Le gouvernement arrête enfin le surgénérateur Monju

Suite à la décision de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) de ne plus autoriser la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) à exploiter le surgénérateur Monju qui cumule les problèmes depuis sa mise en service, le gouvernement japonais aura mis le temps, mais il vient de décider d’arrêter définitivement ce réacteur particulièrement dangereux.

Le surgénérateur Monju est un échec patent : il n’a fonctionné que 250 jours depuis sa mise en service en 1994. Une fuite de sodium avait entraîné son arrêt en 1995. La culture de sûreté y est défaillante et l’Autorité de régulation nucléaire a demandé au gouvernement de trouver un autre exploitant. Il n’y a eu aucun candidat et les coûts explosent. Mais le gouvernement ne voulait pas perdre la face.

L’arrêt définitif ne signifie malheureusement pas la fin des problèmes car la culture de sûreté est toujours défaillante chez JAEA. Le chantier de démantèlement d’une autre de ses usines est mal parti.

Le gouverneur de Fukui a donc demandé des garanties concernant ce chantier qui a durer des décennies. En attendant, il a refusé de donner son accord au démantèlement. Le gouvernement pense que cela prendra une trentaine d’années et coûtera 375 milliards de yens (3 milliards d’euros).

Comme la gestion des combustibles usés, qualifiés de « matières valorisables » alors qu’elles ne sont pas valorisées, dépend de cette technologie, le gouvernement a aussitôt lancé le projet d’un nouveau surgénérateur, sans feuille de route bien précise. Mais, il tient à sauver sa filière plutonium, avec l’usine de retraitement de Rokkashô qui n’a jamais démarré, car, sans cela, il n’a plus de site pour entreposer les combustibles usés. Alors, un nouveau surgénérateur est présenté comme un atout (trump card en anglais, ce qui veut tout dire…) et la nouvelle feuille de route est annoncée pour 2018.

Alors, comme en France avec le projet ASTRID, c’est donc la fuite en avant et si cela devait aboutir un jour, il aura fallu un siècle de R&D… une filière d’avenir qui le restera ! Les compagnies d’électricité japonaises ont fait savoir qu’elles ne voulaient pas payer. Elles déjà assez de soucis avec leurs propres réacteurs. Pour elles, la filière surgénérateurs relève de la responsabilité du gouvernement.

Le Maïnichi critique le processus de prise de décision de continuer dans cette voie sans que l’on connaisse les arguments et les coûts réels à la charge des contribuables.