Contamination radioactive des poussières suite à l’incendie du mont Juman en zone de retour difficile

Le 29 avril dernier, un incendie de forêt s’était déclaré au Mont Juman (十万山), dans un territoire fortement contaminé et classé en zone dite de « retour difficile ». Il avait fallu 12 jours pour l’éteindre. Le feu s’était propagé vers Futaba et 75 hectares de forêt ont été détruits. Il n’y a pas eu de victime ni de blessé.

Pour rassurer les populations, les autorités avaient affirmé que l’incendie n’avait pas entraîné une augmentation significative du débit de dose ambiant. Mais les informations étaient très réduites sur la contamination des cendres et poussières qui peuvent être inhalées. Greenpeace Japon avait relevé quelques données qui montrent une augmentation de la contamination des poussières à Namié et dans les environs. Cela pourrait être attribué aux cendres radioactives.

Chikurin-sha, le laboratoire associatif créé avec le soutien de l’ACRO, avait rapidement mis en place une surveillance citoyenne de la contamination des poussières avec un système simple et accessible à tous qui consiste à étendre un linge dans une zone exposée. Ce projet avait été soutenu par plusieurs autres associations.

Chikurin a publié les résultats en japonais et devrait bientôt rencontrer les autorités de Fukushima. Une vidéo de présentation en japonais est aussi disponible. Sur la carte ci-dessous, on peut voir l’emplacement de la centrale accidentée en bas à gauche sur la côte, le site de l’incendie, marqué par une étoile, les stations de surveillance des poussières de la province de Fukushima (en jaune) et l’emplacement des linges exposés par Chikurin, en bleu. L’association, qui a aussi installé un préleveur de poussières, a effectué une surveillance plus étendue que les autorités.

Les résultats des des analyses sont rapportés dans ce document pour plusieurs stations de prélèvement. Il en ressort

  • que les préleveurs de poussière de la province de Fukushima ont enregistré une contamination de l’air allant jusqu’à 30 mBq/m3 le 12 mai ;
  • que Chikurin a mesuré à proximité jusqu’à 125 mBq par mètre carré de linge et par heure d’exposition. Une synthèse des valeurs maximales est sur la carte ci-dessous.

Comme on pouvait s’y attendre, l’incendie a donc entraîné une contamination significative des poussières qui ont pu être inhalées par les secours et les personnes vivant dans les environs. Bien évidemment, les autorités doivent mettre en place une politique de prévention des incendies de forêt, et renforcer les mesures de la contamination des masses d’air.