De forts débits de dose découverts

Selon la presse japonaise, TEPCo aurait annoncé avoir mesuré des débits de dose très élevés au voisinage de l’enceinte de confinement du réacteur n°2. La plus forte valeur, de 9,4 sieverts par heure ( 9 400 mSv/h !), qui est létale en quelques minutes, a été détectée au niveau du sol sans que TEPCo ne sache pourquoi. La compagnie annonce qu’elle va décontaminer, sans plus de précision.

Du côté de la cheminée de rejet commune aux réacteurs n°1 et 2, TEPCo a mis en ligne (en japonais uniquement), des photos montrant des dégradations. Le démantèlement est difficile à mettre en œuvre à cause des débits des dose élevés à proximité (pages 15 et 16 du document), jusqu’à 2 sieverts par heure (2 000 mSv/h) au pied, là où il y avait plus de 10 sieverts par heure en août 2011.

Des évacués « volontaires » se sont constitués en association

Selon l’Asahi, des évacués « volontaires » ou « auto-évacués » se sont constitués en association. Il s’agit des personnes qui ont quitté les zones contaminées de Fukushima sans qu’il y a d’ordre d’évacuer, par crainte des radiations, plus, maintenant, des personnes qui ne souhaitent pas rentrer là où l’ordre d’évacuer a été levé. Pour certains, le dilemme se résume à vivre dans la pauvreté ou retourner vivre en zone contaminée. En effet, le seul soutien qu’ils reçoivent est un logement gratuit et les autorités régionales ont annoncé la fin pour mars 2017. Le gouvernement souhaite lever tous les ordres d’évacuer en mars 2017, afin la fin des indemnisations un an plus tard, sauf dans les zones classées en zone de « retour difficile ».

Cette association, dont le lancement a réuni 130 personnes à Tôkyô, veut demander la prolongation du soutien aux autorités et à TEPCo. Elle va travailler en concertation avec d’autres associations de déplacés.

Le nombre d’habitants qui souhaitent rentrer à Tomioka et Ôkuma baisse

Selon le dernier sondage effectué en août dernier par l’Agence de reconstruction auprès des habitants de Tomioka et d’Ôkuma, le nombre d’habitants qui souhaitent rentrer une fois l’ordre d’évacuer levé est en baisse.

50,8% des ménages de Tomioka et 63,5% de ceux d’Ôkuma ont répondu « non » à la question. C’est 1,4 point de plus par rapport à l’an dernier pour Tomioka et 5,6 points de plus pour Ôkuma.

13,9% des ménages ont répondu « oui » à Tomioka, ce qui est 2.0 points de plus que l’an dernier et 11,4% à Ôkuma, -1,9 point par rapport à l’année précédente.

Le pourcentage des indécis est en baisse : 29,4% à Tomioka, soit 1,3 point en moins et 17,3% à Ôkuma, soit 8,6 points de moins qu’il y a un an. Pour les deux communes, le taux de réponse est de l’ordre de 50%.

Le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour encourager le retour, mais sa politique ne semble pas convaincre les intéressés.

Doses prises par les secouristes lors de la phase d’urgence de l’accident nucléaire

Le ministère de la santé du Japon a donné, pour la première fois, des statistiques sur les doses prises par les secouristes lors de la phase d’urgence de l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Ces données concernent 2 800 militaires et 170 pompiers et policiers qui sont intervenus pour aider à l’évacuation. Comme ils portaient une tenue de protection, il est supposé qu’ils n’ont reçu aucune contamination interne. La dose prise en compte est donc celle des dosimètres individuels.

62% des militaires ont reçu une dose inférieure à 1 mSv en 20 jours (du 12 au 31 mars), qui est dose à ne pas dépasser en un an pour le public. Et donc, 38% ont reçu une dose supérieure. La plus forte dose enregistrée est de 10,8 millisieverts.

