Le Japon continue à promouvoir le charbon

Officiellement, les autorités japonaises soutiennent l’énergie nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique, mais en parallèle, elles soutiennent financièrement les centrales à charbon qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre. Selon une étude menée par le WWF, le Natural Resources Defense Council et Oil Change International, qui vient d’être rendue publique, « avec plus de 22 milliards de dollars, le Japon est le pays qui a le plus contribué au financement du charbon à l’étranger entre 2007 et 2015 (des futurs projets sont en voie d’être financés à hauteur de 10 milliards de dollars supplémentaires). »

Ces investissements ont augmenté après la catastrophe de Fukushima, pour le marché intérieur, mais aussi pour financer des projets dans d’autres pays asiatiques, comme nous l’avons déjà signalé.

Les engagements du Japon lors de la COP21 n’étaient pas à la hauteur des enjeux, ce qui lui avait valu le prix fossile. Il confirme cette attitude délétère pour le climat et rend peu crédibles ses arguments en faveur du nucléaire. Cela n’empêche pas la ministre de l’environnement, lors des réunions préparatoires au G7 qui aura lieu au Japon, de promouvoir l’accord de Paris. En particulier, pour faire bonne figure, le Japon s’engage pour une diminution conséquente de ses émissions d’ici 2050… Mais, ce sera trop tard ! Une fois construite, une centrale à charbon est exploitée pendant plus d’une quarantaine d’années.

La mesure de limitation des gaz à effet de serre proposée par le gouvernement japonais est la relance du nucléaire, qui est loin d’être garantie. Seuls deux réacteurs fonctionnent actuellement, contre 54 avant la catastrophe. Il est peut probable que la part du nucléaire atteigne les niveaux rêvés par le gouvernement, à savoir 20 à 22% de la production d’électricité d’ici 2030.

D’ailleurs, pour la première fois depuis le début de la catastrophe, le gouvernement ne va pas demander aux habitants et compagnies de faire attention à leur consommation d’électricité cet été, lors de pics de demande. Les capacités de production devraient être toujours supérieures d’au moins 3% par rapport à la demande.

Le gouvernement aurait pu demander de continuer à faire attention pour limiter les émissions de gaz à effet de serre… Mais il estime que les économies d’énergie sont maintenant bien ancrées. Pas si sûr.