Rejet du tritium en mer : la meilleure solution selon le gouvernement

L’énorme quantité d’eau radioactive stockée sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi représente une menace. Les cuves tiendront-elles en cas de séisme ? De plus, cette solution n’est pas durable. Il y en a actuellement 800 000 m3.

Une station de traitement a retiré partiellement 62 radioéléments et, officiellement, il ne reste plus que du tritium, à savoir de l’hydrogène radioactif, dans cette eau. Il est très complexe de le retirer. Alors, les autorités ont envisagé plusieurs solutions, dont celle de tout évaporer. Des simulations ont été faites pour enfouir cette eau, la vaporiser, rejeter dans l’atmosphère le dihydrogène seul et simplement rejeter l’eau dans l’océan après dilution. Sans surprise, c’est cette dernière option qui est la moins chère et la plus rapide : elle devrait prendre 7 à 8 ans et coûter de 3,5 à 4,5 milliards de yens. Il est envisagé de diluer cette eau avant de la rejeter pour limiter l’impact, mais cela ne fera pas baisser la quantité totale.
Les médias ne mentionnent pas le problème de l’autorisation de rejet qui serait largement dépassée dans ce scénario. Aucune d’étude d’impact prenant aussi en compte la contamination résiduelle des autres radioéléments n’est rapportée.

Comment faire accepter le rejet en mer du tritium ?

TEPCo a accumulé une vaste quantité d’eau contaminée stockée dans un millier de cuves. Cette eau a été partiellement traitée afin d’en retirer 62 éléments, mais pas le tritium qui est de l’hydrogène radioactif. Le séparer est très complexe et coûteux. Alors TEPCo et les autorités ne voient pas d’autre issue que de le rejeter en mer.

Le stock est estimé à 3,4 PBq (3,4 milliards de millions de becquerels), ce qui représente 150 années de rejet à la limite autorisée. Comment faire accepter une augmentation des autorisations de rejet aux Japonais et aux autres pays du Pacifique ? En gros, le problème, ce n’est pas la radioactivité, mais l’acceptation sociétale du rejet !

Une première idée, assez classique, est de parler en gramme, le tritium étant très léger. Le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire a expliqué à l’agence de presse AP que le stock de tritium ne représentait que 57 millilitres. Mais pour la radioprotection, c’est bien la radioactivité qui doit être prise en compte, pas la masse ou le volume.

Ce même article donne la parole à Rosa Yang, experte au Electric Power Research Institute en Californie. Elle suggère qu’un membre du gouvernement boivent de cette eau devant le public pour montrer qu’il n’y a aucun risque ! Étonnamment, elle ne s’est pas proposée pour cette action de communication… Cela a déjà été testé, sans effet.

Pour le moment, aucun chiffre précis n’est donné sur la teneur en tritium de l’eau à rejeter, ni sur la contamination résiduelle des autres polluants radioactifs. Il n’y a pas non plus d’étude d’impact d’un tel rejet, ni d’évaluation par des tiers. On n’est que dans la com…

A titre de comparaison, l’autorisation de rejet en mer de l’usine Areva de La Hague est, pour le tritium, de 18,5 PBq et les rejets effectifs de ces dernières années variaient entre 11,6 et 13,4 PBq par an. Le stock de tritium de Fukushima représente donc 3 mois et demi de rejets à La Hague. De quoi rendre jalouses les autorités japonaises !

Fukushima cinq ans après, retour à l’anormale

Etude pour Greenpeace Belgique

Rapport complet

Voir le communiqué de Greenpeace et ses autres rapports en anglais

Résumé

La catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi (FDI), classée au niveau 7 de l’échelle internationale INES – le niveau le plus élevé – est largement reconnue comme étant d’origine humaine. Elle a contaminé un grand territoire au Japon et est responsable du déplacement de 160 000 personnes environ, selon les statistiques officielles. Les territoires contaminés qui n’ont pas été évacués sont aussi fortement affectés.

Les rejets radioactifs de la centrale accidentée perdurent, parfois à des niveaux anormalement élevés. Cela a été caché pendant plusieurs mois, générant ainsi une forte confusion. De mauvaises pratiques ont ainsi conduit à des rejets importants de poussières radioactives et à une contamination significative à des dizaines de kilomètres de la centrale. TEPCo peine à réduire les fuites en mer et l’eau contaminée continue à s’accumuler dans des cuves sans solution en vue.

La compagnie en est toujours à tenter de stabiliser la centrale et de réduire les menaces. Le démantèlement à proprement parler n’a pas encore commencé. Alors que les territoires qui entourent la centrale ont été évacués, il y a une crainte de reprise des rejets massifs en cas de nouvelle catastrophe naturelle. Les personnes déplacées se demandent s’il est raisonnable de rentrer une fois l’ordre d’évacuation levé. En effet, les réacteurs accidentés de la centrale de FDI sont plus fragiles que des réacteurs normaux et leur enceinte de confinement fuit. Ils pourraient ne pas tenir en cas de séisme et tsunami, entraînant ainsi de nouveaux rejets radioactifs massifs.

