A propos

Mis en avant

L’ACROnique de Fukushima vous propose un suivi quotidien des évènements liés à la catastrophe nucléaire en cours au Japon ainsi qu’une reconstitution des évènements des premiers jours. Ce travail est effectué par l’ACRO, association dotée d’un laboratoire d’analyse de la radioactivité qui s’est beaucoup investie pour venir en aide aux populations affectées par les deux accidents majeurs qui ont eu lieu à Tchernobyl et Fukushima.

A l’occasion du cinquième anniversaire de la catastrophe nucléaire à Fukushima

Tout ce travail ne serait pas possible sans votre soutien.

Le robot scorpion est tombé en panne avant d’avoir atteint son objectif

TEPCo a envoyé le robot sasori (scorpion) dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2 et, selon la télévision publique NHK, il s’est arrêté d’avancer avant d’avoir pu atteindre son objectif situé sous la cuve. La compagnie a coupé le câble de transmission et a abandonné le robot sur place vers 15h. Il avait été inséré un peu avant 8h.

TEPCo a mis en ligne quelques images et une vidéo, ainsi que quelques explications techniques en anglais où il est fait mention d’une dose de 210 Sv/h, qui létale en peu de temps. La vidéo montre d’abord des tests de déplacement sur du gravier avant de montrer des images de l’enceinte et du robot qui mettent en évidence la difficulté de la tâche à accomplir.

Des caméras avaient déjà fourni des images et un robot nettoyeur avait dû abandonner sa tâche après seulement deux heures car le niveau de radiations est extrême.

TEPCo avait lancé une opération de communication sur ce robot, mettant en scène un jeune ingénieur « sur les épaules des robots » qui faisait un parallèle avec sa pratique du kendô. Après cet échec, elle reste positive en tweetant que le robot a permis d’obtenir de nouvelles informations, mais on ne sait pas lesquelles.

TEPCo s’est trompé dans la résistance sismique d’un bâtiment clé de Kashiwazaki-Kariwa

TEPCo veut redémarrer rapidement les réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa située dans la province de Niigata. Elle a donc soumis un dossier de sûreté à l’Autorité de Régulation Nucléaire dans lequel elle sous-estimé la résistance aux séismes d’un bâtiment anti-sismique qui doit servir de centre de crise en cas d’accident.

Les résultats des calculs de tenue aux séismes effectués il y a trois ans n’auraient pas été transmis en interne et le rapport de sûreté transmis aux autorités n’est pas correct sur ce point. Un des 7 bâtiments anti-sismiques ne pourrait pas résister à toutes les secousses envisagées.

Rappelons que cette centrale a été fortement secouée en 2007 et certains de ses réacteurs sont à l’arrêt depuis. En réponse à ce séisme, TEPCo a construit ce bâtiment en question. Il devait pouvoir supporter une secousse 1,5 fois plus forte que ce qui est prescrit dans les normes de construction. Lors des contrôles effectués en 2014, il est apparu que la bâtiment ne pouvait pas faire face aux secousses horizontales provoquées par un séisme inférieur à la moitié du séisme le plus fort envisagé. Le bâtiment pourrait s’effondrer sur la bâtiment voisin. Mais l’information n’a pas été transmise en interne et ni aux autorités.

Ce n’est pas le seul problème car TEPCo a aussi sous-estimé le risque de liquéfaction des sols en cas de séisme. L’Autorité de Régulation Nucléaire l’a donc rappelée à l’ordre sur ces sujets, considérant ces manquements comme inacceptables.

Il n’est donc pas étonnant que le gouverneur et les riverains n’aient pas confiance dans TEPCo.

Opération de communication sur le robot « scorpion » qui va être envoyé dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2

TEPCo et ses partenaires ont lancé une opération de communication à propos du robot « scorpion » qui va être envoyé dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2 pour tenter de localiser le corium, c’est à dire le combustible fondu hautement radioactif, mélangé à des débris. Il n’est pas sûr que la mission soit un succès, le robot nettoyeur n’ayant tenu que deux heures dans cette enceinte à cause des radiations extrêmes, sans pouvoir terminer sa tâche.

Un communiqué de presse annonce ce que l’on savait déjà et insiste sur les défis : « chaque étape est un nouveau défi pour TEPCo, mais TEPCo se félicite des défis ». La compagnie serait presque contente de l’accident ? C’est accompagné d’une vidéo promotionnelle avec une comparaison aux combats de kendô postée sur sa page Facebook.

L’industrie nucléaire japonaise veut se placer sur marché du démantèlement et met en avant les technologies en cours de développement. Ce robot a été conçu par l’IRID, Toshiba et TEPCo. L’IRID bénéficie d’argent public. Quant à Toshiba, elle est quasiment en faillite à cause de sa branche nucléaire et TEPCo est mal en point financièrement.

Le communiqué et la vidéo n’apportent aucune information pertinente et sont en décalage complet avec la réalité. Des informations techniques pour les médias sont disponibles ici en japonais à propos de la mission à venir (et depuis en anglais) et des mesures de radioprotection (et depuis en anglais).