Pour ce qui est des policiers et pompiers, 12% d’entre eux ont reçu une dose supérieure à 1 mSv et la plus forte dose est de 2,2 mSv. Ainsi, globalement, 36% des secouristes pompiers, policiers ou militaires ont reçu une dose supérieure à 1 mSv. Plus précisément, 19% ont reçu entre 1 et 2 mSv, et 5% plus de 5 mSv. Tous ceux ayant reçu plus de 5 mSv sont des militaires.

Le gouvernement a montré ces données dans le cadre d’un groupe de travail qui doit fixer les limites à ne pas dépasser pour les personnes impliquées dans les secours. En cas d’urgence nucléaire, ces sauveteurs ont une limite de 100 mSv au total. Ainsi, aucun d’entre eux ne l’a dépassée. Pour les chauffeurs de bus ou les employés municipaux…, le gouvernement veut garder la limite du public, à savoir, 1 mSv.

A titre de comparaison, les pompiers qui sont intervenus sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi pour refroidir les réacteurs allant jusqu’à 29,8 mSv. Pour les travailleurs, c’est plus encore. De son côté, les autorités régionales de Fukushima ont estimé, par le calcul cette fois-ci, que la dose moyenne prise par la population évacuée est de 0,8 mSv, avec un maximum à 25 mSv.

TEPCo annonce avoir fermé le mur le long du littoral

Les fuites en mer de l’eau souterraine contaminée est un des défis majeurs auxquels fait face TEPCo qui accumule les tentatives de les colmater. Il y a d’abord eu le pompage en amont des réacteurs, avant que l’eau ne se contamine plus au contact des réacteurs. En 2012, TEPCo a aussi commencé à construire une barrière le long du littoral. Mais comme on n’arrête pas un écoulement, les eaux souterraines contournent la barrière. La compagnie a donc laissé des ouvertures dans le port où d’autres barrières ralentissent les échanges avec l’océan, mais ne les arrêtent pas.

Depuis septembre dernier, TEPCo pompe l’eau au pied des réacteurs nucléaires, la décontamine partiellement avant de la rejeter en mer. Grâce à cette dérivation, la barrière le long du littoral peut être plus efficace. La compagnie a donc décidé de la fermer complètement. Voir les photos mises en ligne sur son site. Elle fait 780 m de long et a une profondeur de 30 m.

TEPCo estime que 400 m3 d’eau souterraine s’écoulent vers l’océan chaque jour. Avec la barrière, elle espère que ce ne sera plus que 10 m3 par jour.

Mais, il y aurait toujours 150 m3 d’eau souterraine qui pénètrent quotidiennement dans les sous-sols des réacteurs, où elle se mélange à l’eau de refroidissement, fortement contaminée. C’était 400 m3 par jour au début de la catastrophe. Parmi les autres mesures encore en développement, il y a le mur souterrain gelé en amont des réacteurs. TEPCo espère sa mise en service pour la fin de l’année. Mais l’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, n’a pas encore donné son accord. En effet, si le niveau de l’eau souterraine baisse de façon significative, l’eau fortement contaminée des sous-sols va prendre la place et contaminer fortement le sol. Elle attend donc de TEPCo des explications précises sur la façon dont elle va faire face à ce problème.

Comme attendu, le gouverneur d’Ehimé a donné son accord au redémarrage du réacteur n°3 d’Ikata

Le week-end portant conseil, le gouverneur d’Ehimé a accepté le redémarrage du réacteur n°3 de la centrale d’Ikata. Ce n’est pas une surprise. Il en a informé la compagnie Shikoku Electric. Tous les élus qui ont leur mot à dire ont donné leur accord. Et comme la « consultation » se réduit à la mairie et la province qui abritent la centrale et touchent les taxes, il n’y a pas de suspense. Juste une mise en scène. Les problèmes relatifs à l’évacuation des riverains en cas d’accident et des 5 000 habitants de la péninsule barrée par la centrale en particulier ne semblent pas avoir pesés lourd dans les décisions successives.

