L’Organisation Internationale pour les Migrations se penche sur les déplacés de la catastrophe nucléaire au Japon

Le dernier numéro des Policy Brief Series de l’Organisation Internationale pour les Migrations se penche sur les déplacés de la catastrophe nucléaire au Japon (rapport au format pdf). Le rapport, rédigé par Reiko Hasegawa, qui est déjà l’auteur de l’étude DEVAST, critique la politique gouvernementale japonaise et fait une série de recommandations.

Le rapport insiste sur la distinction qui est faite entre les déplacés qui ont reçu un ordre de partir et les déplacés « volontaires » qui ne bénéficient pas des mêmes droits. Pour ces derniers, il n’y a même pas de statistiques officielles. Il a été souvent question de ce problème sur ce blog.

Le rapport explique aussi que le gouvernement japonais ne fait pas référence aux textes internationaux de l’ONU relatifs aux déplacés intérieurs, qui leur garantiraient des droits. Par ailleurs, les déplacés du tsunami et du séisme sont pris en charge par l’Agence de reconstruction, et ceux de la catastrophe nucléaire, par le ministère de l’industrie. Ce dernier est toujours présent derrière l’Agence de reconstruction.

La « concertation » avec les populations sur l’avenir des territoires évacués, et la politique du retour, la seule envisagée par les autorités, se limite à des « réunions d’explication » (setsumeikai) à huis clos. Pas de médiateur ou d’expert indépendant. Les déplacés sont donc démunis face aux officiels gouvernementaux qui peuvent imposer leurs vues.

Le rapport fait une série de recommandations :

  • reconnaître aux évacués, le statut de personnes déplacées en interne au pays afin qu’ils bénéficient des garanties internationales à ce sujet ;
  • proposer le retour ou la réinstallation sur un pied d’égalité ;
  • permettre à des médiateurs et des experts indépendants des autorités de participer à la concertation ;
  • reconnaître les déplacés « volontaires » comme réfugiés nucléaire ;
  • admettre qu’il y a des controverses scientifiques à propos des faibles doses.

Par ailleurs, une fédération d’associations du barreau a, lors de son colloque national dédié aux droits humains, demandé au gouvernement de mieux protéger la santé des personnes déplacées. Elle réclame un suivi médical, un soutien psychologique et une aide au logement pour ceux qui ne souhaitent pas renter, mais ont toujours une maison à rembourser.