Des champignons contaminés au-delà de la limite à Gunma

Les résultats mis en ligne par le ministère de la santé font apparaître que des champignons avec une contamination en césium plus élevée que la limite de 100 Bq/kg ont été commercialisés à Gunma en septembre. Les quatre échantillons concernés ont une contamination qui va de 120 à 480 Bq/kg (Information repérée par Fukushima dairy).

Les champignons vont rester contaminés durant des décennies, à l’instar de ce que l’ACRO observe en Europe.

Fin de la campagne estivale d’économie d’énergie

La campagne d’économie d’électricité lancée par le Japon pour l’été, quand la consommation est la plus forte à cause de la climatisation, prend fin. L’offre et la demande ont été stables cet été, malgré l’absence d’énergie nucléaire pendant la période la plus chaude. En effet, le réacteur n°1 de Sendaï n’est couplé au réseau que depuis le 10 septembre dernier.

La gouvernement n’avait pas fixé d’objectif chiffré et avait juste appelé à réduire la consommation. La part du solaire a augmenté.

Plainte collective de 117 habitants de Namié

Selon le Maïnichi, 117 habitants du district de Tsushima à Namié, qui est classé en zone de « retour difficile », ont porté plainte contre TEPCo et le gouvernement. Ils pourraient être rejoints par 480 habitants. Ce serait la première fois que des habitants originaires d’une telle zone déposent une plainte collective.

Ils réclament que le district de Tsushima soit entièrement décontaminé et réhabilité, de façon à ramener l’exposition externe sous la limite annuelle d’un millisievert, avant mars 2020. Ils réclament 30 millions de yens (224 000 euros) chacun en cas d’échec. Ils estiment qu’au delà de cette date, il sera difficile de maintenir la communauté.

En attendant, ils demandent aussi que l’indemnité pour le stress engendré par l’évacuation passe de 100 000 (746 euros) à 350 000 yens (2 600 euros) par personne et par mois et réclament 3 millions de yens (22 400 euros) chacun à cause l’exposition aux retombées radioactives qui aurait pu être évitée si les autorités avaient communiqué leurs prédictions.

Fukushima : les voix silencieuses

Un appel à soutien a été lancé pour financer un documentaire sur les voix silencieuses de Fukushima. La présentation du projet contient déjà deux vidéos assez personnelles de la réalisatrice, une Japonaise originaire de Fukushima et vivant en France.

Ajout du 3 octobre : Voir l’interview de la réalisatrice à Fukushima-blog.org

Le désarroi des mères de Fukushima

Le Japan Times propose un excellent article sur le désarroi des mères de Fukushima face à la radioactivité. Rester, partir ou rentrer est encore un dilemme après plus de quatre années.

Celles qui sont restées vivent dans la crainte des radiations et celles qui sont parties font face à des accusations d’avoir abandonné leurs proches. C’est une situation où l’on perd à tous les coups.

Pour Yukiko (les prénoms ont été changés), la trentaine, qui est partie avec sa fille de 6 ans en laissant son mari à Fukushima : « consciemment ou inconsciemment, les femmes connaissent le rôle que l’on attend d’elle dans la famille. Mais après le tremblement de terre et la catastrophe nucléaire, tout a changé. Je ne peux plus vivre selon ces attentes, et la société me juge ».

Elle ajoute : « honnêtement, je ne connaissais pas grand chose à propos des réacteurs nucléaires à Fukushima. Mais je savais combien les fortes doses de radiation pouvaient être dangereuses. Je suis partie à Tôkyô dans la semaine qui a suivi la catastrophe. Mon mari est resté à Fukushima, mais j’étais déterminée à partir avec, comme priorité, la sécurité de ma fille. Chaque fois que je rentre à Fukushima pour un enterrement ou une fête, les membres de ma famille me posent toujours la même question : “quand rentres-tu, c’est sûr maintenant ?“. Les liens familiaux se sont distendus. »

« Si je suis forcée de rentrer à Fukushima, je dois prétendre que je ne crains par la radioactivité, alors que ce n’est pas vrai. »

Rappelons que ces « évacués volontaires » ne bénéficient pas d’une aide financière. Certaines mères ne peuvent pas se permettre de partir car elles n’en ont pas les moyens. Elles culpabilisent aussi. C’est le cas de Hiroko, la trentaine, qui a dû rester avec sa famille de cinq personnes et les animaux domestiques : « C’est étrange, car plus personne ne parle de leurs soucis liés à la catastrophe. C’est comme si elle n’avait jamais existé, les gens ont effacé la réalité. » Les mères qui sont restées peuvent aussi être critiquées. Hiroko ajoute : « Parfois, quand je suis seule à la maison, je pleure, en pensant à l’avenir des mes enfants. J’ai peur qu’ils tombent malades, que les êtres que je chéris le plus m’en veulent un jour de n’avoir pas pu les protéger. C’est ma plus forte crainte. »

Pour Yuriko qui, à plus de 70 ans, est restée à Minami-Sôma : « certaines personnes faisaient confiance au gouvernement et ont continué à vivre ici, mais d’autres ne pouvaient plus supporter de vivre tous les jours dans la crainte et sont parties. Personne ne savait que croire et les communautés ont éclaté. »

Alors que la priorité des autorités est la reconstruction de la région, la pression est forte sur les mères pour qu’elles gardent leurs craintes pour elles. Certaines ont créé des groupes de discussion pour échanger. Le but est de permettre aux mères de famille de pouvoir discuter avec d’autres dans la même situation. Akiko témoigne : « J’ai pu parler avec d’autres femmes de sujets qu’il n’est pas possible d’aborder au quotidien, comme les limites de contamination de la nourriture ou les niveaux de radiation. J’ai aussi pu me faire des amies dans le groupe et je ne me sens plus aussi seule maintenant. »

Soutien financier : 44ième versement pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu 411,8 milliards de yens (3 milliards d’euros) de la part des autorités pour lui permettre d’indemniser les victimes de la catastrophe. Il s’agit du 44ième versement.