Les évacués

De nombreuses personnes ont dû évacuer pendant la phase d’urgence, suivies par d’autres durant les premiers mois à cause de la contamination radioactive. De nombreuses autres personnes sont parties d’elles-mêmes pour se protéger ou protéger les enfants. Cinq ans plus tard, la plupart restent évacuées et ont du mal à imaginer leur avenir.

Le nombre total de personnes déplacées n’est pas bien connu. Cependant, selon les données officielles, environ 160 000 personnes ont fui les territoires contaminés. Cinq ans plus tard, le nombre de personnes déplacées est toujours de 100 000 environ alors que l’ordre d’évacuer n’a été levé que dans trois communes. Celles qui se sont réinstallées ailleurs ne sont plus comptées bien qu’elles souffrent encore.

Au-delà de ces chiffres, il y a de nombreux individus dont la vie a été fortement perturbée. Les catastrophes nucléaires majeures sont d’abord des catastrophes humaines qui conduisent au déplacement de nombreuses personnes qui perdent tout : le logement, la vie de famille, le lien social, jusqu’à leur avenir. L’évacuation génère de grandes difficultés et de la souffrance pour les populations affectées, mais elle était nécessaire. Les personnes qui n’ont pas été évacuées et qui vivent toujours en territoire contaminé s’inquiètent aussi beaucoup pour leur santé ; leur vie quotidienne est aussi fortement perturbée.

Pour définir le devenir des territoires évacués, les autorités japonaises les ont divisé en trois zones en fonction du débit de dose ambiant : les zones où l’exposition externe annuelle devrait dépasser vingt millisieverts (20 mSv) pendant cinq ans et là où elle dépasse 50 mSv actuellement sont classées en « zones de retour difficile ». L’ordre d’évacuation ne sera pas levé avant plusieurs années et la réinstallation des résidents est aidée. Les zones où l’exposition externe sera sûrement inférieure à 20 mSv par an sont classées en zones où l’ordre d’évacuer est prêt à être levé. Entre les deux, là où l’exposition externe est comprise entre 20 et 50 mSv par an, les résidents ne peuvent pas rentrer, mais la décontamination devrait pouvoir la faire passer sous la limite de 20 mSv par an.

La protection contre les radiations

Aussi bien la politique d’évacuation que celle de retour des populations est basée sur une interprétation laxiste des recommandations internationales de radioprotection qui ne sont pas très contraignantes. 20 mSv par an correspond à la valeur la plus haute des niveaux de référence introduits par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) pour ce qu’elle appelle les « situations existantes » qui incluent le post-accident. La CIPR recommande de baisser ce niveau à 1 mSv par an. Les autorités japonaises ont donc adopté cette valeur comme un objectif à long terme, sans calendrier d’application. Pour le moment, elles maintiennent un niveau de référence de 20 mSv par an qui est trop élevé pour nombre de Japonais.

En ce qui concerne la contamination de l’alimentation, la stratégie est complètement différente : les niveaux de contamination maximaux admissibles ont été fixés en dessous des recommandations internationales pour retrouver la confiance des consommateurs et soutenir l’agriculture dans les territoires contaminés.

Le contraste entre la protection contre l’exposition externe liée au rayonnement ambiant et l’exposition interne liée à l’alimentation est saisissant. Dans le premier cas, les autorités refusent de baisser les niveaux de référence qui sont au plus haut des recommandations internationales et dans l’autre, les niveaux maximum admissibles sont divisés par un facteur 5 après un an.

Une telle différence montre que le souci premier des autorités concerne les conséquences économiques de la catastrophe nucléaire. La diminution des niveaux dans l’alimentation avait pour but de rassurer les consommateurs qui évitent les produits de Fukushima. Inversement, l’indemnisation des personnes évacuées représente un lourd fardeau économique et les autorités n’envisagent rien d’autre que le retour des populations déplacées.

Afin d’obtenir l’assentiment des citoyens, les autorités répètent à l’envi que des cancers radio-induits n’apparaissent pas, ou s’ils apparaissent ils sont indétectables, en dessous d’une dose cumulée de 100 mSv, bien que les recommandations internationales soient basées sur l’hypothèse que le nombre de cancers et les effets héréditaires sont proportionnels à la dose reçue, sans seuil. Avec une limite à 20 mSv par an, 100 mSv cumulés peuvent être rapidement atteints.

Ainsi, les autorités japonaises ont changé leur politique et ont introduit une nouvelle façon de mesurer la dose. Les zones d’évacuation ont été définies à partir du débit de dose ambiant qui peut être mesuré simplement à l’aide de différents appareils, dont de simples radiamètres. Puis, pour estimer la dose annuelle, il est supposé que chaque individu passe en moyenne 8 heures par jour à l’extérieur et qu’à l’intérieur, l’exposition est réduite de 60%. Mais, pour le retour des populations, les autorités vont fournir des dosimètres individuels, appelés glass-badges au Japon, pour enregistrer les doses reçues par chacun, sans mentionner que ce type d’appareil donne une valeur globale 30 à 40% inférieure à l’autre méthode de mesure avec des radiamètres.

