Extension de la durée d’exploitation de deux réacteurs de Takahama

En avril dernier, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) avait jugé que la sûreté des réacteurs n°1 et 2 de Takahama, dans la province de Fukui, était conforme aux nouvelles règles et que leur durée d’exploitation au-delà de la limite de 40 ans était a priori possible. Restait à évaluer le vieillissement. La NRA vient de confirmer cet avis et autorise l’exploitation jusqu’à 60 ans à titre exceptionnel.

Cet avis prend en compte les études sur le vieillissement des installations mais est conditionné à des travaux de renforcement de la résistance aux séismes. La NRA a accepté que les tests de résistance aux secousses soient reportés.

Il y a aussi le problème des 1 300 km de câbles électriques inflammables déjà mentionné et l’enceinte de confinement à renforcer. Les travaux devraient prendre trois ans, selon l’exploitant et coûter plus de 200 milliards de yens (1,7 milliards d’euros). Le redémarrage ne devrait pas avoir lieu avant l’automne 2019.

Ces deux réacteurs avaient été mis en service en novembre 1974 et novembre 1975 et sont arrêtés depuis 2011. C’est la première fois que des réacteurs sont autorisés à être exploités au-delà de 40 ans, au Japon.

Rappelons que le redémarrage des réacteurs n°3 et 4 de cette même centrale est suspendu par décision de justice. Une plainte a aussi été déposée contre le redémarrage des réacteurs 1 et 2.

Cette décision de la NRA a été contestée par les personnes critiques envers le nucléaire, qui rappellent que l’extension « exceptionnelle » au-delà de 40 ans de l’exploitation des réacteurs nucléaires devait être motivée par un risque de pénurie d’électricité, ce qui n’est absolument pas le cas au Japon. Seuls deux réacteurs fonctionnent actuellement. Le président de la NRA, Shunichi Tanaka, avait déclaré, en 2012, au moment de sa prise de fonction, que la prolongation de l’exploitation des vieux réacteurs était extrêmement difficile.

Mais la politique énergétique de l’actuel gouvernement, en fixant à 20-22% la part du nucléaire dans le mix électrique à l’horizon 2030, implique la prolongation de l’exploitation d’une dizaine de vieux réacteurs. De nombreux Japonais craignent donc que l’exception devienne la règle. Quant au village nucléaire, il applaudit !

Rappelons aussi que la loi fixait au 7 juillet 2016 la date limite pour obtenir l’autorisation de prolonger l’exploitation de ces deux réacteurs et que l’exploitant, Kansaï Electric, a bénéficié d’un traitement de faveur pour tenir les délais. La demande a été déposée en avril 2015, bien après celles déposées pour d’autres réacteurs qui ont donc été repoussées.