Réacteur n°1 : premier bilan de l’exploration de l’enceinte de confinement

TEPCo a envoyé un robot pour explorer l’enceinte de confinement du réacteur n°1, qui a plongé une caméra dans l’eau au fond, sans pour autant trouver le corium. La compagnie propose un premier bilan, avec une vidéo des plongées en différents points.

Il apparaît que le débit de dose est très élevé, jusqu’à 10 Sv/h sur la passerelle et 11 Sv/h au fond, mais pas autant que dans le réacteur n°2. Le rayonnement se voit sur les images de la vidéo. Plus la caméra plonge, plus le débit de dose augmente. Les valeurs dépendent des points à partir desquels les mesures sont faites.

On voit aussi quelques débris tombés au fond de l’enceinte de confinement. TEPCo envisage de faire des prélèvements pour en savoir plus.

62ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 62ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 187,6 milliards de yens (1,6 milliards d’euros). C’est beaucoup plus que la dernière fois. Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 087,1 milliards de yens (60 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Le robot n’a pas trouvé le corium dans le réacteur n°1

TEPCo a terminé l’exploration de l’enceinte de confinement du réacteur n°1 à l’aide du robot qui avait envoyé ses premières images le 18 mars dernier, mais elle n’a pas trouvé le corium, à savoir ce combustible fondu mélangé à des débris.

TEPCo a mis en ligne des images et quelques relevés ces derniers jours :

  • Dans le document daté du 21 mars, TEPCo fournit quelques images de la passerelle sur laquelle se déplace le robot ainsi que des photos prises sous l’eau où l’on ne voit rien. Le débit de dose le plus élevé qui a été relevé est de 11 Sv par heure, sous l’eau, au fond de l’enceinte de confinement et de 12 Sv/h près de la passerelle.
  • Dans le document daté du 22 mars, la compagnie montre de nouvelles images prises sous l’eau sur lesquelles on ne voit toujours pas grand chose. Les débits de dose maximum relevés la veille n’ont pas été dépassés.
  • Enfin, dans le document daté du 23 mars, il y a de nouvelles images, de nouveaux relevés, mais rien de vraiment neuf.

TEPCo a trouvé des sédiments en un endroit, mais le débit de dose à proximité est très élevé, mais pas plus qu’ailleurs dans l’enceinte. Il y a donc peu de chance que ce soit du corium, même si la compagnie ne sait pas ce que c’est. Elle espère envoyer un autre robot faire un prélèvement ce mois-ci.

En revanche, la compagnie considère comme un succès que ce robot ait pu être utilisé pendant cinq jours avant d’être récupéré. Pour le réacteur n°2, les missions avaient été plus courtes à cause de pannes, et les débits de dose relevés, beaucoup plus élevés.

Selon l’Asahi, des membres de l’autorité de régulation nucléaire (NRA) commencent à douter de l’intérêt d’envoyer des robots faire des relevés.

Fin de l’aide au logement : quels sont les souhaits des auto-évacués ?

Une partie des auto-évacués bénéficient d’un logement gratuit. Les autorités de Fukushima ont annoncé, en juin 2015, la fin de cette aide au logement à la fin du mois de mars 2017, même si d’autres aides peuvent subsister dans d’autres provinces. Elles viennent de publier une enquête sur les intensions de ces familles, rapportée par l’Asahi.

Il ressort, qu’à la date du 10 mars, 97% des familles qui ont répondu disent avoir décidé où elles vivraient à partir du 1er avril prochain. 227 foyers, ou 2%, ont répondu ne pas savoir. Quant au choix, il y a une fracture entre ceux qui sont partis en dehors de la province de Fukushima et ceux qui y sont restés après avoir quitté leur logement :

  • 3 722 foyers sur 4 673, soit 80%, qui ont quitté la province de Fukushima ont décidé de rester là où ils sont. 794 foyers, ou 17%, vont rentrer.
  • Sur les 4 010 foyers qui ont évacué « volontairement » dans la province de Fukushima, 949, ou 24%, veulent rester là où ils sont et 2 674, ou 67%, vont rentrer dans leur commune.

Ces données sont sur 8 683 foyers qui ont répondu à l’enquête. 12 000 foyers avaient été sollicités.

Nouvelles images de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°1

Après une première tentative infructueuse le 14 mars dernier à cause d’une panne de caméra, TEPCo a réussi à insérer un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1. Voir une présentation de l’appareil qui, comme ses prédécesseurs, doit pouvoir supporter une dose totale de 1 000 sieverts.

Le robot doit se déplacer sur une passerelle, puis envoyer une caméra et un dosimètre attachés à un câble dans l’eau afin de collecter des images et faire des mesures. Il devrait aussi faire des prélèvements.