Cette nouvelle politique repose aussi sur un changement de paradigme : chacun devient responsable de sa propre protection contre les rayonnements ionisants. A l’inverse des travailleurs du nucléaire qui doivent être contrôlés, personne ne va vérifier que la population utilise bien ce dosimètre individuel. C’est particulièrement problématique pour les enfants qui sont plus sensibles aux radiations. Contrôler sa vie au quotidien, apprendre à minimiser la dose reçue, constituent des fardeaux qui ne sont pas acceptés, surtout quand il y a des enfants car ce n’est pas un avenir à leur proposer.

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, les règles de radioprotection définies au niveau international ne sont pas adaptées aux personnes qui vivent dans les territoires contaminés. Elles sont particulièrement confuses pour les populations et difficiles à mettre en œuvre. Cela permet aux autorités de les adapter à leur propre avantage plutôt qu’à celui des population concernées. Les règles devraient être plus contraignantes en terme de limites, d’évolution temporelle et de mise en œuvre opérationnelle.

Contamination de l’alimentation

En ce qui concerne la contamination de l’alimentation, les autorités japonaises ont d’abord sous-estimé l’ampleur des problèmes et ont été fréquemment prises par surprise dans les premiers mois. Par conséquent, la confiance envers les autorités et le gouvernement s’est érodée et les populations préoccupées par la sécurité alimentaire ont reconsidéré leur relation à l’Etat et à l’alimentation.

Mais les citoyens japonais, les producteurs, les vendeurs et les consommateurs ont mesuré la radioactivité dans les aliments, forçant ainsi les autorités à introduire des contrôles systématiques. La situation s’est donc rapidement améliorée et, à l’exception des plantes sauvages, du gibier, des poissons et des potagers, la contamination de l’alimentation vendue sur les marchés reste faible. La contamination interne des enfants contrôlés par anthropogammamétrie est suffisamment faible pour considérer que l’exposition externe est le problème principal dans les territoires contaminés. Ce succès a un coût : de nombreux agriculteurs ne peuvent pas reprendre leurs activités et certaines productions traditionnelles pourraient disparaître.

Le cas japonais montre l’intérêt d’un processus ouvert dans lequel chacun peut contrôler la contamination et adapter son régime alimentaire à ses propres critères. Cependant, les consommateurs rechignent toujours à acheter des aliments en provenance des territoires contaminés. Les producteurs et les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, forestiers… en particulier souffrent encore cinq ans plus tard.

La politique gouvernementale s’est focalisée sur la sécurité alimentaire (anzen en japonais), sans se préoccuper de la dimension culturelle et du climat de confiance vis à vis des aliments (anshin, en japonais). Imposer des standards ne suffit pas à surmonter la défiance des consommateurs et le défi est de garantir la sécurité alimentaire et la tranquillité qui va avec.

Quel avenir pour les territoires évacués ?

Le gouvernement japonais a décidé de lever tous les ordres d’évacuation avant mars 2017 et d’arrêter les indemnisations avant mars 2018, sauf dans les zones dites de retour difficile. Même J-Village, un ancien centre d’entraînement de football transformé en base pour les travailleurs à la centrale de FDI, va être rendu aux sports avant les jeux olympiques de 2020.

Les autorités japonaises rêvent d’une catastrophe réversible et les recommandations internationales sur la gestion post-accidentelle se préoccupent surtout de retour à la normale. Avec une demi-vie de 30 ans, le césium-137 décroît trop lentement. Le gouvernement japonais a donc lancé un vaste chantier de décontamination aussi bien dans les territoires évacués que dans ceux qui n’ont pas été évacués, partout où l’exposition externe pourrait dépasser 1 mSv par an, à l’exception, une fois encore, des zones de retour difficile. Cela consiste à gratter la terre, couper les herbes, émonder les arbres et les buissons et laver les toits des habitations, les routes, trottoirs… dans les environs immédiats des zones de vie, transformant ainsi les villes et villages en oasis au milieu d’un vaste territoire contaminé. Pour les zones évacuées, les plans prévoient la décontamination de 24 800 ha et rien n’est prévu au-delà, dans les forêts et montagnes qui couvrent 70% de la province de Fukushima.

La décontamination n’est pas très efficace et engendre une grande quantité de déchets radioactifs pour lesquels les solutions envisagées sont des échecs à cause de l’opposition des populations. De fait, la gestion des déchets radioactifs est très complexe dans tous les pays qui en ont accumulé une quantité significative. Mais après un accident grave, c’est encore plus complexe et les volumes sont gigantesques. Dans la seule province de Fukushima, environ 20 millions de mètres cubes sont attendus et le centre d’entreposage prévu va couvrir une superficie de 16 km2. Pour le moment, les projets de stockage sont bloqués à Fukushima et dans les autres provinces, mais les autorités s’accrochent à leur approche autoritaire qui est un échec : Décider, Annoncer et Défendre (DAD). Pendant ce temps là, les déchets s’accumulent dans des sacs qui se détériorent rapidement.

