A propos

Mis en avant

L’ACROnique de Fukushima vous propose un suivi quotidien des évènements liés à la catastrophe nucléaire en cours au Japon ainsi qu’une reconstitution des évènements des premiers jours. Ce travail est effectué par l’ACRO, association dotée d’un laboratoire d’analyse de la radioactivité qui s’est beaucoup investie pour venir en aide aux populations affectées par les deux accidents majeurs qui ont eu lieu à Tchernobyl et Fukushima.

L’association a aussi analysé les plans d’urgence de plusieurs pays en cas d’accident nucléaire grave.

Nos autres sites Internet :

ACRO Tchernobyl, 30 ans après Transparence nucléaire


Une information indépendante a un coût. L’ACRO a besoin de votre soutien :
partiellement déductible des impôts.
Même une petite somme est la bienvenue

 

Retour sur les microparticules vitreuses riches en césium

La NHK, qui est la télévision publique japonaise, a, en juin dernier, diffusé une émission consacrée aux microparticules vitreuses riches en césium retrouvées dans l’environnement proche et éloigné de la centrale de Fukushima (lien vers l’émission en japonais). L’association « Nos voisins lointains 3.11 » a retranscrit cette émission avant de traduire le texte en français. C’est disponible en trois épisodes sur son site Internet : épisode 1, épisode 2 et épisode 3.

L’émission de la NHK fait référence à des études scientifiques que nous avons déjà mentionnées sur ce blog, en février et juin 2016. Suite à l’intérêt des médias français, l’IRSN y avait même consacré une note. Il ressortait de tout cela que ces microparticules, détectées jusqu’à Tôkyô, n’étaient pas connues avant cette catastrophe et que leur origine fait débat. Comme elles sont riches en césium et pas solubles, leurs impacts environnemental et sanitaire diffèrent des rejets gazeux. Sous cette forme particulaire, le césium est moins lessivé par les eaux et reste plus longtemps dans l’environnement. En cas de contamination interne par inhalation ou ingestion, il reste plus longtemps dans le corps humain, ce qui augmente son impact. Mais, il est difficile d’être plus précis.

Il ressort de l’émission de la NHK, qu’un an plus tard, on n’a pas beaucoup progressé sur le sujet des impacts. En revanche, il apparaît qu’il y aurait deux types de microparticules, nommés A et B dans le reportage, qui n’ont pas été dispersées de la même manière car elles n’ont pas été trouvées dans les mêmes zones géographiques. Il apparaît aussi qu’il y a eu une remise en suspension de ces particules lors des rejets de poussières particulièrement élevés de l’été 2013 consécutifs au déblaiement des débris sur le haut du réacteur n°3. Ce n’est qu’en décembre 2014 que l’on avait appris que c’était dû à des négligences de TEPCo qui avait alors renoncé à asperger des résines fixatrices.

Le reportage mentionne aussi une étude menée dans 27 bâtiments situés en zone dite de retour difficile. Il apparaît que ces microparticules ont été retrouvées dans l’ensemble de ces bâtiments. Il est aussi fait mention d’une microparticule de 200 micromètres environ qui contenait 60 Bq de césium137+134 au moment de l’accident, ce représente une très forte concentration. En cas d’inhalation, quel serait son impact sur la santé ? En effet, elle concentre les radiations en un point et est plus difficilement éliminée.

Seraient d’abord concernés par ces découvertes, les travailleurs présents sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi dans les jours qui ont suivi l’accident. La contamination des poumons a décru moins vite que pour les autres organes. Ces sont ces microparticules qui sont soupçonnées. Qu’en est-il pour les personnes qui rentrent dans les territoires évacués ?

Futaba veut lever l’ordre d’évacuer dans une petite zone à partir de 2022

La commune de Futaba, où est située une partie de la centrale de Fukushima daï-ichi, est, à 96%, classée en zone de retour difficile, car l’exposition externe pouvait y dépasser 50 mSv par an. Les élus locaux espèrent une levée très partielle de l’ordre d’évacuer au printemps 2022. Il se sera passé onze années depuis l’évacuation. C’est la première des sept communes ayant un territoire classé en zone de retour difficile à présenter un calendrier.