TEPCo veut vendre des obligations pour la première fois depuis l’accident

Pour la première fois depuis le début de la catastrophe nucléaire, TEPCo a soumis un plan pour vendre 70 milliards de yens (580 millions d’euros) d’obligations. Cela va marquer le retour de la compagnie sur les marchés financiers. 30 milliards de yens seront sous forme d’obligations à 3 ans et 40 milliards de yens d’obligations à 5 ans.

La compagnie a 650 milliards de yens d’obligations arrivant à échéance cette année fiscale, qui se termine en mars 2018. Les investisseurs étaient plutôt frileux, mais les engagements gouvernementaux, qui ont fait suite à l’annonce de l’explosion des coûts de la catastrophe, apportent des garanties. L’Etat japonais détient toujours 50,1% de la compagnie après sa nationalisation suite à l’accident nucléaire.

Le gouvernement a récemment adopté un projet de loi dans lequel il confirme que c’est à TEPCo de payer la décontamination mais il s’engage à prendre à sa charge les travaux qui pourraient être nécessaires après cinq ans, ainsi que les travaux de remise en service des infrastructures, comme les routes, d’adduction d’eau… dans les zones évacuées. TEPCo doit aussi provisionner l’argent pour le démantèlement et pourra être inspectée pour vérifier que cela a bien été fait. Elle devra aussi présenter un plan chaque année sur la constitution de ce fond. Ce système permet à la compagnie d’étaler le coût du démantèlement afin de réduire sa dette.

TEPCo a du mal à renouer avec les profits et sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa n’est pas prête de redémarrer. Le gouverneur de Niigata demande des garanties et que toute la lumière soit faite sur l’accident en cours à Fukushima daï-ichi, à l’instar de son prédécesseur. Il l’a réaffirmé récemment, comme le rapporte l’agence bloomberg reprise par le Japan Times et 64% des habitants de la province sont aussi opposés au redémarrage. De toutes façons, TEPCo n’est pas prête car elle a sous-estimé le risque de liquéfaction des sols en cas de séisme.

Pour ce qui concerne les indemnisations dont l’argent est avancé par les autorités, le Maïnichi explique comment la fédération des producteurs d’électricité a fait un lobbying intense pour obtenir que les nouveaux venus sur le marché de l’électricité mettent aussi la main à la poche. Cela commencera à partir de 2020, quand la transmission de l’électricité sera séparée de la production et de la vente. Le gouvernement ajoutera une taxe supplémentaire sur la transmission qui pourra être ajustée sans passer par le parlement.

Une association de consommateurs a lancé une pétition contre cette décision. Selon le Maïnichi, des élus s’y sont aussi opposé, en vain.

Brimades envers un enfant évacué de Fukushima reconnues à Yokohama

Suite aux dénonciations de la famille, les médias s’étaient intéressés au cas d’un collégien de Yokohama qui avait été victime de harcèlement, brimades et racket quand il était dans une école élémentaire de Yokohama.

Le conseil académique a fini par reconnaître les faits. Sa présidente est revenue sur son premier jugement, à savoir qu’il n’y avait pas de preuve que l’argent versé était lié à du racket, et s’est excusée. Le conseil a admis que l’argent versé, sous le prétexte que la famille de l’enfant recevait une aide financière, était pour éviter les brimades et que le surnom « microbe » était lié à la contamination radioactive.

Le même jour, l’enfant avait écrit à la maire de Yokohama pour demander pourquoi le conseil académique ne voyait qu’une partie du problème et ne voulait pas considérer tout ce qu’il a subi comme un tout. Il ne comprenait pas pourquoi la parole de ses bourreaux valait plus que la sienne.

La famille avait prévenu l’école en 2014 et la police en juillet 2016 à propos du racket. L’enfant avait envisagé le suicide et avait volé ses parents pour répondre au racket. La somme totale atteindrait 1,5 millions de yens (12 400 euros), selon les parents qui attendent des excuses de l’école et des enfants qui ont harcelé leur fils.

Dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

Les dernières données sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi sont en ligne sur le site du ministère de la santé, du travail et des affaires sociales. Elles ont été fournies par TEPCO. Rappelons que la compagnie a remis tous les compteurs à zéro au 1er avril 2016.

Depuis cette date, et jusqu’au 31 décembre 2016, 14 643 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée, dont 13 027 sous-traitants (89%). Ils étaient 9 484 pour le seul mois de décembre, dont 8 463 sous-traitants.

La dose moyenne reçue durant ces 9 mois est de 2,14 mSv (2,29 mSv pour les sous-traitants et 0,94 mSv pour les employés de TEPCo). La dose la plus forte est de 38,76 mSv et c’est un sous-traitant qui l’a prise. A noter que 93 sous-traitants ont déjà reçu une dose supérieure à 20 mSv. La dose la plus élevée prise par un employé de TEPCo est de 11,63 mSv.