La compagnie a reçu 5 323,2 milliards de yens (40 milliards d’euros) en tout. Elle est supposée rembourser cette somme un jour. Le prêt est sans intérêt pour la compagnie, mais pas pour les contribuables.

TEPCo annonce à chaque fois, que cela ne sera pas suffisant.

Impressionnant reportage photo

Le photographe polonais, Arkadiusz Podniesinski, a mis en ligne sur son site un impressionnant reportage photographique dans les zones évacuées de Fukushima. Il est daté du 16 septembre 2015.

Outre des villes et villages abandonnés, on y voit aussi des sites d’entreposage de déchets radioactifs en bordure de mer sans protection contre les tsunamis.

Les commentaires sont en anglais. Il y a aussi des reportages effectués à Tchernobyl.

70 à 100% du cœur du réacteur n°2 aurait fondu

Les muons, ces particules cosmiques, ont été utilisés pour radiographier deux des réacteurs de Fukushima daï-ichi, confirmant ainsi la fusion des cœurs. Pour le réacteur n°2, c’est l’université de Nagoya qui a effectué le travail. Cette même équipe affirme qu’il est fort probable que 70 à 100% du cœur de ce réacteur a fondu. Où est passé le corium, c’est la dire le cœur fondu ? Il n’est pas encore possible de répondre à cette question. TEPCo estime qu’une partie est restée dans la cuve du réacteur.

Les chercheurs de l’université de Nagoya doivent présenter leurs résultats lors d’un congrès de la société japonaise de physique à Ôsaka. Pour arriver à ces conclusions, ils ont comparé le réacteur n°2 au réacteur n°5. Voir une ancienne présentation de cette équipe, qui montre la technologie utilisée.

TEPCo, qui a déjà montré que tout le cœur du réacteur n°1 a percé la cuve, veut à son tour radiographier le réacteur n°2 avec des muons, mais le détecteur qu’elle a fait développer est trop grand et peut pas être utilisé

Quand TEPCo procrastinait à propos des mesures anti-tsunami

Le gouvernement japonais continue de rendre publics les verbatims d’auditions effectuées par la commission d’enquête gouvernementale. Parmi les cinq derniers documents mis en ligne, il y a le témoignage de Shigéki Nagura, un inspecteur en charge de la centrale de Fukushima daï-ichi à la défunte NISA, la précédente autorité de sûreté nucléaire.

Selon M. Nagura, il a eu plusieurs réunions avec TEPCo en août et septembre 2009 à propos du risque tsunami le long de la côte pacifique. Il était alors évident qu’un tsunami avait frappé les côtes de Fukushima et Miyagi en 869. TEPCo a déclaré alors qu’il a été estimé que la plus haute vague faisait 8 m de haut et n’aurait pas affecté sa centrale de Fukushima daï-ichi située à 10 m d’altitude. Mais M. Nagura dit avoir signalé que les pompes de refroidissement, importantes pour la sûreté, n’étaient qu’à 4 m au dessus du niveau de la mer et que TEPCo devrait prendre des mesures concrètes. Il aurait aussi suggéré de mettre les pompes à l’intérieur du bâtiment afin de les protéger du risque d’inondation, comme c’est le cas à Fukushima daï-ni.

La compagnie a expliqué attendre une évaluation de la Société des Ingénieurs Civils du Japon avant d’agir. Le rapport était attendu pour mars 2012. De tels travaux entraînant un arrêt des réacteurs, un représentant de TEPCo aurait déclaré, lors d’une des réunions, « vous pensez pouvoir arrêter les réacteurs ? ».

M. Nagura a aussi reconnu avoir seulement encouragé TEPCo à considérer des mesures pour mieux protéger sa centrale contre le risque tsunami, et n’avoir rien proposé.

Ce témoignage en dit long sur l’irresponsabilité des exploitants du nucléaire japonais et des autorités de l’époque.

Production laitière à Fukushima

Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, 76 producteurs de lait ont dû évacuer ou arrêter leur production à cause de la pollution radioactive, ou des « rumeurs néfastes », pour reprendre la novlangue post-catastrophe. Seulement 13 ont repris leurs activités.

Sur tout la province de Fukushima, la production totale de lait est, avec 80 000 tonnes par an, de 20% inférieure à sont niveau de 2010.

Cinq éleveurs de Minami-Sôma, Namié et Iitaté se sont regroupés pour exploiter une nouvelle ferme de 580 vaches dans la ville de Fukushima. La ferme, qui vient tout juste d’être terminée, a été financée par le gouvernement, la région et la coopérative laitière de Fukushima.