La loi prévoit la création de centres de reconquête qui seront décontaminés en priorité afin d’y rétablir les premiers services. C’est à la commune de faire la proposition et c’est le gouvernement qui engagera les travaux. Le plan proposé par la municipalité consiste en une petite zone de 555 hectares au centre ville autour de la gare, qui représente 11% de la surface de la commune. Il est aussi question d’y construire de nouvelles habitations.

Le but est de ne plus être une ville fantôme, mais les travaux sont colossaux, comme on peut le voir sur ces images tournées par l’Asahi dans les zones de retour difficile où l’on voit comment la végétation a tout envahi. Les élus espèrent le retour de 2 000 personnes dans les cinq années qui suivront. Il se sera alors passé 16 années depuis l’ordre d’évacuer. Mais qui viendra y habiter ? Cette obstination de la reconquête est incompréhensible.

La commune espère aussi rouvrir en 2020 les 4% de son territoire qui ne sont pas classés en zone de retour difficile et où l’exposition externe était comprise entre 20 et 50 mSv par an. La ville y invitera des compagnies engagées à la centrale accidentée mais ne prévoit pas d’y installer des habitations.

Rappelons qu’une partie de la commune va aussi être transformée en centre d’entreposage des déchets issus de la décontamination, où ils devraient y rester officiellement 30 ans.

L’exposition de travailleurs au plutonium classé au niveau 2 de l’échelle INES

L’éclatement d’un sac en plastique avec du combustible MOx qui avait entraîné, en juin dernier, la contamination de 5 personnes alors que la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) connaissait le risque depuis plus de 20 ans est un incident qui vient d’être classé au niveau de l’échelle de communication INES par l’Autorité de Régulation Nucléaire.

Nouveaux scénarios pour la fusion du cœur et pour le retrait du corium

Les images récentes rapportées par un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°3 ont conduit TEPCo à revoir le scénario de fusion du cœur. Le combustible en fusion s’était accumulé au fond de la cuve en acier, épais de 14 cm, et l’aurait percée avant de s’écouler dans l’enceinte de confinement. Mais les images de stalactites le long des rails des barres de contrôle conduisent TEPCo à envisager maintenant que le fond de la cuve n’aurait peut-être pas fondu et que le combustible en fusion se serait écoulé via les trous de passage des barres de contrôle.

Le retrait du corium accumulé au fond de l’enceinte de confinement, mais aussi probablement accroché un peu partout, reste le plus grand défi auquel fait face TEPCo. La compagnie avait initialement envisagé de noyer l’enceinte de confinement afin de réduire les doses lors du retrait du corium par des robots. Mais comme elle est percée et que l’eau contaminée s’écoule dans les sous-sols, ce n’est pas très réaliste. Les espoirs de boucher les fuites se sont aussi réduit.

La Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corporation, qui est l’organe gouvernemental en charge de l’avance sur paiement et qui supervise les travaux de démantèlement, a officiellement abandonné cette idée. Le nouveau plan est d’introduire latéralement un bras télescopique et des robots chargés de retirer d’abord le corium qui est au fond de l’enceinte de confinement tout en aspergeant de l’eau sur ces débris. Mais il n’y a pas de solution pour réduire le débit de dose ambiant qui menace même les robots et prévenir la dispersion de poussières très radioactives. Une idée est de réduire la pression à l’intérieur, mais il n’est pas sûr que ce soit possible. Des solutions devraient être apportées en septembre prochain.

Les déchets très radioactifs seront mis en fûts et entreposés sur le site de la centrale en attendant mieux, car le Japon n’a pas de filière de stockage de ce type de déchets pour le moment.

Les travaux devraient officiellement débuter en 2021, ce qui semble plutôt optimiste.

Installation du dôme qui couvre le réacteur n°3

TEPCo a mis en ligne deux séries de photographies montrant la mise en place d’éléments du dôme qui recouvre le réacteur n°3, accompagnées de deux vidéos : accès à la première série et à la deuxième. Il s’agit du premier tronçon sur huit. Les images permettent de voir que le réacteur n°3 a de nouvelles parois latérales.

