Arrêt automatique du réacteur n°4 de Takahama

A peine redémarré vendredi 26 février dernier, le réacteur n°4 de la centrale de Takahama à Fukui s’est arrêté automatiquement suite à une problème de générateur. Il ne transmettra donc pas d’électricité au réseau comme prévu.

Dans son communiqué, l’exploitant, Kansaï Electric, déclare ne pas connaître l’origine de la panne.

Il y a une semaine, une fuite d’eau avait été découverte, suite à un boulon mal serré.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi au 31/12/2015

Le ministère de la santé, du travail et des affaires sociales a mis en ligne les dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi.

Au 31 décembre 2015, ils sont 46 181 à avoir travaillé à la centrale depuis le début de l’accident, dont 41 502 sous-traitants.

En décembre 2015, ils étaient 10 372 dont 9 315 sous traitants qui prennent les doses les plus élevées. La dose moyenne pour les employés de TEPCo était de 0,18 mSv en un mois et celle des sous-traitants, de 0,51 mSv. La dose maximale sur un mois a été de 13,27 mSv. Un sous-traitant.

14 travailleurs ont vu leur dose cumulée dépasser 75 mSv durant le mois de décembre 2015, sachant que la dose limite à ne pas dépasser sur 5 ans est de 100 mSv. Ils sont 584 à avoir une dose cumulée comprise entre 75 et 100 mSv depuis le début de la catastrophe.

Trois anciens dirigeants de TEPCo devraient être mis en examen

Trois anciens dirigeants de la compagnie TEPCo pourraient être inculpés le 29 février prochain pour négligence professionnelle ayant provoqué des morts et des blessures en mars 2011. Il s’agit de Tsunéhisa Katsumata, 75 ans, ancien président de la compagnie, et deux anciens vice-présidents, Sakaé Muto, 65 ans, et Ichiro Takékuro, 69 ans. Ces dirigeants étaient informés qu’un puissant tsunami était susceptible de frapper la centrale de Fukushima Daichi, mais ils n’auraient pas pris les mesures protection nécessaires.

En 2012, un groupe de citoyens de Fukushima a porté plainte contre de nombreux dirigeants de TEPCo et du gouvernement. Puis, il avaient focalisé leur action contre ces trois dirigeants. En septembre 2013, ils avaient été déboutés, mais un jury de citoyens leur avaient ensuite donné raison par deux fois. Ces trois dirigeants doivent donc être inculpés, mais le procès n’est pas pour tout de suite.Le jury a estimé qu’ils étaient responsables des blessures de 13 personnes suite aux explosions hydrogène et du décès de 44 patients d’hôpitaux. Les trois dirigeants devraient plaider non coupable. Ce sont les premières inculpations suite à la catastrophe nucléaire.

Démarrage d’un quatrième réacteur nucléaire à Takahama – que faire des vieux réacteurs ?

Vers 17h, Kansaï Electric a commencé le démarrage du réacteur n°4 de sa centrale de Takahama dans la province de Fukui, sur la Mer du Japon. La réaction en chaîne devrait débuter 13 heures plus tard, le 27 février, puis le réacteur va monter progressivement en puissance. Il devrait générer de l’électricité à partir du 29 février. Il s’agit du réacteur qui a eu une petite fuite d’eau récemment.

Parallèlement, le réacteur n°3, qui avait été relancé il y a un mois, devrait entrer ce jour en exploitation commerciale. Rappelons que ces deux réacteurs utilisent du combustible MOx, avec du plutonium extrait des combustibles usés, qui est plus dangereux que du combustible ordinaire à base d’uranium naturel. Et que deux autres réacteurs sont en fonctionnement à la centrale de Sendaï, dans la province de Kagoshima. C’est tout, sur un parc de 43 unités.

Cette semaine, l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a jugé que les deux autres unités de Takahama, les plus anciennes, sont conformes aux nouvelles normes de sûreté. L’exploitant avait déposé une demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans, sachant que la nouvelle loi limite à 40 années l’exploitation. Cette limite avait été introduite par la précédente majorité afin de montrer l’engagement du Japon à sortir, à terme, du nucléaire.

Ces réacteurs, qui ont plus de 40 ans, ne sont pas encore prêts à démarrer car il y a de nombreux travaux de remise à niveau nécessaires. En particulier, il y a un total de 1 300 km de câbles électriques avec un isolant inflammable. Ils devront être remplacés à 60% ou ignifugés pour le reste en les entourant d’un retardateur de flamme. Il faut aussi entourer l’enceinte de confinement par une coque en béton pour réduire le débit de dose ambiant et protéger les travailleurs. L’exploitant estime à 3 ans la durée des travaux.