Le robot s’est déplacé sur 5 m et les premières images de cette mission sont en ligne sur le site internet de la compagnie. Un premier document montre le robot dans l’enceinte. Un deuxième document, plus détaillé, montre d’autres images et donne quelques débits de dose. TEPCo indique 7,8 sieverts par heure près de la passerelle et 1,5 sievert par heure à environ un mètre du bas de l’enceinte. Ces données, qui sont létales en une heure, sont moins élevées que ce qui avait été mesuré dans le réacteur n°2, mais la méthode de mesure n’est pas la même.

TEPCo avait déjà envoyé deux robots dans cette enceinte en avril 2015 et ils étaient rapidement tombés en panne. Le premier n’avait pu être utilisé que pendant 5 heures, avant d’être abandonné. Le deuxième avait pu envoyer plus d’informations, avant d’être aussi abandonné.

L’eau semble plus transparente qu’il y a deux ans. Cela devrait faciliter la recherche du corium.

En janvier et février derniers, TEPCo avait aussi dû abandonner des robots dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Un premier robot nettoyeur n’a tenu que deux heures et le robot scorpion est tombé en panne avant d’avoir atteint son objectif. Les débits de dose se sont élevé jusqu’à 650 sieverts par heure.

Que ce soit pour le réacteur n°1 en 2015 ou dernièrement pour le réacteur n°2, TEPCo et ses partenaires communiquent beaucoup sur les robots.

 

TEPCo et l’Etat reconnus coupables de négligences : ils devront mieux indemniser les évacués

137 personnes, à savoir 76 évacués forcés et 61 auto-évacués, ont saisi la justice pour obtenir une meilleure indemnisation. Ils réclamaient un total de 1,5 milliard de yens (12 millions d’euros) car ils ont tout perdu dans la catastrophe nucléaire. Le débat s’est focalisé sur le fait de savoir si TEPCo et l’Etat auraient pu prévoir qu’un tel tsunami déferle sur la centrale et sur le montant des indemnisations.

Ces derniers ont expliqué que ce n’était pas prévisible et que les conséquences étaient inévitables. Les plaignants, quant à eux, ont soutenu que le tsunami aurait dû être prévu, en se basant sur une étude gouvernementale de 2002 qui estimait à 20% les chances d’un tsunami dû à un séisme de magnitude 8 dans les 30 années suivantes.

Le tribunal de Maebashi a donné droit aux demandes des plaignants, en estimant que l’Etat et TEPCo avaient été négligents face à la menace d’un tsunami. Si TEPCo avait installé des générateurs diesels de secours en hauteur, l’accident aurait pu être évité. Si le gouvernement avait utilisé son pouvoir de contrôle pour imposer des mesures de protection à TEPCo, l’accident aurait pu être évité. C’est la première fois qu’un tribunal reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la catastrophe nucléaire.

Le Maïnichi rapporte que TEPCo avait estimé, en 2008, qu’un tsunami d’une hauteur de 15,7 m pourrait frapper la centrale de Fukushima daï-ichi, mais n’a rien entrepris pour s’en protéger. La compagnie a plutôt choisi une formule de la Japan Society of Civil Engineers (JSCE), qui mettait la hauteur du tsunami à 6,1 m. Le 11 mars 2011, la hauteur était de 15,5 m…

En septembre 2006, la défunte Nuclear Safety Committee (NSC) avait établi de nouvelles règles de résistance aux séismes. Le gouvernement avait alors demandé aux exploitants de vérifier que leurs installations nucléaires satisfaisaient bien à ces nouveaux standards. En août 2007, TEPCo a soumis un rapport intermédiaire qui n’incluait aucune mesure de protection contre les tsunamis. Le tribunal de Maebashi a estimé que le gouvernement avait alors violé la loi en n’imposant pas à TEPCo de mettre en place des mesures de protections contre les tsunamis.

Le tribunal a demandé le versement d’indemnités à 62 plaignants de 45 foyers évacués dans la province de Gunma, allant de 70 000 à 3,5 millions de yens, pour un total de 38,55 millions de yens (316 000 euros) en plus des indemnisations déjà reçues. Les autres plaignants ne seront pas indemnisés plus, le tribunal ayant estimé que la somme qui leur a été allouée était suffisante.

Selon le Maïnichi, 19 plaignants originaires d’une zone où il y a eu ordre d’évacuer recevront entre 750 000 (6 000 euros) et 3,5 millions de yens (29 000 euros) en plus des indemnisations déjà reçues. 43 « auto-évacués », originaires d’une zone contaminée où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuer, recevront chacun entre 70 000 yen (574 euros) et 730 000 yens (6 000 euros) supplémentaires.