La décontamination s’est révélée être très décevante alors que le niveau de dose ambiant n’a pas baissé de façon significative par rapport à ce que l’on a pu observer dans les forêts où aucun travaux n’ont eu lieu. Mais les autorités continuent à favoriser le retour des populations.

Les résidents sont réticents à rentrer

Jusqu’à présent, les ordres d’évacuation ont été levés dans des parties de Tamura et de Kawauchi en 2014, et à Naraha en 2015. Tous ces territoires sont dans les parties les moins contaminées de la zone d’évacuation de 20 km. Les recommandations à l’évacuation autour de nombreux points chauds répartis çà et là ont toutes été levées. Mais les habitants rechignent à rentrer et les territoires contaminés font face aux problèmes de dépopulation et de vieillissement.

La commune de Hirono, par exemple, qui est entre 20 et 30 km de la centrale de FDI a été incluse dans la zone dite de préparation à l’évacuation d’urgence en 2011. Les habitants peuvent rentrer, mais selon le dernier recensement de 2015, une grande partie des résidents est engagée dans les travaux à la centrale accidentée : la population masculine a augmenté de 2,3% depuis 2010 et la population féminine, au contraire, a baissé de 42,3%. A Minami-Soma, la population a baissé de 66% depuis l’accident et l’âge moyen des habitants a augmenté de 14 années, un niveau attendu pour 2025.

Un retour à la normale est impossible après un accident nucléaire de grande ampleur comme ceux de Tchernobyl et de Fukushima. Les principes directeurs des Nations Unies relatifs aux personnes déplacées à l’intérieur de leur pays enjoignent les autorités à associer pleinement ces personnes à la planification et à la gestion de leur retour et de leur réinstallation. Mais au Japon, cette participation est réduite à des « réunions d’explication » (seitsumeikai) à huis clos, sans la présence de médias, d’associations, ou d’experts, laissant ainsi les populations désarmées.

Les communautés ne voient pas la fin des difficultés auxquelles elles font face et en souffrent. Rester ou partir, rentrer ou se réinstaller sont autant de choix difficiles sans solution satisfaisante. Le nombre de personnes souffrant de troubles psychologiques, comme le stress post-traumatique ou la dépression, est plus élevé que la normale, aussi bien chez les personnes évacuées que chez les personnes non-évacuées. Le nombre de suicides liés à la triple catastrophe est plus élevé à Fukushima que dans les provinces de Miyagi et d’Iwate, sévèrement touchées par le tsunami.

Conclusions

Les conséquences de l’accident nucléaire sont toujours présentes et des réponses acceptables pour les populations sont indispensables. Les personnes affectées sont toujours en train de se battre pour s’en remettre. Elles continuent à faire face à de fortes inquiétudes relatives à leur santé, à la séparation de leur famille, aux ruptures dans leur vie et à la contamination de l’environnement sur de vastes territoires. Et comme une catastrophe nucléaire dure pendant des décennies, les populations ne voient pas la fin des difficultés auxquelles elles font face.

Après un tel accident, de nombreuses personnes ne croient plus en la parole des autorités et des experts qui n’ont pas réussi à les protéger. Mais les chemins vers la résilience requièrent une bonne coordination entre les autorités et les populations. Les solutions envisagées et expérimentées ne peuvent pas ignorer les besoins et demandes spécifiques des personnes concernées, ainsi que leurs suggestions. Cela implique de trouver aussi de nouvelle méthode de délibération et de prise de décision. Les solutions peuvent différer d’une famille à l’autre ou d’une communauté à l’autre. Comme il n’y a pas de bonne solution, chaque décision doit être évaluée et adaptée. En plus de la souffrance engendrée, un accident nucléaire remet en cause les fondements de la démocratie.

Les citoyens japonais ont fait montre d’initiative à propos de la mesure de la radioactivité. Une cartographie de la pollution radioactive a été effectuée partout et la surveillance des aliments a poussé les autorités, producteurs et vendeurs à renforcer leurs propres contrôles pour finalement conduire à une baisse significative de l’ingestion de radioéléments. Pourquoi un tel processus ouvert qui a fait ses preuves ne peut pas être mis en place pour décider de l’avenir des territoires contaminés et de leurs populations ?

Fukushima five years later: back to normal?

Analysis commissioned by Greenpeace Belgium

Full report

See Greenpeace’s press release and the other reports

Summary

The nuclear disaster at the Fukushima daiichi nuclear power plant (FDNPP), ranked at Level 7 of the International Nuclear Event Scale (INES), which is the highest level, is widely recognized as man-made. It contaminated a vast territory in Japan and was responsible of the displacement of about 160 000 persons according to official statistics. Contaminated territories that were not evacuated are also strongly affected by the disaster.

The crippled reactors are still discharging radioelements into the environment. Anomalous discharges were hidden for several months, generating to a lot of confusion. Sloppy behaviours led to significant contamination by radioactive dust tens of kilometres away from the plant. TEPCo has difficulties to curb down the radioactive leaks into the ocean and tainted water piles up in tanks without any solution in sight.