Le dôme complet mesure 17 m sur 11 m et pèse 37 tonnes. Le but est de pouvoir retirer les 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx qui sont dans la piscine. Les opérations de retrait devraient débuter en avril 2018.

Sur cette photo on voit un être humain sur le toit du réacteur n°3 alors que les débits de dose y sont très élevés. Cela avait même conduit à un report des travaux. Il en est de même pour cette photo. TEPCo ne donne aucune indication sur les doses prises par le personnel.

65% du territoire japonais qualifiés pour accueillir un centre de stockage souterrain pour les déchets nucléaires

Comme les autres pays nucléaires, le gouvernement japonais veut enfouir les déchets les plus radioactifs à 300 m de profondeur, mais, depuis une quinzaine d’années, il peine à trouver une communauté qui accepterait ce centre de stockage. L’appel d’offre lancé en 2002 pour accueillir le site d’enfouissement, n’a pas reçu de candidature pérenne. Toyo, dans la province de Kochi avait été un temps candidate en 2007, avant de faire marche arrière à cause de l’opposition des habitants. Le gouvernement actuel a décidé de reprendre à zéro la recherche de site, en se basant sur des critères « scientifiques » et vient de publier une carte avec les zones potentielles et celles qui sont exclues.

La proximité des volcans ou de failles actives sont des critères d’exclusion. Les zones avec des ressources naturelles sont aussi exclues. Finalement, les zones favorables couvrent près de 65% du pays. Les autorités privilégient les côtes sur une distance de 20 km, qui sont qualifiées de « particulièrement favorables » afin de pouvoir apporter les déchets à enfouir par bateau. Cela représente 30% de la surface nationale et concernent 900 communes, soit la moitié des communes japonaises. Les autorités ont même envisagé un enfouissement sous-marin.

Le gouvernement a l’intention de lancer les recherches de site dans ces zones favorables, après avoir convaincu les élus locaux. Les tractations devraient commencer cet automne. La province de Fukushima a déjà dit que ce serait non. La province d’Aomori devrait aussi être exclue car elle accueille déjà les déchets en surface, conformément à l’accord avec l’Etat.

Pour favoriser l’acceptabilité, le stockage devra être « réversible », à l’instar de ce qui est prévu en France. Le centre devrait accueillir 40 000 fûts et coûter 3 700 milliards de yens.

Du nouveau à propos de l’intérieur des réacteurs 1, 2 et 3

TEPCo a mis en ligne de nouvelles informations relatives à l’intérieur des enceintes de confinement des réacteurs 1, 2 et 3.

Recherche du corium dans le réacteur n°1

TEPCo a analysé les images et les mesures de débit de dose prises en mars dernier dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 à l’aide d’un robot. Un premier bilan avait alors été mis en ligne.

La compagnie a utilisé des méthodes de traitement d’image afin d’améliorer l’auscultation des objets observés. Dans ce document, elle présente quelques clichés qui montrent qu’il n’y a pas de dommages majeurs près du point D0 et quelques débris métalliques.

TEPCo a ensuite analysé les débits de dose en fonction de l’épaisseur d’eau qui fait écran en plusieurs points. Elle a d’abord choisi deux points où il n’y a a priori pas de corium, ce mélange de combustible fondu puis solidifié et de débris, mais juste un dépôt essentiellement dominé par le césium-137. Ses calculs peuvent expliquer les mesures faites. Elle a ensuite utilisé ce résultat pour analyser deux autres points où elle soupçonne la présence de corium. Mais, comme elle ne connaît pas l’épaisseur de sédiments qui recouvrent le corium éventuellement présent et qui font écran, elle ne peut rien conclure.

Réévaluation des doses dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2

En janvier et février dernier, TEPCo et ses sous-traitants avaient envoyé des robots ausculter l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Ils avaient rapporté des images et des niveaux de débit de dose record. Les premières images de janvier étaient prises par une simple caméra vers l’entrée et le débit de dose atteignait déjà 73 Sv/h, ce qui est énorme. D’autres images prises sous la cuve à l’aide d’une caméra faisaient apparaître des amas granuleux que TEPCo soupçonnait d’être du corium. Quelques jours plus tard, outre de nouvelles images, TEPCo annonçait des débit de dose record, atteignant 530 Sv/h. Cette évaluation était faite à partir de l’impact des radiations sur les images.