Le redémarrage ne devrait pas avoir lieu avant le printemps 2016 car les inspections ne sont pas terminées. Le réacteur, qui a été mis en service en décembre 1994, est arrêté depuis avril 2011. Il peut consommer du MOx et le gouverneur a approuvé qu’il utilise ce combustible.

La réponse de l’université médicale de Fukushima à l’étude sur l’augmentation de cancers de la thyroïde

L’université médicale de Fukushima a officiellement réagi à l’étude épidémiologique qui montre que l’augmentation constatée du nombre de cancers de la thyroïde – reconnue par tous – ne peut pas être expliquée par le dépistage systématique, ou effet « râteau ». Voir l’étude et la conférence de presse du principal auteur.

Rappelons que cette université est en charge du dépistage et du suivi. C’est aussi elle qui a opéré la plupart des enfants atteints d’un cancer de la thyroïde. Mais elle a toujours affirmé que l’augmentation constatée du nombre de cancers n’était pas liée à la catastrophe nucléaire, sans apporter d’autre explication solide. L’étude épidémiologique, quant à elle, se base sur les données officielles pour montrer que l’effet « râteau » lié au dépistage systématique ne peut pas expliquer l’augmentation constatée. Elle conclut qu’il n’y a pas d’autre explication que l’exposition aux retombées radioactives.

L’université médicale de Fukushima a finalement réagi par un communiqué en japonais et elle renvoie au commentaire qui va paraître dans le même journal scientifique que l’étude épidémiologique. Scott Davis, épidémiologiste américain, y explique le contexte sur une dizaine de pages sans rien apporter de nouveau. Il rappelle les conclusions de l’OMS et de l’UNSCEAR qui sont basées sur la modélisation et non l’observation. Sa seule critique est que l’on ne connaît pas la dose reçue par chaque enfant et que l’on ne peut donc rien conclure quant au lien entre la radioactivité et l’apparition du cancer de la thyroïde. Cela signifie-t-il qu’il est d’accord avec le reste de l’étude ? Il ne le dit pas.

En revanche, il explique que la catastrophe nucléaire est due à un tsunami « inimaginable », que lors de la phase d’urgence, il y a plus urgent que de se préoccuper des effets à longs terme comme les cancers de la thyroïde, qu’avec la triple catastrophe, les autorités ont été dépassées… Tout cela n’a rien à voir avec les conclusions de l’étude épidémiologique et c’est même parfois erroné. Rappelons que la catastrophe nucléaire a été qualifiée de catastrophe d’origine humaine par la commission d’enquête parlementaire, que TEPCo savait que son mur anti-tsunami n’était pas suffisamment élevé… De tels arguments laissent penser qu’il croit au lien avec la catastrophe nucléaire et qu’il cherche à excuser les responsables.

Vidéo auto-promotionnelle de TEPCo sur la reconstruction de Naraha

TEPCo a mis en ligne, sur sa page Facebook, une vidéo d’auto-promotion sur la reconstruction de Naraha, où l’ordre d’évacuer a été levé le 5 septembre dernier. Tout va bien, il manque juste quelques médecins. Jamais le mot « radioactivité » n’est prononcé durant toute la vidéo.

On entend même un officiel remercier TEPCo pour son aide ! La compagnie est décidément sans vergogne. C’est vrai que, grâce à TEPCo, les carpes sont revenues. Pour les habitants, c’est encore loin d’être le cas.

Le maire d’Ikata accepte le redémarrage d’un réacteur nucléaire

Après le conseil municipal et l’assemblée régionale, le maire d’Ikata a donné son accord pour le redémarrage du réacteur n°3 de la centrale d’Ikata située dans la province d’Ehimé, sur l’île de Shikoku.

Le gouverneur devrait suivre prochainement. Il avait exigé la visite du ministre de l’industrie et c’est chose faite. Sa décision est attendue pour la semaine prochaine car il a besoin du week-end pour réfléchir. Quel suspense !