TEPCo has yet to fully stabilize the power station and its priority is still to reduce the threat. Dismantling has not started yet. While communities around the station were evacuated due to the long-going contamination, and many fear radioactive emissions could resume in the event of another natural disaster. They wonder if it is safe to come back when the evacuation order is lifted. Actually, the crippled reactors at FDNPP are more fragile than usual reactors, and their containment vessels are leaking. They might not be able to sustain an earthquake or a tsunami, which would lead to a new massive release of radioelements.

Evacuees

Many people were forced to evacuate during emergency phase followed by others during the first months of the disaster due to the radioactive contamination. Many others evacuated on their own in order to protect their children or themselves. Five years later most of them remain evacuated and hardly imagine their future.

The total number of evacuees related to the nuclear disaster is not well known. Nevertheless, about 160 000 people fled from contaminated territories according to official statistics. Five years later, the number of nuclear displaced persons is still about 100 000 as evacuation orders have only been lifted in three places. Evacuees who resettled are not counted anymore although they might be still suffering.

Behind these figures, there are individuals whose life was disrupted. Major nuclear disasters are firstly human disasters leading to the displacement of many people who lose everything from dwellings, family life, social relationship and future. Displacement generates conditions of severe hardship and suffering for the affected populations, but it could be avoided. Non-evacuated people in contaminated territories worry for their health and future and their daily life is also severely affected.

To decide about the fate of evacuees, Japanese authorities have divided the evacuated territories into three zones depending on the airborne dose rate: Areas where the annual integral dose of radiation is expected to be 20 mSv or more within five years and the current integral dose of radiation per year is 50 mSv or more are classified as difficult-to-return zones. Evacuation orders will not be lifted before several years and residents’ relocation is supported. Areas where it is confirmed that the annual integral dose of radiation will definitely be 20 mSv or less are classified as areas to which evacuation order is ready to be lifted. In between, with an annual external dose ranging from 20 to 50 mSv, the residents are not permitted to live, but decontamination is expected to reduce the annual dose below 20 mSv.

Radiation protection

Both evacuation and return policies are based on a lax interpretation of the international recommendations that not very binding. 20 mSv per year corresponds to the highest value of the International Commission on Radiological Protection (ICRP) reference interval in case of existing situation that includes post-accident. ICRP recommends lowering with time the reference level to 1 mSv per year. Consequently, Japanese authorities have adopted this value as a long-term target, without a precise agenda for compliance. At the moment authorities stick to the 20 mSv reference level that is considered as too high by many Japanese.

Regarding the food contamination, the strategy was completely different: maximum allowed concentrations were fixed below international standards to promote the recovery of consumers’ confidence and food production in contaminated territories.

Contrast between the protection against external exposure and internal exposure through food intake is shocking. In the first case Japanese authorities refuse to lower the reference levels that are kept at the highest value of the international recommendations whereas in the second case maximum allowed values were divided by a factor 5 after a year.

Such a contrast shows that the primary concern of Japanese government is the economical consequences of the nuclear disaster. Contamination limits in food were lowered to regain the confidence of consumers who avoid products from Fukushima. On the contrary compensation of the evacuated people represents a heavy economical burden and authorities do not propose any other solution than the return of displaced persons.

To win the citizens’ understanding, authorities keep claiming that radiation-induced cancer does not occur, or is undetectable even if it occurs, under the integrated exposure dose of 100 mSv although international recommendations on protection against radiations are based on the central assumption of a no-threshold linear dose–response relationship for the induction of cancer and heritable effects. And with a limit of 20mSv per year, 100 mSv might be quickly reached.

Consequently, Japanese authorities have changed their policy and introduced a new way of measuring the dose. Evacuation policy was based on the airborne dose rate that can be easily measured by various methods, including simple radiameters. Then, to estimate the annual dose, it is supposed that individuals spend 8 hours per day outdoors and that indoors, exposure is reduced by 60%. For the return, authorities will provide an individual dosimeter or glass-badge to register each individual cumulative dose, without mentioning that this apparatus gives an overall value that is 30 to 40% lower from what can be deduced with an apparatus measuring airborne dose rate.

This new policy is also a change of paradigm: Individuals will be in charge of their own protection against radiations. On the contrary to nuclear workers who are supposed to be well controlled, nobody controls if the population wear such individual dosimeters. This is crucially problematic for children who are more sensitive to radiations. Continuously controlling one’s life is a heavy burden that is hardly accepted, especially when there are children for which it is not a bright future to propose.

30 years after the Chernobyl disaster, international radiological protection rules and practices are not adapted for populations living in contaminated territories. They are extremely confusing and impossible to enforce, allowing authorities to adapt rules to their own advantage rather than the affected populations. Rule should be binding in terms of limits, temporal evolution and operational quantities.

Food contamination

Regarding the food issue, Japanese authorities initially failed to foresee the scale of problems with contaminated food and crops, and were repeatedly caught by surprise in the following months. As a consequence, many people’s trust in the government was eroded and the population concerned about food safety reconsidered their relationship to the state and to the food.

