En tournée européenne, le gouverneur de Fukushima aurait réussi à vendre du riz à la France

Il se pourrait que le gouverneur de Fukushima, en déplacement en Europe, ait trouvé, selon la télévision publique japonaise, un importateur de riz prêt à acheter du riz de Fukushima pour le marché français. La Grande-Bretagne en aurait déjà acheté 19 tonnes en 2017.

Le riz japonais est probablement le plus cher au monde. Son importation sera donc forcément limitée.

Fin de l’exportation de poissons pêchés au large de Fukushima vers la Thaïlande

La première exportation de poissons pêchés au large de Fukushima avait été annoncée en fanfare à la fin février 2018. Ils étaient servis dans des restaurants japonais de Bangkok. Onze restaurants ont cessé de les servir, de crainte de perdre des clients et ont annulé les évènements promotionnels. Des associations de consommateurs ont protesté et il y a eu beaucoup d’oppositions sur les réseaux sociaux. Les autorités thaïlandaises ont confirmé n’avoir détecté aucune contamination radioactive.

Selon les autorités régionales de Fukushima, 143 kilogrammes de poissons ont été exportés en tout alors qu’elles prévoyaient d’en envoyer une tonne d’ici la fin du mois.

Indépendamment de la radioactivité, quel est l’intérêt d’exporter du poisson très cher du Japon vers la Thaïlande qui a sa propre pêche ? Le bilan carbone doit être très élevé.

Dernières données sur les poissons pêchés à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo effectue une surveillance de la contamination des poissons à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi où la pêche commerciale est encore interdite. Elle surveille aussi les poissons dans le port, au pied de la centrale et publie un bulletin chaque mois.

Pour les césiums radioactifs, à savoir le césium-137 et le césium-134, la contamination totale ne doit pas dépasser 100 Bq/kg, selon les règles établies par le gouvernement. Les pêcheurs locaux ont adopté une limite plus stricte, à 50 Bq/kg pour rassurer les consommateurs.

Au cours des derniers mois, la plupart des poissons pêchés à moins de 20 km avait une contamination en césium inférieure à la limite de détection, qui est de l’ordre de quelques becquerels par kilogramme. Voir les résultats publiés en décembre 2017 et janvier 2018. En décembre, le poisson le plus contaminé, un squatina japonica, avait 24 Bk/kg. Mais en janvier, un autre squatina japonica atteignait 258 Bq/kg. Le seul poisson pêché en février 2018, un triglidae, atteignait, quant à lui 358 Bq/kg. Il s’agit, dans les deux cas, de poissons qui vivent dans les fonds marins et qui se contaminent via la chaîne alimentaire.

Dans le port au pied de la centrale, les poissons sont plus fréquemment contaminés. Voir les résultats publiés en décembre 2017, et en janvier, février 2018. En février, tous les spécimens étaient contaminés avec une valeur maximale de 283 Bq/kg.

TEPCo fait aussi contrôler le strontium dans quelques spécimens. Les derniers résultats publiés en décembre 2017 font apparaître une contamination systématique en strontium-90 dans les poissons aussi contaminés au césium, mais avec une concentration beaucoup plus faible. Il y a aussi quelques données relatives au tritium qui sont très faibles.

Première exportation de poissons pêchés au large de Fukushima

Pour la première fois depuis le début de la catastrophe nucléaire, des poissons pêchés au large de Fukushima ont été exportés. L’évènement a donc bénéficié d’une campagne de communication.

110 kg de poissons plats ont été envoyé en Thaïlande où ils seront servis dans 12 restaurants japonais. Ils coûtent 10 à 20% de moins que ceux pêchés dans d’autres régions du Japon.

Les prises au larges de Fukushima ne représentent que 13% des niveaux qui précédaient la catastrophe.

Importation en Corée d’aliments en provenance de Fukushima : l’OMC tranche en faveur du Japon

Plusieurs pays ont introduit des restrictions à l’importation d’aliments en provenance du Japon. C’est le cas, en particulier, de la Corée, de la Chine et de Taïwan qui ont des relations de voisinage tendues avec le Japon. La Corée avait interdit l’importation de produits de la mer en provenance de plusieurs provinces japonaises suites aux scandales à répétition de l’été 2013 sur des fuites en mer. Il s’agit d’Aomori, Iwaté, Miyagi, Fukushima, Ibaraki, Tochigi, Gunma et Chiba. Il y a eu plusieurs voyages d’experts coréens organisés pour les convaincre que les produits japonais étaient sains. En vain. Le Japon a donc porté plainte contre Séoul devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2015 qui a finalement donné raison au Japon. Voir les documents de l’OMC en anglais.