Il y a encore 7 autres réacteurs nucléaires avec des câbles inflammables au Japon.

Ce sont les deux premiers réacteurs de plus de 40 ans à passer cette première étape. L’avis de la NRA va être soumis au public pendant un mois. Cette dernière a fait des efforts pour répondre à la demande dans les temps, car la loi impose une réponse avant juillet 2016. Il lui faut encore approuver la demande d’extension d’exploitation qui prend en compte le vieillissement et inspecter les réacteurs en se focalisant sur la résistance aux séismes. Est-ce que cela sera fait dans les délais ? Si la réponse est négative, ces deux réacteurs devront être arrêtés définitivement et démantelés.

La demande de prolongation, déposée en mars 2015, était tardive. Il s’agissait des demandes de redémarrage n°22 et 23. Cette priorité mise par la NRA sur ces deux réacteurs âgés n’est pas sans faire grincer des dents chez les autres exploitants du nucléaire qui attendent beaucoup plus longtemps pour voir leurs dossiers instruits. Mais si la NRA avait laissé passer la date limite du 7 juillet 2016, l’exploitant aurait probablement porté plainte contre elle, selon le Maïnichi. Et le gouvernement, qui veut entre 20 et 22% de nucléaire dans le mix électrique en 2030, a besoin des vieux réacteurs pour atteindre cet objectif.

Ces deux réacteurs ont une puissance de 826 MWe chacun. Le premier a été mis en service en novembre 1974 et le second en novembre 1975.

L’ACRO assiste Greenpeace dans sa campagne de mesure de la radioactivité des fonds marins à Fukushima

Le Rainbow-Warrior III de Greenpeace est de nouveau à Fukushima pour une campagne de mesure de la contamination des fonds marins au large de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi.

L’ACRO est à bord pour assister Greenpeace dans cette opération (voir la photo). Chikurin, le laboratoire indépendant monté à Tôkyô avec le soutien de l’ACRO est aussi partenaire.

Voir le communiqué de presse de Greenpeace en anglais avec de nombreuses photos et vidéos.

Voir des explications en allemand, en français et en japonais ainsi que la dépêche AFP à ce sujet. Un rapport de présentation du projet en anglais est aussi disponible.

Quelques photos de Greenpeace :

Fukushima Daiichi nuclear plant, five years after the disaster. Greenpeace has launched an underwater investigation into the marine impacts of radioactive contamination resulting from the 2011 nuclear disaster on the Pacific Ocean.

Vue de la centrale de Fukushima daï-ichi depuis le Rainbow Warrior III (février 2016)

Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, conducts its radiation survey work off shore of Fukushima Prefecture - sea bed survey and sampling of marine sediment - with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed upon before transport to independent laboratories in Japan and France.

L’Asakazé, affrété par Greenpeace pour la campagne de mesures (février 2016).

Mylène Josset, radioactivity measurement specialist from French independent laboratory ACRO, conducting radiation survey work from Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, off shore of Fukushima Prefecture. Greenpeace is doing sea bed survey and sampling of marine sediment with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed up before transport to independent laboratories in Japan and France.

Mylène Josset, de l’ACRO, à bord de l’Asakazé. Elle prépare les échantillons qui seront analysés par l’ACRO et Chikurin (février 2016).

Mylène Josset, radioactivity measurement specialist from French independent laboratory ACRO, conducting radiation survey work from Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, off shore of Fukushima Prefecture. Greenpeace is doing sea bed survey and sampling of marine sediment with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed up before transport to independent laboratories in Japan and France.

Mylène Josset de l’ACRO effectue un contrôle (février 2016).

Mylène Josset, radioactivity measurement specialist from French independent laboratory ACRO, conducting radiation survey work from Asakaze, a Japanese research vessel chartered by Greenpeace Japan, off shore of Fukushima Prefecture. Greenpeace is doing sea bed survey and sampling of marine sediment with the Rainbow Warrior acting as a campaign support ship. A gamma ray spectrometer is used to measure the distribution of radioactivity discharged from the plant, and sampling and the under water videos /stills documentation are conducted by a Remotely Operated Vehicle (ROV). All samples will be sealed up before transport to independent laboratories in Japan and France.

Mylène Josset, de l’ACRO, à bord de l’Asakazé (février 2016).