Puis un premier robot nettoyeur n’a tenu que deux heures à l’intérieur de l’enceinte et les débits de dose enregistrés à partir des traces laissées sur les images atteignaient un nouveau record à 650 Sv/h. Le robot scorpion qui a suivi n’a tenu longtemps et n’a rapporté que peu de résultats.

TEPCo avait déjà effectué une « endoscopie » de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 en mars 2012 et août 2013. En mars 2012, les débits de doses les plus élevés relevés étaient de 73 Sv/h, ce qui est très élevé, mais moins que les estimations de 2017. En août 2013, TEPCo n’avait pas publié de valeurs.

TEPCo a analysé les débits de dose déduits des traces laissées sur les images lors des dernières explorations et donne de nouveaux chiffres moins élevés. Dans ce document, elle prétend avoir fait une erreur de calibration. Par ailleurs, la calibration a été effectuée avec une source de cobalt-60 alors que le césium-137 domine dans l’enceinte. Cela introduit une autre correction. Ainsi, in fine, les débits de dose à l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 sont :

Lieu Valeurs de mars 2017 avant correction Nouvelles valeurs après correction
Echaffaudage 30 Sv/h (10-60) moins de 10 Sv/h
Près des barres de contrôle 530 Sv/h (370-690) 70 Sv/h (50-90)
Sous la cuve 20 Sv/h (0-40) moins de 10 Sv/h
Lors du retrait des sédiments 650 Sv/h (450-850) 80 Sv/h (50-100)

Les valeurs entre parenthèses indiquent l’intervalle d’incertitude. Les valeurs corrigées restent très élevées et peuvent être létales en moins quelques minutes. Le robot envoyé avait aussi des dosimètres intégrateurs qui ont donc donné la dose totale reçue lors de l’exploration. Il se trouve que l’un d’entre eux donnait des valeurs beaucoup plus élevées que les trois autres. En réanalysant les valeurs enregistrées au cours du temps, TEPCo en déduit un débit de dose corrigé de 70 Sv/h contre 210 Sv/h avant correction.

Scan du réacteur n°3 à l’aide de muons cosmiques

Comme pour les deux autres réacteurs accidentés, de TEPCo a effectué une « radio » du cœur du réacteur n°3 en utilisant des muons, qui sont des particules cosmiques très pénétrantes. C’était de février à septembre 2015 pour le réacteur n°1 et de mars à juillet 2016 pour le n°2. Des chercheurs de l’université de Nagoya avaient fait de même pour le réacteur n°2 en 2015. Voir aussi la vidéo pédagogique de TEPCo sur cette technologie.

D’après ce document de présentation des résultats, pour le réacteur n°3, la mesure a débuté en mai 2017. Le corium, très dense, devrait absorber plus les muons. Les images ne mettent pas en évidence de zone absorbante en bas de la cuve et TEPCo en conclut qu’il n’y a pas de grande quantité de corium dans la cuve. Il est cependant possible qu’il en reste un peu. La plus grande partie du corium serait donc dans l’enceinte de confinement, plus bas.

Pour le réacteur n°1, TEPCo avait conclu que la quasi-totalité du combustible en fusion avait percé la cuve. Pour le réacteur n°2, elle avait conclu qu’une petite partie reste dans la cuve. Pour le réacteur n°3, s’il en reste dans la cuve, c’est moins que pour le réacteur n°2.

Ontario is not ready to face a large-scale nuclear accident

Les autorités de l’Ontario ont soumis à la consultation du public la révision de leur plan d’urgence nucléaire (lien en français, lien en anglais). L’ACRO a envoyé l’analyse ci-dessous qui montre que la province n’est pas prête à faire face à un accident grave.