Une dame d’Iwaki, qui était partie d’elle-même pendant une dizaine de jours en mars 2011, devrait bénéficier d’une indemnisation de 200 000 yens (1 600 euros). En revanche, le tribunal a refusé de prendre en compte les deux mois supplémentaires pendant lesquels elle était repartie, estimant que le niveau de dose à Iwaki ne le justifiait pas.

Rappelons que les auto-évacués n’ont reçu que 80 000 yens d’indemnisation de la part de TEPCo et que certains bénéficient d’un logement gratuit jusqu’à la fin du mois. Les plaignants sont contents d’avoir remporté une bataille judiciaire qui reconnait la responsabilité de l’Etat et de TEPCo, mais sont déçus par le niveau d’indemnisations supplémentaires qui leur est allouées. Le jugement tend à entériner les règles mises en place en août 2011 par les autorités.

Il y a une trentaine de plaintes similaires impliquant environ 12 000 personnes à travers le pays. Ce jugement va faire jurisprudence et le gouvernement pourrait faire appel.

TEPCo va probablement arrêter définitivement le réacteur n°1 de Fukushima daï-ni

La centrale de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres au Sud de celle de daï-ichi, a aussi été inondée par le tsunami, mais elle a pu être sauvée grâce à de l’électricité encore disponible à quelques kilomètres. Les autorités locales et les riverains s’opposent à son redémarrage, ce qui est compréhensible, mais TEPCo retarde toujours sa décision car la mise à l’arrêt définitif diminuerait les avoirs de la compagnie, la faisant repasser dans le rouge.

Selon le Fukushima Minpo, 50 communes sur 59 à Fukushima ont voté une résolution demandant l’arrêt définitif et le démantèlement de tous les réacteurs de la province, y compris ceux de Fukushima daï-ni, bien sûr.

Face aux pressions, TEPCo devrait arrêter définitivement le réacteur n°1 de la centrale de Fukushima daï-ni, qui est le plus ancien et qui a subi le plus de dommages. Sa mise en service remonte à 1982. La compagnie va étudier le sort des trois autres réacteurs afin de gagner du temps.

Douze réacteurs ont déjà été arrêtés définitivement au Japon depuis le 11 mars 2011, dont les six de Fukushima daï-ichi.

Dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne les dernières données relatives aux doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Rappelons que la compagnie a remis tous les compteurs à zéro au 1er avril 2016.

9 376 personnes ont effectué des travaux sous rayonnements à la centrale accidentée en janvier 2017, dont 8 435 sous-traitants. La dose moyenne prise sur un mois est de 0,37 mSv et la dose maximale, de 10.98 mSv. Cinq sous-traitants ont dépassé 10 mSv en janvier 2017 et 71 ont reçu une dose comprise entre 5 et 10 mSv.

A titre de comparaison, rappelons que la dose limite annuelle pour le public est de 1 mSv par an en temps normal. Pour les travailleurs, c’est 50 mSv par an sans dépasser 100 mSv sur 5 ans. En France, c’est strictement 20 mSv par an pour les travailleurs.

Depuis le 1er avril 2016 et jusqu’au 31 janvier 2017, ils sont 15 029 à avoir été exposés aux rayonnements à la centrale de Fukushima daï-ichi, dont 13 392 sous-traitants (90%). La dose moyenne entre ces deux dates est de 2,34 mSv et la dose maximale, de 38,83 mSv. 112 sous-traitants ont pris une dose supérieure à 20 mSv. 769 sous-traitants et 11 employés de TEPCo ont pris une dose comprise entre 10 et 20 mSv.

Le document donne aussi les doses à la peau et à l’œil.

61ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 61ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 46,4 milliards de yens (380 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 040,7 milliards de yens (57,71 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Pas de conférence de presse pour l’anniversaire de la catastrophe cette année

Pour la première fois depuis mars 2012, le premier ministre a décidé de ne pas tenir de conférence de presse le jour anniversaire de la catastrophe. Il s’est contenté d’une cérémonie et d’une brève allocution lors de laquelle il n’aurait jamais utilisé l’expression « accident nucléaire », alors qu’il l’avait fait les années précédentes.

Selon le Maïnichi, le gouverneur de Fukushima, Masao Uchibori, a fait part de sa déception lors d’une conférence de presse. Il est indispensable de bien nommer les choses quand il est question de Fukushima. Il a précisé qu’il y a eu des dommages considérables suite à l’accident nucléaire et que l’impact est encore présent. Il ne s’agit pas du passé.

Le lendemain, en visite dans la province d’Iwaté, le premier ministre a affirmé vouloir terminer la décontamination des zones les plus contaminées, dites de retour difficile, avant mars 2022 et que le gouvernement est toujours déterminé à y lever l’ordre d’évacuer. L’obstination de la reconquête…