Japan Atomic Power Co demande une prolongation de 20 ans de son réacteur Tôkaï 2

Sans surprise, Japan Atomic Power Co (JAPCo) a déposé une demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans de la durée de vie de son réacteur Tôkaï 2, dans la province d’Ibaraki malgré les nombreux obstacles. Le but est d’atteindre 60 ans d’exploitation et c’est la première demande de ce type pour un réacteur à eau bouillante.

Il y a peu de chance que cette demande aboutisse, mais la compagnie temporise avant sa faillite. En effet, ce réacteur a été affecté par les séisme et tsunami de 2011 qui a noyé un de ses diesels de secours. Il avait alors fallu 4 jours pour arrêter le réacteur, qui est vétuste et a des kilomètres de câbles inflammables. Presque un million de personnes vivent dans un rayon de 30 km, la plus forte concentration autour d’une centrale nucléaire au Japon, et, en cas d’accident grave, il ne sera pas possible de les évacuer toutes. Aucune des 14 communes concernées n’a de plan d’évacuation d’urgence. La compagnie n’a pas les moyens de financer les travaux de renforcement de la sûreté, estimés à 174 milliards de yens (1,3 milliard d’euros), et les banques rechignent à lui prêter. Elle n’a pas les moyens de démanteler non plus, car elle a pioché dans le fond de réserve dédié. L’autorité de régulation nucléaire lui a demandé un plan de financement.

Mais la compagnie a arrêté définitivement son réacteur de Tsuruga 1 depuis la catastrophe de Fukushima et Tsuruga 2 se trouve sur une faille sismique jugée active par l’autorité de régulation nucléaire. Tôkaï est sa dernière chance, bien mince. Elle a donc mené les inspections requises pour l’extension de la durée d’exploitation : sans surprise, tout va bien.

Alors que JAPCo est dans l’impasse, ses clients, qui sont les grandes compagnies d’électricité, lui versent plus de 100 milliards de yens par an (presque un milliard d’euros), même si la compagnie ne produit pas d’électricité. In fine, ce sont les consommateurs qui payent pour ce fiasco.

Ce réacteur de 1 100 MWh du même type que ceux de Fukushima daï-ichi a été mis en service en novembre 1978.

L’autorité de régulation nucléaire a déjà donné son accord à l’extension de 20 ans de la durée d’exploitation de Takahama 1 et 2, ainsi que de Mihama 3, tous trois dans la province de Fukui et propriété de Kansai Electric Power Co.. Ils ne sont pas encore en service.