Si certaines mesures prises par la Corée du Sud ont été justifiées par le passé, les principales dispositions qui continuent de s’appliquer « ne sont pas compatibles » avec les règles de l’OMC, a estimé le tribunal d’experts formé pour régler le conflit. Il demande donc à la Corée du Sud de « mettre ses mesures en conformité avec ses obligations » en tant que membre de l’organisation internationale.

Le Japon a salué cette décision et Seoul a immédiatement réagi en faisant part de son intention de faire appel du jugement afin, officiellement, « de protéger la santé et la sécurité publique ». En attendant, la Corée maintient ses restrictions.

Ce conflit se déroule sur un fond de tensions nationalistes entre les deux pays. La Chine, Taiwan, Hong Kong, Macau, Singapour, la Russie ou les Philippines interdisent aussi l’importation de produits de la mer et agricoles de Fukushima et de provinces voisines sans que l’OMC ne soit saisie.

Réduction des contrôles sur le riz de Fukushima en vue

Tout le riz produit dans la province de Fukushima est contrôlé pour vérifier que la contamination en césium radioactif est bien inférieure à la limite de 100 Bq/kg. Mais le contrôle systématique du riz aurait déjà coûté 6 milliards de yens (45 millions d’euros) à la province de Fukushima qui souhaite réduire les coûts. De plus, aucun sac contrôlé n’a dépassé la limite depuis 2015.

Les autorités régionales envisagent donc de passer à un contrôle par sondage dans 47 des 59 communes de la province et maintenir le contrôle systématique dans les 12 communes les plus contaminées. Mais elles n’ont pas encore décidé quand le changement aurait lieu. La décision sera prise en février 2018.

A noter que l’Union Européenne a allégé ses exigences de contrôle de la radioactivité sur les aliments importés du Japon, malgré l’opposition du parlement européen. Depuis le 1er décembre, il n’est plus nécessaire d’avoir un certificat de contrôle pour le riz cultivé à Fukushima et des produits de la pêche. Voir le nouveau règlement d’exécution, où il est écrit :

« S’agissant des denrées alimentaires et des aliments pour animaux originaires de la préfecture de Fukushima, compte tenu des données sur la présence de radioactivité fournies par les autorités japonaises pour 2014, 2015 et 2016, il est approprié de lever l’exigence relative à l’échantillonnage et à l’analyse avant l’exportation vers l’Union pour le riz et les produits qui en sont dérivés. En ce qui concerne les autres denrées alimentaires et aliments pour animaux originaires de cette préfecture, il est approprié de maintenir l’exigence relative à l’échantillonnage et à l’analyse avant l’exportation vers l’Union. »

En 2010, la province de Fukushima a exporté 153 tonnes d’aliments, ce qui est peu, et c’est passé à 2 tonnes en 2012. L’agriculture japonaise est trop chère et éloignée pour avoir un débouché conséquent en Europe. Cette décision est plus destinée au marché intérieur afin de convaincre les Japonais de consommer des produits de Fukushima.

Voir Fukushima : un documentaire et une chaîne youtube

« La terre abandonnée », le documentaire de Gilles Laurent dédié à ceux qui ont refusé de partir est en libre accès jusqu’au 6 décembre 2017 sur tënk.

Il y aussi la chaîne youtube de Bob Thissen et Frederik Sempens sur Fukushima hors des sentiers battus qui montre les territoires évacués.

L’UE devrait bientôt alléger les restrictions sur les importations d’aliments en provenance du Japon

L’UE devrait lever certaines restrictions à l’importation d’aliments en provenance du Japon, malgré l’opposition du parlement européen lors d’un vote daté du 13 septembre dernier.