A titre de comparaison, rappelons que la dose limite annuelle pour le public est de 1 mSv par an en temps normal. Pour les travailleurs, c’est 50 mSv par an sans dépasser 100 mSv sur 5 ans. En France, c’est strictement 20 mSv par an pour les travailleurs.

Vidéo de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi

Le quotidien Asahi a mis en ligne un reportage vidéo sur la centrale de Fukushima daï-ichi. c’est en japonais.

On voit d’abord le réacteur n°1 où il y a 150 microsieverts par heure à proximité, puis le réacteur n°3 où le débit de dose à proximité monte à 335 microsievert par heure. On voit ensuite le réacteur n°2 et des images récentes de TEPCo sur l’intérieur de l’enceinte de confinement. Puis les cuves avec l’eau contaminée, suivies d’images d’archive sans les cuves. Il est expliqué que le stock d’eau augmente de 200 m3 par jour actuellement (voir les dernières données de TEPCo à ce propos). Il y a près d’un millier de cuves actuellement.

A la fin du reportage, on voit que les conditions de travail et de vie sur le site se sont améliorées et qu’il n’y a plus besoin de masque intégral partout.

L’article associé à la vidéo est aussi disponible en anglais depuis le 13 février.

Réacteur n°2 : le robot nettoyeur a dû faire demi-tour après deux heures

Comme annoncé, TEPCo a inséré un robot nettoyeur sur la passerelle située dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Il est équipé d’un chasse-neige à l’avant, de deux caméras et d’un jet d’eau sous pression.

Le robot n’a pu nettoyer que sur un mètre au lieu des 5 espérés. Selon le document en japonais mis en ligne par TEPCo, par endroits, les dépôts étaient plus adhérents que ce qui était prévu, ce qui a ralenti la progression du robot. Il y a des zones où le robot ne pouvait pas avancer. Il y a jusqu’à 2 cm de dépôts qui peuvent être de l’isolant et de la peinture qui ont fondu avant de se coller à la passerelle. Lors d’une première tentative, la pompe à eau n’avait pas fonctionné.

Après deux heures d’activité, les caméras se sont obscurcies et le robot a été rapidement retiré. TEPCo pense que c’est dû aux taux de radiation extrêmement élevés. La caméra ne peut supporter qu’une dose cumulée de 1 000 Sv environ. L’analyse des images donne un débit de dose approximatif de 650 Sv/h. C’est encore plus que la valeur record d’il y a quelques jours (530 Sv/h). La compagnie hésite à envoyer le robot mesureur, nommé « scorpion », car il pourrait ne prendre des données que pendant deux heures seulement.

Ce n’est pas sous la cuve que les débits de dose sont les plus élevés et TEPCO ne comprend pas pourquoi.

TEPCo a mis en ligne une nouvelle série de photos et une vidéo. La vidéo montre l’ampleur et la difficulté de la tâche attendue pour ce petit robot.

Mise à jour du 10 février : TEPCo a publié un communiqué de presse en anglais, accompagné des mêmes photos et vidéo et de la note technique.

10 installations nucléaires risquent d’être inondées en cas de pluies torrentielles

En septembre dernier, 6,5 m3 d’eau de pluie avaient pénétré dans le réacteur n°2 de la centrale de Shika exploitée par Hokuriku Electric. Un tableau électrique avait alors disjoncté. Il avait alors été découvert qu’une galerie souterraine avec des câbles électriques n’était pas étanche.

En novembre 2016, l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, avaient demandé à tous les exploitants nucléaires de vérifier l’étanchéité de leurs installations. Il en ressort que 10 d’entre elles ont des galeries souterraines qui pourraient être inondées en cas de pluies torrentielles.

Il s’agit des centrales nucléaires de Shika, bien-sûr, de Kashiwazaki-Kariwa, de Fukushima daï-ni, d’Onagawa, de Hamaoka, de Shimané, de Tsuruga, des usines de retraitement de Tôkaï-mura et de Rokkashô-mura, ainsi que du surgénérateur Monju. La NRA leur a demandé de prendre les mesures nécessaires. On peut espérer qu’elle sera plus prévoyante dans l’avenir et que les contrôles ne soient pas seulement demandé quand un problème est découvert dans une centrale.

L’étanchéité a déjà été renforcée à la centrale de Sendaï qui est en exploitation.

TEPCo veut passer l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 au nettoyeur haute pression

La découverte récente de gravats qui pourraient être du corium sur une plateforme de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 et les débits de dose extrêmement élevés pourraient condamner plus rapidement que prévu les robots que TEPCo prévoit d’envoyer. La compagnie veut donc d’abord nettoyer au préalable le passage avec de l’eau sous pression. L’avant de l’appareil sera aussi équipé d’un petit chasse-neige et il y a des caméras à l’avant et à l’arrière. Voir le schéma page 3 de ce document en japonais.

Ce même document montre de nouvelles photos et sur sa dernière page, les débits de dose en trois points situés à l’intérieur de l’enceinte de confinement.