But citizens, famers, producers, retailers and consumers have been monitoring food production forcing authorities to introduce systematic controls. Situation has quickly improved and except for wild plants and animals, including fishes and self-production, contamination of the food found on the market remains low. Internal contamination of children checked by whole body counting is also low enough to consider that external dose is the dominating problem for residents in contaminated territories. This success has a cost: many farmers cannot resume farming and some traditional productions might disappear.

The food issue shows the merit of an open process in which every one can check the contamination and adapt its diet to its own requirement. Nevertheless consumers are still reluctant to buy food produced in contaminated territories and producers, including farmers, fishermen and foresters are still suffering five years later.

Government’s policy was focused on food safety (anzen in Japanese), but it did not address how to generate a climate of trustworthiness (anshin in Japanese) about food. Enforcing technical standards alone is not sufficient to overcome consumer mistrust. The challenge is to bring together food safety and the peace of mind that comes with it.

What future for evacuated territories?

Japanese government decided to withdraw evacuation orders by March 2017 and stop compensations by March 2018, except in the so-called difficult-to-return zones. Even J-Village, a former training centre for football, changed into a base for the workers at the FDNPP will turn back to sports before the 2020 Olympic games.

As a matter of fact, Japanese authorities dream of a reversible disaster while international recommendations on post-accident management only focus on the return to normalcy. With a half-life of 30 years, caesium-137 decays too slowly. Japanese government has launched a huge decontamination programme in both non-evacuated and evacuated territories where the annual dose is higher than 1 mSv, except for the difficult-to-return areas. It consists on scrapping the soil, cutting the grass, trees, bushes and washing to roof of dwellings, roads, and sidewalks… in the vicinity of dwellings and other buildings, changing villages and towns into oasis in the middle of a vast contaminated land. In evacuated territories, decontamination plans covers about 24 800 ha and there are no such plans for the surrounding land, including forests and mountains that cover about 70% of Fukushima prefecture.

Decontamination is not very effective and generates huge amount of waste for which all proposed solutions failed because of the opposition of the populations. Actually, handling radioactive waste is a difficult issue in all countries that have accumulated significant amounts. But after a severe nuclear accident, it is even more difficult and volumes are enormous. 20 millions cubic meters are expected in Fukushima prefecture and the projected storage centre will cover 16 km2. Projects are stalled in Fukushima and other prefectures, but authorities stick to their authoritative attitude that is a complete failure: Decide – Announce – Defend (DAD). In the mean time waste is piling up in bags that are quickly damaging.

Decontamination proved to be deceiving as dose rates have not significantly fallen compared to what can be observed in the forest. Nevertheless authorities keep encouraging inhabitants to come back.

Residents are reluctant to come back

So far, evacuation orders were lifted in parts of Tamura and Kawauchi in 2014, and in Naraha in 2015. All these areas lie within the less contaminated parts of the 20 km evacuation zone. Evacuation recommendations around scattered hot-spots are also completely lifted. But residents are reluctant to come back and contaminated areas are facing aging and depopulation problems.

The town of Hirono, which lies between 20 and 30 km from the FDNPP, was included in the emergency evacuation preparation zone. Residents are expected to return, but according to the latest census in 2015, large portion of the present population is involved in nuclear reactor decommissioning work: the male population is up 2.3% from 2010 whereas the female population, on the other hand, was down 42.3%. In Minami-Soma, the population declined to 66% of that prior to the accident and the average resident age increased by 14 years, a level that was expected in 2025.

Facts prove that return to normalcy is impossible after a large-scale nuclear disaster such as the ones that occurred at Chernobyl and Fukushima. United Nations’ guidelines on internally displaced persons urge authorities to ensure the full participation of internally displaced persons in the planning and management of their return or resettlement and reintegration. But in Japan their participation is reduced to “explanation meetings” (setsumeikai) usually organized behind closed doors without any presence of media, NGOs, legal or independent experts and thus leaving evacuees with little recourse.

Affected communities see no end to the severe hardship they are facing and are suffering. To stay or to flee, to come back or to relocate are difficult choices in a no-win situation. Number of people suffering from psychological disorders such as depression and post-traumatic stress disorder is larger than usual among both evacuated and non-evacuated people. The number of suicides related to the disasters is larger in Fukushima than in Miyagi or Iwate that were hit by the tsunami.

Conclusions

The impact of the accident still continues, and responses that can be accepted by the affected populations are urgently required. Residents in the affected areas are still struggling to recover from the effects of the accident. They continue to face grave concerns, including the health effects of radiation exposure, the dissolution of families, disruption of their lives, and the environmental contamination of vast areas of land. As nuclear disasters last for decades affected population see no end to the severe hardship they are facing.

After a nuclear disaster, many residents distrust authorities and official experts that failed to protect them. But recovery paths require a good coordination between authorities and the populations. Solutions cannot ignore the specific needs and demands of the affected populations, as well as their suggestions. This means new ways for deliberation and decision. Solutions might differ from families or communities. There is no good solution and each decision should be evaluated and then adapted. Beyond the pain of the affected persons, a nuclear disaster also shakes the ground of democracy.

