Surgénérateur Monju : JAEA n’avait jamais envisagé de retirer le sodium

Le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement en décembre 2016 après plus de 20 ans d’acharnement, mais seulement 250 jours de fonctionnement. Une des étapes les plus complexes du démantèlement consiste à retirer et neutraliser le sodium qui sert de liquide de refroidissement, car il s’enflamme spontanément à l’air et explose au contact de l’eau. Mais, selon le Mainichi, l’exploitant, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), n’a jamais prévu qu’il devrait un jour retirer le sodium. Et il y en 760 tonnes qui sont en plus radioactives !

Le circuit primaire de refroidissement est protégé par un mur en alliage et il n’est donc pas directement accessible. De plus, la cuve du réacteur est conçue de manière à ce que la quantité de sodium liquide ne descende pas en dessous d’un certain niveau afin de garantir que le combustible nucléaire ne soit pas exposé. Par conséquent, plusieurs centaines de tonnes à l’intérieur de la cuve du réacteur ne peuvent pas être extraites, faute d’ouverture dédiée.

Un cadre de la JAEA reconnait que « lors de la conception du réacteur, la priorité principale était d’achever le projet rapidement. Le démantèlement n’a pas été pris en compte ». Et comme le personnel qui connaît le réacteur est en déclin, ce sera de plus en plus difficile, alors qu’il n’y a pas le droit à l’erreur avec le sodium.

Le surgénérateur devait produire plus de plutonium qu’il n’en consommait et fournir une énergie illimitée au Japon qui croyait en un nucléaire éternel. Pas besoin d’imaginer une fin et un démantèlement. Mais Monju a été arrêté au bout de quelques mois à cause d’une fuite de sodium.

Le sodium tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;