrique pour augmenter ses profits. Pour le moment, aucune des compagnies voisines, à savoir Chûbu et Tôhoku Electric, n’envisagent de partenariat nucléaire avec TEPCo car elles n’en ont aucun intérêt. Les autres compagnies ne sont pas plus enthousiastes car qui accepterait de partager le coût de la catastrophe nucléaire ? Le plan soumis semble donc peu réaliste et ce sont les contribuables qui risquent de payer la facture…

Le gouvernement voulait que les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité payent une redevance pour financer les conséquences de cette catastrophe, mais, selon l’agence de presse Kyodo, reprise par le Maïnichi, 60% d’entre elles y sont opposées.

TEPCo envisage la fin de sa nationalisation en 2019. Le gouvernement compte sur la vente d’actions pour se rembourser d’une partie des sommes avancées pour la décontamination et la gestion des déchets associés.

Sans surprise, le gouvernement a, le 20 mai, accepté ce plan de TEPCo qui inclut quasiment mot pour mot ses propres recommandations.

A noter qu’à la fin de l’année fiscale 2015 (31 mars 2016), environ 5 000 milliards de yens (40 milliards d’euros) affectés à la reconstruction de la triple catastrophe n’ont toujours pas été utilisés, selon la cour des comptes japonaise. Cela représente environ 15% du budget alloué à la reconstruction entre 2011 et 2015. C’est dû aux retards pris sur la construction de digues ou la redéfinition des plans d’occupation des sols.

Arnaque à la décontamination

Selon le Maïnichi, la décontamination d’un mètre carré de forêt coûte environ 500 yens (4€). C’est dix fois plus (5 100 yens/m2) si c’est une forêt de bambous, car il faut couper les arbres avant de décontaminer.

Selon la commune de Fukushima, la compagnie Zerutech Tôhoku, qui faisait les travaux au troisième niveau de sous-traitance, a falsifié les rapports de décontamination pour obtenir plus d’argent en joignant des photos de bambous coupés. Pour ce faire, des troncs de bambous auraient été apportés sur place afin de faire des photos. Une autre photo, sur laquelle on voit un travailleur déplaçant un tronc, a été utilisée à plusieurs reprises.

Selon l’Asahi, la compagnie aurait ainsi extorqué 10 millions de yens (80 000€).

C’est un consortium de trois compagnies basées à Fukushima – Hikari Construction, Komata Construction et Noko Kensetsu – qui a obtenu le marché public de décontaminer 185 000 m2 de forêt située à moins de 20 m des habitations et terrains agricoles dans la commune de Fukushima. Les travaux ont eu lieu entre septembre 2014 et mars 2016, pour un coût total de 620 millions de yens (5 millions d’euros).

C’est un lanceur d’alerte qui a, en novembre 2016, informé la commune de Fukushima  qui a mené ses propres investigations sur 3 500 m2 de forêt. Il est apparu que 2 500 m2 déclarés comme forêt de bambous ne l’étaient pas. La commune s’est retournée vers le consortium et envisage de porter plainte, mais la compagnie sous-traitante mise en cause n’existe plus depuis mars 2017. Le consortium s’est engagé à rembourser les sommes extorquées.

Selon le Japan Times, un habitant de Fukushima a porté plainte pour que la ville agisse. Il critique le fait qu’elle n’ait pas pu contrôler l’utilisation d’argent public et qu’elle tarde à agir.

63ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 63ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 38,2 milliards de yens (313 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 274,7 milliards de yens (60 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.