Japanese citizens have proved to be resourceful about the measurement of radioactivity. Citizen mapping of the contamination was done all over and food monitoring prompted authorities, producers, and retailers to strengthen their controls and finally led to a decrease of intake of radioelements. Why such an open process that proved to be effective is not possible when deciding about the fate of contaminated territories and affected population?

L’ACRO assiste Greenpeace dans sa campagne de mesure de la radioactivité des fonds marins à Fukushima

Le Rainbow-Warrior III de Greenpeace est de nouveau à Fukushima pour une campagne de mesure de la contamination des fonds marins au large de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi.

L’ACRO est à bord pour assister Greenpeace dans cette opération (voir la photo). Chikurin, le laboratoire indépendant monté à Tôkyô avec le soutien de l’ACRO est aussi partenaire.

Voir le communiqué de presse de Greenpeace en anglais avec de nombreuses photos et vidéos.

Voir des explications en allemand, en français et en japonais ainsi que la dépêche AFP à ce sujet. Un rapport de présentation du projet en anglais est aussi disponible.

Quelques photos de Greenpeace :

Fukushima Daiichi nuclear plant, five years after the disaster. Greenpeace has launched an underwater investigation into the marine impacts of radioactive contamination resulting from the 2011 nuclear disaster on the Pacific Ocean.

Vue de la centrale de Fukushima daï-ichi depuis le Rainbow Warrior III (février 2016)

Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, conducts its radiation survey work off shore of Fukushima Prefecture - sea bed survey and sampling of marine sediment - with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed upon before transport to independent laboratories in Japan and France.

L’Asakazé, affrété par Greenpeace pour la campagne de mesures (février 2016).

Mylène Josset, radioactivity measurement specialist from French independent laboratory ACRO, conducting radiation survey work from Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, off shore of Fukushima Prefecture. Greenpeace is doing sea bed survey and sampling of marine sediment with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed up before transport to independent laboratories in Japan and France.

Mylène Josset, de l’ACRO, à bord de l’Asakazé. Elle prépare les échantillons qui seront analysés par l’ACRO et Chikurin (février 2016).

Mylène Josset, radioactivity measurement specialist from French independent laboratory ACRO, conducting radiation survey work from Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, off shore of Fukushima Prefecture. Greenpeace is doing sea bed survey and sampling of marine sediment with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed up before transport to independent laboratories in Japan and France.

Mylène Josset de l’ACRO effectue un contrôle (février 2016).

Mylène Josset, radioactivity measurement specialist from French independent laboratory ACRO, conducting radiation survey work from Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, off shore of Fukushima Prefecture. Greenpeace is doing sea bed survey and sampling of marine sediment with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed up before transport to independent laboratories in Japan and France.

Mylène Josset, de l’ACRO, à bord de l’Asakazé (février 2016).

Que faire des débris du tsunami pêchés à moins de 20 km de la centrale ?

Comme nous l’avons déjà mentionné, les coopératives de pêche veulent reprendre la pêche, à titre expérimental, entre 10 et 20 km de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. Mais il reste de nombreux débris du tsunami dont personne ne veut.

Les autorités régionales ont chargé les coopératives de pêche de récupérer les plus gros débris au fond de la mer à partir de 2011.  33 430 tonnes de déchets ont été repêchées en 2011, 2 241 tonnes en 2012, 664 tonnes en 2013 et 213 tonnes en 2014. L’année fiscale 2015 n’est pas encore terminée (31 mars 2016). Cela a coûté 4,8 milliards de yens (37,5 millions d’euros) jusqu’en 2014. Mais, à moins de 20 km de la centrale, aucun débris n’a été repris.

Selon le Fukushima Minpo, repris par le Japan Times, les coopératives de pêche veulent aller retirer les gros débris, mais les autorités régionales ne savent où les mettre, ni même dans quel port les débarquer. Ceux près de la centrale, comme à Tomioka ou Ukédo à Namié, ne sont pas réparés. Il y a le port de Manogawa au Nord ou de Hisanohama au Sud, mais les résidents ne veulent pas des déchets. La province de Fukushima demande donc à l’Etat de s’en charger. Les négociations vont prendre du temps. Et sans retrait des gros débris, pas de reprise de la pêche possible.

 

La pêche devrait reprendre à titre expérimental entre 10 et 20 km de la centrale accidentée

La pêche en mer est interdite à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, mais la fédération des coopératives de pêche veut aller y reprendre ses activités, à titre expérimental, en se limitant à au-delà de 10 km pour le moment. Cela va être discuté avec les coopératives et les pêcheurs.

Parmi les arguments avancés, il y a la baisse de la contamination des poissons et la barrière mise en place par TEPCo le long du littoral qui aurait limité les fuites en mer.

Colmatage des fuites en mer : le cauchemar continue

La dernière solution en date mise en place par TEPCo pour limiter les écoulements d’eau souterraine contaminée vers l’océan a été de construire une barrière tout le long du littoral. Evidemment, comme on n’arrête pas un écoulement, cette barrière n’a pu être scellée qu’une fois les pompages de l’eau souterraine au pied des réacteurs permis. Cette eau est partiellement décontaminée puis contrôlée avant d’être rejetée en mer. TEPCo prétend qu’ainsi, il y a moins de radioéléments transférés qu’en laissant l’eau s’écouler.