Cette étude fait suite à celles similaires déjà menées en

66ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 66ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 30,7 milliards de yens (238 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 523,3 milliards de yens (58,3 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Les images de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 montrent le corium

Depuis le 19 juillet dernier, TEPCo effectue une inspection de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 à l’aide d’un robot. Des images sont mises en ligne sur son site Internet.

L’utilisation des robots dans la centrale accidentée bénéficie d’une communication privilégiée car l’industrie japonaise veut mettre en avant son savoir faire. Dans le cas présent, le robot, présenté en mai dernier, se déplace dans l’eau qui remplit le fond de l’enceinte. Il est équipé de lampes, de deux caméras et d’un dosimètre. La caméra à l’arrière est fixe et celle à l’avant peut pivoter sur 180 degrés. Ce robot doit pouvoir supporter une dose cumulée de 200 Sv, qui serait fatale pour un humain.

Les calculs de TEPCo l’ont conduit à considérer que la quasi-totalité du combustible usé, mélangé à des débris, le fameux corium, est au fond de l’enceinte de confinement, sous plus de 6 m d’eau. Le niveau d’eau y est plus élevé que dans les réacteurs 1 et 2.

Contrairement aux explorations du réacteur 1 en mars dernier et du réacteur 2 en février 2017 par des robots, TEPCo ne publie aucun résultat de mesure de débit de dose. Pour ces deux autres réacteurs, le valeurs extrêmement élevées, avaient été reprises par les médias du monde entier. Cette fois-ci, TEPCO entend mieux contrôler sa communication.

La vidéo diffusée le 19 juillet montre la plongée du robot et met en évidence une eau assez opaque à travers laquelle la visibilité est assez réduite. L’exploration a duré trois heures et a montré qu’un échafaudage métallique installé sous la cuve semble avoir disparu, probablement emporté par le combustible en fusion. La grille de la plateforme aurait dû être sur la partie gauche de cette photo. La compagnie pense pouvoir envoyer le robot plus profondément pour chercher le corium. Voir les explications succinctes de la compagnie.

Le 21 juillet, TEPCo a rendu publique une nouvelle série de photographies et une vidéo  assorties de quelques explications qui confirment la disparition de la grille de l’échafaudage. Les stalactites qui apparaissent à gauche sur cette photo pourraient être du combustible fondu resté pendu sous la cuve à la structure qui conduit les barres de contrôle. Sur cette autre photo, de la matière qui semble avoir fondu avant de solidifier apparaît sur le piédestal en béton qui soutient la cuve. Il se peut qu’elle contienne du combustible. C’est plus clair sur la vidéo où l’on peut voir des amas et de la matière qui pend.

TEPCo devrait indiquer les débits de dose à proximité pour aider à la compréhension et confirmer ses hypothèses.

Le robot submersible a fait une nouvelle plongée plus profonde. Il semble résister plus longtemps aux radiations que ses prédécesseurs.

Le 22 juillet, TEPCo a mis en ligne une troisième série de photographies et une vidéo assorties de quelques explications qui font aussi clairement apparaître de la matière accumulée au fond de l’enceinte de confinement. Sur cette photo, ou cette autre, plus floue, cela ressemble à des sédiments et du gravier. Il y a aussi des morceaux de plateforme et de tuyaux. Tous ces débris contenant le corium auraient une épaisseur de 1 à 2 mètres. La vidéo est assez impressionnante : elle montre clairement débris tombés au fond et la matière plus ou moins granuleuse qui s’y accumule (certaines images sont prises avec la caméra située à l’arrière).

Ces images du corium au fond de l’enceinte de confinement sont une première. Le trouver au fond du réacteur n’est pas une surprise. Mais, s’il y en a aussi un peu partout sous forme de stalactites et d’amas, la reprise de ce matériau extrêmement radioactif sera plus complexe.

TEPCo avait annoncé, en avril 2017, le scan du réacteur n°3 à l’aide de muons, des particules cosmiques particulièrement pénétrantes. La mesure devait débuter en mai et les résultats se font attendre.

Toujours concernant le réacteur n°3, TEPCo a convoyé une partie du nouveau toit à la fin juin. Des images sont en ligne sur son site.