L’importation de riz de Fukushima ne sera plus interdite car tous les sacs produits font l’objet d’un contrôle. Des restrictions sur des produits marins provenant d’Iwaté, Miyagi et d’autres provinces seront aussi levées. Toutes les restrictions concernant Akita devraient aussi être levées.

Cette décision fait partie d’un accord plus général de coopération économique.

Les importations en Europe de produits agricoles et marins en provenance du Japon sont très faibles car ces produits sont très chers. De plus, le Japon n’est pas auto-suffisant et doit importer une partie de la nourriture qu’il consomme. Si le Japon fait du lobbying auprès de ses partenaires commerciaux, c’est plus pour sa politique interne qui vise à convaincre la population de consommer les aliments en provenance de Fukushima.

Ainsi, le 22 septembre dernier, les Etats-Unis ont décidé d’autoriser l’importation de produits laitiers en provenance de Fukushima, Iwaté, Miyagi, Tochigi et Gunma.

Contamination des poissons dans le port de la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses derniers résultats de mesure de la contamination des poissons marins pêchés dans le port devant la centrale et au large, à moins de 20 km.

Voici les résultats pour les poissons du port, mis en ligne sans la moindre explication :

La communication de TEPCo progresse…

Quant aux poissons pêchés au large, à moins de 20 km de la centrale accidentée, les données sont ici. La majorité des spécimens ont une contamination inférieure à la limite de détection qui varie de 3 à 4 Bq/kg. La plus forte contamination est de 10 Bq/kg.

Retour sur les microparticules vitreuses riches en césium

La NHK, qui est la télévision publique japonaise, a, en juin dernier, diffusé une émission consacrée aux microparticules vitreuses riches en césium retrouvées dans l’environnement proche et éloigné de la centrale de Fukushima (lien vers l’émission en japonais). L’association « Nos voisins lointains 3.11 » a retranscrit cette émission avant de traduire le texte en français. C’est disponible en trois épisodes sur son site Internet : épisode 1, épisode 2 et épisode 3.

L’émission de la NHK fait référence à des études scientifiques que nous avons déjà mentionnées sur ce blog, en février et juin 2016. Suite à l’intérêt des médias français, l’IRSN y avait même consacré une note. Il ressortait de tout cela que ces microparticules, détectées jusqu’à Tôkyô, n’étaient pas connues avant cette catastrophe et que leur origine fait débat. Comme elles sont riches en césium et pas solubles, leurs impacts environnemental et sanitaire diffèrent des rejets gazeux. Sous cette forme particulaire, le césium est moins lessivé par les eaux et reste plus longtemps dans l’environnement. En cas de contamination interne par inhalation ou ingestion, il reste plus longtemps dans le corps humain, ce qui augmente son impact. Mais, il est difficile d’être plus précis.

Il ressort de l’émission de la NHK, qu’un an plus tard, on n’a pas beaucoup progressé sur le sujet des impacts. En revanche, il apparaît qu’il y aurait deux types de microparticules, nommés A et B dans le reportage, qui n’ont pas été dispersées de la même manière car elles n’ont pas été trouvées dans les mêmes zones géographiques. Il apparaît aussi qu’il y a eu une remise en suspension de ces particules lors des rejets de poussières particulièrement élevés de l’été 2013 consécutifs au déblaiement des débris sur le haut du réacteur n°3. Ce n’est qu’en décembre 2014 que l’on avait appris que c’était dû à des négligences de TEPCo qui avait alors renoncé à asperger des résines fixatrices.

Le reportage mentionne aussi une étude menée dans 27 bâtiments situés en zone dite de retour difficile. Il apparaît que ces microparticules ont été retrouvées dans l’ensemble de ces bâtiments. Il est aussi fait mention d’une microparticule de 200 micromètres environ qui contenait 60 Bq de césium137+134 au moment de l’accident, ce représente une très forte concentration. En cas d’inhalation, quel serait son impact sur la santé ? En effet, elle concentre les radiations en un point et est plus difficilement éliminée.

Seraient d’abord concernés par ces découvertes, les travailleurs présents sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi dans les jours qui ont suivi l’accident. La contamination des poumons a décru moins vite que pour les autres organes. Ces sont ces microparticules qui sont soupçonnées. Qu’en est-il pour les personnes qui rentrent dans les territoires évacués ?