Mise en service de l’incinérateur de déchets à Fukushima daï-ichi.

TEPCo a accumulé quelques 66 000 m3 de déchets ordinaires à la centrale de Fukushima daï-ichi et veut réduire les volumes en les incinérant. Deux incinérateurs devraient être mis en service afin de brûler 14 tonnes de déchets par jour, en fonctionnant 24h/24. Ils doivent filtrer les dioxines et des éléments radioactifs.

Un premier a été testé ce jour et TEPCo a mis en ligne une vidéo de présentation, en japonais. La compagnie a commencé par les vêtements des ouvriers, qui sont les moins contaminés.

TEPCo admet avoir trop tardé pour reconnaître la fusion de 3 cœurs nucléaires

TEPCo et les autorités japonaises ont mis deux mois pour admettre qu’il y avait eu fusion du cœur des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Au début, il n’était question que d’endommagement des combustibles. La compagnie a même fourni des pourcentage de combustibles endommagés. Maintenant, il est reconnu par tous qu’il y a eu fusion du cœur et que ce magma radioactif a percé la cuve des réacteurs.

Selon la télévision publique, la NHK, TEPCo vient de découvrir que son propre manuel d’urgence dit qu’une fusion a eu lieu si au moins 5% du combustible a fondu. C’est en répondant à des questions de la commission d’enquête sur l’accident mise en place par la province de Niigata que la compagnie aurait trouvé cette définition… TEPCo aurait donc dû utiliser le mot fusion dès le troisième jour de l’accident, quand les capteurs ont pu être rétablis. Il était alors question d’un endommagement de 55% du combustible du réacteur n°1 et de 30% du réacteur n°3.

Dans son rapport d’enquête interne, publié en 2012, TEPCo ne mentionne jamais ce fait, comme si elle n’était toujours pas allée relire le manuel d’urgence pour voir ce qui n’allait pas.

Que TEPCo ait été complètement dépassée par les évènements n’est pas un scoop. Qu’elle ait toujours cherché à minimiser la catastrophe non plus. C’est encore le cas maintenant. En revanche, qu’aucun organisme d’expertise international n’ait contredit TEPCo pendant 2 mois est assez inquiétant.

Le 12 mars 2011, au lendemain du tsunami, Koichiro Nakamura, de la défunte autorité, la NISA, avait déclaré qu’une fusion du cœur avait peut-être lieu étant donné le niveau de radiation détecté. Il avait immédiatement été écarté des relations publiques de l’agence…

Le porte-parole du gouvernement a demandé à TEPCo de prendre des mesures pour qu’une telle erreur ne se répète pas. Il prévoit d’autres fusions de cœur ? Rassurant ! En revanche, pas un mot sur l’échec de ses services à avoir une expertise indépendante de la situation…

Takahama : l’exploitant doit serrer les boulons

C’est un boulon mal serré qui serait à l’origine de la fuite découverte sur les réacteur n°4 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui. La compagnie espère toujours redémarrer ce réacteur le 26 février, comme initialement prévu. Cette fuite ne devrait donc pas entraîner de retard sur le planning.

Le boulon était sur une vanne et Kansaï Electric, l’exploitant aurait vérifié toutes les vannes similaires et aurait fait de même sur le réacteur n°3.

Voir les explications en anglais de la compagnie.

Une petite fuite reporte le redémarrage d’un réacteur de Takahama

Alors que la compagnie Kansaï Electric s’apprête à redémarrer le réacteur n°4 de sa centrale de Takahama dans la province de Fukui, une petite fuite d’eau sur le circuit de refroidissement primaire entraîne la suspension des opérations.

8 L d’eau contaminée se seraient répandus sur le sol. Cette flaque contiendrait 14 000 Bq de substances radioactives (1,74 Bq/L). Par ailleurs, de l’eau a aussi été récoltée dans un puisard et dans d’autres équipements. La quantité totale ayant fui est estimée à 64 L. Cette eau contiendrait un total de 60 000 Bq de substances radioactives.

La compagnie recherche l’origine de la fuite et suspend les opérations en attendant. Voir son communiqué en anglais.

Ce réacteur a tout juste 30 ans et est arrêté depuis 4 ans et demi. Le réacteur n°3 de cette même centrale a redémarré et devrait débuter son activité commerciale à partir du 26 février prochain. Quant aux réacteurs 1 et 2, ils ont dépassé l’âge limite de 40 ans, mais l’exploitant a déposé une demande de prolongation « exceptionnelle » jusqu’à 60 ans.