Réacteur n°2 : des images du corium ?

Comme annoncé, TEPCo a de nouveau inséré une caméra dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2, avec un tuyau plus long et a mis en ligne de nouvelles images. Il y a aussi une vidéo ici.

Il se peut, que parmi ces images, il y ait du corium, c’est à dire du combustible qui a fondu et s’est mélangé à des débris : voir ce fichier. Les grumeaux noirs sur la grille n’étaient pas présents avant l’accident. Et c’est juste en dessous de la cuve.

Le robot qui sera envoyé le mois prochain permettra d’en savoir plus grâce aux mesures de débit de dose. Car cela pourrait aussi être des isolants de câbles ou de tuyaux qui auraient fondu.

S’il y a du corium partout, ce ne sera pas facile à démanteler…

Voir aussi les explications techniques en anglais.

Belgique : extension de la distribution des comprimés d’iode à tout le pays

Dans un courrier à Greenpeace Belgique, la ministre de la santé belge confirme que la distribution des comprimés d’iode sera étendue à tout le pays en 2017. Cela va dans le sens des recommandations faites dans notre rapport sur les plans d’urgence nucléaire en Belgique et des recommandations du Conseil supérieur de la santé.

Concrètement, des comprimés d’iode vont être proposés à toute la population qui pourra aller les retirer gratuitement dans les pharmacies. Quelques groupes cibles seront activement encouragés à aller chercher les tablettes : les habitants à moins de 20 km, les enfants, les femmes enceintes et qui allaitent.

Seulement 13% des habitants sont rentrés dans les 5 communes où l’ordre d’évacuer a été levé

L’ordre d’évacuer a été levé dans les communes de Tamura, Minami-Sôma, Kawauchi, Katsurao et Naraha, mais seulement 13% des habitants sont rentrés. Les ordres d’évacuer ont pourtant été partiellement ou complètement levés entre avril 2014 et juillet 2016.

19 460 personnes résidaient dans ces zones et seulement 2 500 sont rentrées en janvier de cet année. Il s’agit surtout de personnes âgées, les familles avec enfant craignant les risques liés à la pollution radioactive.

Rappelons que les autorités veulent lever tous les ordres d’évacuer au 31 mars 2017, sauf dans les zones classées en « retour difficile » et cesser les indemnisations un an plus tard. Pour de nombreux « auto-évacués » l‘aide au logement cessera aussi au 31 mars 2017.

Voir la dernière carte officielle extraite du site de l’Agence de reconstruction :

Images du réacteur n°2

TEPCo se prépare à insérer un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2 afin de prendre des images et faire des mesures. Elle espère ainsi voir le combustible fondu.

Le 26 décembre 2016, TEPCo a percé un trou dans l’enceinte de confinement : voir la vidéo de l’installation.

Puis, en préparation à l’envoi du robot, la compagnie a inséré une caméra montée sur un tuyau à travers ce trou situé juste en dessous de la cuve. Lors d’une première tentative, le 24 janvier, elle était restée bloquée. Cette fois-ci, lors d’une deuxième tentative, il a été possible de prendre des images, disponibles en ligne sur le site de TEPCo.

La vidéo ne montre pas d’obstacle sur le pont que devra emprunter le robot. En revanche, il est très rouillé.

Le débit de dose à proximité du trou est de 8 Sv/h, ce qui est énorme. C’est une dose létale en une heure. A l’intérieur de l’enceinte de confinement, cela atteint 73 Sv/h.

La semaine prochaine, TEPCO devrait insérer un tuyau encore plus long afin de vérifier qu’il n’y a pas d’obstacle et filmer le bas de la cuve. Finalement, un robot devrait emprunter un tuyau de 7,2 m de long en février prochain pour aller dans l’enceinte à la recherche du combustible fondu.

Voir aussi des explications en anglais sur le site de TEPCO.

Report de la date de retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°3

TEPCo venait de communiquer sur l’avancement des travaux sur le réacteur n°3 en postant des images de la pose d’une des premières pièce de la structure qu’elle veut construire autour du réacteur pour pouvoir y retirer les combustibles usés.

La compagnie vient d’annoncer un report de l’achèvement des travaux et donc du début du retrait des combustibles à cause des débits de dose trop élevés. Elle dit privilégier la protection des travailleurs, ce que l’on ne peut pas lui reprocher. Voir ce document en japonais, avec le nouveau planning, des photos et des débits de dose. Cela dépasse, par endroit, les 50 mSv/h à 1,2 m du sommet.

La compagnie a mis en ligne une carte du site avec des débits de dose. C’est vers les réacteurs, et en particulier, vers le réacteur n°3 que les niveaux sont le plus élevés : jusqu’à 0,35 mSv/h quand la limite annuelle est de 20 mSv en moyenne pour les travailleurs.

C’est le deuxième report et la construction devrait prendre deux années environ.

Cette piscine contient 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx.

60ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 60ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 33,8 milliards de yens (276 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

Le versement précédent était 10 fois plus élevé alors que le gouvernement vient de revoir à la hausse le coût de la catastrophe.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 006,9 milliards de yens (57,3 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Du lait en provenance de Naraha mis sur le marché

La commune de Naraha, située à moins de 20 km de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, avait été entièrement évacuée en 2011. L’ordre d’évacuer a été levé en septembre 2015, mais seulement 10% des habitants étaient rentrés un an plus tard.

Pour la première fois depuis la catastrophe nucléaire, du lait produit dans une zone qui a été évacuée vient d’être collecté pour être mis sur le marché. Des contrôles de la radioactivité ont été effectués depuis mai 2016 et la contamination n’a jamais dépassé la limite légale de 50 Bq/kg. Elle était même systématiquement inférieure à la limite de détection.

Il y a 18 vaches dans cette ferme qui ne vont jamais à l’herbe, comme c’est généralement le cas au Japon, mais sont plutôt nourries avec des aliments importés.

Encore des cas de brimades envers de enfants évacués de Fukushima

Une mère de famille qui a évacué « volontairement » à Tôkyô a témoigné devant la justice des brimades subies par son enfant. Le Maïnichi rapporte qu’on lui disait qu’il allait mourir bientôt d’une leucémie. L’enseignant aurait ajouté, sur le ton de la plaisanterie, que l’enfant serait probablement décédé avant la fin de l’école primaire. Un camarade l’aurait aussi poussé dans les escaliers en disant « tu vas mourir, de toutes façons ».

Cette famille est partie prenante d’une plainte collective contre TEPCo et le gouvernement. La mère estime que son enfant a subi des brimades à cause de son statut d’évacué et que c’est un stress de devoir cacher que l’on est évacué.

Une fois au collège, des camarades de classe ont forcé l’enfant à leur payer pour 10 000 yens de bonbons et sucreries. Ce cas fait actuellement l’objet d’une investigation des autorités pédagogiques de district de Chiyoda.

Le Maïnichi rapporte aussi qu’à Niigata, une collégienne a cessé d’aller à l’école en décembre dernier à cause des brimades subies. Des camarades l’appelaient « microbe ». Cela a commencé au primaire, mais elle ne s’en est ouvert à ces parents qu’à la mi-décembre. Les parents ont alerté l’école et les enfants concernés ont dû s’excuser. Certains savaient que la collégienne était évacuée de Fukushima mais prétendent que cette appellation n’était pas liée.

Une grue s’effondre sur la centrale de Takahama

Le 20 janvier, vers 21h50, une grue de 113 m de haut est tombée sur le réacteur n°2 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui. Le toit du bâtiment qui abrite les combustibles usés est endommagé, mais il n’y a pas eu de blessé. Il y a 259 assemblages dans la piscine et la flèche de la grue, qui est tombée, pèse 270 tonnes. Il n’y aurait aucun débris dans la piscine de combustibles.

Ce serait dû aux vents violents, mais les chiffres annoncés sont de 54 km/h au moment de l’accident. Ce n’est pas exceptionnel comme vitesse. Il est donc inquiétant que cet accident ait pu se produire.

Les 4 réacteurs de la centrale de Takahama sont à l’arrêt. Les réacteurs 1 et 2, âgés de plus de 40 ans, sont en travaux pour renforcer leur sûreté. Le redémarrage du réacteur n°2 n’était pas prévu avant 2020. Quatre grues ont été installées en décembre dernier pour ajouter un dôme de protection en béton sur le réacteur.

Le communiqué en japonais de la compagnie reste très laconique. Il y a des images sur le site de l’Asahi.

Dossiers de sûreté validés pour deux réacteurs de Genkaï

En novembre dernier, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) avait jugé que les réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Genkaï, exploitée par Kyûshû Electric dans la province de Saga, satisfaisaient aux nouvelles règles de sûreté introduites après la catastrophe à la centrale de Fukushima daï-ichi. L’avis a été soumis à la consultation du public sur Internet pendant un mois.

La NRA avait notamment demandé de renforcer les mesures de protection contre les séismes et tsunamis. Kyûshû Electric avait pris en compte une secousse maximale avec une accélération de 540 gal (cm/s2) et une vague de 3 m, mais a dû revoir sa copie et passer à 620 gal et 4 m.

La NRA a reçu 4 200 avis et commentaires, mais a conclu que les deux réacteurs étaient bons pour le service. Le redémarrage n’est pas pour tout de suite car il y a des travaux à faire. Le maire d’Imari, commune de 57 000 habitants, située à moins de 30 km de la centrale nucléaire de Genkaï, a tenu une conférence de presse l’an dernier pour exprimer son opposition au redémarrage de cette centrale. Mais il n’aura pas voix au chapitre, car seule la commune qui héberge la centrale, et qui touche les subsides, est consultée.

Jusqu’à présent, seuls 10 réacteurs ont obtenu l’accord de la NRA pour une remise en service, mais seulement deux sont en activité. Il y avait 54 réacteurs de production d’électricité avant la catastrophe de Fukushima. 12 ont été arrêtés définitivement ou détruits depuis.