Reconquête progressive des zones de « retour difficile »

Les deux partis de la coalition au pouvoir au gouvernement ont décidé de l’avenir des zones dites de retour difficile qui couvrent 337 km2, là où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an et ont présenté leur point de vue aux représentants des 7 communes concernées, qui sont Minami-Sôma, Tomioka, Namié, Katsurao et Iitaté, ainsi que Ôkuma et Futaba qui accueillent Fukushima daï-ichi. Voir les dernières cartes officielles des zones d’évacuation en japonais et en anglais. Celle en anglais date un peu.

Le parti libéral démocrate et son partenaire le Kômeitô prévoient de demander au gouvernement de ne pas toucher à aux zones les plus contaminées pour le moment, mais plutôt de définir des bases de reconstruction qui serviront de tête de pont à une reconquête progressive. Une concertation devrait avoir lieu avec les pouvoir locaux pour définir ces zones prioritaires.

La décontamination de ces zones prioritaires, la reconstruction des infrastructures et la décontamination des axes d’accès devront être effectuées avant de lever les ordres d’évacuer. Ce ne sera pas avant 2021. Pour le reste, c’est plus flou, mais il est toujours question de reconquête, sans calendrier.

Environ 24 000 personnes réparties dans 9 000 foyers sont originaires de ces zones dites de retour difficile. Peu envisagent de rentrer. Il aurait sûrement mieux valu commencer par la concertation avec les personnes concernées avant de décider. C’est toujours la politique du « Décider – Annoncer – Défendre » (DAD) qui est appliquée, de façon idéologique : le Japon doit reconquérir tous les territoires et surmonter la catastrophe.

Pour arriver à ses fins, le gouvernement envisage de financer la décontamination de ces zones dites de retour difficile. Jusqu’à maintenant, le gouvernement avançait l’argent et TEPCo devait rembourser un jour. Comme le coût de la décontamination supporté par la compagnie dépasse les 2 500 milliards de yens (22 milliards d’euros), elle a récemment appelé à l’aide. Le nouveau plan prévoit de raser les bâtiments trop endommagés, de refaire les routes et de couvrir les sols. TEPCo n’aura à sa charge que la décontamination des bâtiments et infrastructures qui seront maintenus.

Une fois de plus, ce seront les contribuables qui payeront pour des dégâts causés par les compagnies privées.

En ce qui concerne la voie de chemin de fer qui traverse ces zones les plus contaminées, Japan Rail espère une réouverture d’ici mars 2020, mais les travaux n’ont pas commencé. Le reste sera reconstruit d’ici 2017. Voir la carte du Fukushima Minpo.