Malheureusement, la pression de l’eau souterraine avait fait pencher ce mur souterrain à peine un mois plus tard. Et les malheurs continuent : l’eau souterraine est devenue trop salée pour être traitée ! Et la quantité d’eau à pomper, traiter et rejeter est plus importante que prévu : 400 m3 par jour. Certes, l’eau souterraine qui s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur a bien diminué, en passant de 400 à 200 m3 par jour, mais le volume total à traiter chaque jour a augmenté.

Par ailleurs, dans quatre des cinq puits de pompage, la contamination en tritium de l’eau dépasse 1 500 Bq/L, ce qui est plus que ce que TEPCo s’est autorisé à rejeter en mer. Et comme on ne sait pas retirer ce tritium, la compagnie ne peut pas procéder au rejet. Elle doit stocker cette eau.

La compagnie va tenter de pomper plus en amont pour réduire la teneur en sel. Elle va aussi essayer d’adapter le traitement à de l’eau salée.

En attendant, TEPCo rejette l’eau souterraine salée dans les sous-sols des réacteurs où elle devient encore plus contaminée à cause de l’eau de refroidissement qui s’y écoule ! TEPCo espérait limiter les infiltrations et la voilà qui injecte l’eau là où elle ne devait pas aller… Des explications de la compagnie en japonais sont disponibles ici.

Par ailleurs, concernant l’eau partiellement décontaminée stockée dans des cuves, mais fortement contaminée au tritium, la compagnie envisage toujours de la vaporiser. C’est complètement fou comme idée. Il y en a 800 000 m3. Outre l’impact sur les environs, il faudra une énergie folle (voir Fukushima-dairy qui relaie l’information).

 

La contamination de l’eau de mer au large de l’Amérique du Nord augmente

Le Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), qui effectue une surveillance citoyenne de la contamination de l’eau de mer dans le Pacifique, vient de publier un communiqué de presse où il annonce que la contamination en césium en provenance de la centrale de Fukushima augmente au large des côtes américaines. La plus forte valeur relevée est de 11 Bq/m3, soit 0,011 Bq/L au large de San Francisco. Cela reste une valeur faible grâce à la dilution dans l’immense masse d’eau du Pacifique.

En 2015, le WHOI a ajouté 110 points de mesure à sa cartographie. Tous les résultats sont sur le site dédié.

 

TEPCo communique sur les progrès réalisés pour la gestion de l’eau contaminée

TEPCo communique sur les progrès réalisés pour la gestion de l’eau contaminée.

Tout d’abord, la compagnie a fini de démanteler 12 cuves de la zone H1. Il y a quelques photos en ligne. Ces cuves sont parmi les premières et avaient fui. TEPCo continue démanteler d’autres cuves identiques.

TEPCo avait annoncé avoir fermé le mur le long du littoral le 26 octobre dernier. On a droit à une vidéo du PDG à ce propos sur la page Facebook de la compagnie. Le texte du discours est ici. Aucun intérêt.

La compagnie a aussi mis en ligne quelques résultats pour montrer que la contamination de l’eau de mer dans le port devant la centrale accidentée a diminué depuis. Tout près du littoral, cela semble être le cas. Plus loin, au milieu du port, cela stagne. En dehors du port, aussi.

Les dernières données de l’autorité de régulation nucléaire sur la contamination de l’eau de mer sont ici.

En revanche, la compagnie ne communique pas en anglais sur les dernières fuites. Le PDG, dans sa vidéo, promet pourtant la transparence…

L’eau de pluie contaminée a souvent débordé ces derniers temps. TEPCo a donc engagé des travaux pour qu’elle aille dans le port avant de se diluer au large. Une délégation des autorités régionales et municipales est venue inspecter les travaux le 5 novembre dernier. Des photos sont en ligne sur le site du Maïnichi en japonais. Mais, le même jour, il y a eu une fuite d’eau fortement contaminée à l’intérieur du bâtiment turbine du réacteur n°2. 225 litres auraient fui, mais n’auraient pas atteint la mer (voir le Maïnichi en anglais). Quelques photos et données sont disponibles en japonais sur le site de TEPCo. La contamination de cette eau est de quelques dizaines de millions de becquerels par litre en bêta total.

Quelques jours auparavant, c’est la station de traitement des eaux contaminées ALPS qui a fui. Toujours rien en anglais sur le site de TEPCo. En japonais, c’est ici. La contamination de l’eau est de 230 000 Bq/L en bêta total et une cinquantaine de litres se sont échappés.

La transparence en anglais reste très sélective…

D’après le Fukushima Minpo, les autorités, quant à elles, ont annoncé que la quantité d’eau souterraine qui s’infiltre quotidiennement dans les sous-sols des réacteurs a baissé depuis que TEPCo pompe au pied des réacteurs. C’était 300 m3 avant le pompage. C’est descendu à 130 m3 par jour du 8 au 15 octobre, avant de remonter à 230 m3 par jour du 15 au 22 octobre 2015. L’effet demande encore à être confirmé.